Châteaumeillant (AOC)

Châteaumeillant
Image illustrative de l’article Châteaumeillant (AOC)
Vignoble de Châteaumeillant au printemps en 2006.

Type d'appellation(s) AOC / AOP
Reconnue depuis 1965 (VDQS) et 2010 (AOC)
Pays Drapeau de la France France
Région parente vignoble de la vallée de la Loire
Sous-région(s) Centre-Loire (Berry)
Localisation Cher et Indre
Climat océanique dégradé
Ensoleillement
(moyenne annuelle)
1 891 heures (à Châteauroux)
Sol siliceux, à dominante sableuse et sablo-argileuse
Superficie plantée 75 hectares (en 2023)[1]
Nombre de domaines viticoles une coopérative et huit indépendants
Cépages dominants gamay N[note 1]
Vins produits 73 % rouges et 27 % gris
Production 1 666 hectolitres (en 2023)[1]
Pieds à l'hectare minimum 6 000 ceps/ha[2]
Rendement moyen à l'hectare 24 hl/ha en rouge et 18 en rosé (en 2023)[1]
Site web aoc-chateaumeillant.fr

Un châteaumeillant[note 2] est un vin rouge ou rosé (appelé « gris ») d'appellation d'origine contrôlée produit autour de Châteaumeillant, à la limite entre le Cher et l'Indre[2]. Il appartient à la région viticole du Centre-Loire, au sein du vignoble de la vallée de la Loire. L'AOC été reconnue par décret le [3].

La superficie de production est de 65 hectares[1] (moyenne 2022-2024) avec comme cépage principal le gamay N. Les cépages accessoires sont le pinot noir N (vins rouge et rosé) et le pinot gris G (vin rosé). Les vins rouges représentent environ 70 % de la production (moyenne 2022-2024)[1].

Histoire

De l'Antiquité au Moyen Âge

Amphores italiques du musée Émile Chénon

Si les Gaulois de Châteaumeillant commerçaient déjà avec l'Italie pour faire venir du vin à la fin du IIIe siècle av. J.-C., les premières traces de viticulture ne remontent, elles, qu'au VIe siècle comme le mentionne Grégoire de Tours[4].

Des chartes médiévales comme celle de franchise de Châteaumeillant[5] mentionnent le vignoble et réglementent la production et la commercialisation du vin, entre 1220 et 1275. « Parmi les principes directeurs énoncés dans ces chartes figurait le principe de l'interdiction des vendanges, ou des règles régissant le début officiel de la récolte, qui existe encore aujourd'hui[4] ».

Période moderne et contemporaine

Le plant lyonnais est introduit en 1773, remplacé en 1830 par le gamay du Beaujolais. À la fin du Second Empire le vignoble atteint 1 200 ha, mais il souffre sévèrement du phylloxéra à la fin du siècle et sa surface diminue considérablement[4]. Châteaumeillant est réputé pour son vin gris, qui est produit en pressant le gamay immédiatement après la récolte[4].

Le , un arrêté paru au Journal officiel reconnait l'appellation d'origine de ce vignoble avec le label « vin délimité de qualité supérieure » (VDQS)[3] ; l'arrêté est actualisé par un nouveau en [6].

Le , il est classé en appellation d'origine contrôlée[7] ; le cahier des charges est ensuite modifié en [8], en (actualisation des parcelles concernées)[9] et en (liens avec la zone géographique)[2]. Lors des vendanges les raisins sont encore récoltés à la main, en particulier les raisins rouges, bien que la machine à vendanger se développe[4].

Vignoble

Les vignobles du Berry.
Les vignobles du Berry.

Aire d'appellation

Images externes
Carte des communes concernées
Cartes cadastrales de l'appellation
Orthophotos du parcellaire de l'AOC

L'aire d'appellation est située sur trois communes du Cher (Châteaumeillant, Saint Maur et Vesdun) et quatre communes de l'Indre (Champillet, Feusines, Néret et Urciers)[2].

