Chautagne (AOC)

Chautagne
Image illustrative de l’article Chautagne (AOC)
Chindrieux et ses vignes.

Appellation(s) principale(s) vin de Savoie
Type d'appellation(s) dénomination au sein d'une AOC / AOP
Reconnue depuis 1954 (cru d'un VDQS) et 1973 (DGC d'une AOC)
Pays Drapeau de la France France
Région parente vignoble de Savoie
Localisation Savoie
Climat semi-continental sous influence montagnarde
Ensoleillement
(moyenne annuelle)
1 894 heures (à Chambéry)
Superficie plantée 74 hectares (en 2024)[1]
Cépages dominants gamay N[note 1], jacquère B et altesse B
Vins produits 80 % rouges et 20 % blancs
Production 2 820 hectolitres (en 2024)[1]
Pieds à l'hectare minimum 5 000 ceps/ha[2]
Rendement moyen à l'hectare 36 hl/ha en rouge et 48 en blanc (en 2024)[1]

Un chautagne[note 2], ou un vin de Savoie Chautagne, est un vin de Savoie produit dans la Chautagne. Le cru vin de Savoie Chautagne est une dénomination géographique complémentaire au sein de l'appellation d'origine contrôlée « vin de Savoie » depuis 1973.

Histoire

Les premières traces écrites concernant la présence d'un vignoble sur ce terroir date du Xe siècle et proviennent des écrits de Bérold de Savoie[Qui ?]. Cependant, il est plus que probable que les Romains pratiquaient déjà cette culture dans ce lieu. Au XVe siècle, ces vins étaient présents sur la table des comtes de Savoie. Après un glissement de terrain, le vignoble fut partiellement détruit, mais reconstitué par le roi de Sardaigne Victor-Amédée III (1726-1796). On le trouve cependant déjà à Genève sous l'Ancien Régime et probablement même dès le Moyen Âge[3]. Jean-François Bergier précise dans son ouvrage Genève et l'économie européenne de la Renaissance que le vin de Chautagne « était le plus coûteux de tous les vins de la région ; son prix de vente au détail était en moyenne double du prix du vinum patriae »[4]. À noter qu'au XVIIIe siècle, les vins de Chautagne nécessitèrent une certification pour être commercialisés à Genève[5].

C'est l'arrêté du , reconnaissant l'appellation d'origine (AO) vin de Savoie comme ayant droit au label « vin délimité de qualité supérieure » (VDQS), qui autorise de rajouter au nom de l'appellation celui d'une « section » Chautagne[6]. Par le décret du , le « Vin de Savoie » est reconnu comme une appellation d'origine contrôlée (AOC)[7]. Le cahier des charges de l'appellation est modifié en [2].

Vignoble

Aire de production

Images externes
Carte des communes concernées
Cartes cadastrales de la dénomination
Orthophotos du parcellaire de la dénomination

Situé près du lac du Bourget, cette appellation est localisée au nord d'Aix-les-Bains[8]. Une partie de l'appellation est implanté le long du Rhône, sur sa rive gauche, dans les communes de Chindrieux, Motz, Ruffieux et Serrières-en-Chautagne[9].

Géologie

Les parcelles sont essentiellement implantées sur le flanc ouest de la montagne du Gros Foug, sur des sols filtrants constitués de moraines et de grès molassiques, entre 250 et 300 m d’altitude[9]. La Chautagne est situé dans le prolongement du lac du Bourget. « Ses coteaux, exposés plein ouest, s’étirent sur une quinzaine de kilomètres. Ce faciès est le résultat du creusement lié à la dépression du Val du Bourget, due à l’affrontement de deux grands glaciers : le glacier du Rhône et celui de l’Isère ».

Climatologie

Ce territoire « se distingue par un microclimat qui rappelle plus les vignobles méridionaux que savoyards. Protégé des vents violents et sous l’influence du Rhône et du lac du Bourget, les hivers y sont plus tempérés et les étés chauds, avec peu de pluie et de neige pour la région. Avec une température annuelle moyenne de 20 °C, la Chautagne, par sa douceur, mérite bien son nom de « Provence de Savoie »[9] ». De plus, dans cet environnement, typiquement savoyard, les vignes jouissent, grâce au lac qui tempère le climat, d'une température annuelle moyenne de 20 °C, avec des étés chauds et des hivers doux[10]. L'ensoleillement est de 1 894 heures/an (à Chambéry)[11].

