Cho Ki-chon

Cho Ki-chon
Nom de naissance 조기천
Naissance
Ael'tugeu, district de Vladivostok,Drapeau de l'Empire russe Empire russe.
Décès (à 37 ans)
Pyongyang, Drapeau de la Corée du Nord Corée du Nord
Activité principale
Poète et traducteur
Auteur
Langue d’écriture Coréen
Mouvement Réalisme socialiste
Genres

Cho Ki-chon (coréen : 조기천 ; 6 novembre 1913 – 31 juillet 1951) était un poète nord-coréen né en Russie. Considéré comme un poète national[1] et le « père fondateur de la poésie nord-coréenne »[2], son style distinctif de poésie épique lyrique, influencé par l'Union soviétique et relevant du réalisme socialiste, est devenu une caractéristique importante de la littérature nord-coréenne. Il fut surnommé le « Maïakovski coréen », en référence à l'écrivain dont l'œuvre l'avait marqué, ce qui symbolisait sa rupture avec la littérature de l'ancienne société et son engagement envers les valeurs communistes[2]. C'est à la suite d'une remarque de Kim Jong-il lors de sa visite en Russie en 2001 que les médias nord-coréens le qualifièrent de « Pouchkine coréen »[3].

Cho fut envoyé en Corée libérée par les autorités soviétiques lors de l'entrée de l'Armée rouge en 1945. À cette époque, il possédait déjà une solide expérience de la littérature et de l'administration littéraire soviétiques. Les Soviétiques espéraient que Cho façonnerait les institutions culturelles du nouvel État sur le modèle soviétique. Pour eux, cette initiative fut couronnée de succès : Cho non seulement y parvint, mais il contribua également de manière significative au développement du réalisme socialiste, qui allait devenir le moteur de la littérature et des arts nord-coréens[4].

Cho fut parmi les premiers à contribuer au culte de la personnalité de Kim Il-sung[5]. Son œuvre la plus célèbre est « Le Mont Paektu » (1947), une épopée lyrique qui célèbre les activités de guérilla de Kim Il-sung et le présente comme le dirigeant idéal du nouvel État nord-coréen. Parmi ses autres œuvres notables figure « Sifflement », un poème d'amour en apparence apolitique, qui fut par la suite adapté en chanson populaire connue en Corée du Nord comme en Corée du Sud.

Durant la guerre de Corée, Cho écrivit des poèmes de propagande. Il mourut pendant le conflit lors d'un bombardement américain. Son œuvre et lui-même restent célèbres dans la société nord-coréenne[6].

Vie et carrière

Cho Ki-chon naquit le 6 novembre 1913 dans une famille de paysans coréens pauvres, au village d'Ael'tugeu, non loin d'Oussouriïsk, dans le district de Vladivostok, en Extrême-Orient russe[7]. La région Pacifique de l'Union soviétique, où il vivait, était un centre pour les militants indépendantistes coréens[8]. Il puisait notamment son inspiration littéraire chez Cho Myong-hui, un autre écrivain coréen vivant en Union soviétique qui, croyant en l'émancipation nationale par la défense des principes socialistes, avait déjà écrit sur les guérilleros anti-japonais[9]. Il acquit ainsi une vision du monde nationaliste et consciente des luttes de classe dans son œuvre[10].

Avant d'émigrer d'Union soviétique

Mosaïque commémorant le retour triomphal de Kim Il-sung, Pyongyang, Corée du Nord. L'Arc de Triomphe de Pyongyang commémore le retour triomphal de Kim Il-sung après la « libération de la Corée du Japon ». Cette mosaïque, située non loin de l'arc, représente cet événement.

Il est possible que Cho ait traduit en coréen le discours de victoire de Kim Il-sung de 1945. Cho s'installa en Corée du Nord cette année-là. Cho étudia à l'École normale supérieure coréenne de Vorochilov-Oussouriïsk entre 1928 et 1931. Durant cette période, il était également membre du Komsomol, la ligue de jeunesse communiste de l'Union soviétique[11].

