Cinéma djiboutien

Le cinéma de Djibouti fait référence à l'industrie cinématographique de Djibouti.
Histoire
Le conte est une coutume ancienne dans la culture djiboutienne. L'amour du cinéma n'est qu'une incarnation et une continuation moderne et visuelle de cette tradition bien établie. Les premières formes de projection publique de films à Djibouti étaient principalement en français. Dans les années 1920, les premières salles de cinéma locales ont ouvert leurs portes, à une époque où la ville de Djibouti s'agrandissait. Les salles de cinéma sont devenues un lieu où les résidents locaux pouvaient regarder des films dans une atmosphère détendue. Avec le développement de l'industrie cinématographique locale, d'autres cinémas ont vu le jour. Parmi ces établissements, citons l'Eden en 1934, l'Olympia en 1939, le Paris en 1965 et l'Al Hilal en 1975[1].
Dans les années 1970, la capitale comptait cinq cinémas, un dans chaque district. Après l'indépendance en 1977, un nombre croissant de sociétés de production et de distribution appartenant au gouvernement ainsi que de véritables salles de projection ont vu le jour. Dans les années 1990, deux des plus grands cinémas, Odeon et Olympia, ont fermé leurs portes[2],[3].
Productions cinématographiques djiboutiennes
Les premières tentatives de production cinématographique locale émergent dans les années 1980. Parmi elles figure Le Grand Moussa (1984), long métrage réalisé par Ahmed Dini, qui raconte l’histoire d’un anti-héros marginalisé.
La Radiodiffusion Télévision de Djibouti (RTD) joue également un rôle dans l’émergence de réalisateurs locaux à travers l’émission documentaire Le Livre beige. Dans ce cadre, Moussa Farah réalise Les Caravaniers (1987), consacré à la vie des caravaniers, diffusé au festival Vues d’Afrique en 1989. En 1988, Saad Houssein Meraneh réalise Atterrissage forcé, retraçant le parcours d’un jeune garçon du désert à l’école[4].
À partir des années 1990, l’activité cinématographique locale décline fortement, entraînant la fermeture progressive des salles historiques, dont l’Odéon et l’Olympia.
Un regain d’intérêt pour le cinéma djiboutien apparaît dans les années 2010 avec de nouvelles productions. Le film Dhalinyaro (2017), réalisé par Lula Ali Ismaïl, constitue une étape importante : il s’agit du premier long métrage djiboutien tourné intégralement à Djibouti et coproduit à l’international. D’autres œuvres contemporaines, telles que Barni[5], ainsi que des productions de cinéastes djiboutiens, témoignent de la poursuite d’initiatives cinématographiques nationales, bien que l’industrie du cinéma demeure limitée dans le pays.
Films internationaux tournés à Djibouti
En raison de ses paysages désertiques et volcaniques, Djibouti a servi de lieu de tournage à plusieurs productions cinématographiques étrangères.
Parmi les premières productions étrangères tournées à Djibouti figure Burta Djinka (1972), un film en langue somalie réalisé par G. Borg avec des acteurs locaux.
Le film Rimbaud Verlaine (1995), réalisé par Agnieszka Holland, a été partiellement tourné à Djibouti, notamment sur l’anse de Ghoubbet-el-Kharab ainsi que dans les déserts du Petit Bara et du Grand Bara.
Djibouti a également accueilli le tournage de films liés à des contextes militaires ou géopolitiques, tels que Beau Travail (2000) de Claire Denis, tourné en grande partie à Arta, Les Chevaliers du ciel (2005) de Gérard Pirès, ou L’Intervention (2019) de Fred Grivois, dont l’action se déroule à Loyada.
D’autres productions internationales ont mobilisé des décors djiboutiens, notamment Submergence de Wim Wenders, Si le vent soulève les sables de Marion Hänsel, La Femme du fossoyeur (2021), tourné à Djibouti et présenté à la Semaine de la critique du Festival de Cannes, ainsi que Fleur du désert (2009), film de Sherry Hormann, dont certaines scènes ont été tournées à Djibouti.
Notes et références
- ↑ « Djibouti 2021: Movie Full Star Cast & Crew, Wiki, Release Date, Story, Budget, Box Office » (consulté le )
- ↑ UNESCO, L'industrie du film en Afrique: Tendances, défis et opportunités de croissance, UNESCO Publishing, (ISBN 978-92-3-200239-6, lire en ligne)
- ↑ (en) Daoud Aboubaker Alwan, Daoud Alwan Aboubaker et Yohanis Mibrathu, Historical Dictionary of Djibouti, Scarecrow Press, (ISBN 978-0-8108-3873-4, lire en ligne)
- ↑ Petit Futé, « Découvrez Djibouti : À l’écran (cinéma et TV) »
- ↑ (en) Red Sea International Festival, « Barni », sur readseafilmfest.com,
Liens externes
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