Château de Mons (Le Puy-en-Velay)
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45° 02′ 03″ N, 3° 54′ 56″ E |
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Le château de Mons est un château situé au Puy-en-Velay, en France.
L'édifice est inscrit au titre des monuments historiques en 1995.
Histoire du château
La première mention du château de « Montz » date de 1299. La famille de Polignac en est propriétaire : Armand, vicomte de Polignac, en fait donation le jour de la fête de saint Matthieu en 1331. Le nouveau propriétaire est son médecin, Jean de Murs (ou de Muret). Celui-ci le revend en 1342 à Gilbert de St Germain Laprade, Seigneur de Mons[1].
Au tournant du XVIe et XVIIe siècles, le château est dans la famille de La Tour Saint-Vidal. Antoine II de La Tour Saint-Vidal en est propriétaire, en , quand il rejoint la ligue de l’évêque Sennectère. Mons est citée comme l'une de ses possessions, parmi d'autres forteresses : Saint-Vidal, Le Villard, Montvert, Saint-Quentin, Goudet, Beaufort et Eynac.
Antoine II meurt en 1591 ; la propriété reste dans la famille de La Tour Saint-Vidal. Elle est occupée entre 1594 et 1596, comme d'autres lieux de la région, par le duc de Ventadour qui assiège le Puy.
Pierre Antoine de La Tour de Rochefort, baron de Saint-Vidal, vend le château à Hugues Spert vers 1634-1635. Ce dernier se fixe à Mons après l'incendie de son château de Volhac par les soldats du duc de Ventadour[2].
Hugues Spert meurt le ; il laisse la réputation « d’estre mauvais payeur mais se faisant bien payer, [de telle sorte qu']il mourut riche »[3]. En 1651, Charles de Molette, seigneur de Morangiers, tente d'enlever sa fille, Marie Isabeau Spert, pour l'épouser. Sans succès.
En 1759, s'y installe une maison de vacances et de repos du grand séminaire du Puy. Les jésuites avaient une autre maison de campagne dans le château de l'Ours. Ils en seront chassés à la Révolution.
En 1839, les jésuites échouent à racheter le château de l'Ours, devenu privé, en raison du prix. Le séminaire du Puy n'est plus intéressé par Mons, mais ils acquièrent finalement le château et ses dépendances la même année.
Entre 1840 et 1842, la congrégation remet en état le château, et y ajoute une chapelle. Les extérieurs sont réaménagés, le mur de soutènement reconstruit, et un vieux colombier transformé en chapelle dédiée à la Vierge.
Lors de l'expulsion des congrégations de 1880, les jésuites quittent les lieux. Le château est acquis par deux familles amies, les Verac et les Sinéty. Elles le laissent à la disposition du diocèse et de la Compagnie. À leur retour en 1919, les jésuites fréquentèrent à nouveau le château pendant les jours de repos du jeudi et les étés.
Au milieu du XXe siècle, la Société Borne et Dolaizon en devient propriétaire, et entreprend en 1959 de le faire inscrire à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques.
En 1962-1963, la propriété est acquise par les Pères Blancs de Vals, puis par le Pensionnat Notre-Dame de France, qui construit un stade.
En 1995, le château tombe en ruine, l'inscription aux monuments historiques est effective, après l'acquisition du lieu par Mme Soleilhant[4]. L'aile sud, rajoutée tardivement, en est exclue.
Au cours du XXe siècle, le château connaît des travaux d'intérieur, avec notamment des fresques attribuées à l'artiste André Bouler.
En 1994, se crée l'« Association de Sauvegarde du Château de Mons et de son environnement ». Elle lance en 1996 un appel public pour être acheté en participation et pour la restaurer la toiture.
Contexte historique local et national
Les Polignac
Les Polignac sont une famille illustre du Velay. Elle essaiera durant des siècles de disputer aux évêques du Puy leur pouvoir temporel. Sa généalogie est sujette à caution avant le XIe siècle[Note 1].
La lignée part d’Armand, Vicomte de Polignac, époux de Catherine de Bouzols, l’un des premiers vicomtes qu’aient connus l’Auvergne et le Velay, cité plusieurs fois dans les chartes de Brioude à la fin du IXe et au début du Xe siècle. Ses donations ont lieu indifféremment en Velay ou en Brivadois, mais il est expressément identifié ailleurs comme vicomte en Velay. Après la donation du château, il ne conserve que la haute justice et le domaine en arrière-fief[5].
Armand II n’est pas vicomte, mais qualifié de filius Armanni vicecomitis par la chronique de l'abbaye Saint-Philibert de Tournus, dont les Polignac sont les bienfaiteurs en Velay aux Xe et XIe siècles.
Antoine II, gouverneur de Saint-Vidal
Antoine II de la Tour Saint-Vidal, possédait une assise territoriale importante en Velay avec des seigneuries comme Saint-Vidal, Saint-Quentin, Mons, Goudet et aussi en Gévaudan comme baron de Cénaret et Comtor de Montferrand. Il est un personnage important du XVIe siècle. La famille était puissante, trois siècles d’alliances avaient agrandi leurs possessions.
Pendant les guerres de Religion, il luttera surtout en Velay, Vivarais et Gévaudan. Réputé pour sa bravoure, il sera souvent aux postes difficiles et sera blessé trois fois. Fort de l’héritage familial et de l’apport d’un mariage avantageux, il s’appuie sur des forteresses (Saint-Vidal, Le Villard, Montvert, Saint-Quentin, Mons, Goudet, Beaufort et Eynac). Elles sont placées de façon à lui assurer une forte emprise.
