Château Saint-Étienne
| Château Saint-Étienne | ||||
La vieille tour carrée du château Saint-Étienne. | ||||
| Période ou style | Médiéval et troubadour | |||
|---|---|---|---|---|
| Type | Château | |||
| Architecte | Juste Lisch | |||
| Début construction | IXe | |||
| Fin construction | XIXe | |||
| Propriétaire initial | Comte Géraud | |||
| Destination initiale | Habitat seigneurial | |||
| Propriétaire actuel | Commune d'Aurillac | |||
| Destination actuelle | En restructuration (muséum fermé depuis 2023) | |||
| Protection | ||||
| Coordonnées | 44° 56′ 04″ nord, 2° 26′ 45″ est[2] | |||
| Pays | ||||
| Région historique | Auvergne-Rhône-Alpes | |||
| Région | Auvergne-Rhône-Alpes | |||
| Département | Cantal | |||
| Commune | Aurillac | |||
| Géolocalisation sur la carte : Cantal
Géolocalisation sur la carte : Auvergne-Rhône-Alpes
Géolocalisation sur la carte : France
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Le château Saint-Étienne est un château médiéval situé sur une butte à 685 m d'altitude dominant la ville d'Aurillac, dans le Cantal[1].
Château primitif du père de Saint Géraud, il appartient ensuite à l'abbaye d'Aurillac jusqu'à la Révolution française qui vend toutes ses propriétés comme biens nationaux[3],[4].
Après avoir été légué en 1845 au diocèse de Saint-Flour qui avait le projet d'y former ses maîtres d'écoles, le château est racheté en 1847 par la commune d'Aurillac à l'initiative de son maire Louis-Furcy Grognier qui y fait construire un vaste bâtiment pour y établir une école normale d'instituteurs qu'il confie aux Frères des Écoles chrétiennes et qui restera dans ces lieux jusqu'au père de Georges Pompidou[3],[5].
Le château Saint-Étienne abritait jusqu'en 2023 le Muséum des Volcans et le Centre d’étude et de protection de l’environnement de la Haute-Auvergne (CPIE), avec un laboratoire de recherche universitaire. Il est actuellement en restructuration dans le cadre d’un projet de regroupement des musées d’Aurillac[6],[7].
Description
Bâti sur une butte de 685 mètres, le château Saint-Étienne domine la ville[1].
Du premier castrum, il ne reste qu'une tour carrée de plan carré, offrant sa masse imposante[1]. Trois périodes de construction se distinguent à l’appareillage : le IXe siècle à la base, le XIIe siècle, puis le XIVe siècle[1]. L’arase supérieure date du XIXe siècle et une terrasse a remplacé l’ancienne toiture en pavillon du XVIIIe siècle[3].
La tour s’élevait jusqu’en 1747 à 32 m, arasée de 12 m par le cardinal de Gesvres[3]. On y pénétrait par une porte à 7 m du sol, comme la tour de Saint-Simon ; descente par échelle. L'abbaye avait des tours similaires à Naucelles ou Faliès[1].
Le corps de logis au pied de la tour a été détruit par un incendie en 1868. Un vaste bâtiment a été reconstruit à l'initiative de Louis-Furcy Grognier dans le style du Palais des papes à Avignon, par l'architecte Juste Lisch. Redécouvrant l'origine locale du pape Sylvestre II, une souscription municipale lança une statue en son honneur, inspirant ce thème architectural[1],[8].
Historique
Le château du comte Géraud
Berceau de la ville d’Aurillac, le château qui la domine fut maintes fois détruit puis reconstruit, sauf la base de la tour datée du XIIe siècle. Il vit naître Géraud vers 855-856 et servit de résidence aux abbés ainsi qu'au premier préfet. Il accueillit les écoles normales d’instituteurs avant de devenir le siège du CPIE et du Muséum des Volcans[3],[9].
D’après les vestiges dans les fondations de la tour, un dolmen aurait existé en ce lieu à l’époque gallo-romaine[10]. Le château est le lieu de naissance vers 855-856 de Géraud d'Aurillac, fondateur de l'abbaye d'Aurillac, fils de Girard, comte d'Aurillac d'ascendance carolingienne (petit-fils de Charlemagne), et d'Adeltrude, fille d'un comte de Rouergue[9],[3].
