Charles Lachaud

Charles Lachaud
Portrait photographique de Nadar.
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nom de naissance
Charles-Alexandre Lachaud
Nationalité
Activité
Avocat
Conjoint
Louise Ancelot (d)
Enfant
Parentèle
Marc Sangnier (petit-fils)
Jean Sangnier (arrière-petit-fils)
Jacques-François Ancelot (beau-père)
Virginie Ancelot (belle-mère)
Autres informations
Distinction
signature de Charles Lachaud
Signature.

Charles Lachaud, né le à Treignac et mort le à Paris 6e, est un avocat français.

Considéré, avec Chaix d’Est-Ange comme l’un ténors du barreau du XIXe siècle, il s’est illustré dans de grands procès, notamment celui de Marie Lafarge.

Biographie

Fils de Sulpice Lachaud (1784-1852), notaire qui a rempli pendant de longues années les fonctions de maire de sa commune et de conseiller général du canton, Charles a passé son enfance dans sa ville natale. À 12 ans, manquant d’assiduité au travail, ses parents se décident à l’envoyer au collège de Bazas, où il se fait remarquer par son don pour la parole[1]. Monté à Paris en 1836, il suit les cours de la Société de Droit et en sort licencié. De retour en Corrèze, il se fait inscrire au barreau de Tulle.

Son père désirait lui céder sa charge de notaire, mais ayant eu à plaider, en 1839, une affaire d’infanticide à Tulle, une femme élégante habitant les environs de Vigeois, mariée depuis quelques mois à un maitre de forges, se trouvait parmi les auditeurs qui assistaient à cette plaidoirie. C’était Marie Cappelle, épouse Lafarge. Lorsque, un an plus tard, devenue subitement veuve, elle est accusée d’avoir empoisonné son mari à l’arsenic, et qu’en outre une de ses amies d’enfance, Mme de Léotaud l’accuse d’un vol de diamants, elle se souvient du jeune avocat. Mise en prison, elle lui demande aide. Convaincu de l’innocence de celle qui avait foi dans son talent, il se consacre de tout son cœur à la défendre. N’ayant pas encore assez de confiance dans son talent, Lachaud fait venir Me Paillet, bâtonnier de l’Ordre des Avocats de Paris, pour défendre Marie Lafarge, et ne plaide pour elle que dans l'accusation de vol. L’affaire a un retentissement considérable. Marie Lafarge est condamnée, mais ce procès a mis en évidence Lachaud, qui est appelé à plaider des causes importantes, entre autres les affaires Besson et Marcellange, en 1840, qui mettent sa réputation au comble[1].

En 1844, se sentant à l’étroit dans sa province natale, il monte à Paris, où il épouse bientôt la fille de l’académicien Jacques-François Ancelot et de l’écrivaine Virginie Ancelot, qui tenait un célèbre salon littéraire à l'hôtel de La Rochefoucauld. Son beau-père mort ruiné, en 1854, laissant un passif considérable, il s’offre spontanément à le payer, ce qui le met dans la nécessité, lui qui avait jusque-là manqué d’assiduité, de travailler pour se libérer de l’engagement pris. Il aborde les affaires ardues et étend très rapidement sa célébrité. Il s'illustre dans des procès retentissants du XIXe siècle, défendant notamment Bocarmé, Pavie, Lescure, Mercy, Lemoine, Taillefer, Marie Bière, Jean-Baptiste Troppmann, qui sera néanmoins guillotiné, etc.

Élu membre du conseil de l'ordre des avocats, à Paris, en 1858, en remplacement de Chaix d’Est-Ange, devenu procureur général[2], fonction qu’il a remplie jusqu’en 1867[1]. Après la chute de l’Empire et la restauration de la République, le , il plaide pour Courbet (1871), Janvier de La Motte (1873), pour le Figaro contre le général Trochu, etc[3].

Il est également, au civil, l’avocat des séparations de corps et des causes les plus difficiles. Sa voix se fait aussi entendre à l’étranger, jusqu’en Égypte, où il soutient contre le Khédive, les revendications d’une société de mines de souffre et touche, pour cette affaire, des honoraires s’élevant à 600 000 francs. Se faisant une haute idée de son rôle, « Je ne m’appelle pas Lachaud, disait-il, je m’appelle la Défense ». Cette conception de sa mission lui a toujours fait refuser de prendre la parole au nom de la partie civile, pour ne pas se faire un instant accusateur[1].

Sa tolérance était connue. Il a défendu la liberté de la presse et n’aimait pas la politique. Très lié avec Napoléon III et l’Impératrice, il a été candidat bonapartiste malheureux à la députation, par deux fois, la première fois contre Jules Simon, à Saint-Denis, et la deuxième fois dans la 2e circonscription de Tulle, contre Léon Vacher. Il est resté toute sa vie l’ami de ceux qui luttaient pour l’avènement de la République : Jules Favre, Léon Gambetta, Jules Ferry[1].