Géologie

La zone géographique de l’AOC châteaumeillant s’étend dans le Berry sous la forme d’une bande est‑ouest d’environ 20 km de long et 5 km de large, structurée par sept ruisseaux et rivières qui dessinent des croupes aux pentes douces.

Le vignoble occupe un espace restreint d’origine triassique situé au contact du Lias (Jurassique inférieur) au nord et du massif hercynien au sud, ce dernier étant plus argileux et fortement érodé. Les parcelles délimitées reposent sur des formations sédimentaires sablo‑argileuses du Trias et sur des terrains métamorphiques dominés par les gneiss[2].

Climatologie

Situé à proximité de la limite entre le Berry et le Bourbonnais, au pied des premières hauteurs de la Haute Marche, le vignoble jouit d'un climat qui reste à dominante océanique, avec des hivers encore assez doux. La station météorologique de l'aéroport de Bourges (à 161 mètres d'altitude : 47° 03′ 33″ N, 2° 21′ 35″ E)[10] fournit les moyennes suivantes :

Relevés à Bourges de 1991 à 2020
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Températures (°C)
Maximale moyenne 7,4 8,9 13,1 16,3 20,1 23,8 26,2 26,2 22,1 17,2 11,2 7,9 16,7
Moyenne 4,5 5,1 8,4 11,1 14,8 18,4 20,5 20,5 16,7 12,9 7,9 5 12,1
Minimale moyenne 1,6 1,4 3,7 5,8 9,5 13 14,8 14,7 11,3 8,5 4,6 2,2 7,6
Nombre de jours avec gel 11,2 11,2 5,5 1,3 0 0 0 0 0 0,8 4,3 10,4 44,7
Précipitations
Hauteur (mm) 58 51 52,8 62 75,9 58,4 63,5 53,5 56,7 74,2 69,3 67,4 742,7
Ensoleillement
Heures 65,5 93,5 155,9 185,6 215,6 227,4 248,6 239,8 194 127 76,6 59,5 1 888,9
7,4
1,6
58
20 mm
40 mm
60 mm
jan.
8,9
1,4
51
fév.
13,1
3,7
52,8
mars
16,3
5,8
62
avril
20,1
9,5
75,9
mai
23,8
13
58,4
juin
26,2
14,8
63,5
jui.
26,2
14,7
53,5
août
22,1
11,3
56,7
sep.
17,2
8,5
74,2
oct.
11,2
4,6
69,3
nov.
7,9
2,2
67,4
déc.
Moyennes : max min °C ■ Précipitations mm

Encépagement

Les vins rouges sont issus du gamay N[note 1] comme cépage principal (minimum 60 % de l'encépagement) et du pinot noir N comme cépage accessoire[2].

Les vins gris sont issus du gamay N (minimum 60 % de l'encépagement) comme cépage principal et des pinot gris G (maximum 15 % de l'encépagement) et du pinot noir N comme cépages accessoires[2].

Pour les vins rouges comme pour les vins rosés, il n'y a pas de règle de proportion pour le pinot noir N (outre qu'il ne peut pas dépasser les 40 % de l'encépagement, le gamay N devant atteindre les 60 %).

Rendements

Les rendements sont pour les vins rouges de 55 hectolitres par hectare pour le rendement de base et 60 hectolitres par hectare pour le rendement butoir, tant pour les vins rouges que pour les vins rosés[2].

Vins

Les données de production des années récentes, telles que publiées par le service des Douanes[1], sont :

Année châteaumeillant rouge châteaumeillant rosé
superficie (ha) production (hl) rendement (hl/ha) superficie (ha) production (hl) rendement (hl/ha)
2022 44 870 20 26 405 15
2023 50 1 221 24 25 445 18
2024 24 157 6 21 71 -

Les vendanges de 2024 furent exceptionnellement mauvaises dans le Cher et dans l'Indre, en raison des conditions météoroliques qui ont causé, entre autres, l'apparition du mildiou[12].

