Christina Koch

Christina Koch
Christina Koch en 2023.
Christina Koch en 2023.

Nationalité Américaine
Agence spatiale NASA
Sélection Groupe 21 de la NASA
Naissance
Grand Rapids (Michigan, États-Unis)
Postes occupés Ingénieure électricienne
Ingénieure de recherche
Occupation actuelle Astronaute
Durée cumulée des missions 338 j 15 h 30 min
Sorties extravéhiculaires 6
Durée cumulée 42 h 15 min
Mission(s)
Insigne(s) ISS Expedition 59 logo ISS Expedition 60 logo ISS Expedition 61 logo

Christina Hammock Koch (prononcé : /kɹɪˈstinə ˈhæmək kʊk/[Note 1]), ou simplement dite Christina Koch, née le à Grand Rapids dans le Michigan, est une ingénieure, chercheuse et astronaute américaine. Après une formation en ingénierie électrique et en physique, elle travaille en tant qu'ingénieure électricienne au Centre Goddard de la NASA puis à l'université Johns-Hopkins. Elle devient également ingénieure de recherche pour l'United States Antarctic Program et la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), passant notamment un séjour d'un an à la base antarctique Amundsen-Scott.

En 2013, elle est sélectionnée par la NASA en tant que membre du groupe d'astronautes 21. Elle termine son entraînement en 2015, et s'envole le à bord de Soyouz MS-12 depuis le cosmodrome de Baïkonour au Kazakhstan pour un séjour à bord de la station spatiale internationale. Durant sa mission, elle réalise avec Jessica Meir la première sortie spatiale exclusivement féminine. À son retour le , elle détient avec 328 jours le record du plus long vol continu dans l'espace pour une femme.

En avril 2023, elle est affectée à l'équipage de la mission Artemis II qui s'est déroulée du au , elle devient ainsi la première femme à aller au-delà de l'orbite basse terrestre et à survoler la Lune.

Formation

Christina Koch est native de Grand Rapids dans le Michigan et elle grandit à Jacksonville en Caroline du Nord. Au cours de sa scolarité, elle étudie au lycée White Oak (en) à Jacksonville ainsi qu'à l'École de science et de mathématiques de Caroline du Nord (en) à Durham. En 2001, elle obtient un baccalauréat universitaire en sciences en ingénierie électrique, puis un second en physique et une maîtrise universitaire ès sciences en ingénierie électrique en 2002, tous à l'université d'État de Caroline du Nord à Raleigh[1].

Débuts professionnels

Elle commence sa carrière en 2002 en tant qu'ingénieure électricienne au centre spatial Goddard de la NASA, au laboratoire d'astrophysique des hautes énergies. Elle contribue alors aux instruments scientifiques de plusieurs missions de l'agence.

Elle devient ensuite ingénieure de recherche pour l'United States Antarctic Program de 2004 à 2007, incluant un séjour d'un an à la base antarctique Amundsen-Scott ainsi qu'une saison à la base antarctique Palmer. À ce poste, elle fait également partie de l'équipe de pompiers, recherche et sauvetage. De 2007 à 2009, elle travaille à l'Université Johns-Hopkins au département spatial de physique appliqué de nouveau en tant qu'ingénieure électricienne. Elle contribue à des instruments étudiant les radiations pour des missions de la NASA, dont Juno et Van Allen Probes.

En 2010, elle retourne au travail scientifique en milieu reculé, avec des visites à la base antarctique Palmer ainsi que plusieurs hivernages à la Station Summit au Groenland. En 2012, elle travaille pour l'Agence américaine d'observation océanique et atmosphérique (NOAA) à l'observatoire d'Utqiagvik (Global Monitoring Division Baseline Observatory) en Alaska en tant qu'ingénieure militaire (Field Engineer), puis en tant que chef de station à l'observatoire des Samoa américaines (American Samoa Observatory)[1].

Astronaute

Christina Koch allumant un feu lors d'un entraînement de survie en 2013.
Portrait officiel de Christina Koch portant une combinaison EMU en 2018.