La station météorologique de Chindrieux (à Chevigneux, à 340 mètres d'altitude : 45° 49′ 56″ N, 5° 50′ 50″ E)[12] est représentative du climat de Chautagne, entre le Rhône et la montagne du Gros Foug, de Motz au nord jusqu'au lac du Bourget au sud.

Relevés à Chindrieux de 1981 à 2010
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Températures (°C)
Maximale moyenne 5,8 8 12,8 16,3 21 24,6 27,5 26,7 22,1 17 10,1 6,3 16,6
Moyenne 2,6 4,2 7,9 11,1 15,6 19 21,6 20,9 17,1 12,8 6,7 3,4 11,9
Minimale moyenne −0,6 0,3 3 5,9 10,2 13,3 15,6 15,1 12 8,6 3,4 0,5 7,3
Nombre de jours avec gel 17,8 13,2 6,4 0,9 0 0 0 0 0 0,2 5,6 14,4 58,5
Précipitations
Hauteur (mm) 95,6 89,6 93,4 96,5 102,9 100,9 78,5 93,6 118,6 130,7 122,1 111,5 1 233,9
5,8
−0,6
95,6
40 mm
80 mm
120 mm
jan.
8
0,3
89,6
fév.
12,8
3
93,4
mars
16,3
5,9
96,5
avril
21
10,2
102,9
mai
24,6
13,3
100,9
juin
27,5
15,6
78,5
jui.
26,7
15,1
93,6
août
22,1
12
118,6
sep.
17
8,6
130,7
oct.
10,1
3,4
122,1
nov.
6,3
0,5
111,5
déc.
Moyennes : max min °C ■ Précipitations mm

Encépagement

Les cépages des vins rouges ou rosés sont le gamay N[note 1], la mondeuse, la pinot noir, le cabernet. Les cépages des vins blancs sont le jacquère, l'altesse, le chardonnay, le veltliner.

Vins

Vin rouge de chautagne.

Le vin de Savoie (ou savoie) Chautagne est une dénomination produite en vin tranquille blanc (à base de jacquère, roussette et aligoté) et rouge (gamay, mondeuse, pinot noir et/ou cabernet sauvignon). Sur son aire de production, les vignerons peuvent élaborer de l'appellation vin de Savoie (qui se décline en blanc, rouge et rosé, mais aussi en mousseux blanc et rosé, ainsi qu'en crémant), mais aussi de l'autre appellation régionale qu'est le roussette de Savoie (uniquement en blanc), deux indications géographiques protégées (IGP comtés-rhodaniens et vin des Allobroges) et du vin sans indication géographique (VSIG, sous le nom de « Vin de France »).

Volumes

Selon le service des Douanes[1], les données de production des années récentes sont (un hectolitre = 100 litres = 133 bouteilles de 75 cl) :

Année vin de Savoie Chautagne rouge vin de Savoie Chautagne blanc
superficie (ha) production (hl) rendement (hl/ha) superficie (ha) production (hl) rendement (hl/ha)
2022 68,4 1 975 29 9,21 498 54
2023 63,9 2 537 40 11,6 632 54
2024 62,3 2 252 36 11,7 567 48

Structure des exploitations

À la demande de la CEE, une enquête sur la structure des exploitations agricoles a eu lieu, au cours de l'année 1967, en Savoie. Dans ce cadre, les quatre communes de Chautagne (Chindrieux, Motz, Serrières et Ruffieux) ont été étudiées d'une façon très exhaustive. La comparaison entre cette étude et les chiffres du recensement de l'agriculture de 1970 permet d'avoir des données précieuses[14].

