Chambertin-clos-de-bèze
| Chambertin-clos-de-bèze | |
Le clos de Bèze à Gevrey-Chambertin. | |
| Type d'appellation(s) | AOC / AOP |
|---|---|
| Reconnue depuis | 1932 (AO) et 1937 (AOC) |
| Pays | |
| Région parente | vignoble de Bourgogne |
| Sous-région(s) | vignoble de la côte de Nuits |
| Localisation | Gevrey-Chambertin (Côte-d'Or) |
| Climat | océanique dégradé, à tendance continentale |
| Ensoleillement (moyenne annuelle) |
1 890 heures (à Dijon-Longvic)[1] |
| Sol | argilo-calcaire |
| Superficie totale | 15 hectares et 38,87 ares[2] |
| Superficie plantée | 13 ha et 9,91 ares (en 2023)[3] |
| Nombre de domaines viticoles | 15 (en 2023)[4] |
| Cépages dominants | pinot noir N[n 1] |
| Vins produits | rouges |
| Production | 609 hectolitres (en 2023)[3] |
| Pieds à l'hectare | minimum 9 000 ceps/ha[5] |
| Rendement moyen à l'hectare | 44 hl/ha (en 2023)[3] |
Un chambertin-clos-de-bèze[n 2] est un vin rouge français d'appellation d'origine contrôlée produit sur le climat du clos de Bèze (47° 12′ 59″ N, 4° 57′ 57″ E) à Gevrey-Chambertin, en Côte-d'Or. Il est classé parmi les grands crus du vignoble de la côte de Nuits.
C'est un des neuf grands crus situés sur la commune de Gevrey-Chambertin, les autres étant, du nord au sud du vignoble :
- ruchottes-chambertin ;
- mazis-chambertin ;
- chambertin ;
- chapelle-chambertin ;
- griotte-chambertin ;
- charmes-chambertin ;
- mazoyères-chambertin ;
- latricières-chambertin .

Histoire
Moyen Âge
Le clos de Bèze est un des plus anciens clos viticole du vignoble Français. En 628, le roi de Bourgogne mérovingien Dagobert Ier demande à trois de ses seigneurs vassaux dont le duc Amalgaire de tuer Burnulfe, l’oncle de son frère pour asseoir son autorité et son pouvoir. Il récompense royalement les trois seigneurs en leur offrant de vastes domaines. Le duc Amalgaire reçoit la terre de Fons Besua (région de Bèze en Bourgogne) et décide d’y faire bâtir l'abbaye de Bèze qu'il dote d'un domaine terrien et viticole considérable dans toute la Côte d'Or avec à sa tête un de ses trois fils, l'abbé Waldalène, pour racheter ses fautes à Dieu. Les moines de l’abbaye de Bèze créent le clos de Bèze au VIIe siècle sur leur important domaine de Gevrey-Chambertin à l'emplacement actuel. Mais en 1219, par besoin d'argent pour leur abbaye, les moines le vendent aux chanoines du chapitre de Langres qui le convoitaient depuis longtemps[6].
En 1219, l’abbaye de Bèze vend : « aux doyen et chapitre de Langres » son clos de Gevrey ainsi que toutes ses dépendances « en maison, récipients et autres ustensiles , et en cens de : vin, d’avoine et de deniers pour six cents livres estevenantes ». Si la date précise de la transaction n’est pas mentionnée, il est indiqué qu’au moment de la vente, le siège de Langres est vacant. On peut par conséquent, situer cette transaction entre le mois d’avril, qui correspond au transfert de Guillaume de Joinville à Reims, et l’installation d’Hugues de Montréal à Langres au mois d’août[7]. Cet acte de vente de 1219, conservé aux archives départementales de la Côte-d’Or[8], ne mentionne aucune superficie ni aucun des confins. Nous ne pourrons sans doute jamais localiser le clos d’origine. Le Chapitre de Langres va agrandir le bien qu’il vient d’acquérir auprès de l’Abbaye de Bèze. Les documents du chapitre de Langres qui sont encore en notre possession , montrent que le Chapitre de Langres a procédé à diverses transactions au cours des XIIIe et XIVe. Parmi elles, une dizaine, concerne des vignes situées au Clos de Bèze. Le premier document attestant d’une nouvelle acquisition au Clos de Bèze se fait une trentaine d’années après l’achat initial des biens de l’abbaye de Bèze sur Gevrey. Les autres textes datent tous de la première moitié du XIVe siècle. Le chapitre de Langres agrandit sa possession initiale sans que l’on puisse néanmoins connaître les superficies, originelles et augmentées, des nouvelles acquisitions faites au cours des XIIIe et XIVe siècles. Le clos des religieux de Bèze a donc été patiemment agrandi par le chapitre de Langres jusqu’au moins, la première moitié du XIVe siècle. Les éléments en notre possession ne nous permettent cependant pas de savoir si, à cette époque, le Clos de Bèze comprend les quarante journaux qui seront mentionnés dès le premier quart du XVIIe siècle.