En , elle est sélectionnée en tant qu'un des huit membres du groupe d'astronautes 21 de la NASA. Lors de sa formation, elle apprend le fonctionnement des systèmes de la station spatiale internationale, le pilotage d'avions T-38 Talon et T-6 Texan II et la manipulation du bras robotique Canadarm 2. Elle est également formée aux sorties extravéhiculaires (EVA) et apprend le russe.

En 2018, elle est assignée à sa première mission, un vol de longue durée à bord de la station spatiale internationale[1]. Le elle est nommée en tant qu'une des 18 membres de l'Artemis Team, la rendant éligible à une mission du programme Artemis à destination de la Lune[2].

Expéditions 59/60/61

Jessica Meir et Christina Koch avant la première sortie spatiale entièrement féminine.

Soyouz MS-12

Elle s'envole à bord de Soyouz MS-12 le avec l'astronaute Nick Hague et le cosmonaute russe Alexeï Ovtchinine depuis le cosmodrome de Baïkonour au Kazakhstan pour une mission de longue durée à bord de la station spatiale internationale. Durant son séjour, l'équipage réalise des centaines d'expériences portant sur la biologie, l'étude de la Terre, la médecine, les sciences physiques et le développement de nouvelles technologies. Sa mission connaît également des points forts scientifiques tels que l'amélioration du spectromètre magnétique Alpha étudiant la matière noire, la croissance de cristaux de protéines pour la recherche pharmaceutique, et le test de l'impression 3D de tissus biologiques en microgravité[1].

Sorties extravéhiculaires (EVA)

Christina Koch s'extrayant de la capsule Soyouz à son retour sur Terre.

Au cours de sa mission elle participe à six sorties extravéhiculaires (EVA) sur les flancs de la station. La première a lieu le avec Nick Hague et dure 6 heures 45 minutes, les deux astronautes installant avec succès trois batteries lithium-ion en remplacement de six anciennes batteries nickel-hydrogène. Christina Koch participe ensuite à une série de deux EVA en compagnie de l'astronaute Andrew Morgan les 6 et d'une durée respective de 7 heures 01 minutes et 6 heures 45 minutes afin de continuer le remplacement des batteries, cette fois-ci sur le segment P6, tout à l'extrémité de la poutre de la station spatiale internationale.

Première EVA d'équipe féminine

Le , elle participe avec Jessica Meir à la première sortie dans l'espace entièrement féminine d'une durée de 7 heures et 17 minutes pour remplacer un contrôleur de puissance défectueux dans le cadre d’une mise à niveau des systèmes d’alimentation de l’ISS[3],[Note 2].

Cette sortie spatiale avait été programmée pour mars 2019, mais, faute d’avoir une combinaison à la bonne taille pour chacune des deux femmes, la NASA avait dû l’annuler. Cet épisode embarrassant pour l’agence avait suscité ce commentaire lapidaire d'Hillary Clinton sur les réseaux sociaux : « Faites une autre combinaison. »[4]. Pendant l'EVA elles reçoivent un appel du président Donald Trump depuis la Maison-Blanche pour les féliciter de cette première[5]. Sur 220 sorties spatiales effectuées alors depuis le début de l’ISS en 1998, aucune n’avait été effectuée par deux femmes en même temps[6].

Christina Koch et Jessica Meir effectuent ensemble deux EVA supplémentaires les et d'une durée respectives de 7 heures 29 minutes et 6 heures 58 minutes pour compléter le remplacement des batteries[7].

Modification de Wikipédia depuis l'espace

Le , Christina Koch effectue de la station ISS une modification historique sur Wikipédia, la première contribution à l'encyclopédie directement effectuée depuis l'espace.

L'astronaute corrige et enrichit la page Wikipédia en anglais[8] listant les sorties extravéhiculaires depuis 2015 en apportant des précisions techniques. Alors que des contributeurs critiquent son intervention comme étant non conforme au règlement de Wikipédia, d'autres la félicitent en ornant sa page de discussion de récompenses et d'étoiles et la fondation Wikimédia salue l'événement avec un message humoristique sur les réseaux sociaux : « Aucune gravité n’est nécessaire pour modifier Wikipédia. Tu peux aller te rhabiller, Isaac Newton. »[6].