Cho devait initialement s'inscrire à l'Université de Moscou, mais il fut victime d'un vol dans une gare d'Omsk. Sans ressources, il dut travailler dans un kolkhoze à Omsk pendant l'été pour subvenir à ses besoins. Touché par son sort, le recteur de l'Université d'Omsk, Alexandre Sergueïevitch Slivko, décida de l'admettre dans son établissement[12]. Ainsi, de 1933 à l'obtention de son diplôme en 1937[13], il suivit les cours de la Faculté des Lettres de l'Université pédagogique d'État Gorki d'Omsk[11]. Bien qu'il ne maîtrisât pas le russe à son entrée à l'université, il obtint son diplôme avec d'excellentes notes, et son séjour là-bas renforça ses liens avec la Russie et l'Union soviétique[14].

Il retourna en Extrême-Orient et enseigna à l'Institut pédagogique coréen de Vladivostok jusqu'à ce que tous les Coréens de souche soient déplacés de force vers l'Asie centrale. L'Institut, ainsi que Cho, furent transférés à Kzyl-Orda, en RSS du Kazakhstan, en 1937. L'année suivante, Cho se rendit à Moscou et tenta de s'inscrire à l'Université des lettres de Moscou, mais fut arrêté sur-le-champ pour avoir enfreint la loi confinant les Coréens à l'Asie centrale. Il retourna alors à l'Institut de Kzyl-Orda et y travailla jusqu'en 1941[15]. À la fin des années 1930, Cho épousa Kim Hae-sŏn. Ils eurent un fils, Yurii Cho, né en 1939[16].

Entre 1942 et 1943, Cho fut affecté à des tâches administratives au quartier général de la 25e armée soviétique à Vorochilov-Oussouriïsk, puis à un poste similaire au sein de la marine du Pacifique à Khabarovsk entre 1943 et 1945, avant de rejoindre le Premier Front d'Extrême-Orient à partir d'octobre 1945. Une partie de son travail consistait à rédiger des tracts de propagande diffusés par l'Armée rouge soviétique en Corée. La biographe Tatiana Gabroussenko estime probable qu'il ait également traduit en coréen le premier discours prononcé par Kim Il-sung après la libération, le 14 octobre 1945, intitulé « Tous les efforts pour la construction d'une nouvelle Corée démocratique », dont le texte original avait été rédigé par des officiers soviétiques. Cho entra en Corée du Nord avec l'Armée rouge la même année.

Création d'une littérature modèle en Corée du Nord

Immédiatement après la libération de la Corée, les autorités soviétiques envoyèrent Cho, qui maîtrisait parfaitement le coréen et le russe[17], en Corée du Nord afin de modeler les institutions littéraires du pays sur le modèle soviétique. Cho suivit scrupuleusement les instructions du Parti des travailleurs lui enjoignant de « s'immerger dans les masses » et visita usines, villages et fermes, écrivant des poèmes inspirés de ces expériences. Son séjour en Union soviétique l'aida à produire des œuvres explicitement politiques. Nombre d'autres auteurs n'étaient pas aussi à l'aise avec l'écriture sur des sujets politiques et étaient réticents à se rendre sur les lieux de travail[18].

Son rôle dans la formation de la littérature nord-coréenne allait être déterminant[17]. Les premières œuvres de Cho, *Le Mont Paektu* (MR : Paektusan, 1947) et *Terre* (MR : Ttang, 1946[19]), annoncèrent la direction que prendrait la littérature nord-coréenne[2]. Ces œuvres devinrent rapidement des modèles pour la littérature nord-coréenne[20]. À son retour, il commença à écrire pour le Chosŏn Sinmun, le journal coréen de l'Armée rouge soviétique, en tant que correspondant et traducteur[13]. Il traduisit des œuvres de poètes soviétiques tels que Maïakovski, Gribâtchev et Jambyl Jabayev[16].

Les cercles littéraires de l'époque étaient marqués par les divisions politiques au sein de la Corée du Nord. Cho se rapprocha des autres Coréens de souche venus d'Union soviétique. Ce groupe littéraire était proche de la faction politique des Coréens soviétiques[16].

Pendant la guerre de Corée, Cho travailla pour le Rodong Sinmun et écrivit également des poèmes de propagande[21]. Avant la guerre, il avait été membre du Comité permanent de la Fédération littéraire et artistique nord-coréenne[22]. En 1951, il fut élu vice-président de la Fédération coréenne unifiée de littérature et d'arts (MR : Chosŏn munhakyesul ch'ongdongmaeng, KFLA), présidée par Han Sorya. Il était membre de sa subdivision appelée l'Organisation de la littérature (MR : Munhak tongmaeng)[23].

