Cité des Étoiles (Givors)

| Destination initiale |
Logement |
|---|---|
| Style | |
| Architecte | |
| Construction |
1976-1982 |
| Inauguration | |
| Patrimonialité |
| Pays | |
|---|---|
| Région | |
| Département | |
| Agglomération | |
| Commune |
| Gare |
|---|
| Coordonnées |
45° 34′ 53″ N, 4° 46′ 24″ E |
|---|
![]() |
![]() |
![]() |
La Cité des Étoiles est un ensemble de logements situés au centre-ville de Givors. Construite entre 1976 et 1982, la Cité est l'œuvre de l'architecte français Jean Renaudie, et est labellisée Architecture contemporaine remarquable en 2003
Historique
Contexte
À la fin des années 1960, le centre-ville ancien de Givors, situé entre la colline Saint-Gérald et la rue Gambetta et dit « Vieux-Givors », est considéré comme un quartier insalubre. Il s'agit d'un ancien village du XIIIe siècle rattrapé dès le XVIIIe siècle par l'industrialisation et l'urbanisation de la ville. Le quartier est classé dès 1967 en « bidonville vertical en dur » par le ministère de l'Équipement. Les problèmes identifiés sont notamment le manque de lumière et de lieux d'hygiène[1],[2].
La rénovation des logements initialement envisagée s'avère trop coûteuse, ce qui aboutit à la démolition du quartier en 1973, dans le cadre d'une opération de résorption de l’habitat insalubre. Quatre hectares de bâtiments, soit 270 logements ainsi qu'une trentaine de commerces, sont ainsi détruits[1],[2].
- Le quartier du « Vieux Givors » et sa démolition
-
Le Vieux Givors, au premier plan en face de la mairie, au début des années 1960. -
La démolition du « Vieux-Givors » dans les années 1970.
Le maire Camille Vallin cherche alors à reconstruire du logement dans ce site. Peu auparavant, il a rencontré l'architecte Jean Renaudie, auquel il a confié son projet. Jean Renaudie souhaite créer un marqueur architectural fort qui se distingue des barres et des tours[3].
Conception
La volonté explicite du maire comme du maître d'œuvre est de conserver prioritairement la fonction de logement et la fonction sociale. Le programme initial comprend 350 logements dont 250 en location HLM et 50 en accession sociale à la propriété. Il n'est cependant pas monofonctionnel, avec également 2 500 mètres carrés de commerces. Le projet évolue en fonction des besoins, et ce sont finalement 207 logements, 1 500 mètres carrés de commerces et 3 000 mètres carrés d'équipements publics qui sont programmés[4].
Jean Renaudie conçoit son bâtiment comme un village : les espaces verts sont privatisés, tous les logements comprenant des terrasses, la voirie est intégrée au programme et non rejetée en périphérie, les modules d'habitats diffèrent les uns des autres à la fois en termes de superficie et d'agencement. Le but avoué est que les habitants s'approprient leur logement et leur quartier[5].
Construction et inauguration
La qualité du bâti représente un surcoût important, notamment dans les dépenses incombant à la commune. Les 4,5 millions de francs initialement à la charge communale se transforment finalement en une dépense de 20 millions de francs ; toutefois le maire obtient un prêt de 18 millions du Ministère de l'Équipement, au titre de la résorption de l'habitat insalubre[6].
Jack Ralite, alors ministre de la Santé, est notamment présent à l'inauguration de la Cité[1], ainsi que le sénateur Yves Dauge[7].
Architecture
La Cité des Étoiles de Givors présente des points communs avec la cité-jardin de la Maladrerie à Aubervilliers, œuvre de l'architecte Renée Gailhoustet[8]. La trame de base retenue est celle d'octogrammes réguliers, avec des angles à 45°, permettant d'éviter toute régularité et créer des espaces dans lesquels l'habitant devient partie prenante de l'aménagement en s'appropriant son espace et le différenciant de celui des voisins[9].
Le complexe s'étend au pied de la colline Saint-Gérald et sur ses premières pentes, sur 1,3 hectare[6]. L'utilisation du relief et des ruines du château ainsi que la disposition en gradins des logements permet la création d'une mise en scène architecturale et topographique[10].
Notes et références
- « Sites et monuments », Givors (consulté le ).
- Carrié & Masse 2017, Contexte, p. 01.
- ↑ Carrié & Masse 2017, Architectures du XXe siècle, p. 3.
- ↑ Carrié & Masse 2017, Programme et montage juridique, p. 14.
- ↑ Carrié & Masse 2017, Conception — Une pensée architecturale et urbaine singulière, p. 20.
- Carrié & Masse 2017, Programme et montage juridique, p. 15.
- ↑ Carrié & Masse 2017, Acteurs du projet, p. 8.
- ↑ Géraldine Djament, « Le militantisme pour les jardins urbains, fer de lance de la patrimonialisation du logement social : Les cas de la cité-jardin de Stains et de la Maladrerie à Aubervilliers », dans Ignacio Carbó del Moral, Militantismes et potagers, Presses universitaires du Septentrion, coll. « Environnement et société », , 318 p. (ISBN 9782757435137, DOI 10.4000/books.septentrion.125665, lire en ligne), p. 211-236.
- ↑ Carrié & Masse 2017, La trame géométrique sous-jacente, p. 24.
- ↑ Carrié & Masse 2017, Le rapport à la topographie et à la nature, p. 23.
Voir aussi
Articles connexes
Bibliographie
- [Carrié & Masse 2017] Benoît Carrié et Sophie Masse, La cité des Étoiles : Givors 1974-1979 — architecte Jean Renaudie, Direction générale des Patrimoines et de l'Architecture, coll. « Architectures du XXe siècle », , 70 p. (ISBN 978-2-11-151131-6, BNF 45641296, lire en ligne)
- [Moreno Moreno & Blain 2020] (es + en) María Pura Moreno Moreno et Catherine Blain, « Les Étoiles de Givors de Jean Renaudie (1974-81) : la utopía social en hormigón », dans Ignacio Carbó del Moral, Libro de Actas - IX Congreso Internacional Arquitectura Blanca, Universitat Politècnica de València, , 399 p. (ISBN 9788490488102, DOI 10.4995/CIAB9.2020.10606, lire en ligne), p. 274-287
- Portail de la métropole de Lyon
- Portail de l’architecture et de l’urbanisme
- Portail du XXe siècle


