Château de Rapetour

Rapetour en 2018

Le château de Rapetour, parfois orthographié Raptour, est une maison forte du XIIIe siècle qui se dresse à l'entrée du village de Theizé, en Beaujolais dans le département du Rhône.

Situation

À l'ouest, sud-ouest du village.

Histoire

Rapetour était l'un des trois fiefs de Theizé.

Au XIIIe siècle les chevaliers de Viego construisent le donjon sur un fief remis par les Beaujeu. En 1422 à défaut d'héritier mâle, Henry de Viego, Capitaine Gardiateur de la Ville de Lyon lègue le château à Jean de Varennes[1].

Au XVIe siècle Rapetour connait une période faste avec la construction de la galerie à l'italienne par Pierre de Varennes, un initié qui laissera dans le château nombre de symboles alchimiques.

Au XVIIe siècle, Claude Brossette, fondateur de l'Académie des beaux-arts et belles lettres de Lyon et intime de Boileau et d'autres écrivains de son temps rachète le domaine. Claude Brossette a probablement acquis le château intéressé par sa symbolique alchimique et se sert de Rapetour comme un lieu d'étude. En revanche, il n'y dort jamais et vit avec sa famille lorsqu'il est à Theizé dans sa maison de Beauvallon. Il restera dans cette famille jusqu'à la fin de l'Ancien Régime.

Au XIXe siècle, Rapetour est transformé en exploitation agricole et divisé entre plusieurs propriétaires, notamment les familles Danguin et Reilleux.

À partir des années 1970 Madame Chiarinelli de Tarare se passionnera pour Rapetour et grâce à ses efforts de tous les instants obtiendra le classement du château en 1989.

C'est à Madame Chiarinelli que l'on doit la création de l'Association" les amis de Rapetour "

Reprenant le travail de l'association des "Amis de Rapetour" de Madame Chiarinelli, la famille Gaucherand restaure et réhabilite l'édifice. Durant 17 ans, ils œuvrent à la remise en état de l'édifice mais le terrain alentour reste modeste avec 7000m2 et la symbolique alchimique n'est pas encore decouverte.

En 2008 Rapetour est vendue a la famille Dhenain qui va agrandir considerablement le domaine passant de 7000 m2 a 12 hectares.

Rapetour qui n'avait pas de jardin adjacent verra la creation d'un ecrin avec un jardin medieval et manieriste.

L'environnement triste et en friche de Rapetour en 2008

Un travail colossal de mise en valeur des extérieurs est réalisé avec la plantation de centaines de buis, la création de clos, le défrichage du vallon et la mise en place d'un jardin de simples. Parallelement Rapetour redevient une exploitation viticole en partenariat avec la SAFER partenaire du projet oeno-touristique.

Le domaine produit à nouveau, comme il y a plusieurs siècles, un vin rouge et un vin blanc dénommés 'château Rapetour" par le rachat et la mise en valeur des vignes .

Le jardin de rapetour aujourd'hui

Parallèlement, sont conduites des recherches sur l'importante symbolique alchimique sculptée ou peinte du château révélant un aspect ésotérique de Rapetour totalement oublié depuis le XVIIIe siècle.

Le message alchimique de Rapetour est un veritable tresor avec une tour Athanor ronde unique en france par sa taille .

Le château nécessitera encore de nombreuses années de restauration puisqu'à ce jour environ 40% seulement du château est restauré et l'un des deux escaliers à vis reste inutilisable.

Le château est entièrement classé monument historique[2].

Le clos de parterres de buis plantés depuis 2009

Le Chateau est ouvert toute l'annee sur rendez-vous pour les groupes et le dimanche a 15h30 pour les particuliers .

Généalogie

Généalogie des trois familles qui se succédèrent à Rapetour :

Viego

  • Guillaume se soumet à l'abbé d'Ainay en 1315.
  • Jean, fils du précédent, fait de même en 1339.
  • Henri est le dernier représentant de cette famille.

