Château de Reuilly

Château de Reuilly, en 1739.

Le château de Reuilly est une ancienne demeure royale mérovingienne aujourd'hui détruite, qui était situé dans le bourg de Reuilly, dans l'actuel 12e arrondissement de Paris, à l'emplacement des nos 9 à 21 rue Érard [1].

Description du chateau

Le château de Reuilly était l'une des résidences royales de Dagobert Ier au début et au milieu du VIIe siècle. Les archives du haut Moyen Âge n'ayant pas été conservées ou ayant été perdues, on sait peu de choses sur cette residence. Un compte rendu historique du 12e arrondissement la décrit ainsi[1]:

On a peu de renseignements sur cette villa de Reuilly, le mot villa étant pris dans le sens qu'on lui donnait à l'époque romaine. C'était à la fois une ferme avec ses granges, ses silos, ses colombiers et ses celliers et une habitation luxueuse avec ses salles immenses décorées de fresques, de toiles peintes et couvertes de tapis. Comme la construction était en bois, il n'en est rien resté.

Historique

Selon Jean de La Tynna[2], c'est dans l'antique palais de Reuilly (Romiliacum), que Dagobert Ier, en 629, répudia sa femme Gomatrude[3] sous prétexte qu’elle était stérile[1]. Il existe un document daté de 637 associant le même Dagobert (629-639) au nom de Reuilly (Ruilliacum), mais il semble se référer plutôt à Reuilly dans l'Indre, car ce manuscrit associe Reuilly à d'autres lieux du Berry. L'authenticité de ce document a par ailleurs été mise en doute pour des raisons de style et de date[4],[5],[6], mais Reuilly (dans l'Indre) aurait bien été rattaché à l'abbaye de Saint-Denis à la fin du Xe siècle[6].

Trouvant peut-être sa demeure parisienne trop austère, Dagobert acquit trois autres résidences, dans les actuelles Clichy et Garches, ainsi qu'une autre, acquise peu avant sa mort en 639, à Épinay-sur-Seine[1].

Après avoir longtemps servi de lieu de séjour aux rois mérovingiens, la residence est délaissée par leurs successeurs. Il devient la propriété des Templiers au XIIIe siècle, puis des Hospitaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, avant de redevenir propriété du roi de France[1].

Il l'était encore, en 1359, car à cette époque le roi Jean promit à Humbert, patriarche d'Alexandrie, de lui en faire la cession[3].

Notes et références

  1. Jacques Hillairet, Le XIIe arrondissement et son histoire, Les Éditions de Minuit, (réimpr. 1989) (ISBN 2-7073-0556-1), « Érard (rue) » p. 178-180
  2. Jean de La Tynna, Dictionnaire topographique, étymologique et historique des rues de Paris, Paris, chez l'auteur, (lire en ligne), p. 406
  3. Félix et Louis Lazare : Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments
  4. Bréquigny, Diplomata, chartae, epistolae, et alia documenta, ad res Francicas spectantia, ex diversis regni, exterarumque regionum archivis ac bibliothecis, jussu regis christianissimi, multorum eruditorum curis, plurimum ad id conferente congregatione, 1791.
  5. D'Arbois de Jubainville, Recherches sur l'origine de la propriété foncière et des noms de lieu en France, 1890, également paru dans la Revue celtique IX, 1888.
  6. Jacques Lerale, Les origines de Reuilly, évocation historique, Bulletin des Amis de Reuilly no 1.

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