Charles Ballot (historien)

Charles Ballot
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Fonction
Professeur agrégé
Lycée Louis-le-Grand
Lycée Descartes
Lycée Rouget-de-Lisle de Lons-le-Saunier
Biographie
Naissance
Décès
(à 31 ans)
Verdun
Nom de naissance
Charles Ballot
Nationalité
Activités
Parentèle
Lucien Mayrargue (beau-frère)
Autres informations
Grade militaire
Conflit
Distinctions

Charles Ballot, né le dans le 10e arrondissement de Paris et mort pour la France à Verdun dans le département de la Meuse le , est un spécialiste de l'histoire économique du XXe siècle. Son nom est inscrit au Panthéon parmi les 560 écrivains morts au combat pendant la Première Guerre mondiale.

Biographie

Jeunesse et activité d'historien

Charles Ballot, né le [1] au No 52 de la rue du Faubourg-Poissonnière à Paris, est le fils de l'avocat Louis Eugène Ballot (1843-1916) et de Sarah Anne Eugénie Chatard de Fargeas (1848-1896)[2].

Sa famille est proche de celle de Ludovic Halévy. Son fils, l'écrivain et philosophe Élie Halevy se souvient que la mère de Charles Ballot « qui se savait condamnée, l'avait, avant de mourir, recommandé à ma mère, et pour lui, pour sa sœur, pour son père lui-même, la maison de mes parents puis, après que je me fus marié, notre maison aussi, furent comme deux maisons adoptives »[3].

Après l'obtention de la licence en 1904, il fait son service militaire de 1905 à 1906 au 31e régiment d'infanterie. Passé dans la réserve, il est nommé caporal en 1909[4]. Il poursuit ses études et réussit l'agrégation d'histoire et géographie en 1908[3],[5]. Dès lors, il devient professeur et enseigne au lycée de Lons-le-Saulnier, au lycée de Tours et au lycée Louis-le-Grand[3].

En 1908, à la mort de leur tante Cécile Aline Hilda Chatard de Fargeas, épouse du général Georges Noël (1835-1915), Charles, sa sœur Fernande et le mari de celle-ci Lucien Mayrargue, héritent de sa maison à Alger[6],[7]. Il s'agit de la fameuse Villa Carmen[8], où leur tante, qui s'y faisait appeler la générale Carmencita Noël[9], organisait des séances de spiritisme avec la fiancée de son fils, Marthe Béraud, et auxquelles assista notamment le physiologiste Charles Richet[10].

Ayant lu les travaux de Paul Mantoux sur la Révolution industrielle en Angleterre, Charles décide en 1910 d'entreprendre une thèse de doctorat sur les débuts du machinisme en France sous la supervision d'Ernest Denis. Il y travaille en parallèle de son activité d'enseignant et publie quelques articles dans des revues, mais la guerre interrompt son travail[11].

Son ami Claude Gével, camarade de lycée et de la Sorbonne, regroupera les textes achevés, les notes manuscrites et les plans de l'ouvrage qui sera publié en 1923 sous le titre L'introduction du machinisme dans l'industrie française[12],[13],[14].

Sous-officier puis officier pendant la Première Guerre mondiale

Lorsqu'éclate la Première Guerre mondiale, il est mobilisé comme caporal au 266e régiment d'infanterie et dix jours plus tard, il est sur le front en Lorraine. Fin , il est transféré avec sa section dans le 152e régiment d'infanterie[15] et nommé sergent, dans la voisinage de l'Hartmannswillerkopf[16].

En , son régiment est transféré dans la Somme et participe à l'attaque du village de Sailly-Saillisel le . Charles, nommé sous-lieutenant, y est blessé par une balle qui lui fracture l'avant-bras et l'envoie à l'arrière pour être soigné[4]. Après sa convalescence, on l'emploie au bureau de la presse, ce qui l'ennuie, puis dans un poste d'état-major au front où il est chargé d'interroger les prisonniers de la bataille du Chemin des Dames[16].

Malgré les difficultés liées à sa fracture qui ne se consolide pas, il retourne au front dans son régiment et participe fin à une dure bataille en Champagne au cours de laquelle il est légèrement blessé à la tête. Il est nommé lieutenant en septembre et, son capitaine ayant été tué, prend le commandement de la 1ère compagnie[1]. Début , son régiment est appelé devant Verdun et reste sous les obus sans être relevé pendant six semaines[17].

Le , Charles écrit dans une lettre : « Enfin, je crois que ce séjour tire à sa fin ; nos hommes auront bien gagné leur repos… Mon bras me fait souffrir ; le froid ne lui réussit pas […] Voilà que je geins presque […] Je suis en train de lire le journal de Tolstoï. C'est bien beau »[1].

Grièvement blessé par des éclats d'obus à Bezonvaux le , Charles Ballot est transporté à l'ambulance 10/22 de la caserne Bévaux-Beaulieu à Verdun. Il y meurt le même jour et est inhumé sur place, dans ce qui est devenu la Nécropole nationale Bévaux (tombe individuelle 2247)[4],[18],[19],[20].

Œuvres principales

Distinctions

Hommages

Bibliographie

  • Henri Hauser, « Avant-propos », dans Charles Ballot, L'introduction du machinisme dans l'industrie française, (lire en ligne), p. V-IX
  • Élie Halévy, Anthologie des Écrivains Morts à la Guerre - 1914-1918, t. 4, Amiens, Edgar Malfère, coll. « Bibliothèque du Hérisson », (lire en ligne), « Charles Ballot 1886-1917 », p. 27-35

Références

  1. Halévy 1927, p. 30.
  2. « Paris - 1886 - Naissances - 10e arrondissement - V4E 6291 - acte n° 4922 », sur archives.paris.fr, p. 28
  3. Halévy 1927, p. 27.
  4. « Paris - Ballot, Charles - Matricule 2250 - D4R1 1441 », sur archives.paris.fr
  5. « Les agrégés de l'enseignement secondaire. Répertoire 1809-1960 », sur rhe.ish-lyon.cnrs.fr
  6. « Les Nouvelles », sur Gallica,
  7. « Les Nouvelles », sur Gallica,
  8. « Villa Carmen », sur Acqua alta
  9. « La Revue spirite », sur www.retronews.fr, , p. 44
  10. Alexandre Klein, « Historien.nes de la santé: Charles Richet et l’affaire de la villa Carmen », sur Historien.nes de la santé,
  11. Hauser 1923, p. V.
  12. Halévy 1927, p. 31.
  13. Hauser 1923, p. VI.
  14. « Le Quotidien », sur Gallica, , p. 4
  15. Halévy 1927, p. 28.
  16. Halévy 1927, p. 29.
  17. « Historique de 152e RI » [PDF]
  18. « Paris - 1918 - Décès - 17e arrondissement - 17D 203 - acte n° 904 », sur archives.paris.fr, p. 23
  19. « BALLOT Charles - Mort pour la France le 6/12/1917 à Bevaux Beaulieu (Ambulance 10/22, 55 - Meuse, France) », sur www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr
  20. « Revue historique », sur Gallica, , p. 412
  21. « Journal officiel de la République française. Lois et décrets », sur Gallica, , p. 1616
  22. « Base de données Léonore », sur www.leonore.archives-nationales.culture.gouv.fr
  23. « Charles BALLOT | Académie française », sur www.academie-francaise.fr
  24. « La Pensée française », sur Gallica, , p. 2
  25. « Fiche unique N° 10033490 de Charles BALLOT », sur www.memorialgenweb.org

Liens externes

  • icône décorative Portail de la littérature française et francophone
  • icône décorative Portail de la Première Guerre mondiale