Chapelle Saint-Vincent de Puy-Saint-Vincent

Chapelle Saint-Vincent de Puy-Saint-Vincent
Présentation
Type
Patrimonialité
Localisation
Localisation
Coordonnées
44° 49′ 40″ N, 6° 28′ 59″ E
Carte

La chapelle Saint-Vincent de Puy-Saint-Vincent est un lieu de culte catholique situé dans la commune de Puy-Saint-Vincent, dans le département français des Hautes-Alpes.

Remarquable par ses fresques peintes dans un contexte de reconquête catholique sur les vaudois, elle est classée monument historique.

Description

Cette chapelle est constituée d'une nef unique en moellon de pierre de taille avec au sud deux fenêtres et une porte en plein-cintre et au nord une autre fenêtre. Elle se termine par une abside en cul-de-four percée d'une fenêtre. Elle a un clocher-arcade et est recouverte d'un même toit d'ardoise à longs pans[1].

Vue extérieure.

À l'intérieur, cette chapelle est entièrement décorée de fresques qui forment une frise continue tout le long de la nef, du mur sud jusqu'au mur nord. L'iconographie reprend différents thèmes : le Christ en majesté et les symboles des évangélistes, les apôtres, l'Annonciation, plusieurs saints, sainte Marguerite issant du dragon, le repas chez Simon, le martyre de sainte Catherine d'Alexandrie, le jugement de sainte Lucie, une Vierge à l'Enfant, la lapidation de saint Etienne, une tentation de saint Antoine et différents épisodes de la vie et du martyre de saint Vincent[2],[3].

La scène du repas chez Simon correspond au texte de l'évangile selon Luc, dans lequel Marie Madeleine oint les pieds du Christ avec du parfum. Précisément, le moment représenté est celui où le Christ, devinant que Simon désapprouve intérieurement le gaspillage que constitue cette dépense de parfum, lui enseigne par une parabole à laquelle Simon répond. Simon parle, en levant la main gauche et en dressant l'index[4]. À ce geste répond celui du Christ, qui désigne Marie Madeleine à ses pieds, représentée devant la table pour être visible mais aussi parce que sa mise en avant permet de rappeler la parole de pardon que lui adresse alors le Christ[5]. La table symbolise l'autel de l'église[6].

Histoire

La chapelle date du XVe siècle. Elle a pu être construite après la prédication de Vincent Ferrier dans la région de 1399 à 1403 ou après sa canonisation en 1455[1]. Les fresques sont datées de vers 1475, après la canonisation de Vincent Ferrier[1]. Leur programme iconographique s'inscrit dans un contexte de reconquête catholique de la vallée de la Vallouise[7], où les vaudois sont nombreux[8]. Il met en valeur des modèles tirés de l'Ancien Testament, acceptés par les vaudois et des épisodes des vies des saints, qu'ils refusent[9].

Il donne aussi à voir une morale édifiante par les œuvres, celles de Marie Madeleine oignant les pieds du Christ, de saint Étienne, sainte Marguerite, sainte Catherine, saint Antoine et saint Vincent[10]. Le choix de la version de Luc du repas chez Simon permet d'insister sur le pardon des péchés et le salut assuré à celui qui se repent, qui revient à la foi catholique[11]. Cette scène voisine avec celle de Marguerite sortant du dragon, montrant que les deux femmes, la vierge avalée fidèle et la prostituée repentie, peuvent accéder toutes deux au salut[12]. Cette chapelle, édifiée en territoire vaudois, par son déploiement d'images des saints, est un rappel insistant du dogme catholique[13].

Au XIXe siècle, cette chapelle est un lieu de pèlerinage[1].

Les peintures murales sont classées au titre d'objets le [14],[3] et restaurées en 1989[3]. La chapelle, qui appartient à la commune, est elle-même classée monument historique par arrêté du [14].

Notes et références

  1. « Chapelle Saint-Vincent », notice no IA05000469, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  2. ↑ Paravy 1993, p. 444.
  3. « Peinture monumentale : vie de saint Vincent, Christ en majesté, Vierge à l'Enfant, saints », notice no PM05000269, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Palissy, ministère français de la Culture.
  4. ↑ Arrouye 1996, § 2-3.
  5. ↑ Arrouye 1996, § 4-6.
  6. ↑ Arrouye 1996, § 7.
  7. ↑ Paravy 1993, p. 651-652.
  8. ↑ Paravy 1993, p. 1003-1004.
  9. ↑ Paravy 1993, p. 445.
  10. ↑ Paravy 1993, p. 447.
  11. ↑ Arrouye 1996, § 9-11.
  12. ↑ Arrouye 1996, § 12.
  13. ↑ Cailloux 2020, § 30-31.
  14. « Chapelle Saint-Vincent », notice no PA00080599, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.

Voir aussi

Bibliographie

  • Jean Arrouye, « Un repas chez Simon », dans Banquets et manières de table au Moyen Âge, Aix-en-Provence, Presses universitaires de Provence, coll. « Senefiance » (no 38), , 564 p. (ISBN 978-2-8218-3692-1, lire en ligne), p. 513–529.
  • Marianne Cailloux, « Voir la religion dans les Alpes à la fin du Moyen Âge : peintures murales et altérités culturelles », Questions de communication, no 37,‎ (ISSN 1633-5961, DOI 10.4000/questionsdecommunication.22367, lire en ligne, consulté le ).
  • Pierrette Paravy, De la chrétienté romaine à la Réforme en Dauphiné. Évêques, fidèles et déviants (vers 1340-vers 1530), vol. 183, Rome, École française de Rome, coll. « Publications de l'École française de Rome », , 1536 p. (lire en ligne).

Articles connexes

Liens externes

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