Chat sauvage
l'appellation « Chat sauvage » s'applique en français à plusieurs taxons distincts.
Taxons concernés
- Dans la famille des Felidae :
- Genre Felis
- Felis silvestris
- Felis silvestris silvestris
- Felis silvestris caucasia
- Felis lybica
- Felis silvestris
- Genre Felis
Le syntagme chat sauvage est un nom vernaculaire ambigu désignant plusieurs espèces de petits félins, des mammifères de l'ordre des Carnivores et de la famille des Felidae. Ces espèces ne constituent pas un groupe biologique (même polyphylétique) mais sont liées par une définition sémiotique plus ou moins subjective. L'espèce nominale pour cette dénomination est le Chat sauvage d'Europe (Felis silvestris) ou le Chat forestier d'Europe (Felis silvestris silvestris).
Étymologie et utilisation
Étymologie et variantes
Le nom chat sauvage se compose du nom commun « chat » et de l’épithète « sauvage », sous-entendant qu’il s’agit « d’un chat qui ne vit pas chez les Hommes ».
À l’échelle régionale, le chat sauvage était désigné sous les noms de Cat fer en Provence, Savage chet en Wallonie, ou encore Chètte sauvège à Saint-Amé[1].
Espèces
Complexe Felis silvestris
Chat sauvage désigne un ensemble d’entités spécifiques de félins de la sous-famille des félinés, au sein du complexe Felis silvestris, c’est à dire : Felis silvestris, Felis lybica et Felis catus. Le nom « Chat sauvage » est le nom vulgaire de base pour l’espèce Felis silvestris.
Par chat sauvage, on désigne parfois, improprement, un chat haret, c'est-à-dire un chat domestique redevenu sauvage par marronnage :
- le chat sauvage de corse, aussi appelé « chat-renard » ou improprement « chat forestier de corse » est une population de chat domestiques redevenue sauvage en Corse.
- les chats sauvages de Madagascar, sont une population séparée mais semblent descendre de chats domestiques échappés des bateaux de commerce arabes il y a plus de mille ans[2].
Autres espèces et genre de félins
Dans certains cas, le mot chat sauvage, peut désigner des espèces n’étant pas liée au complexe Felis silvestris, sous la forme d’un nom vernaculaire désignant un félin ou tout autre animal ressemblant superficiellement à un chat
| Genre | Espèce | Noms vernaculaires |
|---|---|---|
| Felis | Felis bieti | Chat sauvage de Chine |
| Lynx | Lynx rufus | Chat sauvage |
| Prionailurus | Prionailurus bengalensis | Chat sauvage du Bengale Chat sauvage d’Iriomote |
| Leopardus | Leopardus wiedii | Chat sauvage de la Nouvelle Espagne[3] |
Autres utilisations
Au Québec et au Nouveau-Brunswick (Canada), chat sauvage désigne le Lynx roux. C'était aussi l'expression utilisée autrefois pour désigner le raton laveur lors de l'arrivée des colons français. Ce nom lui fut donné étant donné sa ressemblance avec le chat sauvage d'Europe.
En zoologie : le complexe Felis silvestris
Ce que l’on désignait sous le nom de « chat sauvage », sous le nom scientifique de Felis silvestris, désigne aujourd’hui un complexe d'espèces comprenant deux espèces de petits félins sauvages du genre Felis : le Chat forestier ou Chat sauvage d’Europe (Felis silvestris) et le Chat ganté ou Chat sauvage d’Afrique (Felis lybica) dont les sous-espèces étaient désignées respectivement sous le nom de Felis silvestris silvestris et Felis silvestris lybica.
Le chat sauvage d’Europe occupe les forêts d'Europe, d'Anatolie et du Caucase, tandis que le chat sauvage d’Afrique et d’Asie peuple les paysages semi-arides et les steppes d'Afrique, de la péninsule Arabique, d'Asie centrale, jusqu'à l'ouest de l'Inde et l'ouest de la Chine[4].
Les espèces de chats sauvages diffèrent par le motif de leur pelage, leur queue et leur taille : le chat sauvage d'Europe possède une fourrure longue et une queue touffue avec une extrémité arrondie ; le chat sauvage d'Afrique, plus petit, présente des rayures plus diffuses, une fourrure courte gris-sable et une queue effilée ; le Chat orné ou Chat sauvage d'Asie (F. l. ornata) est quant à lui tacheté[5].
