Charlotte Hauglustaine

| Naissance | |
|---|---|
| Décès |
(à 86 ans) Verviers |
| Nationalité | |
| Activités |
| A travaillé pour | |
|---|---|
| Distinctions |
Prix Anne-Marie Lizin (d) () Officière du Mérite wallon () |
Charlotte Hauglustaine est une féministe belge née le à Ensival et morte le à Verviers. Elle est connue pour avoir été une des meneuses de la grève des femmes de la FN (Fabrique Nationale) à Herstal en 1966.
Biographie
Elle commence à travailler à 14 ans[1]. Femme-machine à la Fabrique nationale d'Herstal depuis 1964, elle a auparavant travaillé dans l'industrie textile verviétoise. En 1945, elle a rejoint l'action syndicale via la FGTB[2].
Elle se fait connaître en , en prenant, dès les premiers jours de la grève qui durera 12 semaines, la tête du comité de grève composé de 29 ouvrières de la FN[3]. Elle avait en charge, avec d'autres, l'organisation pratique de la grève: gestion et répartition des biens collectés via les différents réseaux de solidarité, réception et diffusion des informations à l'issue des négociations[4]. Déterminée comme les autres femmes-machines, elle témoigne avec sa camarde Rita Jeusette : « C'était une véritable révolution. Je pourrais vivre cent ans, jamais je ne l'oublierai. Le premier qui aurait tenté de les arrêter, il n'existait plus[5]. »
La grève revendiquait, à travers son slogan « A travail égal, salaire égal », une augmentation du salaire des femmes-machines de 5 francs de l'heure[6]. Les femmes en grève obtiendront, en deux temps, 2,75 francs supplémentaires.
Mais c'est aussi à travers ce mouvement de grève que débuteront les grands débats féministes qui exploseront au même moment : le nombre de places en crèche, la contraception[6]... Charlotte Hauglustaine affirme lors d'une interview en : « Eh ben pour ma part, la raison de la grève de la FN n’est pas uniquement une question de gros sous – cette égalité de salaire, "à travail égal, salaire égal". C’est en plus la promotion pour la femme »[7].
Charlotte Hauglustaine a poursuivi son combat au-delà de la grève de 1966 puisqu'elle est restée active jusqu'au bout au sein du comité des Pensionnés de la FGTB ou en témoignant à qui voulait bien l'écouter, pour garder alertes les esprits sur l'importance de la grève de 1966 et des mouvements sociaux en général[8].
En 2004, Charlotte Hauglustaine reçoit le prix Théroigne de Méricourt pour avoir contribué à l'égalité entre les femmes et les hommes. En 2012, elle a été honorée à titre posthume en recevant le grade d'Officière du Mérite Wallon.
Références
- ↑ « Charlotte Hauglustaine », sur Connaître la Wallonie.
- ↑ « Charlotte Hauglustaine | Connaître la Wallonie », sur connaitrelawallonie.wallonie.be (consulté le )
- ↑ Lionel Vanvelthem, « Le son et l'écho de la grève », Analyse de l'IHOES, no 156, (lire en ligne)
- ↑ Encyclopédie d'histoire des femmes, Belgique, XIXe – XXe siècles, , p. 258
- ↑ Coenen Marie-Thérèse, La grève des femmes de la F.N. en 1966, , p. 10
- Benjamin HERMANN, « «À travail égal, salaire égal»: c’est à Herstal que le slogan est né voici 50 ans », sur Communes, régions, Belgique, monde, sports – Toute l'actu 24h/24 sur Lavenir.net (consulté le ). Informations dans la vidéo dans l'article.
- ↑ Vanvelthem Lionel, « Le son et l'écho de la grève », Analyse de l'IHOES, no 156, , p. 4
- ↑ « Charlotte Hauglustaine (1923-2008) », sur ALPHAS, (consulté le )
Liens externes
- Notice dans un dictionnaire ou une encyclopédie généraliste :
- Portail du syndicalisme
- Portail des femmes et du féminisme
- Portail de la Belgique