Varennes

  • En 1409, à l'extinction de la famille de Viego, Henri II de Varennes prend possession du fief. Il avait épousé Catherine de Franchelin.
  • Jean IV († après 1422), fils et successeur des précédents, épouse Aymare de Marmont.
  • Aimé II († après 1460), chevalier, fils et successeur des précédents, épouse Louise de la Gellière.
  • Antoine Ier († après 1518), fils et successeur des précédents, épouse Guillemine Willemine de la Candèle.
  • Pierre II († après 1520), chevalier, succède à son frère Antoine et épouse Jeanne de Rogemont.
  • Hippolyte († après 1564), chevalier, fils et successeur des précédents, épouse Claudine de Sainte-Colombe.
  • Antoine († après 1592), écuyer, fils et successeur des précédents, épouse Antoinette Rancé de Gletteins
  • Jean V († après 1645), chevalier, fils et successeur des précédents, épouse Catherine d'Avey; il est capitaine au régiment d'Alencourt.
  • Pontus († après 1672), fils et successeur des précédents, épouse Isabeau de Roquelesne.
  • Joseph Ier († après 1713), fils et successeur des précédents, est premier capitaine au régiment de Marcillac.

Brossette

  • Claude Brossette (1671 - 1743), ami de Boileau et époux de Marguerite Chavagnieu, rachète le domaine. Il n'y vivra pas, préférant sa maison de Beauvallon.

Armoiries

  • Viego : d'hermine à trois chevrons de sable
  • Varennes : losangé d'argent et d'azur
  • Brossette : d'azur, au caducée d'or, surmonté d'un soleil du même

Il est à noter que Claude Brossette était initialement un bourgeois de Lyon. En devenant échevin, il accèdera à la noblesse et par conséquent se fera réaliser un blason... sur ce dernier il place nombre de symboles alchimiques démontrant par là même son vif intérêt pour cette discipline et étant lui-même rose-croix

Devise

« Non est mortale quod opto » (« je choisis ce qui n'est pas mortel »). Cette devise apparaît au XVIe siècle dans la branche des Varennes-Rapetour... Elle est tirée de l'ouvrage d'Ovide Les Métamorphoses et a été choisie probablement par Pierre de Varennes. Les Métamorphoses d'Ovide sont imprimées à Lyon au début du XVIe siècle.

Description

C'est un logis quadrangulaire flanqué à l'angle Nord-Est d'une tour ronde du XVIe siècle et à l'angle Nord-Ouest d'une tour quadrangulaire du XIVe siècle ; Le bâtiment dans ses parties les plus anciennes est muni de bretèches, de mâchicoulis, d'un chemin de ronde, d'archères, d'arbalétrières, de meurtrières et d'une échauguette.

À l'intérieur du logis, la famille chevaleresque de Viego a construit une « aula » et une chapelle, au XIIIe siècle, pour montrer leur appartenance à l'aristocratie[3] et une camera ou chambre seigneuriale. Des éléments architecturaux remarquables ont donc été conservés.

On découvre dans la cour intérieure, sur trois niveaux, une exceptionnelle galerie à l'italienne du début du XVIe siècle reposant sur des voûtes en pierre dorée en anse de panier. Ladite galerie ornée de blasons des différents propriétaires et de visages. La galerie est desservie par deux tourelles d'escalier à vis[4]. Le château de Rapetour a des grâces qui ne peuvent provenir que de l'autre côté des Alpes et ressemble à s'y méprendre aux castello toscans tels que les a peints giusto utens dans ses lunettes. Rapetour est un château qui doit se comprendre à travers le courant humaniste propre à Lyon au XVIe siècle.

Le château de Rapetour, est ouvert à la visite

Notes et références

  1. Les Mazures de l'abbaye royale de L'Isle Barbe chez Lyon Ou ..., volume 2, par Claude le Laboureur, p. 623.
  2. Notice no PA00118078, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture
  3. Élisabeth Sirot 2007, p. 52.
  4. Élisabeth Sirot 2007, p. 48.

Voir aussi

Bibliographie

  • Dictionnaire de la Noblesse, par M. de la Chenaye Desbois (Paris, 1775)
  • Nobiliaire universel de France, par N. Viton de Saint-Allais (Paris, 1814)
  • Châteaux et maisons bourgeoises dans le Rhône, par C. Pelletier (Horvath, 1980)
  • Maud Roy, La maison noble de Rapetour en Beaujolais, Pages d'Archéologie médiévales en Rhône-Alpes, IV, , p. 61-67
  • Charles-Laurent Salch, Dictionnaire des châteaux et des fortifications du Moyen Âge en France, Strasbourg, Editions Publitotal, , 1287 p. (ISBN 2-86535-070-3).
  • Élisabeth Sirot, Noble et forte maison : L'habitat seigneurial dans les campagnes médiévales du milieu du XIIe au début du XVIe, Paris, Editions Picard, , 207 p. (ISBN 978-2-7084-0770-1).

Articles connexes

Liens externes

  • icône décorative Portail des châteaux de France
  • icône décorative Portail du département du Rhône
  • icône décorative Portail des monuments historiques français