Château de Kerozer

| Type |
Château, maison de retraite () (depuis ) |
|---|---|
| Fondation |
XVIe siècle |
| Propriétaire actuel |
Propriété privée |
| Patrimonialité |
Recensé à l'inventaire général () |
| Adresse |
|---|
| Coordonnées |
47° 42′ 04″ N, 2° 44′ 16″ O |
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Le château de Kerozer aussi dénommé château de Kéroset[1] ou château Sainte-Anne est une maison de retraite située à Saint-Avé en France.
Localisation
Le château est situé sur le territoire de la commune de Saint-Avé, au lieu-dit Kerozer, dans le département du Morbihan en région Bretagne.
Description
Le château date du XVIe siècle, le logis principal est construit en pierre de taille sur cave, un étage carré, escalier central dans-œuvre, tournant à retours avec jour, escalier dans tourelle hors-œuvre en vis sans jour en maçonnerie, salon à l'italienne à l'ouest avec escalier à vis suspendu avec cage ouverte ; toiture de la partie centrale à longs pans à croupes ; tour d'escalier et tour sud : toit conique ; pavillons nord et sud couverts en pavillon ; partie nord enduite, toit à croupes, étage de comble ; chapelle à vaisseau unique, toit à longs pans à pignon découvert, ardoise, pierre de taille (pignon) et enduit (murs gouttereaux) ; communs : enduit, en rez-de-chaussée, toit à longs pans à pignon découvert, excepté pavillon central couvert en pavillon ; colombier en moellon ; granite en couverture, extrados de voûte[2].
Historique
La seigneurie appartient en 1427 à la famille Le Clérigo jusqu'en 1515, puis aux la Bourdonnaye jusqu'en 1753 : de cette époque subsistait un corps de logis à étage du XVIe siècle, peut-être logis de l'ancien manoir, devenu dépendance, puis détruit lors de la construction des communs au XIXe siècle. Corps principal construit peut être au XVIIe siècle, dont subsiste une cheminée à la cave, la base d'une autre cheminée, et une tour d'escalier circulaire. Chapelle mentionnée en 1691, détruite. Construction de la fontaine de dévotion en 1766 (déplacée au XXe siècle) , du colombier en 1768 (dates portées), pour Jean-Baptiste de Kermoysan[2].
Le château fut reconstruit lors de travaux débutés fin 1891 pour la baronne de L'Espée (épouse d'Albert de L'Espée), à qui le château appartient depuis plus de dix générations. En effet, elle se laisse convaincre par son mari d'apporter les modifications nécessaires, car leur fils René doit pouvoir grandir dans une demeure saine et confortable. Tout en lui laissant un droit de regard sur le projet, il propose à elle et le père de l'épouse de racheter le domaine tout entier afin de s'assurer de pouvoir y réaliser ce qu'il veut. Le marquis de Bongars connaît des difficultés financières et sa fille n'a, malgré sa fortune, pas les ressources nécessaires de s'en charger toute seule. En outre, les cinquante hectares de terres environnants ne sont pas suffisants, car le baron voit grand. Bien que son projet soit basé sur son propre intérêt de tout contrôler, le marquis accepte, y voyant de louables intentions.
Il convoque d'abord l'architecte parisien Bourdilliat, recommandé par son collègue Douillard, beau-père du comte de Salins, voisin de Kéroset. Bourdilliat doit se rendre à Saint-Avé pour effectuer un relevé complet de la demeure, puis travailler à son agrandissement et remaniement complet, à la réfection des écuries, de la chapelle et du moulin à vent. Enfin, il doit s'entourer du meilleur créateur de jardin afin d'aménager le parc, ce qui marquera le début des travaux. L'architecte doit travailler avec conservation ou réutilisation de quelques éléments anciens, selon le schéma de l'ancien château. Afin d'allier rapidité avec la perfection, le baron sollicite quatre-vingt ouvriers travaillant sans relâche. Sans demeurer en permanence sur place, il s'informe quotidiennement des avancées. Même depuis Saint-Vallier-de-Thiey, Théoule, Les Adrets-de-l'Estérel ou Paris, il expédie des lettres afin d'expliquer au contremaître ses nouvelles consignes[1],[2].
