Christine Boyer

Christine Boyer
Miniature de Jean-Baptiste Isabey.
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Collégiale Saints-Jean-et-André (d)
Nom de naissance
Marie Anne Christine Boyer
Nationalité
Famille
Père
Pierre André Boyer (d)
Mère
Rosalie Fabre (d)
Conjoint
Lucien Bonaparte (de à )
Enfants
Charlotte Bonaparte Gabrielli
Unnamed son Bonaparte (d)
Victorie Gertrude Bonaparte (d)
Christine-Égypte Bonaparte
Prononciation

Christine Boyer, née le à Saint-Maximin-la-Sainte-Baume et morte le 25 floréal an VIII, est la première femme de Lucien Bonaparte.

Fille illettrée de Rosalie Fabre et de Pierre-André Boyer[a], l’aubergiste de Lucien, elle l’a épousé le , sans la permission de sa famille. D’un caractère extrêmement doux et le cœur excellent, très attachée à son mari, Christine Boyer souffrait de ses infidélités sans jamais se plaindre, et n’employait que les moyens de l’amitié pour le faire revenir à elle[1].

Morte en couches à l’hôtel du Châtelet[b], Lucien l’a d’abord inhumée dans le parc de son château du Plessis-Chamant, sous un monument de marbre blanc fort simple portant l’inscription « Christine-Eléonore Boyer, femme de Lucien Bonaparte, amante, épouse, mère sans reproche, le 24 floréal an 8. » Lors de la vente forcée du domaine en 1816, ce monument a été transporté dans l’église de Chamant[3].

Hommages

Portrait hommage du baron Gros.

Malgré le dérèglement de sa conduite et ses nombreuses intrigues, Lucien a paru inconsolable de la mort de sa femme qu’il aimait tendrement, rendant parfaitement justice à ses vertus[1]. Il a fait commémorer sa mort par Jean-Antoine Gros, peintre qu’il admirait. Le tableau représente le jardin funéraire et la tombe de Christine, devant laquelle se tiennent ses filles, l’aînée près de la tombe, en apparente méditation, tandis que la cadette est captivée par un nid d’oiseaux, dans lequel une mère nourrit ses oisillons. L’inscription sur la pierre tombale est visible, bien que le mot « amante » soit pudiquement recouvert de feuilles. Elisa, la sœur de Lucien, de deux ans sa cadette, a pris soin de ses filles, pour devenir de facto leur mère adoptive[2].

Devenu prince de Canino, Lucien Bonaparte a fait ériger un cénotaphe à sa mémoire dans la collégiale Saints-Jean-et-André de cette ville[4], où lui-même repose.

Descendance

Elle a donné à Lucien Bonaparte quatre enfants dont deux filles avec descendance :

  • Philistine Charlotte Bonaparte née à Saint-Maximin le , morte à Rome le , princesse Bonaparte et altesse (1853)[c], mariée en 1815 à Mario prince Gabrielli (1773-1841), puis en 1842 au chevalier Settimio Centamori,
  • un fils né et mort en 1796,
  • Victoire née et morte en 1797,
  • Christine-Égypta Bonaparte née le à Paris, morte le à Rome, mariée en 1818 à Arvid comte Posse, chambellan à la cour de Suède puis, en 1824, à Lord Dudley Coutts Stuart, député à la Chambre des communes[6].

Bibliographie

  • Mémoires secrets sur la vie privée, politique et littéraire de Lucien Bonaparte, prince de Canino : liés aux principaux événemens du règne de son frère, et contenant sa participation à la révolution du 20 mars : rédigés sur sa correspondance et sur des pièces authentiques et inédites, Paris, Delaunay, Eymery, G. de Busscher et fils, , 235 p., 2 vol. (OCLC 23402567, lire en ligne).
  • Hyacinthe Saint-German Leca, Un aspect méconnu de Lucien Bonaparte : l’amoureux de Christine Boyer, Saint-Maximin, H. Saint-German Leca, , 199 p., couv. illustr. ; in-16 (ISBN 978-2-95269-240-3, OCLC 470524026, lire en ligne).
  • Jean Bergounioux, La Dernière Maladie de Christine Boyer, première femme de Lucien Bonaparte, Poitiers, Blais et Roy, , 16 p., in-8º (OCLC 461665027, lire en ligne).

Notes et références

Notes

  1. Née « Marie Anne Christine Boyer », selon son acte de baptême, son acte de décès la nomme « Christine Éléonore Boyer ».
  2. Ou d'une maladie pulmonaire, au Plessis, alors qu'elle était enceinte d'un cinquième enfant, selon d’autres sources contredites par l'acte de décès[2].
  3. Sous le Second Empire, en application du Décret organique du 18 décembre 1852, fixant les modalités de l'hérédité dynastique, conformément à l'article 4 du Senatus-consulte du 7 novembre 1852, confirmé le 21 juin 1853 par le « Statut réglant la condition et les obligations des membres de la Famille Impériale », se concrétisa la différence entre les membres dynastes de la famille, réduits aux descendants à venir de Napoléon III et, à la suite, à ceux de Jérôme, ex-roi de Westphalie, appartenant seuls à la famille impériale et bénéficiant du prédicat d'Altesse Impériale, et ceux de la descendance de Lucien, non dynastes, membres de la famille (civile) de l'Empereur, portant le titre de prince, sans prédicat, sauf pour ceux ayant rang à la cour nommés, par courtoisie, Altesses[5].

Références

  1. Mémoires secrets sur la vie privée, politique et littéraire de Lucien Bonaparte, prince de Canino : liés aux principaux événemens du règne de son frère, et contenant sa participation à la révolution du 20 mars : rédigés sur sa correspondance et sur des pièces authentiques et inédites, Paris, Delaunay, Eymery, G. de Busscher et fils, , 235 p., 2 vol. (OCLC 23402567, lire en ligne), p. 137.
  2. (en) Marcello Simonetta et Noga Arikha, Napoleon and the rebel : a story of brotherhood, passion, and power, New York, Palgrave Macmillon, , xiv, 289 p., illustr. ; in-8º (ISBN 978-0-230-11156-1, OCLC 679929443, lire en ligne), p. 64, 184, 215, 221-226.
  3. « Campi (XLVII, 497 ; XLVIII, 19) », L’Intermédiaire des chercheurs et curieux, Paris, Benj. Duprat, vol. 39,‎ (ISSN 0996-2808, OCLC 2802063, lire en ligne).
  4. (it) Claudio Rendina, Le grandi famiglie di Roma : la saga della nobiltà tra contee, marchesati, ducati e principati, sotto l'insegna di papi e cardinali, imperatori e re nello scenario di splendidi palazzi, sontuose ville e cappelle gentilizie, Rome, Newton & Compton, , 654 p., ill. ; in-8º (ISBN 978-8-85410-162-3, OCLC 1450266967, lire en ligne), p. 118.
  5. Jean-Claude Lachnitt, « Note sur le patronyme et les titres dans la famille Bonaparte », sur "Revue du Souvenir Napoléonien" (site d'Histoire de la Fondation Napoléon) sur napoleon.org, (consulté le )
  6. Antonello Pietromarchi (trad. de l'italien par Reine Carducci Artenisio), Lucien Bonaparte : prince romain, Paris, Perrin, , 347 p., illustr. ; in-8º (ISBN 978-2-26202-207-5, OCLC 319852932), p. 261

Liens externes

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