Citoyen (1764)
| Citoyen | |
| Type | Navire de ligne |
|---|---|
| Histoire | |
| A servi dans | |
| Lancement | 1764 |
| Statut | détruit en 1791 |
| Équipage | |
| Équipage | 740 hommes[1] |
| Caractéristiques techniques | |
| Longueur | 55 m |
| Maître-bau | 14 m |
| Tirant d'eau | 6,8 m |
| Propulsion | Voile |
| Caractéristiques militaires | |
| Armement | 74 canons |
| Pavillon | France |
Le Citoyen est un navire de guerre français de 74 canons, en service de 1764 à 1783. Il est le premier navire de sa classe d'après un dessin de Joseph-Louis Ollivier. Il est financé par un don des banquiers et trésoriers généraux de l'armée[2].
Le contexte de la naissance du Citoyen
La guerre de Sept Ans (1756-1763), opposant notamment la France à la Grande-Bretagne, se solde par une série de défaites navales pour la Marine royale. Les batailles de Lagos et des Cardinaux, en 1759, constituent de véritables désastres qui affaiblissent durablement la flotte française. Durant cette guerre, dix-huit vaisseaux et trente-sept frégates sont pris par l'ennemi, dix-neuf vaisseaux et dix-neuf frégates sont brûlés ou perdus par naufrage, soit quatre-vingt-treize bâtiments portant 3 880 canons[3]. Le pays, financièrement exsangue, se trouve alors dans l’incapacité d’en assurer rapidement la reconstruction.
Face à cette situation critique, le duc de Choiseul, nommé Secrétaire d’État à la Marine en 1761, entreprend une ambitieuse réforme de la Marine royale. Conscient de l’importance stratégique de renforcer la flotte afin de protéger les colonies et les routes commerciales dans la rivalité avec l’Angleterre, il met en place une initiative novatrice : le « don des vaisseaux ». Cet appel au patriotisme mobilise les provinces, les grandes villes et les corps constitués, qui financent la construction de nouveaux navires pour soutenir l’effort de reconstruction maritime[4].
C’est dans ce contexte que le "Citoyen" voit le jour, financé par les banquiers et trésoriers généraux de l’armée.[5]. Initialement commandé en sous le nom de Cimeterre, le navire est rebaptisé Citoyen le . Une première tentative de lancement, le , échoue lorsque le vaisseau se bloque sur la rampe ; il ne sera finalement mis à flot que dix-sept jours plus tard.[2].
Caractéristiques générales
Le Citoyen est un vaisseau de ligne de 74 canons, construit à l’arsenal de Brest entre 1761 et 1764 par l’ingénieur naval Joseph-Louis Ollivier. Il appartient à la lignée des « 74 canons », modèles emblématiques de la Marine royale alliant puissance de feu, maniabilité et coût maîtrisé.
Son armement suit la configuration classique des navires de ce type :
- 28 canons de 36 livres sur la batterie basse ;
- 30 canons de 18 livres sur la batterie haute ;
- 16 canons de 8 livres sur les gaillards.
Le Citoyen est doublé en cuivre en 1781, une amélioration technique destinée à protéger la coque contre les tarets et à accroître sa vitesse en mer.
Carrière
Il participe à la bataille de la Martinique le sous les ordres du capitaine Poute de Nieuil[6],[7].
En , sous le commandement du capitaine de vaisseau Alexandre de Thy, le Citoyen intègre la flotte de l’amiral de Grasse, qui quitte la France pour les Antilles à la tête de vingt vaisseaux et trois frégates.
Lors de cette campagne, il participe aux engagements suivants :
- bataille de Fort-Royal () ;
- prise de Tobago () ;
- bataille de la baie de Chesapeake () ;
- bataille de Saint-Christophe (25 et ) ;
- bataille des Saintes (9 au ) ;
Le , avec le Glorieux, il capture le HMS Cormorant au large de Charleston.
En 1783, à son retour en France, il est mis hors service et finalement démoli en 1791.[2]
Notes et références
- ↑ Le ratio habituel, sur tous les types de vaisseau de guerre au XVIIIe siècle est d'en moyenne 10 hommes par canon, quelle que soit la fonction de chacun à bord. C'est ainsi qu'un 100 canons emporte 1 000 hommes d'équipage, un 80 canons 800 hommes, un 74 canons 740, un 64 canons 640, etc. L'état-major est en sus. Cet effectif réglementaire peut cependant varier considérablement en cas d'épidémie, de perte au combat ou de manque de matelots à l'embarquement (Acerra et Zysberg 1997, p. 220).
- Roche 2005, p. 116.
- ↑ Chiffres donnés par Vergé-Franceschi 2002, p. 1327.
- ↑ Meyer et Acerra 1994, p. 115.
- ↑ Roche (2005), p. 223.
- ↑ Contenson 1934, p. 235.
- ↑ Troude 1867, p. 71.
Bibliographie
- Ludovic Contenson, La Société des Cincinnati de France et la guerre d'Amérique (1778-1783), Paris, éditions Auguste Picard, (OCLC 7842336, lire en ligne)
- Georges Lacour-Gayet, La marine militaire de la France sous le règne de Louis XVI, Paris, Honoré Champion, , 431–434 p. (lire en ligne)
- Jean-Michel Roche, Dictionnaire des bâtiments de la flotte de guerre française de Colbert à nos jours, 1671 - 1870, Group Retozel-Maury Millau, , 116 p. (ISBN 978-2-9525917-0-6)
- Onésime-Joachim Troude, Batailles navales de la France, vol. 2, Challamel ainé, (lire en ligne)
- Rif Winfield et Stephen S Roberts, French Warships in the Age of Sail 1626–1786: Design Construction, Careers and Fates, Seaforth, (ISBN 978-1-4738-9351-1)
Voir aussi
Articles connexes
- Histoire de la marine française
- Liste des vaisseaux français
- Guerre d'indépendance des États-Unis
- France dans la guerre d'indépendance des États-Unis
Liens externes
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