Œuvres

En Union soviétique

Alors qu'il était encore étudiant à l'Institut pédagogique, Cho publia un roman décrivant la lutte armée anti-japonaise. Son contenu est similaire à celui de son œuvre ultérieure, Le Mont Paektu. Ce roman pourrait avoir servi de prototype à cette dernière. Outre la poésie et la critique poétique, Cho s'intéressait au théâtre[10]. Il contribua à la création d'une pièce intitulée Hong Beom-do, consacrée au révolutionnaire Hong Beom-do, écrite par Tae Jang-chun et d'autres Coréens vivant en Union soviétique. Le Mont Paektu reprend également des éléments de cette œuvre. Il publia son premier poème à l'âge de 17 ans dans le journal coréen Sŏnbong, en Russie. Entre 1930 et 1933, il écrivit des poèmes tels que « Le Matin de la construction », « Aux travailleurs d'avant-garde », « Étude militaire sur le terrain » et « La Commune de Paris »[11]. Alors qu'il vivait encore en Union soviétique, il écrivit également les poèmes « Aux Rangers » et « Entraînement en plein air »[10].

En Corée du Nord

Après son installation en Corée du Nord, Cho publia « Nouvel An »[8]. Parmi ses autres poèmes figurent : « Rivière Tuman » (MR : Tumanggang, 1946), qui évoque les souffrances des Coréens sous l'occupation japonaise, et « Notre Chemin » (Uri-ŭi kil, 1949), qui traite de l'amitié soviéto-coréenne[18]. « Le Chant de la Vie » (Saeng'ai-ŭi Norae, 1950) est une longue épopée sur l'industrialisation. Elle fait l'éloge de l'industrie en plein essor du pays, mais omet de mentionner ses racines dans les projets japonais menés durant l'occupation[24]. On y retrouve également un thème récurrent dans la fiction stalinienne : les « ennemis de classe » qui cherchent à entraver le progrès. Parmi ses autres poèmes figurent : Terre, « Chasseurs d’avions », « Sur la rue en feu » (Pul’anŭn kŏriesŏ, 1950), « Mère coréenne » (Chosŏn-ŭi ŏmŏni, 1950), « Mes hauteurs » (Na-ŭi koji, 1951), « Nous sommes la jeunesse coréenne » (Urinŭn Chosŏn Ch’ŏngnyŏnida, 1951), ainsi que les poèmes lyriques « Balançoire » (Kŭne)[25] et « Assis sur un rocher blanc » (Hŭin pauie anjaso, 1947)[26]. Le poème en série Résistance à Yosu (Hangjaeng-ŭi yŏsu) relate le soulèvement de Yosu en Corée du Sud[27]. L'épopée lyrique « Terre » a été écrite sur ordre du Parti des travailleurs, qui souhaitait produire des œuvres sur la réforme agraire en Corée du Nord après la libération, et fut le premier poème à aborder ce sujet[17]. Cho a également écrit les paroles de « Col de Mungyong », une chanson relatant le combat des soldats de l'Armée populaire coréenne à travers la province de Kyonggi jusqu'à Ryongnam[28].

Bien que tous ses poèmes soient profondément idéologiques[26], certains chercheurs sud-coréens, comme Yi Chang-ju de l'Institut de recherche sur le Nord[29], ont cherché à mettre en avant la dimension lyrique de Cho afin de l'« intégrer » au contexte culturel coréen et de favoriser un rapprochement entre les orientations culturelles des deux pays[25]. Certains poèmes de Cho ont été adaptés en chansons populaires qui connaissent un grand succès aussi bien au Sud qu'au Nord. « Siffler », « Saule » (Suyang pŏtŭl) et « Balançoire » sont des chansons d'amour inspirées par une atmosphère culturelle plus détendue suite à la traduction de la poésie russe en coréen. Ces influences incluent « Katyusha » de Mikhaïl Isakovski[33], auquel « Sifflement » en particulier ressemble[30]. « Sifflement », adapté en chanson populaire en 1990, est souvent perçu en Corée du Sud comme une chanson apolitique[38]. Cependant, selon Gabroussenko, les observateurs sud-coréens omettent souvent de remarquer les éléments politiques et culturels empruntés à Isakovski et à la poésie lyrique soviétique[39]. Dans « Sifflement », par exemple, le couple incarne des traits socialistes exemplaires[30] :

Aujourd’hui encore, tu as souri d’un sourire pur,

Et tu as dit que tu avais triplé les objectifs de production,

Mais je n’envie pas ta réussite,

Je peux faire encore mieux,

Mais j’aime ton sourire.