Période moderne
Le le chapitre conclut un premier bail avec Pierre Monniot, bourgeois à Dijon, pour une durée de douze ans. Ce dernier le cède à Claude Jomard le pour le reste des huit années restant à courir. C’est à cette occasion que Claude Jomard semble avoir demandé au chapitre de retirer de son bail ou de lui abandonner à long terme une pièce de quarante journaux de vignes et topes dites au Chambertin. Au début du XVIIIe siècle, le chapitre de Langres semble avoir tenté de récupérer l’exploitation en propre de ses vignes[9]. Mais le , le chapitre accepte la poursuite du bail initial conclu en 1651 avec Claude Jomard à son descendant : Barthelemy Jomard, conseiller et correcteur à la chambre des comptes de Dijon contre le paiement de la somme de 2 400 livres.
En 1777, Claude Courtépée et Edme Beguillet indiquent que le clos de Bèze « a depuis été acensé à différens Particuliers » (acensé = affermé, mis en location) et donnent un classement des meilleurs climats de la paroisse : « On distingue les climats de Chambertin & de Beze, tête des vins de Bourgogne. Les autres cantons renommés sont le St. Jacques, les Mazy, les Tamisot, la Chapelle »[10].
Classements du XIXe siècle

En 1855, l'ouvrage de Jules Lavalle classe pour la commune de Gevrey-Chambertin comme « tête de cuvée » le Chambertin (sur 27 hectares, clos de Bèze compris) ; les climats voisins sont pour les hauts des « première cuvée de finage » (Chapelle haute, Mazy haut, Ruchotte du dessus, Charmes hauts et Grillotte haute), pour les bas des « deuxième cuvée » (Mazy bas, Chapelle petite, Ruchotte basse, Gemeaux, Charmes bas, Mazoyères, Latricières et Echézeaux)[12].
En 1861, le Comité d'agriculture de l'arrondissement de Beaune, préparant l'Exposition universelle de 1862, classe les 99,9 hectares de « vignes en vins fins » de Gevrey, dont 28,2 en 1re classe (15,2 ha du clos de Bèze et 12,99 du Chambertin), 52,3 en 2e classe (Cazetiers Hauts, Saint-Jacques haut, Ruchottes-du-Dessus, Mazis-Hauts, Ruchottes-du-Bas, Charmes hauts, Chapelle, ½ Griottes, Mazoyères, Combottes et Latricières) et 19,39 en 3e classe (Cazetiers Bas, Lavaut, Charmes-Bas, ½ Griottes, Champs Chenys hauts et Aux Echesseaux)[13].
.jpg)
Dans les décennies 1830-1840, la pyrale survint et attaqua les feuilles de la vigne. Elle fut suivie d'une maladie cryptogamique, l'oïdium[14]. Le millésime 1865 a donné des vins aux teneurs naturelles en sucres très élevées et des vendanges assez précoces[15]. À la fin du siècle arrivèrent deux nouveaux fléaux de la vigne : le premier fut le mildiou, autre maladie cryptogamique, qu'on peut traiter avec du sulfate de cuivre (bouillie bordelaise) ; le second le phylloxéra, qui arrive en Côte-d'Or à partir de 1878 (il a fallu quelques décennies pour que toutes les parcelles soient contaminées). Cet insecte térébrant venu d'Amérique tua la majorité du vignoble[14]. La seule parade trouvée fut le replantage intégral, fort coûteux, soit avec des hybrides (qui furent ensuite interdits), soit avec greffage sur des pieds américains, capables de vivre en présence du phylloxéra. La physionomie du vignoble en fut transformée : auparavant, les vignes étaient souvent plantées en foule, reproduites par marcottage (provignage) ; arrachées, elles ont fait place à des vignes en rangs et sur fils de fer, permettant l'introduction du cheval, puis des tracteurs. Le mildiou provoqua un désastre considérable en 1910.
