Charles Thibault (biologiste)

Charles Thibault, né le à Paris et mort le au Chesnay, est un biologiste français. Spécialiste reconnu de la physiologie animale, il est précurseur dans l'étude de la reproduction animale en France. Il réussit pour la première fois au monde la fécondation in vitro d'un mammifère. Il dirige le CNRS entre 1979 et 1981.

Biographie

Les grands-parents de Charles Thibault viennent de Bordeaux et de Normandie. Sa mère est elle originaire du grand-duché de Bade[1].

Naissance et études

Il naît le à Paris[2]. Il devient instituteur et suit en parallèle des études à la faculté des sciences. Il est mobilisé en et se retrouve à la défaite de la France près de Perpignan. Il part par la suite à Marseille pour y terminer ses études à la station marine d'Endoume. Suite à l'invasion de la zone libre, il retourne auprès de sa famille et prépare l'agrégation. Le concours est reporté par deux fois, à cause du débarquement puis de la bataille des Ardennes, et Charles Thibault choisit alors d'entrer comme stagiaire au CNRS[1],[3].

Début des recherches

Devenu chargé de recherche au CNRS en 1944, il entre dans l'enseignement supérieur, d'abord comme assistant puis comme chef de travaux[4]. Dans la période de l'après-guerre, il visite plusieurs régions françaises et identifie le problème rencontré par les élevages limités par des taux de reproduction faible. Il oriente alors les recherches de ses premières équipes sur la gamétogenèse des espèces domestiques, sur l'insémination artificielle et sur la fertilité[3],[5]. Il soutient en 1949 une thèse sur la perception des couleurs à partir de recherches sur les poissons. Il entre en 1950 à l'INRA et y devient en 1954 directeur de recherche. Il crée et dirige au sein de l'institut le département de physiologie animale[4]. Il fonde en 1961 le journal Annales de Biologie Animale, Biochimie, Biophysique destiné à la recherche en physiologie animale[N 1],[6].

Spécialiste de la reproduction

En 1961, il est le premier au monde à réussir, en collaboration avec Louis Dauzier, la fécondation in vitro d'un mammifère, permettant une avancée importante de l'étude de la reproduction. Il s'interroge dans les décennies qui suivent sur l'adaptation de ce domaine de recherches à l'être humain, qui soulève pour lui des questions éthiques. Il défend l'idée selon laquelle il est nécessaire d'obtenir une grande compréhension du phénomène chez l'animal avant de tenter l'expérience chez l'humain, dont il s'inquiète des dangers potentiels[4]. Il est membre quelques années du Conseil économique et social dans la section de l'agriculture et est appelé comme expert lors du deuxième concile du Vatican, qui se tient entre 1962 et 1965[1],[3]. Il est nommé en 1967 titulaire de la chaire de la physiologie de la reproduction à l'université Paris-VI[2].

Il quitte la direction du département de physiologie animale en 1972 et met fin à ses fonctions administratives en 1976. Il continue malgré tout ses recherches au sein du Centre national de recherches zootechniques. Il devient président du CNRS en 1979, alors qu'il est reconnu mondialement comme un spécialiste de la physiologie animale, et occupe ce poste jusqu'en 1981[2],[3],[7].

Retraite

Il prend sa retraite de l'enseignement supérieur en 1988[3]. Il meurt à l'âge de 84 ans le au Chesnay des suites d'une abestose[8],[9].

Reconnaissance

Prix

Charles Thibault reçoit une dizaine de prix dans sa carrière, dont le prix Wolf d'agriculture en 1988[1].

Décorations

Commandeur de la Légion d'honneur Commandeur de la Légion d'honneur, le [10].

Commandeur de l'ordre des Palmes académiques Commandeur de l'ordre des Palmes académiques[11].

Commandeur de l'ordre du Mérite agricole Commandeur de l'ordre du Mérite agricole[11].

Officier de l'ordre national du Mérite Officier de l'ordre national du Mérite[11].

Prix Charles Thibault

Un prix Charles Thibault a été créé par le groupement de recherche en reproduction du CNRS en hommage au biologiste[12].

Notes et références

Notes

  1. Le journal est renommé par la suite Reproduction, Nutrition, Development

Références

  1. D. Pourpadin, INRA, « Thibault Charles, Jouy-en-Josas, le 11 Avril 1996, Transcription revue en Mai 2002 », Archorales, no 87,‎ (lire en ligne)
  2. Jean-Yves Nau, « Charles Thibault, un maître de la recherche en physiologie de la reproduction animale », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  3. Philippe Chemineau et Jean Pelletier, « Charles Thibault », sur Encyclopædia Universalis
  4. Jean-Yves Nau, « Charles Thibault (1919-2003) », Revue médicale suisse, no 2448,‎ (ISSN 1660-9379, DOI 10.53738/REVMED.2003.61.2448, lire en ligne)
  5. Catherine Vincent, « A la recherche des bovins parfaits », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  6. INRA, « Charles Thibault », Reproduction, Nutrition, Development, no 43,‎ , p. 302 (DOI 10.1051/rnd:2003027, lire en ligne)
  7. « Un spécialiste mondial de la physiologie de la reproduction », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  8. Benoît Hopquin, « Deux morts récentes relancent la polémique sur l'amiante à Jussieu », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  9. « THIBAULT Charles Georges », sur Relevé des fichiers de l'Insee,
  10. « Légion d'honneur », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  11. « Charles Thibault », sur Who's Who in France
  12. « Daniel Vaiman lauréat du prix Charles Thibault 2023 », sur Institut Cochin,

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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