Titres alcoométriques volumiques

Le titre alcoométrique volumique est de 10 % du volume au minimum et de 12,5 % du volume au maximum[2].

Gastronomie

Les vins rouges, développés sont souples, fins et fruités.

Le vin gris, vin traditionnel, a une robe rose très pâle avec de très légers reflets bleutés. C'est un vin d'été, très agréable à boire quand il est servi entre 8 et 10 % volume. Traditionnellement, il est consommé en apéritif, sur des grillades, des viandes blanches ou des poissons.

Commercialisation

Une trentaine de vignerons produisent le châteaumeillant[13], regroupé au sein du Syndicat des vins de Châteaumeillant.

Notes et références

Notes

  1. Le code international d'écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rg = rouge, Rs = rose, G = gris. Cf. « 2de édition de la liste des descripteurs OIV – couleur de la baie » [PDF] (consulté le ), p. 41.
  2. Le nom d'un vin est un nom commun, donc ne prend pas une majuscule, cf. les références sur la façon d'orthographier les appellations d'origine.

Références

  1. « Open Data | Portail de la Direction Générale des Douanes et Droits Indirects », sur www.douane.gouv.fr (consulté le )
  2. « Cahier des charges de l'appellation d'origine contrôlée « Chateaumeillant » » [PDF], homologué par le décret no 2011-1081 du 8 septembre 2011 et modifié par le « décret n° 2013-1075 du 28 novembre 2013 », publié au JORF no 0278 du .
  3. « Arrêté du 18-02-1965 Conditions d'attribution du label « vins délimités de qualité supérieure » aux vins bénéficiant de l'appellation d'origine « châteaumeillant » », publié au JORF du .
  4. L'AOC Châteaumeillant
  5. Émile Chénon, Notice historique sur Châteaumeillant, , p. 70.
  6. « Arrêté du 28 septembre 2007 relatif à l'appellation d'origine vin délimité de qualité supérieure « Châteaumeillant » », publié au JORF no 232 du .
  7. « Décret n° 2010-1442 du 22 novembre 2010 relatif à l'appellation d'origine contrôlée « Châteaumeillant » », publié au JORF no 0273 du .
  8. « Cahier des charges de l'appellation d'origine contrôlée « CHÂTEAUMEILLANT » » [PDF], p. 12-21, homologué par le « décret n° 2011-1081 du 8 septembre 2011 », publié au JORF no 0210 du .
  9. « Décret n° 2013-846 du 23 septembre 2013 modifiant le décret n° 2011-1081 du 8 septembre 2011 relatif à l'appellation d'origine contrôlée « Châteaumeillant » », publié au JORF no 0223 du .
  10. « 18033001 – BOURGES – AERODROME » [PDF], sur donneespubliques.meteofrance.fr (consulté le ).
  11. « Fiche 18033001 Bourges » [PDF], sur donneespubliques.meteofrance.fr (consulté le ).
  12. Agreste - CENTRE- VAL DE LOIRE, « PRODUCTION ET PRIX DES VINS DANS LE CENTRE-VAL DE LOIRE EN 2024. Une campagne 2024 très compliquée jusqu’aux vendanges », fÉvrier 2025 n°2
  13. « Les vignerons », sur Syndicat des vins de Châteaumeillant (consulté le )

Voir aussi

Bibliographie

  • Michel Mastrojanni, Guide vert solar : Les Vins de France, Paris, Éditions Solar, 1992 - 1994 - 1998 (ISBN 978-2-263-02796-3 et 2-263-02796-3).
  • Robert Blin, Christophe Prouteau et Jean-Marie Durivault, Pays de la Loire : des côtes du Forez au pays Nantais, Paris, Éditions Solar, coll. « Guide des vins Gilbert & Gaillard », , 318 p. (ISBN 2-263-01747-X).

Lien externe

Articles connexes

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