Clément Le Cossec

| Naissance | |
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| Décès |
(à 80 ans) Le Mans |
| Nom de naissance |
Clément Louis Marie Le Cossec |
| Surnom |
L'Apôtre |
| Nationalité | |
| Activité | |
| Famille |
Le Cossec |
| Religion | |
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Clément Le Cossec, né le à Treffiagat et mort le 22 juillet 2001 au Mans, est un pasteur pentecôtiste français et le fondateur de la mission Vie et Lumière. Il est considéré comme l'une des figures majeures du protestantisme évangélique francophone au XXe siècle[1].
Issu de la famille catholique Le Cossec, il entrepend après la Seconde Guerre mondiale une importante œuvre missionnaire et sociale auprès de peuples marginalisés et de populations vivant en situation de grande précarité. Son action contribue à l'émergence d'un vaste mouvement de conversion au protestantisme évangélique en France puis à l'international. Sous son impulsion, la mission Vie et Lumière devient la plus grande église évangélique de France avec plus de 400 églises membres et plusieurs centaines de milliers de fidèles à travers le monde[2].
Reconnu pour son influence religieuse et humanitaire, Clément Le Cossec développe également de nombreuses œuvres sociales, notamment en faveur des enfants défavorisés. Il est à l'origine de la construction de nombreux internats et structures d'accueil en Europe, en Inde ainsi qu'en Amérique du Nord et du Sud. Son influence s'étend à plusieurs continents, où il est considéré comme un acteur majeur de l'évangélisation des populations marginalisées ou exclues[3].
Par son rôle de fondateur de Vie et Lumière, de missionnaire et de prédicateur, il demeure une figure importante de l'histoire du pentecôtisme évangélique, ayant contribué à structurer un important mouvement religieux transnational[4].
Il fut aussi le propriétaire du château du Moulin aux Lièvres situé dans le Loiret, dans lequel il entreprendre ses œuvres sociales, qui fut par la suite la propriété de l'animateur et producteur de télévision Guy Lux.
Jeunesse
Issu de la famille catholique Le Cossec, connue depuis le XVIe siècle et bien implantée dans le Finistère sud, Clément Le Cossec déménage dans sa jeunesse en Normandie. Il se convertit au protestantisme à l'âge de 14 ans au Havre. C'est à l'adolescence qu'il décide de s'occuper des plus défavorisés en leur annonçant l'évangile. Il entre ensuite à l'école des Ponts et chaussées dont il sort diplômé. En 1939, il suit une formation biblique à Biblique Missonary Association à Londres. De retour en France il suit des cours d'édition à l'école ABC de Paris jusqu'en 1951[5].
Ministère
Avec un diplôme d'ingénieur en poche, il décide à 25 ans, en 1946, de devenir pasteur chrétien dans une église à Lille. Plusieurs évènements l'amènent à s'occuper de familles tziganes dans le besoin. Arrivé en Bretagne en 1950, il entreprend la fondation de l'Église évangélique de Rennes, avec le concours de l'évangéliste anglais Douglas Scott, promoteur du Mouvement de Pentecôte en France[6]. Mais c'est à Brest en 1952, que commence son ministère en faveur des Gitans, quand des Tziganes convertis viennent lui dire qu'aucun pasteur ne souhaite les baptiser. Il décide alors de venir en aide à ces communautés défavorisées.
En 1954, il fonde la Mission Évangélique des Tziganes de France - Vie et Lumière[7]. Voyant le besoin de ces gens illettrés et sans enseignant, il pratique des centaines de baptêmes en mer, puis il décide de laisser son église de Rennes entre les mains d'un jeune pasteur, en 1958 pour s'occuper des trois mille Tziganes nouvellement convertis[8].
Il décide de mettre sa revue Lumière du monde crée en 1947 pour la jeunesse, au service des Tsiganes. Elle deviendra Vie et Lumière en 1960[9].
L'église roulante
Très tôt, dès 1950 comme à Saint-Jacques, près de Rennes, des rassemblements évangéliques, sous forme de conventions sont organisés. Aujourd'hui, ils rassemblent en moyenne pas moins de 7000 caravanes, soit l'équivalent de vingt à trente mille Tsiganes. Leurs réunions ont lieu dans des bâtiments loués ou sous des chapiteaux dressés à l'occasion. Elles sont tout public, au vu des affiches et des nombreux tracts distribués sur leurs lieux de passage. Même les autorités locales (maire, police, préfets) sont invitées[10].
Elle commence à Rennes en 1958, où il décide de partir à l'aventure avec le peuple tsigane, sur les routes en France d'abord, puis en Belgique, en Hollande, en Allemagne, mais aussi en Espagne, au Portugal et en Italie. Par la suite il voyage dans plus de 40 pays au Canada, aux États-Unis, au Mexique, en Argentine ou dans les pays de l'Est[11],[8].
Le réveil spirituel
Le réveil spirituel s'accompagne pour ce peuple de nombreuses guérisons au contact de Clément Le Cossec[12].
Il participe aussi étroitement à l'éducation de Roms convertis, en leur apprenant à lire et à écrire, puis en leur apportant un enseignement biblique, afin d'établir des pasteurs tsiganes dans ces églises naissantes. Car dira-t-il, un « réveil n'est durable que dans la mesure où il y a des cadres spirituels »[13].
Clément Le Cossec veut prendre modèle sur l'apôtre Paul dans la Bible, qui demande à son compagnon Timothée, de confier ce qu'il a entendu par sa bouche « à des hommes capables de l'enseigner aussi à d'autres »[14].