Les chats sauvages et les autres membres de la famille des félins ont eu un ancêtre commun il y a environ 10 à 15 millions d'années[6]. Le chat sauvage d'Europe a évolué durant le Cromérien il y a environ 866 000 à 478 000 ans ; son ancêtre direct était Felis lunensis[7]. Les lignées silvestris et lybica ont probablement divergé il y a environ 173 000 ans[8].
Les chats sauvages sont classés comme Préoccupation mineure sur la Liste rouge de l'UICN depuis 2002, car ils sont largement distribués avec une population mondiale stable dépassant les 20 000 individus aptes à la reproduction. Certaines populations locales sont menacées par l'hybridation introgressive avec le chat domestique (F. catus), les maladies contagieuses, les collisions avec des véhicules et la persécution[9].
L'association entre les chats sauvages d'Afrique et les humains semble s'être développée parallèlement à l'établissement des colonies durant la Révolution néolithique, lorsque les rongeurs dans les stocks de grains des premiers agriculteurs ont attiré les chats sauvages. Cette association a finalement conduit à son apprivoisement et à sa domestication : le chat domestique est le descendant direct du chat sauvage d'Afrique[10]. Il était l'un des chats vénérés en Égypte antique[11]. Le chat sauvage d'Europe a, quant à lui, fait l'objet de nombreux récits dans la mythologie et la littérature[12],[13].
Taxonomie

Felis (catus) silvestris est le nom scientifique utilisé en 1777 par Johann von Schreber lorsqu'il a décrit le chat sauvage d'Europe en se basant sur des descriptions et des noms proposés par des naturalistes antérieurs tels que Mathurin Jacques Brisson, Ulisse Aldrovandi et Conrad Gessner[14]. Felis lybica est le nom proposé en 1780 par Georg Forster, qui a décrit un chat sauvage d'Afrique provenant de Gafsa, sur la Côte de Barbarie[15].
Au cours des décennies suivantes, plusieurs naturalistes et explorateurs ont décrit 40 spécimens de chats sauvages collectés dans des pays d'Europe, d'Afrique et d'Asie. Dans les années 1940, le taxonomiste Reginald Innes Pocock a examiné la collection de peaux et de crânes de chats sauvages du Musée d'histoire naturelle de Londres et a désigné sept sous-espèces de F. silvestris de l'Europe à l'Asie Mineure, et 25 sous-espèces de F. lybica de l'Afrique et de l'Asie de l'Ouest jusqu'à l'Asie centrale. Pocock a différencié différents groupes[16],[17] :
- les sous-espèces du groupe silvestris ;
- les sous-espèce du groupe « ornata-caudata » : se distingue du chat du groupe silvestris par sa taille plus petite, une couleur de pelage comparativement plus claire et une queue plus longue et plus pointue[17]. Le chat domestique est considéré comme issu de ce groupe[18],[10],[8] ;
- les sous-espèce du groupe « ornata-lybica » : se distingue du groupe « ornata-caudata » par un pelage plus pâle, des motifs de taches et des bandes bien développés[17] ;
L'espèce Felis silvestris regroupait historiquement jusqu'à une vingtaine de sous-espèces[19]. En 2005, 22 sous-espèces étaient reconnues par les auteurs de Mammal Species of the World, qui ont attribué les sous-espèces en grande partie conformément à l'évaluation de Pocock[19]. En 2006, le Chat de Biet a été placé au sein de la lignée du chat sauvage, s'étant révélé plus étroitement lié au chat sauvage d'Asie et au chat domestique qu'au chat sauvage d'Europe par l'ADN nucléaire[8],[20],[21], tout en étant placé comme un groupe externe au clade du chat sauvage par l'ADN mitochondrial[8]. Une étude menée en 2007 a conduit au regroupement de ces divisions en six sous-espèces distinctes[8]. À cette époque, le nom scientifique Felis silvestris désignait au sens large l'ensemble des « chats sauvages » (incluant le chat domestique, le chat orné, le chat de Biet ou le chat ganté), le chat forestier européen étant considéré comme la sous-espèce type : Felis silvestris silvestris.