À sa mort en 909, Géraud lègue le château à l'abbaye qu'il a fondée, qui en fait la résidence des abbés-seigneurs[4].
Le château abbatial
En 1233, prétextant des détentions arbitraires par l’abbé d’Aurillac, les habitants prennent le château. Une protestation des consuls d’Aurillac du contre l’emprisonnement d’un enfant dans la tour montre des relations tendues. Entre 1469 et 1471, les conflits entre l’abbé et les consuls s’amplifient. Forts d’avoir libéré le château des Anglais pendant la Guerre de Cent Ans, les habitants l’abattent deux fois[1],[11].
Après sa destruction en 1569 par les Huguenots, Charles de Noailles, abbé d’Aurillac, le restaure. La tour reste intacte jusqu’en 1747, quand le cardinal de Gesvres obtient du roi son arasement partiel[3].
Le , l’édifice est vendu comme bien national et acheté par Madame la marquise de Fontange, nièce de l’abbé. Elle le revend en 1808 à Barral, maréchal de camp. Il passe ensuite à Catherine Delport, veuve Guittard, et Dejou, avocat, avant legs à l’évêché le [3],[12].
Logement des préfets
Au début de l’Empire, le château sert de résidence au préfet[1].
L'École normale d'instituteurs (1847-1941)
Le , Louis-Furcy Grognier achète pour la ville, à Mgr Frédéric-Gabriel-Marie-François de Marguerye, évêque de Saint-Flour, « les deux châteaux, haut et bas, la chapelle, la cour, les jardins et les terrasses »[3],[5].
Une école normale d’instituteurs ouvre à Salers le . Transférée à Aurillac en 1841 (un seul élève en 1837), elle s’installe au château en 1848 sous les Pères de la doctrine chrétienne (huit élèves sur vingt-cinq candidats, certains monolingues en patois cantalien)[5].
Le château, délabré, est ravagé par un incendie dans la nuit du 8 au . Reconstruit en trente ans (achevé 1898) par Juste Lisch dans le style néo-gothique du Palais des Papes, pour honorer Gerbert d'Aurillac[8],[1].
La loi du interdit les directeurs religieux, prélude aux lois de 1905. La dernière promotion quitte en 1941 (suppression par Vichy)[5].
La dernière promotion d’instituteurs quitta le château Saint Etienne en 1940. Louis et son épouse Odette évoquent leurs souvenirs : « Les garçons qui étaient logés au château suivaient les cours dans l'école normale des filles (actuelle école des frères Delmas). Le dimanche, les jeunes filles sortaient encadrées par les surveillantes, alors que les garçons avaient quartier libre. Ils ne rentraient chez eux qu'une fois par mois. On sentait arriver la guerre. Par la suite les normaliennes allèrent au lycée Jules Ferry et les normaliens à Emile Duclaux. »
Centre d'apprentissage
Dans les années 1950, un centre d’apprentissage s’y installe temporairement[1].
Le Muséum des volcans

Le docteur Mézard, maire d’Aurillac, installe la Maison des Volcans dans le château. Depuis 1970, il abrite le 3e CPIE français, labellisé en 1975-1976 avec celui de la Haute-Auvergne[6],[13].
Le , Georges Pompidou inaugure « Volcans et volcanisme », dans ce lieu où son père fut élève ; participation de 40 pays et 60 laboratoires. Doté des collections minéralogiques d’Jean-Hippolyte Esquirou de Parieu (1853) et Jean-Baptiste Rames (1895, transférées en 1991)[1],[6].
Réaménagé en 1997, le Muséum des Volcans (ex-Muséum des sciences Rames) est consacré aux sciences de la vie et de la Terre, volcanisme cantalien, environnement. Quatre salles interactives :
- Salle 1 : "La Terre, une planète agitée" (volcans, séismes).
- Salle 2 : "Le Cantal sur une terre qui change" (300 Ma d’histoire).