C’est dans une caravane, avec une poignée d’élèves que le « pasteur des Gitans » commence les premiers cours bibliques itinérants. Puis, à cause des demandes d’inscriptions toujours plus nombreuses, il est très vite secondé par un jeune pasteur tsigane : Denis Théom, surnommé Payon. Il s’adjoint aussi Georges Meyer dit "Jimmy", qui succède plus tard à Clément Le Cossec à la présidence de La Mission Tzigane Évangélique, en 1972[15].
Confronté à des vocations encore plus nombreuses, il achète en 1967, une première propriété, le château du Moulin aux lièvres, acquise plus tard par le producteur et animateur de télévision Guy Lux[16],aux Choux dans le Loiret près de Gien pour accueillir les futurs prédicateurs[17]. D'une trentaine d'étudiants, ils passeront à plus de 200 en 1996. D'autres Tsiganes devenus pasteurs viendront grossir l'enseignement de l'École biblique française, parmi les plus connus :Charles Welty et Wasso Ferret. D'autres écoles Bibliques naîtront dans plusieurs pays d'Europe et en Inde.
L'action sociale
Clément le Cossec fait construire, en faveur des pauvres et des déshérités tziganes d'Inde, plusieurs pensionnats afin d'accueillir des centaines d'enfants[8].
Face à la pauvreté de certains Tziganes, il n'hésite pas à acheter des costumes à ses élèves prédicateurs, comme c'est le cas pour les évangélistes Mandz et Pinar au début de leur mission[18].
Lutte contre la discrimination et l'isolement
En 1968, la Mission Évangélique Tsigane se sépare des Assemblées de Dieu pour que les pasteurs soient formés et puissent prêcher auprès de leurs communautés respectives[19].
Depuis 1975, la Mission évangélique tzigane est membre de la Fédération protestante de France (FPF). Cette adhésion à la FPF est en partie motivée chez Clément Le Cossec par la recherche d'un soutien social pour un groupe souvent marginalisé ainsi que par le désir d'éviter aux convertis tsiganes de se trouver isolés et considérés comme une secte[20].
Plusieurs milliers de personnes venues de toute l'Europe se sont rendues au cimetière-sud du Mans, aux obsèques de leur « apôtre » mort dans cette même commune d'un cancer, à l'âge de 80 ans[21].
Œuvres
- L'Église - Celle qui appartient à Jésus-Christ / Vérités bibliques n°9
- La Sainte Cène - Une source de bénédiction / Véritiés bibliques n°3
- La Vie après la mort : Espérance sublime des Chrétiens
- La Grandeur de Jésus-Christ et les anges : Le monde de la lumière
- La Sanctification : Votre vie est cachée avec Christ en Dieu
- My Adventures with the gypsies
- Le Salut de l'âme : comment vivre heureux ici-bas et avoir une espérance sûre pour l'au-delà
Clément Le Cossec a par ailleurs réalisé une série de 18 livrets nommée les Vérités bibliques[22].
Il est aussi à l'origine de la création de des revues Lumière du monde et Vie et Lumière[22].
Notes et références
- ↑ « Clément Le Cossec, Père spirituel des tziganes évangéliques », sur Cath (consulté le )
- ↑ « Clément Le Cossec (1921-2001) », sur Musée protestant (consulté le )
- ↑ « Clément Le Cossec (1921-2001) », sur Musée protestant (consulté le )
- ↑ « Clément Le Cossec (1921-2001) », sur Musée protestant (consulté le )
- ↑ « Clément Le Cossec, Père spirituel des tziganes évangéliques », sur Cath (consulté le )
- ↑ Mon aventure chez les Tziganes par Clément Le Cossec 1991, p. 16
- ↑ Sébastien Fath, Du ghetto au réseau. Le protestantisme évangélique en France, 1800-2005, Éditions Labor et Fides, Genève, 2005, p. 217
- « Clément Le Cossec (1921-2001) », sur Musée protestant (consulté le )
- ↑ « Clément Le Cossec (1921-2001) », sur Musée protestant (consulté le )
- ↑ « Le rassemblement évangélique «Vie et Lumière» aura lieu prochainement ... », sur La Gazette France (consulté le )
- ↑ « Clément Le Cossec, Père spirituel des tziganes évangéliques – Portail catholique suisse », sur cath.ch (consulté le )
- ↑ « Vie et Lumière, le réveil tzigane - Le Lieu documentaire » (consulté le )
- ↑ Mon aventure chez les Tziganes par Clément Le Cossec 1991 p. 28.
- ↑ La Sainte Bible 2 Timothée 2/2
- ↑ Loup Besmond de Senneville, Georges Meyer, pasteur de la communauté évangélique tzigane, reçoit la légion d’honneur, la-croix.com, France, 14 janvier 2015
- ↑ « Clément Le Cossec (1921-2001) », sur museeprotestant.org (consulté le )
- ↑ Jean-Luc Poueyto, Manouches et mondes de l'écrit, KARTHALA Editions, France, 2011, p. 83
- ↑ Mon aventure chez les Tziganes par Clément Le Cossec 1991, p. 29.
- ↑ http://www.cultures-tsiganes.org/cultures_tsiganes/religion/religion_p8_pentecot.htm Histoire du développement du pentecôtisme chez les tsiganes et hypothèses de ce développement
- ↑ « En bref… - Edition du 15 janvier 2002 », sur religioscope.com (consulté le ).
- ↑ Serge Le Luyer, Clément Le Cossec, pasteur des Tsiganes, Ouest-France, 24 juillet 2001.
- « BnF Catalogue général », sur catalogue.bnf.fr (consulté le )
Liens externes
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