« En 1967, à Chindrieux, 90 % des exploitations viticoles ont une superficie inférieure à un hectare et 8,8 % en possèdent plus d'un hectare. Or seulement 1 % des exploitations agricoles a une superficie inférieure à cette barre de un hectare, alors que 56 % ont une superficie comprise entre 2 et 5 hectares et 22 % en ont plus de 10 hectares. Le quart de la superficie plantée en vigne est compris dans des exploitations de moins de cinq hectares et 70 % entre cinq et vingt hectares. On pourrait répéter ces chiffres pour les autres communes, ils indiquent la même tendance : peu d'exploitations viticoles, même les plus petites sont des unités spécialisées ; elles ne sont qu'une partie d'exploitations pratiquant une polyculture semblable à celle de la région »[14].

Cette même tendance apparaît dans les données du recensement de 1970. En Chautagne, il est notable que seulement 8 % de la superficie du vignoble appartienne à des exploitations agricoles de moins d'un hectare, à contrario, il apparaît que 59 % des vignes sont englobés dans des exploitations comprises entre 5 et 20 hectares[14].

Gastronomie

Les vins rouges conviennent aux jambons, aux crozets au beaufort, à la tourte à la viande, à la raclette, aux différents diots, aux saucisses (Montbéliard ou Morteau), au saucisson aux myrtilles, etc. Ils sont aussi parfaits sur des fromages comme le reblochon, la tome des Bauges ou la rigotte du Forez[15].

Quant aux blancs, ils se marient heureusement avec différents mets régionaux dont les grenouilles persillées, les tartes au gruyère ou au reblochon, le soufflé au beaufort, la fondue savoyarde, la tartiflette, etc. Ils seront parfaits en accompagnement d'une truite au bleu ou de caillettes (épinards ou blettes) ainsi qu'avec l'abondance, le beaufort, le gruyère français, le reblochon ou le chevrotin[16]

Liste des producteurs

Notes et références

Notes

  1. Le code international d'écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rg = rouge, Rs = rose, G = gris. Cf. « 2de édition de la liste des descripteurs OIV – couleur de la baie » [PDF] (consulté le ), p. 41.
  2. Le nom du lieu devient ici le nom du produit, par antonomase : c'est un nom commun, il s'écrit donc avec une minuscule, cf. références sur la façon d'orthographier les appellations d'origine. Sauf que le cahier des charges rajoute une majuscule au nom du vin, pour le différencier d'un nom générique, principe repris sur les étiquettes et les déclarations.

Références

  1. « Portail de la Direction Générale des Douanes et Droits Indirects : superficies et volumes en production par produit », sur douane.gouv.fr (consulté le ).
  2. « Cahier des charges de l'appellation d'origine contrôlée « VIN DE SAVOIE » ou « SAVOIE » » [PDF], homologué par l'arrêté du publié au JORF du .
  3. Registres du Conseil de Genève à l'époque de Calvin, Genève: Droz, 2011, t. V/2, p. 656 et n. 125 (22 novembre 1540); A.E.G., R.Consist. 12, fol. 37 v° (29 avril 1557)
  4. Paris, 1963, p. 115.
  5. Histoire
  6. « Arrêté du 26 novembre 1954 sur les conditions d'attribution du label « Vins délimités de qualité supérieure » aux vins bénéficiant de l'appellation d'origine « Vins de Savoie », (suivie du nom de la section ou de la dénomination « Roussette ») eu sous l'appellation d'origine « Roussette de Savoie » », publié au JORF du .
  7. « Décret du 4 septembre 1973 concernant les appellations contrôlées « Vin de Savoie » et « Roussette de Savoie » employées seules ou suivies d’un nom de cru », publié au JORF no 0225 du .
  8. présentation
  9. géographie
  10. Les terroirs de Chautagne
  11. « Fiche 73329001 Chambéry-Aix » [PDF], sur object.files.data.gouv.fr/meteofrance/data (consulté le ).
  12. « 73085001 – CHINDRIEUX – CHEVIGNEUX » [PDF], sur donneespubliques.meteofrance.fr (consulté le ).
  13. « Fiche 73085001 Chindrieux » [PDF], sur object.files.data.gouv.fr/meteofrance/data (consulté le ).
  14. Structure des exploitations viticoles des AOC Savoie
  15. Que manger avec un chautagne rouge ?
  16. Que manger avec un chautagne blanc ?
  17. Cave de Chautagne
  18. « Corentin Houillon - l'art du vin nature », sur www.hc-vins.fr (consulté le )

Voir aussi

Liens externes

Articles connexes

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