Création de l'appellation
Le nom de chambertin étant vendeur, beaucoup de vins produits autour de ce lieu-dit étaient commercialisés sous ce nom d'emprunt (porte-étendard). La loi de 1919 sur les appellations d'origine (AO)[16] autorisa de poursuivre un présumé usurpateur d'appellation devant le tribunal, mais aussi que « le juge pourra délimiter l'aire géographique de production et déterminer les qualités ou caractères du produit ». En conséquence, les producteurs (menés par le général Henri Rebourseau) formèrent en 1929 le syndicat de défense du Chambertin, puis obtinrent trois arrêts : le , le tribunal de Dijon reconnait que les crus voisins (Latricières, Mazoyères, Charmes, Griotte, Chapelle, Ruchottes et Mazis) peuvent rajouter le nom « Chambertin » à la suite du leur, mais l'interdit aux autres (notamment le clos Saint-Jacques) ; puis le , le tribunal de Dijon décide que l'appellation chambertin (tout court) est réservée aux climats cadastrés Chambertin et clos de Bèze, à la condition que le vin récolté provienne de pinots bourguignons dits noiriens (pinot noir) et que les vins du clos de Bèze pourront être désignés indifféremment sous le nom de « Clos de Bèze », « Chambertin » ou bien « Clos de Bèze-Chambertin », interdisant « Chambertin-Clos de Bèze » ; enfin le , le tribunal d’instance de Dijon autorise la forme « Chambertin-Clos-de-Bèze »[17].
Le Gibriaçois Henri Gouges avait rejoint au niveau national l'action menée par le sénateur Joseph Capus et Pierre Le Roy de Boiseaumarié qui abouti à la création de la notion d'appellation d'origine contrôlée (AOC) par le décret-loi du , reconnaissant la validité des AO antérieures[18]. Les appellations chambertin et chambertin-clos-de-bèze sont officiellement reconnues ensemble par le décret du [19],[20]. Apparition de l'enjambeur dans les années 1960-1970, qui remplace le cheval. Les techniques en viticulture et œnologie ont bien évolué depuis 50 ans (vendange en vert, table de triage, cuve en inox, pressoir électrique puis pneumatique…).
Avec la canicule de 2003, les vendanges débutèrent pour certains domaines cette année-là à la mi-août, soit avec un mois d'avance, des vendanges très précoces qui ne s'étaient pas vues depuis 1422 et 1865 d'après les archives[15]. Le cahier des charges de l'appellation a été modifié en [21], puis en [5].
Étymologie
Le mot clos est dérivé du matin clausum, « endroit fermé, fermeture » : il s'agit d'un endroit qui peut être cultivé et qui est entouré de haie, de murs ou de fossés, servant à délimiter la propriété et à la protéger des troupeaux. En Bourgogne, la clôture est composée de murs en pierres sèches couronnées de rangs de laves, avec une ou deux ouvertures fermée(s) d'une barrière, d'une porte ou d'une grille. Pour le clos de Bèze, ces murs n'existent plus depuis le XVIIIe siècle.
Bèze désigne ici l'ancien propriétaire du lieu-dit, du VIIe au XIIIe siècle : c'était l'abbaye Saint-Pierre de Bèze, à 36 km au nord-est. La commune de Bèze doit son nom au petit cours d'eau qui y prend sa source, la Bèze, du latin bedus ou bedum, « canal, fossé »[22].
Vignoble
Aire d'appellation
| Images externes | |
| Carte de l'aire d'appellation du chambertin-clos-de-bèze | |
| Cartes cadastrales de l'appellation | |
| Orthophoto du parcellaire de l'AOC | |
L'aire d'appellation du chambertin-clos-de-bèze est incluse dans l'aire d'appellation de l'AOC gevrey-chambertin. Elle se situe à la sortie sud de Gevrey-Chambertin sur la route des Grands Crus en direction de Morey-Saint-Denis, Nuits-Saint-Georges et Beaune sur la partie modérément inclinée du coteau à sol calcaire exposé plein est. Elle borde les Mazis au nord et le Chambertin au sud[23] et couvre 15 hectares et 38,87 ares[2] ; la surface déclarée en production était de 13,99 ha en 2023, pour une production de 617 hectolitres[24].