Le terrain est assaini, les talus sont rasés et les haies arrachées pour une meilleure ventilation du tertre occupé par la demeure, les fonds marécageux sont drainés, les sources canalisées, la chaussée de l'étang consolidée, formant un barrage dont l'exutoire traité en cascade rocailleuse produit un superbe effet à l'entrée de la propriété. En parallèle, le jardin à l'anglaise prend forme. Les accès au château passent de modestes sentiers à peine carrossables en majestueuses allées. Côté village, l'entrée principale prend l'allure d'une vaste avenue bordée de chaque côté d'une double haie de hêtres. Les plantes sont nombreuses et variées, le baron tentant d'acclimater sous le ciel breton des essences plus répandues près de la Méditerranée. Il crée un immense fruitier, ordonne que soit percé une trouée à travers les bois afin d'apercevoir, depuis sa chambre du premier étage, le scintillement argenté des eaux du golfe du Morbihan. Le pavillon nord et la partie haute de la tour d'escalier nord sont reconstruits, l'enclos du jardin et le mur entourant le château abattu, des édifices trop proches sont détruits, des écuries sont construites à l'emplacement du bâtiment du XVIe siècle, la chapelle Sainte-Anne est érigée avec des sablières imitées de celles de la chapelle Notre-Dame-du-Loc (Saint-Avé), le moulin à vent sur son tertre dépourvu d'ailes est transformé en belvédère (nommé moulin à vent du Clérigo en 1811) permettant de profiter des beautés de la dépression vannetaise[2],[1].
Ainsi, l'architecte satisfait le couple en conservant l'existant, tout en remaniant l'édifice de fond en comble dont on ne fait que rehausser les toitures. Mais sur demande du propriétaire, il l'agrandit vers l'ouest par un énorme pavillon (contenant une salle haute deux étages avec galerie sur le pourtour interne, laissant penser qu'il espérait loger un orgue malgré l'opposition de son épouse), plus la tour au sud, dans le style originel du château. Les anciennes écuries aux lucarnes Renaissance sont rasées pour laisser place à de nouvelles plus pratiques et modernes. Dans le parc, madame exige que soit rebâtie la chapelle, dans laquelle elle projette prochainement de transférer la dépouille de sa mère. Rapidement, l'édifice devient une des plus jolies propriétés du département. Les corps de métier d'une quarantaine d'ouvriers s'activent pendant presque deux ans en un travail remarquable, l'employeur n'étant pas du genre à accepter la moindre erreur, jusqu'en 1895. L'endroit sera aussi doté du confort moderne : électricité, eau chaude et froide partout, innovation jusque-là inconnue dans le village de Saint-Avé, qui pense désormais posséder son « petit Versailles » Le travail de l'architecte sera présenté au salon des Champs-Élysées en 1902[1].
Vers 1960, transformation en maison de retraite : allongement du château vers l'est, communs surélevés et modifiés, ferme à l'est reconstruite. Construction d'une troisième chapelle en ruine en 1978. Croix de la fin du XIVe siècle ou début du XVe siècle. Actuellement, le bâtiment est propriété des frères des écoles chrétiennes ; malgré les ajouts, l'endroit est toujours bien entretenu et il est possible d'avoir une idée précise de l'ampleur des travaux engagés par les L'Espée[2],[1].
Le château est inscrit à l'inventaire général du patrimoine culturel en 1987[2].
Galerie
Notes et références
- Christophe Luraschi, Albert de L'Espée, génie, démesure, Atlantica, 296 p. (ISBN 9782843940804)
- Notice no IA00114035, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture
Voir aussi
Articles connexes
Liens externes
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