Le genre Felis était alors représenté de la manière suivante (selon l'étude de 2007)[8] :
- Felis
- Felis chaus - Chat des marais
- *** Felis nigripes - Chat à pieds noirs
- **** Felis margarita - Chat des sables
- ***** Felis silvestris - appelé Chat sauvage (au sens large)
-
- Felis silvestris silvestris - Chat forestier
- Felis silvestris lybica - Chat ganté
- Felis silvestris cafra - Chat de la cafrerie
- Felis silvestris ornata - Chat orné
- Felis silvestris bieti - Chat de Biet
- Felis silvestris catus - Chat domestique
-
- ***** Felis silvestris - appelé Chat sauvage (au sens large)
- **** Felis margarita - Chat des sables
En 2017, une révision taxonomique de l'UICN a élevé plusieurs sous-espèces au rang d'espèces distinctes. Désormais, Felis silvestris, est restreint au chat forestier européen et ses populations proches[4].
| Nom binominal, vernaculaire, auteur et images | Description[22] | Distribution et habitat[22] | Synonymes |
|---|---|---|---|
| Chat forestier (Felis silvestris) | |||
| Chat sauvage d’Europe
F. s. silvestris ![]() |
Un peu plus petit et plus élancé que les formes asiatiques, longueur tête-corps de 43 à 91 cm (mâles) et 40 à 77 cm (femelles), poids max 7,3 kg. Pelage long et épais, brun-gris à brun-jaunâtre, avec rayures noires bien marquées. Queue touffue ornée d'anneaux noirs avec une extrémité arrondie. | ![]() Europe continentale (Andorre, France, Allemagne, Italie, Pologne, Espagne, etc.), Écosse et Balkans. Possiblement éteint en Rép. tchèque ; éteint aux Pays-Bas. |
F. s. ferus, F. s. grampia |
| Chat sauvage du Caucase
F. s. caucasica |
Légèrement plus grand et massif que la forme européenne. Longueur tête-corps de 63 à 75 cm (mâles). Pelage plus clair, grisâtre, avec des motifs latéraux plus discrets. La queue est courte avec généralement trois anneaux noirs. | ![]() Massif du Caucase et Turquie : Arménie, Azerbaïdjan, Géorgie et Russie. |
F. s. trapezia |
| Chat ganté (Felis lybica) | |||
| Chat sauvage d’Afrique
F. l. lybica ![]() |
Corps svelte, longues pattes et queue longue. Pelage brun-sable pâle à gris, avec taches ou rayures brunes diffuses. Arrière des oreilles roussâtre. Poids : 2,4 à 6 kg. Ancêtre direct du chat domestique. | ![]()
|
F. ocreata, F. haussa, F. l. lowei |
| Chat sauvage d’Afrique subsaharienne
F. l. cafra ![]() |
Ligne dorsale noirâtre et pattes distinctement marquées de bandes noires transversales. Arrière des pattes postérieures fauve. Oreilles roussâtres à brun-rouille. Dimorphisme marqué : mâles (3,8-6,4 kg), femelles (2,4-5,5 kg). | F. o. mellandi, F. o. griselda | |
| Chat sauvage d’Asie
F. l. ornata ![]() |
Se distingue par de petites taches sombres éparpillées sur le corps plutôt que des rayures. Corps robuste. Joues portant deux marques noires distinctes. Poids : mâles (3-4 kg), femelles (~2,7 kg). | F. s. gordoni, F. caudata, F. o. iraki | |
Évolution
Les chats sauvages sont des membres des félins dont l’ancêtre commun remonte à environ 10 à 15 millions d'années[6]. Les espèces du genre Felis ont divergé des autres Félins il y a environ 6 à 7 millions d'années. Les chats sauvages d'Europe ont divergé du genre Felis il y a environ 1,09 à 1,4 million d'années[20].
L'ancêtre direct des chats sauvages d'Europe était Felis lunensis, qui vivait sur le continent européen à la fin du Pliocène et durant les périodes du Villafranchien. Les restes de fossiles indiquent que la transition de lunensis vers silvestris s'est achevée lors de l'Interglaciaire de Holstein il y a environ 340 000 à 325 000 ans[7].