Pourquoi est-il si pur ?

— « Sifflement »[31]

Mont Paektu

L'épopée de Cho sur le mont Paektu présente Kim Il Sung comme un guérillero héroïque, parfaitement apte à diriger le pays.

Le long poème épique de Cho, « Mont Paektu » (백두산; 白頭山; Paektusan), a été écrit en février 1947 et publié en 1948 dans le Rodong Sinmun[19]. Il s'agit du premier poème consacré à Kim Il-sung[32], que la version originale désigne simplement comme « Commandant Kim ». Ce poème, qui relate la bataille de Pochonbo en 1937, est un classique de la littérature illustrant la lutte anti-japonaise[33]. Son texte associe indissociablement la figure de Kim Il-sung au mont Paektu, qui donne son nom au poème – un lien qui demeure central dans la propagande nord-coréenne jusqu'à nos jours[34].

Le poème trouve son origine dans la fascination de Cho pour les guérilleros anti-japonais, notamment Rim Chun-chu et Choe Hyon, qu'il avait rencontrés[35]. La création de cette épopée était également motivée par des considérations politiques : les Soviétiques, qui avaient envoyé Cho en Corée du Nord, souhaitaient consolider le pouvoir de Kim Il-sung. Des publications le présentant comme un héros légendaire de la lutte anti-japonaise étaient nécessaires, et c'est ainsi que naquit le Mont Paektu. L'œuvre est dédiée « à la glorieuse Armée soviétique qui a libéré la Corée »[36], et est écrite à l'intention des Soviétiques et non des Coréens[37].

Grâce à la promotion active d'une « culture de masse », tant au niveau de la production que de la diffusion de la littérature, des centaines de milliers d'exemplaires du Mont Paektu furent imprimés, un tirage sans précédent dans l'histoire de la littérature coréenne[38]. De manière générale, le poème fut bien accueilli. Le public s'y intéressa et les jeunes lecteurs l'acclamèrent[37]. Il fut apprécié au sein de la KFLA car il employait un romantisme révolutionnaire dans sa représentation de Kim[39]. Kim appréciait également le poème et commença à fréquenter Cho[40]. Dans ses mémoires, Avec le siècle, Kim écrit qu'il fut le premier à entendre Cho réciter le poème et qu'il appréciait ses « phrases précieuses ». Plus qu'esthétique, Kim dit avoir été attiré par le contenu et qu'ils « versèrent des larmes » lorsque Cho récita un passage sur les camarades tombés au combat[41].

Conformément à sa nature de propagande, le contenu du poème « Le Mont Paektu » exagère les actions de Kim Il-sung pendant la lutte de libération[1]. Le poème présente Kim comme un homme héroïque, transcendant, humain et chaleureux[33]. Il est dépeint comme un héros populaire que le peuple admire, suggérant qu'il est l'homme idéal pour diriger le nouvel État[33]. Sur le plan politique, *Le Mont Paektu* s'avéra très efficace dans le nouvel État nord-coréen[1]. Devenu un « nouveau classique »[40], il servit de modèle au culte de la personnalité de Kim Il-sung, perpétué par les œuvres littéraires nord-coréennes ultérieures[33]. Selon B. R. Myers, l'ouvrage illustre certains traits d'un culte de la personnalité primitif, fondé sur le marxisme-léninisme soviétique et le conformisme du bloc, rapidement remplacé par le nationalisme ethnique coréen d'écrivains comme Han Sorya[42]. Si le Kim Il-sung de Cho est un brillant stratège doté de qualités masculines telles que la force et l'intelligence, celui de Han incarne les vertus traditionnelles coréennes d'innocence et de naïveté, ayant « maîtrisé le marxisme-léninisme avec son cœur, et non avec sa tête ». Le style ethnique de Han s'imposera comme norme de propagande, supplantant celui de Cho[43]. Benoît Berthelier, quant à lui, perçoit une continuité entre l'œuvre de Cho et la propagande contemporaine. Selon lui, Cho peut être considéré comme le créateur d'un genre de « romantisme révolutionnaire », qui a systématisé l'utilisation des légendes et de l'imagerie surnaturelle dans le culte de la personnalité de Kim et de ses successeurs[34].