Lachaud se faisait payer ce que valait son talent, c’est-à-dire fort cher quand le client était riche, sinon il ne voulait absolument rien. Même devenu « le grand Lachaud », il a plaidé un nombre prodigieux de procès, sans recevoir un centime. Adorant l’ouvrier, il avait défendu qu’on éloigne de son cabinet du 3e étage de la rue Bonaparte les humbles et les petits, ce qui n’a pas empêché le peuple de Paris de piller l’appartement d’un homonyme, à la suite d’une erreur d’adresse, pendant la Commune[4].

Ne s'étant jamais complètement remis des fatigues du procès Asselin-Saint-Victor, plaidé par lui, en [5], il a reparu plusieurs fois, pour plaider la cause du caissier Docer, poursuivi pour avoir détourné plus d'un million mais, trahi par ses forces, il a fallu, un jour, l'emporter, évanoui, au vestiaire. Lors de sa dernière tentative de prendre la parole, devant la chambre des appels correctionnels, il a dû renoncer avant même d'avoir commencé, obligé de quitter le palais, le visage paralysé, se trainant avec la plus grande difficulté, appuyé sur les bras de son fils Georges et de son neveu Charles. Après cela, il n’a fait que s'éteindre tout doucement[6].

À l’issue de ses obsèques, le , à l'église Saint-Germain-des-Prés, trop petite pour contenir tout ce que Paris comptait d'illustrations dans tous les partis, qui s'y était rendu, sur le simple avis des journaux, aucune lettre de faire part n'ayant été adressée, selon le désir du défunt[7], il a été inhumé au cimetière du Montparnasse. Il a laissé une assez grande fortune consistant en domaines acquis par lui en Corrèze[8]

Hommages

Statue de Charles Lachaud, à Treignac.

Sa statue, qui est une copie de l'originale, est située place de la République à Treignac, autrefois sous de majestueux marronniers aujourd'hui remplacés par des arbres plus jeunes elle fait face à l'ancienne école dite "de filles". Le monument aux morts qui se situait place des Farges se trouve aujourd'hui depuis quelques années non loin. La bascule publique est également à proximité, une fontaine avec jets d'eau au centre sur la même place. La place est longée par une avenue qui à cet endroit est un remblai soutenu par un imposant mur dit "mur des fainéants" à cause de la population, souvent des jeunes oisifs qui assis dessus refont le monde ou relatent l'actualité.

Une place à Treignac où figure sa statue.

Un gâteau au chocolat de Borzeix Besse porte également le nom de « Charles Lachaud »[9].

Une plaque est inaugurée le sur l'immeuble portant le no 11 de la rue Bonaparte[10], immeuble où il est mort[11],[12].

Il existe une avenue Charles Lachaud à Brive-la-Gaillarde.

Famille

De Louise Ancelot (d), il a eu deux enfants :

Notes et références

  1. Robert de Saint-Félix, « Charles Lachaud, fils de notre terre », La Vie limousine, Paris, vol. 8, no 95,‎ , p. 2186 (ISSN 2139-9492, lire en ligne sur Gallica).
  2. Gustave Vapereau, « Lachaud (Charles-Alexandre) », dans Dictionnaire universel des contemporains : contenant toutes les personnes notables de la France et des pays étrangers, Paris, L. Hachette, , 3e éd., x-1862 p., 26 cm (OCLC 7356208, lire en ligne sur Gallica), p. 1009-10.
  3. « Le célèbre avocat… », Le Patriote albigeois, Albi, vol. 13,‎ , p. 2 (ISSN 2133-6652, lire en ligne sur Gallica).
  4. Albert Bataille, « Me Lachaud », Figaro, Paris, no 350,‎ (lire en ligne sur Gallica).
  5. Albert Bataille, « Le Duel Asselin Saint-Victor », dans Causes criminelles et mondaines de 1881, t. 2, Édouard Dentu, , 384 p., in-16 (OCLC 26997910, lire en ligne), p. 219-42.
  6. Brid’oison, « Lachaud », Beaumarchais, Paris, vol. 3, no 115,‎ , p. 5 (ISSN 2274-5491, lire en ligne sur Gallica).
  7. « Me Lachaud », Le Monde illustré, Paris, vol. 26, t. 51, no 1342,‎ , p. 5 (lire en ligne sur Gallica).
  8. « Mort de Me Lachaud », L'Écho de Lodève, Lodève, Grillières, vol. 46, no 50,‎ , p. 1-2 (ISSN 2126-354X, lire en ligne sur Gallica).
  9. « Charles Lachaud », sur Chocolats Borzeix Besse (consulté le ).
  10. « En souvenir de Charles Lachaud », Le Matin, Paris, vol. 49, no 17799,‎ , p. 7 (ISSN 1256-0359, lire en ligne sur Gallica).
  11. « Inauguration de la plaque apposée, à la mémoire de Lachaud, sur l'immeuble portant le nº 11 de la rue Bonaparte », Bulletin municipal officiel de la Ville de Paris, Paris, vol. 52, t. 1, no 28,‎ , p. 9 (lire en ligne sur Gallica).
  12. « Le Souvenir de Me Lachaud », Le Figaro, Paris,‎ , p. 5 (ISSN 0152-0377, lire en ligne sur Gallica).

Liens externes

  • icône décorative Portail du droit français
  • icône décorative Portail de la France au XIXe siècle