Alors qu'il existe un registre fossile étendu en Europe, les plus anciens fossiles de chats sauvages retrouvés en Afrique et au Moyen-Orient remontent au Pléistocène supérieur, ce qui indique que le chat sauvage a probablement migré d'Europe vers le Moyen-Orient au cours de cette période, donnant naissance au phénotype du groupe « ornata-caudata ». Une seconde vague d'expansion s'est produite peu après à partir du chat sauvage du Moyen-Orient du Pléistocène, vers l'est en Asie et vers le sud à travers la péninsule du Sinaï jusqu'en Afrique, cette dernière ayant probablement entraîné un goulot d'étranglement de population[5]. Les recherches phylogénétiques ont révélé que la lignée lybica a probablement divergé de la lignée silvestris il y a environ 173 000 ans[8]. La lignée du groupe « ornata-caudata » n'est pas retournée en Europe lors de son expansion, et les deux lignées sont restées génétiquement distinctes depuis lors ; l'hybridation entre les chats sylvestres et les chats domestiques marque la première connexion génétique à grande échelle entre les deux groupes depuis leur divergence originelle[5].
Comportement et écologie
Les deux espèces de chats sauvages sont largement nocturnes et solitaires, sauf pendant la période de reproduction et lorsque les femelles ont des petits. La taille du domaine vital des femelles et des mâles varie selon le terrain, la disponibilité de la nourriture, la qualité de l'habitat et la structure d'âge de la population. Les domaines vitaux des mâles et des femelles se chevauchent, bien que les zones centrales au sein des territoires soient évitées par les autres chats. Les femelles ont tendance à être plus sédentaires que les mâles, car elles nécessitent une zone de chasse exclusive lorsqu'elles élèvent des chatons. Les chats sauvages passent généralement la journée dans un arbre creux, une crevasse rocheuse ou des fourrés denses[23],[24]. Il est également rapporté qu'ils s'abritent dans des terriers abandonnés d'autres espèces telles que le Renard roux (Vulpes vulpes) et dans des catiches de Blaireau européen (Meles meles) en Europe[25] et de Fennec (Vulpes zerda) en Afrique[26].
Lorsqu'ils se sentent menacés, ils préfèrent se réfugier dans un terrier plutôt que de grimper aux arbres. Lorsqu'ils s'installent dans un arbre creux, ils choisissent un emplacement proche du sol. Les tanières dans les rochers ou les terriers sont tapissées d'herbes sèches et de plumes d'oiseaux. Les tanières dans les arbres creux contiennent généralement assez de sciure pour rendre le rembourrage inutile. Si la tanière devient infestée de puces, le chat sauvage change de refuge. En hiver, lorsque les chutes de neige empêchent le chat sauvage d'Europe de parcourir de longues distances, il reste à l'intérieur de sa tanière jusqu'à ce que les conditions de déplacement s'améliorent[25].
Le marquage territorial consiste à vaporiser de l'urine sur les arbres, la végétation et les rochers, à déposer des excréments dans des endroits bien en vue et à laisser des marques odorantes grâce aux glandes situées dans ses pattes. Il laisse également des marques visuelles en griffant les arbres[27].
Chasse et alimentation



La vue et l'ouïe sont les sens primaires des chats sauvages lors de la chasse. Ils attendent leurs proies à l'affût, puis les capturent en exécutant quelques bonds pouvant atteindre trois mètres. Lorsqu'ils chassent près de cours d'eau, ils attendent sur des arbres surplombant l'eau. Ils tuent les petites proies en les saisissant avec leurs griffes et en perçant le cou ou l'occiput avec leurs crocs. Lorsqu'ils attaquent de grandes proies, ils sautent sur le dos de l'animal et tentent de mordre le cou ou la carotide. Ils ne persistent pas dans l'attaque si la proie parvient à s'échapper[28].
Le chat sauvage d'Europe se nourrit principalement de petits mammifères tels que le Lapin de garenne (Oryctolagus cuniculus) et les rongeurs[29]. Il s'attaque également aux loirs, lièvres, Ragondin (Myocastor coypus) et aux oiseaux, particulièrement les canards et autres oiseaux aquatiques, les Galliformes, les pigeons et les passereaux[30]. Il peut consommer de gros fragments d'os[31]. Bien qu'il tue des insectivores tels que les taupes et les musaraignes, il les mange rarement[30]. Lorsqu'il vit à proximité d'établissements humains, il s'attaque à la volaille[30]. À l'état sauvage, il consomme jusqu'à 600 g de nourriture par jour[32].
Le chat sauvage d'Afrique chasse principalement des muridés, et dans une moindre mesure des oiseaux, de petits reptiles et des invertébrés[33].