La poésie épique n'était pas un genre populaire en Corée du Nord avant le Mont Paektu, contrairement à l'Union soviétique d'où Cho avait immigré[33]. La prosodie et la poésie de Maïakovski comptent également parmi les influences de Cho Ki-chon perceptibles dans son poème intitulé Mont Paektu. Ces influences stylistiques russes ont conféré au Mont Paektu ses caractéristiques particulières, suscitant des réactions mitigées au sein du public nord-coréen. Par exemple, certains milieux littéraires ignoraient le concept d'épopée lyrique et la considéraient comme un amalgame improbable de genres[37], critiquant l'œuvre pour son indiscernabilité de la prose ordinaire[44]. Selon Alzo David-West, spécialiste de la Corée du Nord, l'accueil relativement favorable réservé au poème "Le Mont Paektu", comparé à d'autres œuvres littéraires, témoigne de la capacité du lectorat nord-coréen à se montrer à la fois réceptif et critique[45].

Les chercheurs sud-coréens présentent deux visions opposées du *Mont Paektu* : les universitaires de la génération précédente le considèrent généralement comme une œuvre de culte de la personnalité. Les jeunes chercheurs minjung et de gauche, en revanche, voient en d'autres guérilleros que Kim Il-sung – tels que Ch'ŏl-ho, Kkot-pun et Sŏk-jun – et par extension, en le peuple, les véritables héros de l'histoire. Pour certains d'entre eux, comme Sin Tong-ho, exclure le rôle de ces autres figures que Kim Il-sung constitue un obstacle majeur à la création d'une unité nationale.

Décès et postérité

Cho Ki-chon mourut le 31 juillet 1951 dans son bureau à Pyongyang, lors d'un bombardement américain pendant la guerre[46].

Son œuvre « Le Mont Paektu » reçut le Prix national (국가훈장), première classe, en 1948[27]. Ses œuvres furent récompensées par le Prix du Festival (북조선예술축전상), la plus haute distinction littéraire du pays, inspirée du Prix Staline[20]. Il fut également décoré de l'Ordre du Drapeau national, deuxième classe, pour son action pendant la guerre en 1951[47], ainsi que du Prix national à titre posthume, première classe, en 1952 pour son cycle de poèmes « La Corée se bat »[27] (MR : Chosŏnŏn Ssaunda, 1951)[48].

Il repose au cimetière des martyrs patriotiques de Pyongyang[49]. Aujourd'hui, Cho est considéré comme le père fondateur de la poésie réaliste socialiste nord-coréenne[5], voire de la poésie en général[4], ou même de la littérature nord-coréenne dans son ensemble.[67] Au milieu des années 1950, de nombreux Coréens soviétiques, y compris des proches de Cho, furent discrédités lors des purges. Selon Gabroussenko, la mort prématurée de Cho en 1951 lui a peut-être permis de préserver sa réputation de cette perte de reconnaissance officielle. À l'exception d'une période dans les années 1970 où le nom de Cho était à peine mentionné dans les publications officielles, son héritage a bénéficié d'une popularité constante en Corée du Nord[8].

Notes et références

Articles connexes

Bibliographie

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Notes

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  3. David-West, Alzo (May 2013). "Review Essays: Tatiana Gabroussenko, Soldiers on the Cultural Front: Developments in the Early Literary History of North Korean Literature and Literary Policy". The Comparatist. 37: 298, 304 n4. doi:10.1353/com.2013.0012.
  4. Gabroussenko 2005, p. 85.
  5. Gabroussenko 2005, p. 86.
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  7. Selon la biographe Tatiana Gabroussenko, le lieu de naissance de Cho en Russie est attesté par des documents soviétiques ainsi que par ses amis et sa famille. Des sources nord-coréennes et certaines sources sud-coréennes indiquent à tort qu'il serait né à Wonsan-ri, dans le comté de Hoeryong, province du Hamgyong du Nord, en Corée. Gabroussenko 2005, p. 58.
  8. (ko-Hani) Luo Jin Hyun, « 趙基天 詩의 기반과 세계 », DBpia,‎ (lire en ligne)
  9. Gabroussenko 2005, p. 89, n. 41.
  10. Luo Jin Hyun (2010). 趙基天論 – 생애와 문학 활동에 대한 재검토 [Discourse on Cho Ki Cheon — Review on His Life and Literary Activity] (in Korean). 58 (2): 113. Retrieved 6 July 2015 – via DBpia.
  11. Gabroussenko 2005, p. 61.
  12. Gabroussenko 2005, p. 89, n. 38.
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