Charles Trudaine

Armoiries de Charles Trudaine

Charles Trudaine, seigneur de Montigny, né le et mort le est un prévôt des marchands de Paris, conseiller au Parlement de Paris[1].

Biographie

Issu de la famille Trudaine, il nait à Paris, paroisse Saint Nicolas des Champs, le [2], fils de Charles Trudaine, trésorier de France en la généralité d'Amiens (1646-1654)[3], puis maître des comptes à Paris (1655), et d'Anne-Marie Jolly de Champigny.

Il est nommé conseiller au Parlement de Paris (1684), maître des requêtes (1689), puis intendant de Lyon en 1705. Il est membre de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Lyon de 1704 à 1710[4]. En 1710, il devient intendant de Bourgogne à Dijon, poste qu'il occupe jusqu'en . Il entre en 1711 au Conseil d'État, où il siège jusqu'à sa mort[2].

En 1716, c'est sa parenté avec le chancelier Voysin, époux de sa soeur, qui lui vaut d'être nommé prévôt des marchands de Paris à la suite de Jérôme Bignon[5]. Il est réputé pour sa grande honnêteté et occupe ce poste jusqu'en 1720, date à laquelle il est révoqué par le Régent, Philippe d'Orléans, qui lui signifiera « Nous vous avons ôté votre place parce que vous êtes trop honnête homme. »[1], à la suite du scandale entraîné par les spéculations sur les actions de la Compagnie du Mississippi, bien qu'il n'ait été en rien responsable[6].

En 1694, il achète la terre et seigneurie de Montigny, entre Provins et Fontainebleau, dont le château restera la résidence de sa descendance jusqu'en 1822[7].

En 1718, sa tante par alliance, Élisabeth Rambouillet de La Sablière, veuve de Gédéon Tallemant des Reaux, lui lègue le manuscrit original des Historiettes, de Tallemant des Reaux, son époux défunt, qui reste dans la descendance de Charles Trudaine, dans la bibliothèque du château de Montigny, jusqu'à la dispersion de celle-ci, en 1803[7].

Il meurt le .

Scandale de la compagnie du Mississipi

« Trudaine partageait ses préventions. Un jour qu'on lui porta des liasses de papiers sans lui permettre de les compter, il inscrivit dans le procès-verbal : « Tant de papiers qu'on nous a dit monter en totalité à telle somme. » Le régent courroucé remplace Trudaine par Châteauneuf, que son origine étrangère, quoiqu'il eût été ambassadeur et fût alors conseiller d'État devait éloigner de cette place réservée aux seuls Parisiens. Cette destitution irrita le corps de Hôtel-de-Ville ; on répétait partout que le régent avait déclaré que Trudaine était un fort honnête homme, mais qu'il n'entendait rien au système »[8]

Mariage et descendance

Charles Trudaine épouse à Paris en 1701 Renée-Madeleine de Rambouillet, dame de La Sablière (1680-1746), fille de Nicolas de Rambouillet et de Louise Madeleine de Cheusse, petite-fille de Jacques-Henri de Cheusse et de Marguerite Hessein de La Sablière. Dont :

  • Élisabeth Marguerite Trudaine (1701-1729), mariée en 1723 avec Anne César François de Paris, marquis de Monceaux, président à la Cour des comptes de Paris ;
  • Frédéric Charles Trudaine, sous-lieutenant des chevau-légers d'Orléans, non marié (1702-1731) ;

Honneurs et postérité

Notes et références

  1. Dict. Académiciens de Lyon, p. 1297.
  2. Michel Antoine, Le Gouvernement et l'Administration sous Louis XV - Dictionnaire biographique, Paris, Editions du C.N.R.S, , 319 p., p. 239.
  3. Comte Adrien de Louvencourt, Les Trésoriers de France de la Généralité de Picardie ou d'Amiens, Amiens, Yvert & Tellier, , 225 p. (lire en ligne), p. 146.
  4. Dict. Académiciens de Lyon, p. 1298.
  5. Sa sœur Charlotte Trudaine a épousé Daniel Voysin. Journal du marquis de Dangeau 1713-1715, tome XV, Paris, Firmin Didot frères, 1858, p. 210. En ligne.
  6. Ernest Choullier, « Les Trudaine », Revue de Champagne et de Brie, vol. 14,‎ , p. 21-25 (lire en ligne).
  7. « Chronologie de la vie de Clairaut (1713-1765) - Clairaut à Montigny », sur clairaut.com (consulté le ).
  8. Jobez, p. 171.
  9. Etienne Pattou, « Maison de Trudaine », sur racineshistoire.fr (consulté le ).

Voir aussi

Bibliographie

  • Alphonse Jobez, La France sous Louis XV (1715-1774) sur Google Livres, Didier et cie, Paris, 1864
  • Suzanne Delorme, « Une famille de grands Commis de l'État, amis des Sciences, au XVIIIe siècle : les Trudaine », Revue d'histoire des sciences et de leurs applications, 1950, vol. 3, no 3-2
  • Dominique Saint-Pierre, « Trudaine, Charles », dans Dictionnaire historique des Académiciens de Lyon : 1700-2016, Lyon, éd. ASBLA de Lyon, (ISBN 978-2-9559-4330-4, présentation en ligne), p. 1297-1298. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Lien interne

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