Le chambertin-clos-de-bèze est une des neuf AOC grands crus du vignoble de Gevrey-Chambertin et une des 33 appellations classées grands crus du vignoble de Bourgogne[20].
Le climat du Clos de Bèze est par ailleurs inclus dans l'aire d'appellation du grand cru chambertin : les vins provenant du climat « Clos de Bèze » peuvent donc être commercialisés sous l'AOC chambertin-clos-de-bèze ou sous l'AOC chambertin.
Géologie et orographie
Situé sur le long coteau dont le soubassement est composé de la roche calcaire dure appelée « calcaire de Prémeaux ». Terre brune avec des limons et éboulis graveleux sur le haut et calcaires à teneur argileuse sur le versant. Situé a une altitude de 240 à 250 mètres. Exposé au levant.
Climatologie
Le climat bourguignon est un climat tempéré océanique à légère tendance continentale ; l'ensoleillement annuel a été de 1 890 heures (moyenne 1991-2020 à Dijon-Longvic)[1]. La station météorologique de Marsannay-la-Côte (à 280 mètres d'altitude, à la sortie sud de la commune : 47° 16′ 00″ N, 4° 59′ 12″ E)[25], quelques kilomètres plus au nord, est représentative du climat au bas du coteau viticole.
| Mois | jan. | fév. | mars | avril | mai | juin | jui. | août | sep. | oct. | nov. | déc. | année | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Températures (°C) | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Maximale moyenne | 5,7 | 7,7 | 12,6 | 16,4 | 20,6 | 24,7 | 27,1 | 26,7 | 22 | 16,1 | 9,8 | 6,3 | 16,3 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Moyenne | 2,8 | 4 | 7,8 | 11,1 | 15,2 | 19,1 | 21,3 | 20,8 | 16,6 | 11,8 | 6,6 | 3,5 | 11,7 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Minimale moyenne | −0,1 | 0,2 | 3,1 | 5,9 | 9,9 | 13,5 | 15,5 | 15 | 11,2 | 7,6 | 3,4 | 0,6 | 7,1 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Nombre de jours avec gel | 16,7 | 14,4 | 6,5 | 1,3 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 1 | 6,3 | 14,2 | 60,4 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Précipitations | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Hauteur (mm) | 66,8 | 53,8 | 55,9 | 60,4 | 75,3 | 70,5 | 65 | 61 | 60,9 | 75 | 84,1 | 74,3 | 803 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Encépagement
Le pinot noir N[n 1] compose exclusivement les vins rouges de l'AOC, même si le chardonnay B, le pinot blanc B et le pinot gris G sont autorisés comme cépages accessoires par le cahier des charges[5].
Il est constitué de petites grappes denses, en forme de cône de pin[27] composées de grains ovoïdes, de couleur bleu sombre[27]. C'est un cépage délicat, qui est sensible aux principales maladies et en particulier au mildiou, au rougeot parasitaire, à la pourriture grise (sur grappes et sur feuilles), et au cicadelles[28]. Ce cépage, qui nécessite des ébourgeonnages soignés, a tendance à produire un nombre important de grapillons[28]. Il profite pleinement du cycle végétatif pour mûrir en première époque. Le potentiel d'accumulation des sucres est élevé pour une acidité juste moyenne et parfois insuffisante à maturité. Les vins sont assez puissants, riches, colorés, de garde[29]. Ils sont moyennement tanniques en général.
Méthodes culturales
Le travail manuel commence par la taille, en « Guyot simple », avec une baguette de cinq à huit yeux et un courson de un à trois yeux[30]. Le tirage des sarments suit la taille. Les sarments sont enlevés et peuvent être brûlés ou mis au milieu du rang pour être broyés. On passe ensuite aux réparations. Puis vient le pliage des baguettes. Éventuellement, après le pliage des baguettes, une plantation de nouvelles greffes est réalisée. L'ébourgeonnage peut débuter dès que la vigne a commencé à pousser. Cette méthode permet, en partie, de réguler les rendements[30]. Le relevage est pratiqué lorsque la vigne commence à avoir bien poussé. En général, deux à trois relevages sont pratiqués. La vendange en vert est pratiquée de plus en plus dans cette appellation. Cette opération est faite dans le but de réguler les rendements et surtout d'augmenter la qualité des raisins restants[30]. Pour finir avec le travail manuel à la vigne, se réalise l'étape importante des vendanges.