- Salle 3 : "Des volcans et des hommes" (prévision éruptions).
- Salle 4 : "Le Cantal, volcan aménagé" (faune, flore post-glaciaire)[6].
À partir de , le muséum est fermé pour restructuration et regroupement avec le Musée d'art et d'archéologie d'Aurillac (projet 2028-2030). Activités hors site[14],[15].
L'association la Maison des Volcans était installée depuis 1972 dans l'aile gauche du château par la ville d'Aurillac et le laboratoire du Professeur Brousse de université Paris-Sud. Elle a été doté des collections minéralogiques d'un musée créé en 1853 par Jean-Hippolyte Esquirou de Parieu et augmenté de celles de Jean-Baptiste Rames acquises en 1895.
L'association accueillait de nombreux groupes pour des stages de géologie et de découverte de l'environnement.
Avec la création du muséum, le C.P.I.E. réorienta son action vers des études d’impact, imposées par la loi pour les routes et les carrières. Il est devenu Centre Permanent d’Initiatives pour l’Environnement. Les collectivités font appel à lui pour le développement des pays : maison de l’eau à Vic-sur-Cère, chartes districale et départementale, valorisation du Puy Courny. Plus de deux cents interventions se font aussi chaque année en milieu scolaire. Un centre de ressources, pilote au niveau national, vient d’être mis en place. Il est ouvert à tous, que les demandes concernent l’eau, le bâti, les paysages, le milieu naturel, etc.
Il accueillait tous les publics et répondait à la demande des enfants des écoles et des familles, comme des scientifiques. Une exposition permanente est consacrée au volcanisme cantalien, mais aussi à la Terre une planète qui change, quand le Cantal ressemblait à l’Afrique, des volcans et des hommes. Dans la salle de projection du troisième étage, des films présentaient en continu la faune et la flore du volcan cantalien. Partout, des bornes interactives permettaient d’apprendre en s’amusant. Une salle entière accueillait des animaux naturalisés, des herbiers, des nids… cette partie remportait un grand succès assure la directrice Véronique Bourgarde. Des animations scientifiques pour les enfants et des expositions temporaires ouvertes à tous étaient souvent proposées.
Les collections scientifiques de Jean-Baptiste Rames achetées en 1895 par la ville d'Aurillac, devenues Muséum des sciences Rames, ont été transférées au château Saint-Étienne en 1991.
Notes et références
- « Ancien château fort Saint-Etienne — Aurillac » (consulté le )
- ↑ « Carte IGN classique » sur Géoportail.
- Jean-Baptiste de Ribier du Châtelet, Deribier-Aurillac - CHÂTEAU ET EGLISE ST-ETIENNE, (lire en ligne)
- « Château Saint-Etienne », sur Archives d'Aurillac (consulté le )
- « La nouvelle école normale mixte d'Aurillac », sur Archives du Cantal (consulté le )
- « Les Musées de la Ville d'Aurillac » (consulté le )
- ↑ « Informations fermeture » (consulté le )
- [PDF]
- « Saint Géraud d'Aurillac » (consulté le )
- ↑ Un dolmen gallo-romain reste non sourcé de manière primaire ; mentionné dans des sites secondaires.[réf. nécessaire]
- ↑ « Château Saint-Étienne (Aurillac) » (consulté le )
- ↑ « Le château Saint-Étienne, à Aurillac » (consulté le )
- ↑ « Muséum des volcans » (consulté le )
- ↑ « Les Musées d'Aurillac » (consulté le )
- ↑ « Un grand musée au château Saint-Étienne? », Actu.fr, (consulté le )
Voir aussi
Bibliographie
- Jean-Baptiste de Ribier du Châtelet, Dictionnaire statistique, ou Histoire, description et statistique du département du Cantal, (lire en ligne), « Château et église St-Etienne »
Articles connexes
- Abbaye d'Aurillac
- Volcans d'Auvergne
- Liste des châteaux du Cantal
- Liste des musées du Cantal
- Liste des sites classés et inscrits du Cantal
Liens externes
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