Champ de blocs

Blocs rocheux sur une plage, ciel gris et nuageux.
Champ de blocs découvert à marée basse sur une plage de l’île d’Oléron.

Le champ de blocs découvert à marée basse (ou champ de blocs médiolittoral) est un habitat marin qui désigne une étendue de blocs rocheux dans la zone de balancement des marées : ce sont des roches découvertes à marée basse et immergées à marée haute. Les blocs composant l’habitat peuvent être de tailles et de formes variables et sur des bases différentes (roches, gravier, sable, vase)[1].

Répartition

Sur cette image on voit un îlot sur une plage, cet îlot a sur son sommet une chapelle. Au premier plan il y a une plage couverte de nombreux blocs eux-mêmes recouverts d'algues.
Champ de blocs au niveau de l’îlot Saint Michel à Erquy.

En France, les champs de blocs sont très présents le long des côtes bretonnes, notamment dans les Côtes-d'Armor, dans le Finistère en rade de Brest, au large sur l’archipel de Molène ou sur l’archipel des Glénan et dans le Morbihan.

Cet habitat est présent sur les côtes de la Loire-Atlantique, comme au niveau de l'île d'Oléron mais absents sur les côtes sableuses landaises.

Ils sont présents ensuite au niveau du Pays basque, dont notamment dans la baie de Saint-Jean-de-Luz[1].

Rôle écologique

Réservoir de biodiversité

La roche découverte à marée basse offre une infinité d’abris sous et entre les blocs pour des mollusques, des crustacés et des poissons. À marée basse, on peut observer certaines de ces espèces dans les cuvettes, sur et sous la roche. Les champs de blocs médiolittoraux sont considérés comme l’un des habitats intertidaux les plus diversifiés[1].

Cet habitat rocheux est particulièrement apprécié des mollusques brouteurs se nourrissant des microalgues fixées aux roches ou aux algues. L’habitat est aussi une zone d’alimentation pour des poissons prédateurs de mollusques et de crustacés. C’est également une aire de nourrissage d’oiseaux marins profitant de la marée basse pour prélever des coquillages et chasser des petits animaux[2].

Transfert de biomasse

Blocs de roches sur une plages qui sont recouverts d'algues brunes.
Algues sur champ de blocs.

Les algues se développant sur les champs de blocs sont peu consommées par les herbivores sur place. Cependant, une algue morte deviendra une source nutritive pour des détritivores au sein de l’habitat ou dans d’autres habitats (marins ou terrestres). Quand ces algues mortes se retrouvent dans la laisse de mer, elles constituent un des maillons de la chaîne alimentaire de cet habitat. La laisse de mer peut aussi être une source de nutriments pour la végétation du haut de l’estran[3].

Espèces associées

Tourteau (Cancer pagurus) en rade de Brest.

La face supérieure des blocs est majoritairement occupée par des algues vertes, des algues brunes, des rhodophycees (ou algues rouges), des corallinacees (algues « calcaires encroûtantes »), et des laminaires.

Une importante faune mobile vit sur et sous les blocs dont des espèces patrimoniales et d’importance commerciale telles que le tourteau (Cancer pagurus), l’ormeau (Haliotis tuberculata), l’étrille (Necora puber) et plus localement Ocinebrina aciculata, une espèce d’escargot de mer (en Bretagne nord)[1].

Services écosystémiques

Pêcheurs à pied sur un champ de blocs à Locmariaquer dans le Morbihan.

Cet habitat est une zone de pêche à pied notamment pour ses bigorneaux, ormeaux et étrilles. Le champ de blocs est soumis à des règles de pêche strictes[4].

Sensibilité

Les organismes de cet habitat sont résistants aux changements du milieu : température, salinité, assèchement. Cependant, on peut observer des apparitions d’algues vertes en grand nombre, modifiant la composition de l’habitat. Cette arrivée d’algues peut être due au réchauffement des eaux ou à une pollution terrestre.

Le champ de blocs est un habitat fragile qui est sensible aux activités humaines comme la pêche à pied de loisir. Les pierres retournées qui ne sont pas remises en place perdent une partie de leur biodiversité[5].

Mesures de protection

En France, le Life Pêche à pied de loisir a expérimenté une meilleure gestion de cette activité humaine. De 2013 à 2017, ce projet a permis de mieux comprendre les interactions entre la pêche à pied et le milieu littoral et de sensibiliser les pratiquants de ce loisir[6].

Notes et références

  1. Tauran A., Grall J., 2020. A1-8 Champs de blocs médiolittoraux ; in La Rivière et al., 2022. Fiches descriptives des habitats marins benthiques de la Manche, de la Mer du Nord et de l’Atlantique. PatriNat (OFB-MNHN-CNRS), Paris : 64-68.
  2. Bensettiti F., Bioret F., Roland J. & Lacoste J.-P. (coord.), 2004. « Cahiers d'habitats » Natura 2000. Connaissance et gestion des habitats et des espèces d'intérêt communautaire. Tome 2 - Habitats côtiers. MEDD/MAAPAR/MNHN. Éd. La Documentation française, Paris, 399 p. + cédérom. (ISBN 2-11-005192-2)
  3. Bajjouk Touria, Duchene Julie, Guillaumont Brigitte, Bernard Maud, Blanchard Michel, Derrien-Courtel Sandrine, Dubois Stanislas, Grall Jacques, Hamon Dominique, Hily Christian, Le Gal Aodren, Rigolet Carine, Rossi Nadège, Ledard Michel. Les fonds marins de Bretagne un patrimoine remarquable : connaître pour mieux agir. Edition IFREMER-DREAL Bretagne 2015. 152 p.
  4. Agence des aires marines protégées, 2016. Les habitats fréquentés en pêche à pied de loisir et les espèces qu’ils abritent dans le sud du Finistère. Projet Life Pêche à pied de loisir, 88 p.
  5. « Espèces & habitats de l'estran - Champ de blocs », sur Pêche à pied de loisir
  6. Mannaerts G. et Amice G., Le Life Pêche à pied de loisir - 2013-2017 - L'essentiel, 2018 p. (lire en ligne)
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