Pour le travail mécanique, l'enjambeur est d'une aide précieuse. Les différents travaux se composent du broyage des sarments, réalisé lorsque les sarments sont tirés et mis au milieu du rang. De trou fait à la tarière, là où les pieds de vignes sont manquants, en vue de planter des greffes au printemps. De labourage ou griffage, réalisé dans le but d'aérer les sols et de supprimer des mauvaises herbes. De désherbage fait chimiquement pour tuer les mauvaises herbes. De plusieurs traitements des vignes, réalisés dans le but de les protéger contre certaines maladies cryptogamiques (mildiou, oïdium, pourriture grise, etc.) et certains insectes (eudémis et cochylis)[30]. De plusieurs rognages consistant à reciper ou couper les branches de vignes (rameaux) qui dépassent du système de palissage.
Rendements
Le rendement maximum visé par le cahier des charges de l'appellation est de 42 hl/ha et le rendement butoir est de 49 ha/hl[5].
Vins
Les vins produits sur l'aire d'appellation du chambertin-clos-de-bèze peuvent être repliés[n 3] en appellation chambertin ou en gevrey-chambertin premier cru.
Volumes
Les données de production des années récentes, telles que publiées par le service des Douanes, sont[3] :
| Année | chambertin-clos-de-bèze | ||
|---|---|---|---|
| superficie (ha) | production (hl) | rendement (hl/ha) | |
| 2022 | 15,00 | 546 | 36 |
| 2023 | 13,99 | 617 | 44 |
| 2024 | 13,26 | 186 | 14 |
Le millésime 2024 a des rendements faibles à cause des aléas climatiques[31].
Titre alcoométrique volumique
| AOC | Rouge | Rouge |
| Titre alcoométrique volumique | minimal | maximal |
| Grand cru[5] | 11,5 % vol | 14,5 % vol |
Vinification et élevage
Voici les méthodes générales de vinification de cette appellation. Il existe cependant des petites différences de méthode entre les différents viticulteurs et négociants.
La récolte des raisins se fait à maturité et de façon manuelle. La vendange manuelle est le plus souvent triée, soit à la vigne soit à la cave avec une table de tri, ce qui permet d'enlever les grappes pourries ou insuffisamment mûres[30]. La vendange manuelle est généralement éraflée puis mise en cuve. Une macération pré-fermentaire à froid est quelquefois pratiquée. La fermentation alcoolique peut démarrer, le plus souvent après un levurage. Commence alors le travail d'extraction des polyphénols (tanins, anthocyanes) et autres éléments qualitatifs du raisin (polysaccharides etc.)[30]. L'extraction se faisait par pigeage, opération qui consiste à enfoncer le chapeau de marc dans le jus en fermentation à l'aide d'un outil en bois ou aujourd'hui d'un robot pigeur hydraulique. Plus couramment, l'extraction est conduite par des remontages, opération qui consiste à pomper le jus depuis le bas de la cuve pour arroser le chapeau de marc et ainsi lessiver les composants qualitatifs du raisin. Les températures de fermentation alcoolique peuvent être plus ou moins élevées suivant les pratiques de chaque vinificateur avec une moyenne générale de 28 à 35 degrés au maximum de la fermentation[30]. La chaptalisation est réalisée si le degré naturel est insuffisant : cette pratique est réglementée[30]. À l'issue de la fermentation alcoolique suit l'opération de décuvage qui donne le vin de goutte et le vin de presse. La fermentation malolactique se déroule après mais est dépendante de la température. Le vin est soutiré et mis en fût ou cuve pour son élevage. L'élevage se poursuit pendant plusieurs mois (12 à 24 mois)[30] puis le vin est collé, filtré et mis en bouteilles.
