Chahar-pareh
Le chahar-pareh (en persan چهار پاره) est, dans la poésie persane, un type de poème composé de strophes de quatre (chahar) hémistiches. On l'appelle parfois « sonnet » ou « quatrain continu ». Ce n'est pas une forme classique, elle est apparue à l'époque moderne.
Origine et histoire
Cette forme est apparue à l'époque des Tanzinat (réformes) en Turquie et de la révolution constitutionnelle persane. Il s'agit d'une forme poétique plus simple que celles, très contraignantes, de la poésie classique[1]. Les poètes de la période constitutionnelle cherchent à réformer la littérature classique, dans ses thèmes, mais aussi dans sa forme[2]. En outre, la forme simple du chahar-pareh se prête bien à l'expression de sujets sociaux et politiques, bien qu'il ait évolué pour privilégier ensuite l'expression de thèmes romantiques[3],[4].
Appelé aussi sonnet ou quatrain continu, il a été adopté sous l'influence de la littérature française, probablement par l'intermédiaire de la langue turque[3].
Les poètes ottomans İbrahim Şinasi, Ziya Pacha et Namık Kemal ont créé le chahar-pare[3], qui ensuite a été introduit en Perse par des poètes comme Jafar Khamenei, qui était familier de la littérature française et de la langue turque[3]. Il est ensuite popularisé par des écrivains comme Gholamreza Rashid-Yasemi (en), Nader Naderpour, Fereydoun Tavallali[5], qui écrivent après la révolution constitutionnelle, plus tard Fereydoun Moshiri[1].
Forme
Le chahar-pare se compose de strophes de deux distiques, donc quatre hémistiches. Les hémistiches pairs riment entre eux, selon le schéma (à lire de droite à gauche)[4] :
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La forme est moins contraignante que celle du do-baytī (en) (distique classique), dont le robaï est un cas particulier. Ce dernier est composé de quatre vers dont les deux premiers et le dernier riment ensemble, tandis que le 3e est libre, et dont la métrique est fixe. Chaque strophe d'un chahar-pare peut adopter une nouvelle rime[1]. Il conserve, malgré sa nouveauté, le principe traditionnel de l'égalité des hémistiches[1]. Le chahar-pare est beaucoup plus libre encore que le ghazal, très normalisé.
Le chahar-pare peut être chanté[1].
« Karoun », un poème de Tavallali, est un chahar-pare, qui commence ainsi :
بلم آرام چون قویی سبکبار
به نرمی بر سر کارون همی رفت
به نخلستان ساحل قرص خورشید
ز دامان افق بیرون همی رفت
Balam ārām čon qu-yi sabokbār
be narmi bar sar-e Kārun hamiraft
Be naḵalestān sāḥel qorṣ-e ḵorshid
ze dāmān-e ofoq birun hamiraft.
Notes et références
- Mahshid Moshiri, S'il n'y a pas d'amour : poésie contemporaine persane, 1911-2011, Paris, L'Harmattan, (ISBN 978-2-296-56947-8, lire en ligne), p. 36
- ↑ (en-US) Sorour Soroudi, « CONSTITUTIONAL REVOLUTION vii. The constitutional movement in literature », sur Encyclopaedia Iranica, (consulté le )
- (en) Bbagher Sadrinia, « Genesis and evolution of the sonnet (chahar-pare) composing in Iran », Literary Arts, vol. 7, no 1, , p. 23–32 (ISSN 2008-8027 et 2322-3448, lire en ligne, consulté le )
- (fa) « قالب چهارپاره چیست؟ شکل ظاهری، کاربرد و تفاوت آن با دوبیتی » [« Qu’est-ce qu’un chahar-pare ? »], sur roozaneh.net, (consulté le )
- ↑ (en) « Firidun Tavaluli », sur Golha Project (consulté le )
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