Christina Moreira

Christina Moreira
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Biographie
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Victorino Pérez Prieto (d)

Christina Moreira Vázquez, parfois orthographié Cristina Moreira, née à Paris en 1964, est une traductrice française d'origine espagnole, ordonnée prêtre en 2015, puis sacrée évêque en 2025.

Elle est excommuniée par l'Église catholique considérant l'invalidité de ses ordinations.

Biographie

Christina Moreira naît à Paris en 1964[1]. Elle est la fille d'immigrés espagnols s'étant installé à Villiers-le-Bel après avoir fui la dictature de Franco[2].

Appel religieux

À l'âge de 14 ans, Christina Moreira indique avoir été « transportée à la table aux côtés du Christ » alors qu'elle relisait un passage de la Cène, et qu'il lui aurait dit : « Tu feras cela en mémoire de moi »[2],[3]. Bien que sachant la prêtrise interdite aux femmes, elle fait part de son expérience à son curé, qui reconnaît sa vocation mais lui intime de ne plus jamais en parler, et l'incite à devenir religieuse[2].

Vie personnelle

Christina Moreira décide alors de s'éloigner de la religion[2]. Elle interrompt ses études et quitte la France[3]. Elle se marie avec un homme rencontré en Espagne, qui se révélera violent, et à l'âge de 20 ans, elle s'installe en Galice avec lui[2]. Le couple a une fille[4]. Elle s'investit alors dans la vie de sa paroisse et donne des cours de catéchisme[2]. Son mariage est par la suite annulé[2]. Elle se marie par la suite, civilement et religieusement, avec le curé Victorino Pérez, à qui elle s'est confiée et qui soutient sa vocation[4],[2]. Le mariage religieux n'est pas reconnu par l'église, car Victorino Pérez continue d'exercer la prêtrise, ce qui est contraire au droit canonique[4].

Carrière religieuse

En 2010, à la lecture du motu proprio[Lequel ?] du pape Benoît XVI, elle conclut qu'il met au même niveau les femmes ordonnées prêtres et les pédocriminels en demandant pour tous l'excommunication[2]. Sa peur d'être écartée d'une institution qu'elle considère alors comme « pourrie de l'intérieure » disparaît et elle prend contact avec les sept du Danube, sept femmes ordonnées en 2002 à bord d'un bateau sur le Danube, sans autorisation canonique[2].

Christina Moreira est ordonnée diaconesse à La Corogne en 2013 par une évêque[5]. Deux ans plus tard, le , elle est ordonnée prêtre en Floride par l'évêque femme Bridget Mary Meehan[5],[3]. En réaction aux ordinations, le Vatican excommunie Christina Moreira et les autres femmes ordonnées[2],[6].

En 2020, Christina Moreira et Janice Sevré-Duszynska, toutes deux membres de l'ARCWP et du Women's Ordination Conference (en), se rendent à Rome pour rencontrer afin de transmettre au pape François une lettre demandant une réouverture du dialogue[2]. Elles manifestent également avec une quinzaine de femmes dans les jardins du château Saint-Ange, à quelques centaines de mètres du Vatican, afin que les femmes puissent être ordonnées prêtres au sein de l'église catholique[2].

Le , malgré son excommunication, Christina Moreira participe la messe d'ouverture du synode sur la synodalité, au Vatican[2]. À cette occasion, elle se rend sur la place Saint-Pierre vêtue de son aube et de son étole, et est arrêté par la police, qui justifie la garde à vue par une loi instaurée sous Mussolini interdisant aux citoyens (elle n'est pourtant pas citoyenne italienne) de porter l’uniforme d’un métier qui n’est pas le leur[2].

Le , Christina Moreira est consacrée évêque dans la municipalité de Brión[7],[8], devenant ainsi « la première femme évêque espagnole »[1]. Elle est ordonnée par les évêques Bridget Mary Meehan, Christine Mayr-Lumetzberger et Gisela Forster, trois des sept du Danube[1].

Elle a occupé des fonctions religieuses depuis sa nomination comme diaconesse, puis comme prêtre, puis comme évêque, dans la ville de La Corogne[2],[9], et travaille comme traductrice[10].

Elle participe à d’autres mouvements en faveur de l’égalité dans l’Église catholique, comme l'Association of Roman Catholic Women Priests et le collectif français Toutes Apôtres[11]. Elle se considère de gauche[4].

Notes et références

  1. (es) Manuel Rivas Álvarez, « Christina Moreira, primera obispa española: “Hay que abrir el sacerdocio de manera legal e igualitaria” », sur RTVE.es, (consulté le ).
  2. Pierre Terraz, « En Espagne, la femme prêtre qui défie le Vatican », Le Monde,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le ).
  3. Marius Bihel, « Christina Moreira, femme prêtre : “Je suis consciente d’avoir commis un acte de transgression” », sur RTBF Actus, (consulté le ).
  4. (es) Domingo Díaz José Verdugo, « Cristina Moreira, primera española en oficiar misa y casada con un cura: "Soy católica, de izquierdas..." », sur El Español, (consulté le ).
  5. (es) Mònica Bernabé, « Cristina Moreira, la primera mujer sacerdote española », sur El Mundo, (consulté le ).
  6. Yovan Simovic et Biche (dessinateur), « Christina Moreira, la femme prêtre qui se prend pour Rosa Parks au Vatican », Charlie Hebdo,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  7. (gl) Patricia Villarino, « Christina Moreira fai historia ao converterse na primeira muller galega ordenada bispa », sur Nós Diario, (consulté le ).
  8. (es) Lucas Alonso, « Exclusiva: Revelamos lugar secreto donde Cristina Moreira será "consagrada obispa" en acto ajeno a Iglesia Católica », sur Iglesia Noticias, (consulté le ).
  9. Thomas Poupeau, « « Mon curé est une femme » : Christina, la prêtre hors la loi qui veut changer l’Église », sur Le Parisien, (consulté le ).
  10. (es) Benjamín G. Rosado, « Diario de una gallega 'cura' », sur El Mundo, (consulté le ).
  11. Paul Ricaud, « Sept femmes catholiques réclament une place dans la hiérarchie de l'Eglise », Libération,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le ).

Voir aussi

Liens externes

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