Toutefois la politique familiale d’acquisitions tourne court et après sa mort, les biens de sa maison furent partagés et passèrent pour la plupart à d’autres familles.
Après Armand II se succèdent deux vicomtes théoriquement du Velay, mais qui ont la charge vicomtale en Velay, comme les Dalmas en Brivadois[Note 2] : Étienne, qu’on a parfois confondu avec le fils de Bertrand et d’Emilgarde, malgré les noms différents de leurs épouses et la distance entre leurs biens et Agne ; et Armand III, qui vit dans la première moitié du XIe siècle.
Les guerres de religion
Gabrielle Blanc, une bourgeoise, veuve de Antoine Vallat, notaire, gît dans son jardin attenant au château de Mons et dicte son testament. Notaires et témoins se tiennent à distance dans un verger voisin. Les six derniers mois de 1586, de septembre à octobre surtout la peste fait rage et fait planer une sombre crainte.
L’apparition de la Réforme crée un vaste conflit, mi-religieux, mi-politique, des guerres de Religion qui affecte pendant trente ans le Velay comme le reste du royaume.
Le , le moine Jacques Clément, armé par les ligueurs assassine Henri III. Les villes se rallient et se font amnistier après qu'Henri IV a abjuré son protestantisme.
Un cercle de forteresses majoritairement ennemies entoure le Puy. La plupart des combats attaquent ou libèrent la ville. Mons avait une position stratégique. Le château est attaqué par François de Clermont Chaste[6] :
Le , la paix devient définitive au Puy. En 1614, Pierre Morel vend à Jean Philibert sa métairie de Mons.
Les Spert
À la suite de l'attaque du château décrite plus haut, Marie Isabeau Spert épouse Jacques-Hubert Pradier d’Angrain, seigneur de Saint-Julien, lieutenant criminel en la sénéchaussée du Puy[7].
Les jésuites
La Compagnie faisait le trajet, de Vals à Mons et retour, à pied, en suivant des itinéraires, à l'époque assez compliqués.
De Bonald demanda au Recteur l'aide des scolastiques pour catéchiser les paroisses de la ville et des campagnes en 1834. Ce service est assuré, au Puy dans les paroisses du Collège et des Carmes, et aux environs du Puy dans les villages de Vals, Mons, Taulhac, Brives, Dolaizon, La Roche et Eycenac (Mons et Taulhac dépendent de la paroisse des Carmes, Dolaizon, La Roche et Eycenac de la paroisse de saint Christophe sur Dolaizon).
En 1539, s'y ajoutent Tallobre (saint Christophe), Cheyrac (Polignac), Malpas (Cussac), Tressac (Polignac), Fay la Triouleyre (saint Germain Laprade), Jabler (saint Christophe), Bilhac environs du Puy dans les villages de Vals, Mons, Taulhac, Brives, Dolaizon, La Roche et Eycenac (Mons et cette présence, interrompue par l'expulsion de 1880, reprise en 1897, cesse de nouveau en 1901). Dès 1919, aussitôt après le retour à Vals, dix-neuf villages sont visités régulièrement.
En 1922, les Frères ont repris les catéchismes à Charentus (Coubon), les Estreys (Polignac), Fay (saint Germain), Jabier (saint Christophe), Malpas (Cussac), Narnhac Polignac), Mons (les Carmes), Orzilhac.
À partir de 1923, ils sont à Bilhac (Polignac), à Taulhac (les Carmes), à partir de 1924 à Chambeyrac (Polignac), à partir de 1927 à Chanceaux. À partir de 1935 à Cheyrac (Polignac), Eycenac (saint Christophe), Narminhac (Polignac) En 1936, d'après le catalogue de la province de Toulouse, 47 scolastiques sur les 70 présents du séminaire, sont engagés dans ces catéchismes. (Coubon), Ours (Les Carmes), Rochelimagne (Polignac), Tallobre (saint Christophe), Tressac (Polignac) et Vals.
En 1940, ils assurent, en outre, le service à Bouzols (Arsac), Chadrac (saint Laurent), Coubon, Dolaizon (saint Christophe), Fareyrolles (sanssac), Nolhac (saint Paulien), Polignac, Tallode (saint Christophe), Vourzac (Sanssac).
Architecture
Bibliographie
- Jules de Vinols de Montfleury, « Incendie du château de Mons près Le Puy en 1693, communication de M. le baron de Vinols », Annales de la Société d'agriculture, sciences, arts et commerce du Puy, (lire en ligne)
Notes et références
- ↑ Archives départementales, E (liasse Polignac). En 1488 vivait Pons Salomon, héritier des nobles Pierre et Jean de Murs (Archives départementales G. 641, F°126)
- ↑ Jules de Vinols de Montfleury, « monographie du château de Volhac : chapitre sur Hugues Spert », Annales de la Société d'agriculture, sciences, arts et commerce du Puy, (lire en ligne)
- ↑ 1) Mémoires de Jacmon, 267 et suivant
- ↑ « Château de Mons », notice no PA00135205, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture
- ↑ Archives départementales, E (liasse Polignac).
- ↑ François de Clermont Chaste était sénéchal du Puy et Bailly du Velay. C’est lui qui « assassina » Saint-Vidal. De 1591 à 1594 il continue à piller et ravager le pays. Le 15 octobre 1594 en assiégeant la porte Saint-Gilles pour soumettre la ville au roi Henry. Il meurt dans l’action.
- ↑ Créé en 1560, c’est un tribunal local placé entre les petites juridictions et la cour souveraine du parlement.
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