Charles de Paule de Barentin
| Garde des Sceaux de France | |
|---|---|
| - | |
| Naissance | |
|---|---|
| Décès |
(à 80 ans) Ancien 12e arrondissement de Paris |
| Sépulture | |
| Nom dans la langue maternelle |
Charles Louis François de Paule de Barentin |
| Nationalité | |
| Activité | |
| Parentèle |
Jérôme-Pélagie Masson de Meslay (beau-frère) Charles-Henri Dambray (gendre) Louis François de Paule Lefèvre d'Ormesson (oncle) Charles Jean Pierre de Barentin de Montchal (d) (oncle paternel) |
| Propriétaire de |
Hôtel Rivié (d) |
|---|---|
| Distinctions |
Charles-Louis-François de Paule de Barentin est un magistrat et homme d'État français né à Paris le et mort à Paris le . Il fut garde des Sceaux de la fin du règne de Louis XVI.
Biographie
Sous l'Ancien régime
Issu de la famille Barentin, une célèbre famille de noblesse de robe, Charles Louis François de Paule, seigneur d'Hardivillers, Maisoncelle, Tuilerie, est le fils de Charles Amable Honoré Barentin, seigneur d'Hardivillers, Les Belles Ruries (1703-1762), conseiller au Parlement de Paris, maître des requêtes, intendant de La Rochelle, puis intendant d'Orléans, conseiller d'État, et de Marie Catherine Lefèvre d'Ormesson. Il est le petit-fils de Charles Honoré Barentin, seigneur d'Hardivillers, Les Belles Ruries, maître des requêtes, intendant de Dunkerque, et celui de Henri François de Paule Lefèvre d'Ormesson, intendant des Finances, conseiller d'État.
Charles de Barentin est conseiller, puis avocat général au Parlement de Paris (1757-1775), puis président de la Cour des Aides (1775-1788).
En 1764, il est présenté au Roi, puis son épouse l'est en 1788[1],[2].
En 1770, il vend le domaine et le château des Belles Ruries, situé près de Tours, qui était dans sa famille depuis la fin du XVIe siècle[3].
En 1787, Charles Louis François de Paule de Barentin soutient Charles-Alexandre de Calonne dans ses projets concernant la restauration des finances lors de l'Assemblée des notables. Il montre ostensiblement son mécontentement concernant la convocation des états généraux, il opte plutôt pour un accord avec les parlements. Il apprécie très peu Jacques Necker, il s'oppose à ce dernier sur la question du doublement du Tiers état aux États généraux. Cela lui vaut de devenir la cible des partisans du changement politique en France. Trois mois après la première émeute de la Journée des Tuiles, il devient le , garde des Sceaux à la place de Chrétien-François de Lamoignon de Bâville. À la même date, il rétablit les parlements dans leurs anciens pouvoirs, ce qui fit dire à René-Nicolas de Maupeou en parlant de Louis XVI «Il est fini». À ce poste, il fait respecter la liberté du vote et s'oppose au fait que certains hauts personnages soient députés de droit. Prudent et prévoyant, il aurait désiré que la réunion des états généraux ait lieu à Soissons, Louis XVI de France logeant à Compiègne[4].
En mai 1789, il est fait chancelier et surintendant des Finances des Ordres du Roi [5]. Il démissionne de cette charge en juillet 1789[1].
Pendant la Révolution
Lors de l'ouverture des états généraux, le , après que le roi eut fini son discours, Charles Louis François de Paule de Barentin pousse les députés à refuser "les innovations dangereuses" que les ennemis du bien public voudraient confondre avec les changements heureux nécessaires qui doivent amener la régénération, le premier vœu de Sa Majesté». Jugé à tort comme étant le principal responsable du renvoi de Jacques Necker, il est démissionné par le roi le . Au mois de , il est accusé de crime de lèse-nation, c'est-à-dire d'avoir ourdi un complot contre la capitale, mais le tribunal du Châtelet l'acquitte, ce qui fait dire à certains Parisiens que cette juridiction est «la buanderie de la reine». Il émigre peu après en Italie. En 1791, Charles Louis François de Paule de Barentin revient en France pour participer à l'épisode de la fuite de Varennes, lors de laquelle il attend Louis XVI à Montmédy. Mais le roi ne dépasse pas Varennes. Il passa ensuite la plus grande partie de son émigration en Angleterre[4].
Pendant son absence, ses domaines picards, à Hardivillers, dont il avait fait reconstruire le château dans les années 1780, et Maisoncelle-Tuilerie, sont vendus comme bien national et morcelés. Le château d'Hardivillers, à peine terminé, est détruit.
Sous la Restauration
Lors du retour de Louis XVIII de France, il suivit le souverain qui le fit chancelier honoraire.
Décédé à Paris le , il est enterré au cimetière de Saint-Sulpice à Vaugirard[6] avant d'être transféré lors de sa fermeture au cimetière du Père-Lachaise.
Mariage et descendance
Il épouse par contrat passé le 15 mai 1763 devant Delaleu, notaire à Paris[7], signé à Marly le même jour par le Roi et la famille royale[1], Anne-Albertine-Antoinette Masson de Meslay (1744-1796), fille d'Antoine Lambert Masson de Meslay, président à la Chambre des Comptes de Paris, et de Michelle Pétronille Mérault. Elle était la sœur de Jérôme-Pélagie Masson de Meslay, mort sans enfant, dont il reprit le château de Meslay le Vidame. Dont uniquement une fille :
- Marie Charlotte Antoinette de Barentin (1765-1802), mariée en 1782 avec Charles Henri Dambray (1760-1829), chancelier de France, président de la Chambre des Pairs. Dont postérité[4].
Annexes
Bibliographie
- Jean Tulard, Jean-François Fayard et Alfred Fierro, Histoire et dictionnaire de la Révolution française. -, Paris, éd. Robert Laffont, coll. « Bouquins », , [détail des éditions] (ISBN 978-2-221-08850-0)
- Mémoire autographe de M. de Barentin, chancelier et garde des sceaux, sur les derniers conseils du roi Louis XVI, Maurice Champion éd., Paris, 1844 (google books).
Liens internes
Liens externes
- Notice dans un dictionnaire ou une encyclopédie généraliste :
Notes et références
- Marquis de Granges de Surgères, Répertoire Historique et Biographique de la Gazette de France, tome premier, Paris, Librairie Henri Leclerc, (lire en ligne), col. 191-192
- ↑ François Bluche, Les Honneurs de la Cour, Paris, Les Cahiers Nobles n° 10, , p. 28
- ↑ Jacques-Xavier Carré de Busserolle, Dictionnaire géographique, historique et biographique d'Indre et Loire et de l'ancienne province de Touraine, tome premier, Tours, Rouillé-Ladevèze, (lire en ligne), p. 206
- M. Prevost, Dictionnaire de Biographie Française, tome cinquième, Paris, Letouzey & Ané, , col. 435-438
- ↑ François Bluche, L'Origine des Magistrats du Parlement de Paris au XVIIIe siècle, Paris, Mémoires de la Fédération des Sociétés historiques et archéologiques de Paris et de l'Ile de France, tomes V-VI, , 412 p., p. 75
- ↑ Le véritable conducteur aux cimetières
- ↑ Marquis de Granges de Surgères, 2500 Actes de l'état civil ou notariés concernant les familles de l'ancienne France, Nantes, l'auteur, , 476 p. (lire en ligne), p. 29-30
- Portail du droit français
- Portail de la politique française
- Portail du royaume de France
- Portail du XVIIIe siècle
- Portail de la Révolution française