Le , un astronaute italien de l'Agence spatiale européenne (ESA), Paolo Nespoli, avait déjà enregistré un extrait sonore de sa voix à bord de la Station spatiale internationale. Mais il ne s'agissait pas d'une modification directe depuis l'espace, les fichiers ayant d'abord été transférés sur terre puis téléchargés sur Wikimedia Commons par des membres de l'ESA[9].

Record de vol spatial continu féminin

Après avoir participé aux expéditions 59, 60 et 61, elle rentre sur Terre le à bord de Soyouz MS-13 avec l'astronaute de l'ESA Luca Parmitano et le cosmonaute russe Alexandre Skvortsov. Avec 328 jours, 13 heures et 58 minutes, il s'agit du plus long vol spatial jamais réalisé par une femme[1],[10].

Artemis II

Le , elle est sélectionnée par la NASA pour participer à Artemis II, la première mission habitée du programme Artemis[11].

Christina Koch, qui détient le record du plus long vol spatial continu effectué par une femme, est nommée spécialiste de mission de ce vol pour lequel elle s'entraîne au Johnson Space Center[12]. Elle est la première astronaute femme à avoir été désignée pour une mission lunaire et un voyage au-delà de l’orbite terrestre basse[13].

Vie privée

Christina Koch pratique l'escalade, le pagayage, le surf, la course, le yoga et la photographie. Elle aime voyager[14]. Elle est mariée à Robert Koch[1].

Distinctions

Elle reçoit plusieurs distinctions et prix au cours de sa carrière dont[1] :

  • United States Congress Antarctic Service Medal with Winter-Over distinction (2005) ;
  • NASA Group Achievement Award pour son travail sur le spectromètre à rayon X du télescope de la JAXA Suzaku (2005) ;
  • Invention of the Year nominee de l'Université Johns-Hopkins (2009) ;
  • NASA Group Achievement Award pour son travail sur les détecteur de particules énergétiques de la sonde spatiale Juno de la NASA (2012}.
  • Time 100 Nomination parmi les cent personnes les plus influentes dans le monde (2020)[15].

Notes et références

Notes

  1. Prononciation en anglais américain retranscrite selon la norme API.
  2. En anglais : Battery Charge/Discharge Unit ou BCDU.

Références

  1. (en-US) Heather Tonnessen, « Christina Hammock Koch NASA Astronaut », sur NASA, (consulté le )
  2. (en-US) Sean Potter, « NASA Names Artemis Team of Astronauts Eligible for Early Moon Missions », sur www.nasa.gov, (consulté le )
  3. Julien Lausson, « ISS : revivez la première sortie spatiale 100 % féminine », sur Numerama, (consulté le )
  4. « Pour la première fois, deux femmes ont effectué une sortie spatiale ensemble », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  5. (en-US) Jeff Foust, « NASA astronauts complete repairs on historic spacewalk », sur SpaceNews, (consulté le )
  6. Marcus Dupont-Besnard, « Pour la première fois, une page Wikipédia a été modifiée depuis l'espace », sur Numerama, (consulté le )
  7. (en) « Christina Koch - EVA experience », sur spacefacts.de (consulté le ).
  8. (en) « List of spacewalks 2015–2024: Difference between revisions - Wikipedia », sur en.wikipedia.org (consulté le )
  9. (en-US) McKinley Corbley, « Astronaut is First to Specifically Contribute to Wikipedia From Space », sur Good News Network, (consulté le )
  10. (en-US) William Harwood, « Christina Koch having no problems re-adapting to Earth after record space flight – Spaceflight Now » (consulté le ).
  11. (en-US) Stephen Clark, « NASA names crew for first human mission to the moon in more than 50 years – Spaceflight Now » (consulté le ).
  12. « Interview de Christina Koch, astronaute d’Artemis 2 : « J’espère inspirer la future génération d’exploratrices » », sur Ciel & Espace (consulté le )
  13. « La NASA nomme la première astronaute femme et le premier astronaute afro-américain pour la mission lunaire Artemis II », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  14. Valentine Servant-Ulgu, « Nasa : Qui est Christina Koch, la première astronaute qui voyagera autour de la Lune ? », sur Vanity Fair, (consulté le )
  15. (en) « The 100 Most Influential People of 2020 », Time,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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