Gastronomie
Les chambertin-clos-de-bèze sont des vins très colorés, puissants, aux arômes et saveurs intenses évoquant entre autres le cassis, cerise, musc, réglisse... Alors que le chambertin se distingue par sa robustesse, le clos-de-bèze se montre plus délicat, plus complexe, plus particulier. Il associe à la fois finesse et puissance, fermeté et grâce, générosité et légèreté ...
La puissance des vins rouges de Gevrey-Chambertin s'associe avec une cuisine corsée et élaborée : gibiers, viande rouge grillée, gigot de mouton, bœuf bourguignon, civet de lapin, coq au vin, coq au chambertin, fromages puissants, époisses, etc . (cuisine bourguignonne)
Le chambertin-clos-de-bèze est un vin de longue garde (15 ans et plus pour les exceptions et selon le millésime).
- Vin jeune : entre 13 et 14 °C ;
- vin plus âgé : entre 17 et 18°.
Économie

Structure des exploitations
Commercialisation
Producteurs de l'appellation
Liste des producteurs de l'appellation en 2023 :
- Bart, à Marsannay-la-Côte ;
- Chazans, à Chambolle-Musigny ;
- Bruno Clair, à Marsannay-la-Côte ;
- Clair-Daü (Jadot), à Beaune ;
- CVVB (Faiveley), à Nuits-Saint-Georges ;
- Pierre Damoy, à Gevrey-Chambertin ;
- Joseph Drouhin, à Beaune ;
- Drouhin-Laroze, à Gevrey-Chambertin ;
- Duroché Père et Fils, à Gevrey-Chambertin ;
- Pierre Gelin, à Fixin ;
- Robert Groffier Père et Fils, à Morey-Saint-Denis ;
- Gérard Peirazeau & Fils, à Morey-Saint-Denis ;
- Gérard Raphet, à Morey-Saint-Denis ;
- Henri Rebourseau, à Gevrey-chambertin ;
- Armand Rousseau, à Gevrey-Chambertin[4].
Notes et références
Notes
- Le code international d'écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rg = rouge, Rs = rose, G = gris. Cf. « 2de édition de la liste des descripteurs OIV – couleur de la baie » [PDF] (consulté le ), p. 41.
- ↑ Le nom d'un vin est un nom commun, donc ne prend pas une majuscule, cf. les références sur la façon d'orthographier les appellations d'origine.
- ↑ Repli : commercialisation d'un vin bénéficiant d'une appellation d'origine contrôlée sous une appellation plus générale à laquelle il peut prétendre ; cf. « directive INAO-DIR-2019-02 » [PDF], sur inao.gouv.fr, .
Références
- « Normales et records 1991-2020 de la station de Dijon-Longvic », sur infoclimat.fr.
- Jean-François Bazin, Le vin de Bourgogne, Paris, Dunod, , 263 p. (ISBN 978-2-10-058518-2), p. 245.
- « Portail de la Direction Générale des Douanes et Droits Indirects : superficies et volumes en production par produit », sur douane.gouv.fr (consulté le ).
- Landrieu-Lussigny et Pitiot 2025, p. 67.
- « Cahier des charges de l'appellation d'origine contrôlée « CHAMBERTIN-CLOS DE BEZE » » (p. 52-64), homologué par le décret no 2011-1393 du publié au JORF du .
- ↑ Solange de Montenay, l’abbaye bénédictine Saint-Pierre de Bèze (1960), p. 114.
- ↑ EUBEL (Conrad), « Hierarchia catholica medii aevi, t. I (1198 – 1431), Münster (Allemagne), Sumptibus et typis librariae Regensbergianae, 1913, p. 307.
- ↑ Archives départementales de la Côte d’Or série G - ADCO G 1078
- ↑ ADCO G 1087
- ↑ Claude Courtépée et Edme Beguillet, Description historique et topographique du duché de Bourgogne : précédée de l'abrégé historique de cette province, t. II, Dijon, chez Causse, , p. 401-404, lire en ligne sur Gallica.
- ↑ Casper, Marc et Bonnamas 1861, p. 57. Carte au 1/20 000 (réimpression de 1927), lire en ligne sur Gallica.
- ↑ Jules Lavalle, Émile Delarue et Joseph Garnier, Histoire et statistique de la vigne et des grands vins de la Côte-d'Or, Paris, Dusacq, , 244 p. (BNF 30753866, lire en ligne), p. 92.
