Chronique de Knighton
| Chronique de Knighton | |
| Auteur | Henry Knighton |
|---|---|
| Genre | Essai |
| Sujet | Histoire de l'Angleterre au Moyen Âge |
| Version originale | |
| Langue | Latin |
| Titre | Knighton's Chronicon |
| Date de parution | 1652 |
| Version française | |
| Date de parution | Ouvrage non traduit en français |
La Chronique de Knighton est une chronique anglaise écrite par Henry Knighton au XIVe siècle. Il y fait référence comme à son « travail en cours », qu'il écrit pendant qu'il loge à l'abbaye de Leicester augustine, associée à la maison de Lancastre, où il est chanoine[1].
La chronique
Knighton rédige une chronique en quatre volumes, publié pour la première fois en 1652, fournissant l'histoire de l'Angleterre de 959 à 1366. On considère à l'origine qu'un autre chanoine achève l'œuvre dans un cinquième livre, couvrant les années 1377 à 1395, probablement en raison de la cécité croissante de Knighton. Les premiers livres (jusqu'en 1337) ne sont que des réécritures d'ouvrages historiques antérieurs. Mais les deux derniers livres sont essentiels à l'étude contemporaine de l'époque, car ils sont écrits par des universitaires avertis qui ont réellement vécu les époques qu'ils décrivent. Les deux derniers ouvrages nous offrent un aperçu exemplaire et détaillé de première main sur le XIVe siècle, tel que les effets de la peste noire ainsi que la rupture conséquente du système féodal, et des détails précis des systèmes de salaires et des prix en Angleterre. Il reflète également les préjugés courants parmi le clergé à l'époque ; notamment celui d'être contre la traduction de la Bible dans la langue commune, celui de lamenter les faibles normes académiques parmi les jeunes clercs religieux, ainsi que celui d'être fortement contre la montée des Lollards.
« Ce maître, John Wyclif, a traduit en anglais (langue angélique) – et non en langue angélique – l’Évangile que le Christ donna au clergé ainsi que les docteurs de l'Église, afin qu'ils puissent la servir avec douceur aux laïcs et les personnes faibles, d'après l'exigence de leur temps, leurs volontés personnelles, ainsi que la faim de leurs esprits ; d'où il la rend vulgaire, et plus accessible à la lecture des laïcs qu'à la connaissance du clergé instruit et intelligent ; et ainsi la perle de l'Évangile est jetée et foulée aux pieds du pourceau[1]. »
Continuateur de la Chronique de Knighton
Le Continuateur de la Chronique de Knighton (ou « Continuateur de Knighton ») est un continuateur supposé de la fin du XIVe siècle de la Chronique de Knighton.
L'existence du Continuateur est pour la première fois supposée par l'historien du XIXe siècle Walter Waddington Shirley, constatant une longue rupture dans les événements décrits par la Chronique, et conclue que le dernier chapitre a été écrit par un auteur différent et anonyme, à partir de 1377. Shirley avance également que le Continuateur est un étranger aux sympathies lancastriennes, bien que peu enclin à l'affection pour la langue anglaise, qui parvient à obtenir un poste à l'abbaye de Leicester[2].
La théorie de Shirley est reprise par Joseph Rawson Lumby, un classiciste et hébraïste qui édite la Chronique de Knighton dans les années 1880 pour la série Rolls. En dépit de certaines réserves concernant l'existence du Continuateur, Lumby conclut également qu'un autre auteur a rédigé les sections postérieures à 1377. Sa classification de la paternité de la Chronique est reprise par des auteurs ultérieurs, si bien que le Continuateur est cité dans les notes de bas de page des études historiques d'historiens érudits qui lui succèdent[2].
Jusqu'en 1957, l'existence du Continuateur n'est point remis en question, lorsque l'historien Vivian Hunter Galbraith publie une étude approfondie de la chronologie de la Chronique. En particulier, il est capable de prouver que la section de la Chronique qui couvre les événements ultérieurs, de 1377 à 1395, a en fait été écrite avant la section précédente, confirmant ainsi que Knighton en est probablement l'auteur[3]. L'opinion académique actuelle rejoint celle de Galbraith en ce sens que le Continuator n'a très probablement jamais existé et que Knighton rédigea la totalité de la Chronique[4].
Notes et références
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Knighton's Chronicon » (voir la liste des auteurs).
- (en) Henry Knighton (trad. Geoffrey Haward Martin), Knighton's Chronicle : 1337-1396 [« Chronique de Knighton : 1337-1396 »], Oxford, Oxford University Press, , 680 p. (ISBN 9780198205036)
- (en) Lollardy and the Gentry in the Later Middle Ages [« Le lollardisme et la gentry à la fin du Moyen Âge »], , 280 p. (ISBN 9780312173883)
- ↑ (en) Donald James Gordon, Fritz Saxl, 1890-1948 : a volume of memorial essays from his friends in England [« Fritz Saxl, 1890-1948 : un recueil d'essais commémoratifs de ses amis en Angleterre »],
- ↑ (en) English Historical Documents [« Documents historiques anglais »], vol. IV : c. 1327-1485, Routledge, , 2e éd., 1318 p. (ISBN 9780415143691)
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