Reproduction et développement

Les chats sauvages ont deux périodes d'oestrus, une de décembre à février et une autre de mai à juillet[34]. L'oestrus dure 5 à 9 jours, avec une période de gestation de 60 à 68 jours[35]. L'ovulation est induite par la copulation. La spermatogenèse a lieu tout au long de l'année. Pendant la saison des amours, les mâles se battent violemment et peuvent se rassembler autour d'une seule femelle. Il existe des signalements de chats sauvages mâles et femelles devenant temporairement monogames. Les chatons naissent généralement entre avril et mai, et jusqu'en août. La taille de la portée varie de 1 à 7 chatons[35].
Les chatons naissent les yeux fermés et sont couverts d'un pelage duveteux[34]. Ils pèsent entre 65 et163 g à la naissance ; les chatons de moins de 90 g ne survivent généralement pas. Ils naissent avec des coussinets roses qui noircissent à l'âge de trois mois, et des yeux bleus qui deviennent ambrés après cinq mois[35]. Leurs yeux s'ouvrent après 9 à 12 jours, et leurs incisives percent après 14 à 30 jours. Les dents de lait sont remplacées par la dentition permanente à l'âge de 160 à 240 jours. Les chatons commencent à chasser avec leur mère à l'âge de 60 jours et commencent à se déplacer de manière indépendante après 140 à 150 jours. L'allaitement dure 3 à 4 mois, bien que les chatons mangent de la viande dès l'âge d'un mois et demi. La maturité sexuelle est atteinte à l'âge de 300 jours[34]. Tout comme le chat domestique, le développement physique des chatons du chat sauvage d'Afrique au cours des deux premières semaines est bien plus rapide que celui du chat sauvage d'Europe[36]. Les chatons ont pratiquement terminé leur croissance à 10 mois, bien que la croissance squelettique se poursuive au-delà de 18-19 mois. La cellule familiale se dissout après environ cinq mois, et les chatons se dispersent pour établir leurs propres territoires[35]. Leur durée de vie maximale est de 21 ans, bien qu'ils vivent généralement jusqu'à 13-14 ans[34].
Prédateurs et compétiteurs
En raison de son habitude de vivre dans des zones rocheuses ou avec de grands arbres pour se réfugier, des fourrés denses et des terriers abandonnés, le chat sauvage a peu de prédateurs naturels. En Europe centrale, de nombreux chatons sont tués par la Martre des pins (Martes martes), et il existe au moins un compte rendu d'un chat sauvage adulte tué et mangé. Les compétiteurs incluent le Chacal doré (Canis aureus), le renard roux, la martre et d'autres prédateurs[37]. Dans les régions de steppes, les chiens errants constituent des ennemis sérieux, tout comme le Lynx boréal, l'un des rares prédateurs habituels des adultes en bonne santé. Au Tadjikistan, le Loup gris (Canis lupus) est le compétiteur le plus sérieux. Des oiseaux de proie, incluant le Grand-duc d'Europe (Bubo bubo) et le Faucon sacre (Falco cherrug), ont été enregistrés tuant des chatons[38]. L'Aigle royal (Aquila chrysaetos) est connu pour chasser les adultes et les petits[39]. En Afrique, les chats sauvages sont occasionnellement tués par le Python de Seba (Python sebae)[40] et l'Aigle martial (Polemaetus bellicosus)[41].
Menaces

Les populations de chats sauvages sont avant tout menacées par l'hybridation avec le chat domestique[9],[5]. En raison de leur plus grande similitude physique, l'hybridation produit des effets moins visibles chez les chats sauvages de type steppe. Au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et en Asie du Sud-Ouest, il peut donc être difficile de distinguer de manière fiable les chats sauvages des steppes des chats domestiques retournés à la vie sauvage vivant dans les mêmes environnements secs ; il est possible que certaines populations dérivent principalement d'anciens chats harets[5].
La mortalité due aux accidents de la circulation est une menace, particulièrement en Europe[9]. La population de chats sauvages en Écosse a décliné depuis le début du XXe siècle en raison de la perte d'habitat et de la persécution par les propriétaires terriens[42].