- ↑ A. Casper et E. Marc (ill. Lucien Bonnamas), Plan statistique des vignobles produisant les grands vins de Bourgogne : classés séparément pour chaque commune de l'arrondissement de Beaune suivant le mérite des produits par les soins du comité d'agriculture de cet arrondissement, Beaune, Ed. Batault-Morot, , 50 p. (BNF 33540009), p. 47-48, lire en ligne sur Gallica (carte au 1/20 000 de 26 × 278 cm : lire en ligne sur Gallica).
- Bourgogne : Côte de Beaune, Paris, Le Figaro et La Revue du vin de France, coll. « Vins de France et du monde » (no 11), , p. 26.
- « Le Millésime 2003 en Bourgogne », La Revue du vin de France, no 482S, p. 109.
- ↑ « Loi du 6 mai 1919 relative à la protection des appellations d'origine », publiée au JORF du .
- ↑ « Chambertin-Clos de Bèze », sur abcduvin.com.
- ↑ « Décret-loi du 30 juillet 1935 relatif à la défense du marché des vins et régime économique de l'alcool », publié au JORF no 0178 du .
- ↑ « Décret du 31 juillet 1937 relatif aux appellations d'origine contrôlée « Chambertin » et « Chambertin-Clos-de-Bèze » » p. 9076, publié au JORF du .
- Site du BIVB : Grand cru de Gevrey-Chambertin
- ↑ « Décret n° 2009-1175 du 2 octobre 2009 relatif aux appellations d'origine contrôlées « Corton », « Corton-Charlemagne », « Charlemagne », « Côte de Beaune-Villages », « Chambertin », « Chambertin-Clos de Bèze », « Chapelle-Chambertin », « Charmes-Chambertin », « Griotte-Chambertin », « Latricières-Chambertin », « Mazis-Chambertin », « Mazoyères-Chambertin », « Ruchottes-Chambertin », « Romanée-Saint-Vivant », « Romanée-Conti », « La Romanée », « La Tâche », « Richebourg », « La Grande Rue », « Echezeaux », « Grands-Echezeaux », « Puligny-Montrachet », « Saint-Romain », « Volnay » et « Vosne-Romanée » », publié au JORF no 0230 du .
- ↑ Marie-Hélène Landrieu-Lussigny et Sylvain Pitiot, Climats et lieux-dits des grands vignobles de Bourgogne : Atlas et Histoire des Noms de Lieux, Paris, Éditions de Monza & Éditions du Meurger, , 4e éd. (1re éd. 2012), 418 p. (ISBN 978-2-916231-58-7), p. 313 & 317-318.
- ↑ « Le portail des plans officiels de délimitation | INAO », sur www.inao.gouv.fr (consulté le ).
- ↑ « Open Data | Portail de la Direction Générale des Douanes et Droits Indirects », sur www.douane.gouv.fr (consulté le ).
- ↑ « 21390001 – MARSANNAY LA COTE – LES CRAIS » [PDF], sur donneespubliques.meteofrance.fr.
- ↑ « Fiche 21390001 Marsannay-la-Côte » [PDF], sur donneespubliques.meteofrance.fr/
- Christian Pessey, Vins de Bourgogne, La vigne et le vin « Pinot noir », p. 12
- Catalogue des variétés et clones de vigne cultivés en France ENTAV, Éditeur
- ↑ Christian Pessey, Vins de Bourgogne, La vigne et le vin « Pinot noir », p. 13
- Conduite et gestion de l'exploitation agricole, cours de viticulture du lycée viticole de Beaune (1999-2001). Baccalauréat professionnel option viticulture-œnologie.
- ↑ « Vins de Bourgogne- Une récolte 2024 plus modeste avec des volumes en baisse mais une qualité exceptionnelle - Toute l'actualité de Beaune et du Pays Beaunois gratuite en un 1 clic », sur Info-Beaune.com (consulté le )
Voir aussi
Liens externes
- « BOURGOGNE MAPS – Atlas interactif des vins de Bourgogne », sur bourgogne-maps.fr, .
- « Localisation des climats sur la commune de Gevrey-Chambertin » [PDF], sur burgundy-report.com, .
Articles connexes
- Portail de la vigne et du vin
- Portail de la Côte-d’Or