Château de Senningen

Château de Senningen
Image illustrative de l’article Château de Senningen
Le château et l'étang.
Nom local Schlass Senneng
Période ou style Éclectique
Fin construction Fin XIXe siècle
Propriétaire actuel État luxembourgeois
Destination actuelle Centre de conférences internationales
Coordonnées 49° 38′ 47″ nord, 6° 14′ 10″ est
Pays Luxembourg
Canton Luxembourg
Commune Niederanven
Géolocalisation sur la carte : Luxembourg
(Voir situation sur carte : Luxembourg)
Château de Senningen

Le château de Senningen (en luxembourgeois, Schlass Senneng) est un château situé à Senningen, section de la commune de Niederanven, au Luxembourg. Propriété de l'État, il est utilisé par le gouvernement pour des réunions internationales. Il est situé à environ 8 km du centre-ville de Luxembourg et à 2 km au nord-est de l'aéroport de Luxembourg-Findel, dont il est séparé par l'autoroute A1.

Histoire

La situation de Senningen dans une cuvette dominée par le plateau du Senningerberg en fait un lieu largement arrosé par trois sources très abondantes. Dès le Moyen Âge, des moulins y sont installés.

Guillaume La Payrade achète en 1712 un des moulins de Senningen ; il s'associe en 1719 avec un imprimeur-libraire de Luxembourg, André Chevalier. En 1721, ils sont autorisés par lettres patentes à y établir une fabrique de papier. Un Français originaire de Mantes, Pierre Bourgeois, achète en 1737 ce moulin à papier, qui est détruit en 1750 par un incendie. Bourgeois reconstruit le moulin et fait bâtir sur le site une demeure. En 1815, la fabrique, gérée par le notaire Jacques Funck de Niederanven, occupe 18 ouvriers[1],[2]. En 1824, l'installation est rachetée par Jacques Lamort[3] (1785-1856), imprimeur, libraire et éditeur à Luxembourg, qui la modernise[4]. En 1882, le moulin, qui rencontre des difficultés économiques, auxquelles s'ajoutent des conflits familiaux, cesse sa production. Ernest Dervaux (1844-1917), un industriel français du département du Nord[5], acquiert le site, fait détruire le moulin et construire le château actuel et aménager le parc avec son étang. Pendant l'occupation allemande, de 1940 à 1944, le château a servi de maison de repos pour des artistes, sous l'égide de la Fondation Goebbels[6].

Affectation actuelle

Le château est aujourd'hui une propriété de l'État luxembourgeois. Il a accueilli entre 1952 et 1968 une unité de l'armée. Ensuite, il est devenu le siège du Centre de communications du gouvernement et abrite les services chargés de la sécurité des communications et de la cryptographie. En , RTL a dévoilé des documents secrets montrant que le château a servi de cadre à l'époque de la guerre froide, en 1971 et 1972, à des réunions d'un comité allié secret lié à un réseau connu sous le nom de Stay-behind, dont l'existence a été révélée publiquement le par le Premier ministre italien Giulio Andreotti à propos de sa branche italienne Gladio[7]. Plus récemment, le château a été équipé pour recevoir des réunions diplomatiques internationales. En 1991 et 1997, lorsque le Grand-Duché assurait la présidence tournante de l'Union européenne, il a accueilli des réunions du Conseil européen. Il a fait l'objet d'une rénovation complète entre 2004 et 2006.

Description

Le château est situé dans un vaste parc comprenant un étang. Le parc comprend une centaine d'espèces d'arbres dont des séquoias de Californie.

Notes et références

  1. Bourgeois, Senningen, sur le site industrie.lu
  2. Les industries de la famille Bourgeois, au Luxembourg.
  3. Sur la famille Lamort, voir Jules Mersch (lb), « La famille Lamort », in Biographie nationale du pays de Luxembourg, fasc. 4, p. 541-580 ; pour Jacques Lamort et ses successeurs, p. 546 et suiv.
  4. Lamort, Senningen sur le site industrie.lu
  5. Histoire des Ets Dervaux.
  6. Goebbels-Stiftung für Kulturschaffende.
  7. Gérald Arboit, « Les réseaux Stay behind en Europe : le cas de l'organisation luxembourgeoise », Guerres mondiales et conflits contemporains, vol. 2009/3, no 235, p. 145-158 (en ligne). Cet article ne mentionne pas le château de Senningen. Les révélations de RTL en avril 2013 sont en rapport avec la tenue du procès dit des Bommeleeër, où il apparaît qu'il existait au château une armoire d'archives secrètes du Service de renseignement de l’État du Luxembourg (SREL). Cf. Affaire Bommeleeër à propos du rapport de la Commission de contrôle parlementaire du Service de renseignement de l'État du 7 juillet 2008 : « Le rôle du service de renseignements dans le cadre des enquêtes relatives à l'affaire des attentats à l'explosif des années 1984 à 1986 ».

Voir aussi

Bibliographie

  • (de) Émile Erpelding, Die Mühlen des Luxemburger Landes, Luxembourg, Druck und Verlag St.-Paulus-Druckerei, 1981.

Liens externes

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