Christianisme au Togo

Cathédrale de Kpalimé

Le christianisme est l’une des religions principales au Togo, il regroupe l'ensemble des confessions chrétiennes présentes dans le pays et leur histoire[1]. Introduit au XIXe siècle par des missionnaires européens, il s'est progressivement implanté sur l'ensemble du territoire[2]. Il constitue aujourd'hui l'une des principales religions du Togo, aux côtés des religions traditionnelles africaines et de l'islam. Il comprend l'Église catholique, les Églises protestantes historiques ainsi que de nombreuses Églises évangéliques et pentecôtistes, et joue un rôle important dans les domaines de l'éducation, de la santé et de la vie sociale[3].

Démographie des chrétiens au Togo

En 2024, environ 29 % de la population togolaise est chrétienne[4].

Selon les estimations les plus récentes de l'université de Lomé de 2004, la population togolaise catholique représente 28% de la population totale, suivie par les protestants qui constituent 10% de la population, et les membres d'autres confessions chrétiennes qui représentent eux aussi 10% de la population[5]. Parmi les groupes protestants figurent les méthodistes, les luthériens, les Assemblées de Dieu et les adventistes du septième jour ainsi que les membres de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours (mormons)[5].

Nombre de chrétiens se livrent également à des pratiques religieuses autochtones. Il est donc difficile d'obtenir des statistiques fiables en raison des phénomènes de migration de religion[6].

Histoire

Le christianisme est arrivé au Togo à travers deux types d'évangélisation : protestante et catholique[7].

L'évangélisation s'est déroulée en quatre périodes. La première évangélisation a eu lieu de 1892 à 1918, lors de la période des missionnaires allemands[8]. Ces derniers venaient principalement de la Côte de l'or (l'actuel Ghana) et du Dahomey (actuel Bénin)[8]. Le retrait des derniers missionnaires allemands en janvier 1918 a été suivi d'une deuxième période transitoire de 1918 à 1921[9]. En l'absence de missionnaires, la mission s'est trouvée orpheline. La troisième période est celle de la deuxième évangélisation, qui s'étend de 1921 à 1962[10]. Elle sera menée par d'autres types de missionnaires de la Société des missions africaines, à qui sera confiée le Togo[11].

À partir de 1962, a eu lieu l'ordination du premier évêque togolais[12]. C'est le début de la quatrième évangélisation que l'on nomme « la période de l'église togolaise », car les togolais ont pour la première fois un représentant local de l’église[13].

L'influence du christianisme dans la vie sociopolitique

À la veille de l'indépendance, le 15 avril 1960, les évêques avaient publié une lettre pastorale dans laquelle ils notaient que le pays est placé « sous la haute protection de Dieu tout puissant[14]. (...) Parmi tous les facteurs qui ont favorisé l'ascension du peuple togolais, c'est bien la civilisation chrétienne qui l'a acheminé le plus directement et le plus rapidement vers sa destinée. »[15]

L'influence chrétienne est particulièrement avérée dans le domaine de l'éducation où le christianisme est pionnier au Togo[2]. Dans la société togolaise, l'éducation dans les écoles chrétiennes est un marqueur social[16]. En effet, les missionnaires chrétiens au Togo du XIXe siècle se sont consacrés à la formation de l'élite togolaise et à la création d'écoles[17]. Le rôle principal des missionnaires chrétiens était, au-delà de l'évangélisation, la diffusion de l'alphabétisation et des valeurs morales chrétiennes[18].

Notes et références

  1. ↑ « Togo : une Eglise catholique fortement minoritaire », sur cath.ch, (consulté le ).
  2. « 1892-2022, 130 ANS DE PRESENCE DE L’EGLISE DANS LA FORMATION DES CADRES AU TOGO - Diocèse De Kara », (consulté le ).
  3. ↑ « L’éducation populaire chez les protestants au début du XIXe siècle… » (consulté le ).
  4. ↑ (en-US) togo-tourisme, « Traditions, religions et coutumes au Togo - Togo-Tourisme », (consulté le ).
  5. Rapport 2017 sur la liberté de religion dans le monde - TOGO, Togo, , 5 p. (tg.usembassy.gov;sites).
  6. ↑ (en-US) togo-tourisme, « Traditions, religions et coutumes au Togo - Togo-Tourisme », (consulté le ).
  7. ↑ père Jean-Paul Savi Atsu, Echec géopolitique et échec missionnaire?, Paris, Les Editions Les Harmattans, , 248 p., page 9.
  8. Isabell Scheele, « Entre universalisme chrétien et intérêts nationaux : les missions catholiques et les relations franco-allemandes, à l’exemple du Togo et du Dahomey (1892-1917) », Revue d’Allemagne et des pays de langue allemande, vol. 48, no 1,‎ , p. 89–103 (ISSN 0035-0974 et 2605-7913, DOI 10.4000/allemagne.373, lire en ligne, consulté le ).
  9. ↑ « L’évangélisation du Togo a été atypique, selon le père Savi, SJ », sur Vatican News, (consulté le ).
  10. ↑ « L », sur Archidiocèse de Lomé (consulté le ).
  11. ↑ père Jean-Paul Savi Atsu, Echec géopolitique et échec missionnaire ? les missionnaires catholiques au Togoland, paris, les Editions les Harmattans, , 248 p., Page 10.
  12. ↑ « Décès de Mgr Robert-Casimir Dosseh-Anyron », sur République Togolaise (consulté le ).
  13. ↑ « Mgr Robert Casimir Dosseh-Anyron – Soeur NDE Togo » [archive du ], sur soeurndetogo.com (consulté le ).
  14. ↑ « Togo : Pour un nouveau départ », sur letogolais.com (consulté le ).
  15. ↑ l'archevêque de Lomé, Mgr Joseph Strebler, et l'évêque de Sokodé Mgr Jérôme Lingenheim, lettre pastorale des évêques du Togo au clergé et aux fidèles de leurs diocèses, .
  16. ↑ « Les chrétiens jouent un rôle actif dans la société », sur République Togolaise (consulté le ).
  17. ↑ « Histoire de l'EC au Togo », sur DNEC TOGO (consulté le ).
  18. ↑ Robert Cornevin, « L'Eglise et l'Etat », dans Histoire du Togo, Paris, Berger-Levrault, , 555 p., p. 345 à 368.

Voir aussi

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