Dans l'ancienne Union soviétique, les chats sauvages étaient accidentellement capturés dans des pièges destinés à la Martre des pins. À l'époque moderne, ils sont capturés dans des pièges non appâtés sur des passages ou des pistes abandonnées de renards roux, de blaireaux européens, de lièvres d'Europe ou de faisans. Une méthode de capture consistait à utiliser un piège à rat musqué modifié avec un ressort placé dans une fosse dissimulée, une traînée odorante de viscères de faisan menant le chat vers la fosse. Les peaux de chats sauvages avaient peu de valeur commerciale et étaient parfois transformées en imitation de peau de phoque ; la fourrure rapportait généralement entre 50 et 60 kopecks[43]. Les peaux de chats sauvages étaient presque exclusivement utilisées pour la confection d'écharpes, de manchons et de manteaux bon marché pour dames[44].
Conservation
Les espèces de chats sauvages sont protégées dans la plupart des pays de leur aire de répartition et sont inscrites à l'Annexe II de la CITES. Le chat sauvage d'Europe est également inscrit à l'Annexe II de la Convention de Berne relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel de l'Europe ainsi qu'à la Directive Habitats et Espèces de l'Union européenne[9].
Des plans d'action pour la conservation ont été élaborés en Allemagne et en Écosse[45],[46].
Le chat sauvage et l’Homme
Dans la culture
Domestication
Un squelette de chat sauvage d'Afrique exhumé dans une tombe néolithique vieille de 9 500 ans à Chypre constitue la plus ancienne indication connue d'une relation étroite entre un humain et un chat potentiellement apprivoisé. Comme aucune espèce de chat n'est indigène à Chypre, cette découverte indique que les agriculteurs du Néolithique ont pu apporter des chats à Chypre depuis le Proche-Orient[47]. Les résultats des recherches génétiques et morphologiques ont confirmé que le chat sauvage d'Afrique est l'ancêtre du chat domestique. Les premiers individus ont probablement été domestiqués dans le Croissant fertile vers l'époque de l'introduction de l'agriculture[8],[10],[18]. Des peintures murales et des statuettes représentant des chats, ainsi que des chats momifiés, indiquent qu'il était couramment élevé par les anciens Égyptiens depuis au moins la Douzième dynastie égyptienne[11].
Dans la mythologie
On pense que les fables celtiques du Cat Sìth, une créature féerique décrite comme ressemblant à un grand chat noir à poitrine blanche, ont été inspirées par le Chat de Kellas, lui-même considéré comme un croisement en liberté entre un chat sauvage d'Europe et un chat domestique[12]. En 1693, William Salmon mentionnait comment des parties du corps du chat sauvage étaient utilisées à des fins médicinales : sa chair pour traiter la goutte, sa graisse pour dissoudre les tumeurs et apaiser la douleur, son sang pour guérir l'« haut mal » et ses excréments pour traiter la calvitie[13].
En héraldique

Les Pictes vénéraient les chats sauvages, ayant probablement nommé le Caithness (Terre des Chats) d'après eux. Selon le mythe fondateur de la tribu des Catti, leurs ancêtres furent attaqués par des chats sauvages lors de leur débarquement en Écosse. Leur férocité impressionna tant les Catti que le chat sauvage devint leur symbole. Les progéniteurs du Clan Sutherland utilisent le chat sauvage comme symbole sur leur écusson familial. Le chef du clan porte le titre de Morair Chat (Grand Homme des Chats)[48].
Le chat sauvage est considéré comme une icône de la nature sauvage écossaise et est utilisé dans l'héraldique des clans depuis le XIIIe siècle. L'Association du Clan Chattan (également connue sous le nom de Clan des Chats) comprend 12 clans, dont la majorité arbore le chat sauvage sur ses insignes[12].
Dans la culture contemporaine
- Le Chat sauvage (The Big Cat) est un film d'aventures américain réalisé par Phil Karlson, sorti en 1949.
- Les Chats sauvages sont un groupe de rock 'n' roll fondé en 1961 par Dick Rivers.
Toponyme
- La tête du Chat Sauvage est un sommet du massif des Vosges (France), culminant à 1 153 m.
Notes et références
Notes
Références
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Wildcat » (voir la liste des auteurs).
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Voir aussi
Articles connexes
- Wildcat
(« Chat sauvage » en anglais) - Chat (nom vernaculaire)
- Felis silvestris
Liens externes
- (en) Mammal Species of the World (3e éd., 2005) : Felis silvestris Schreber, 1777 (consulté le )
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