Charles-Germain de Saint-Aubin

Charles-Germain de Saint-Aubin
Augustin de Saint-Aubin, Portrait de Charles-Germain de Saint-Aubin, XVIIIe siècle, mine de plomb, crayon noir avec rehauts de blanc, Paris, Institut Néerlandais.
Naissance
Décès
(à 65 ans)
Paris
Nationalité
Français
Activité
Dessinateur, graveur, broderie
Lieu de travail
Mécène
Madame de Pompadour
Fratrie
Conjoint
Marie Françoise Saint-Aubin (d) (à partir de )
Enfant
Marie-Françoise de Saint-Aubin (en)

Charles-Germain de Saint-Aubin, né le et mort le , est un dessinateur et aquafortiste français. Frère des célèbres Gabriel et Augustin de Saint-Aubin, il est connu pour avoir écrit l'Art du brodeur, traité technique sur la broderie paru en 1770.

Biographie

Fils du brodeur Gabriel-Germain de Saint-Aubin (1696-1756) et d'Anne Boissay, il est l'aîné d'une fratrie de sept enfants - ses frères et sœurs sont Gabriel-Jacques, Catherine-Louise, Louis-Michel, Athanase, Augustin et Agathe.

Charles-Germain apprend le dessin chez Dutrou où il révèle son talent. Il excelle dans le dessin et l'aquarelle d'après nature de fleurs et copie des grands maîtres comme Jacques Callot[1]. Son père refuse cependant qu’il aille se perfectionner dans les fabriques de Lyon. Charles-Germain l'assiste dans son atelier jusqu’en 1745 où il s'installe alors à son propre compte avec succès. Il devient dessinateur du roi en 1751, année où il se marie le à Françoise Trouvé. De leur union naissent trois enfants, Françoise dite Marie (1753-1822), Catherine Noëlle dite Rose (1755-1813) et Germain-Augustin (1758-1825). Après le décès de sa femme, morte en couches le , il garde avec lui Marie-Françoise, sa fille aînée, met son fils Germain-Augustin en pension et sa fille Catherine-Noëlle, surnommée Rose, chez sa belle-mère. Sa sœur Catherine-Louise vient s'occuper de sa maison. À la mort de son père, en 1756, il prend la succession de son atelier de dessin de broderies et dentelles[2].

Il mène son travail en tant que dessinateur de broderies, est nommé premier de sa profession et réserve pendant 10 ans sa production à la maison Dufourny, la maison de dentelles de la Reine. Un édit du roi en 1769 réduit de moitié la valeur des économies qu'il a constituées pour ses enfants.

Il bénéficie du patronage de Madame de Pompadour qui l'apprécie et lui offre des cadeaux, une boite de couleurs de Chine, des meubles et des porcelaines du Japon.

En 1770, il part en Flandres admirer des tableaux et des manufactures de dentelles. La même année, il envoie à l’Académie des sciences son traité sur la broderie, L'Art du brodeur, accompagné de plusieurs gravures, qu’elle approuve pour sa description des arts et métiers, et fait imprimer[3]. En 1771, il voyage à Lyon et en Provence. En 1773, sa fille Marie-Françoise se marie à Jacques Roch Donnebecq, plumassier du roi, que Charles-Germain soutient financièrement dans son installation. En 1779, il perd sa pension et son activité professionnelle ralentit[2].

En , sa fille Rose épouse Pierre Adrien Parisy, notaire à Fontainebleau, amis ce dernier meurt insolvable le de l’année suivante. Elle se remarie alors à Maître René de Bonnaire, greffier au Châtelet, le .

Charles-Germain d'Aubin meurt à Paris le .

Œuvres

Connu pour L'Art du brodeur approuvé par l'Académie Royale des Sciences et publié en 1770, Charles-Germain d'Aubin a réalisé pendant près de 50 ans toute une série de planches botaniques non publiées mais réunies dans un Receuil de plantes copiées d'aprés nature. Elles font partie de la collection Rachel Lambert Mellon et sont conservées à l'Oak Spring Garden Library dans le Michigan. Son Livre des caricatures tant bonnes que mauvaises est conservé par Waddesdon Manor. Il est également l'auteur des Essais de papilloneries humaines et a composé le Livre des Saint-Aubin[4].

  • Charles-Germain de Saint-Aubin, L'art du brodeur, Paris, L. F. Delatour, (lire en ligne). Édition en anglais : Charles Germain de Saint-Aubin, Nikki Scheuer et Edward Maeder, Art of the embroiderer, Los Angeles County Museum of Art, (ISBN 978-0-87587-110-3).
  • Bouquets champêtres dédiés à Madame la Marquise De Pompadour. Paris, Veuve F. Chéreau, s.d.
  • Essai de papillonneries humaines. Paris, s.d. [vers 1748-1756]. Washington (D.C.), National Gallery of Art, Rosenwald Collection[5]
  • Premier recueil de chiffres inventés par de Saint Aubin, dessinateur du Roi. Paris, F. Chéreau, 1788.
  • Deuxième recueil de chiffres inventés par de Saint Aubin, dessinateur du Roi. Paris, Vve Chéreau, s.d. Cat. Destailleur n° 913 (pour les deux recueils).
  • Les Arts de l'habillement. Genève, Slatkine Reprints, 1984.

Notes et références

  1. Carole Nataf, « Le Recueil de plantes copiées d’après nature par Charles Germain de Saint-Aubin (1736-1785) », La Revue de la BNU, no 26,‎ , p. 58–61 (ISSN 2109-2761, DOI 10.4000/rbnu.6141, lire en ligne, consulté le )
  2. Victor Advielle, Renseignements intimes sur les Saint-Aubin, Paris, Soulié, (lire en ligne)
  3. Charles-Germain de Saint-Aubin, L'art du brodeur, Delatour, (lire en ligne)
  4. « Les collections du département des arts graphiques - SAINT-AUBIN Charles-Germain de », sur arts-graphiques.louvre.fr (consulté le )
  5. (en) Œuvres de Charles-Germain de Saint-Aubin, sur nga.gov, National Gallery of Art.

Voir aussi

Bibliographie

Liens externes

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