Clara Waldvogel

| Naissance | |
|---|---|
| Décès |
(à 83 ans) Neuchâtel |
| Nationalité | |
| Activités |
| A travaillé pour |
Le Mouvement Féministe (d) |
|---|---|
| Idéologie | |
| Membre de | |
| Personne liée |
Clara Waldvogel, née à Schaffhouse et morte le 18 à Neuchâtel, est une féministe et militante socialiste pacifiste suisse. Elle s’est impliquée pour la cause féministe, notamment par le biais de ses écrits dans Le Mouvement Féministe, un journal féministe publié en Suisse depuis 1912. Elle est aussi reconnue pour son travail au sein du Service civil international aux côtés de son bon ami Pierre Ceresole.
Biographie
Clara Waldvogel naît le à Schaffhouse[1].
Elle est une pacifiste ayant été la présidente de l’Association cantonale neuchâteloise pour le suffrage féminin[2]. Elle est également enseignante d’allemand et d’anglais dans une école secondaire de Neuchâtel, durant quarante ans[3],[1].
Elle meurt le 18 à Neuchâtel, à l'âge de 83 ans[4],[5].
Pacifisme, service civil et collaboration avec Pierre Ceresole
Dès 1917, Clara Waldvogel entame une collaboration avec Pierre Ceresole, collaboration qui évoluera au fil du temps en une amitié, Ceresole allant jusqu’à s’installer chez elle à Chaux-de-Fonds en 1938. Aux côtés de son ami, Clara Waldvogel défend la création d’un service civil, et c’est en 1920 (avec le soutien actif de Waldvogel) que Ceresole fonde le Service civil international (SCI). Waldvogel a œuvré au sein du SCI en secondant Ceresole dans diverses tâches de secrétariat, poursuivant ainsi sa collaboration avec lui. Certains échanges entre Pierre Ceresole et Clara Waldvogel témoignent de leur affiliation et de leur soutien aux socialistes de l’époque. Ceresole, dans ses écrits, dira de Waldvogel qu’elle représente l’aile chrétienne du parti socialiste. Pacifiste, Waldvogel défendait le principe d’objection de conscience[3].
Avant de publier des articles concernant le suffrage féminin, Waldvogel a rédigé un article pacifiste en 1937 dans Le Mouvement Féministe dans lequel elle se positionnait fortement contre une défense aérienne[6].
Engagement féministe
Club Suisse des femmes alpinistes
Clara Waldvogel était membre du Club Suisse des femmes alpinistes, section Neuchâtel[3].
Le club - existant dans un contexte durant lequel les récits de femmes alpinistes sont invisibilisées et durant lequel certains clubs bourgeois d’alpinisme excluent les femmes de cette pratique - a pour objectif d’ouvrir à un plus grand nombre de femmes les portes de ce sport. Par le biais de la revue Nos Montagnes (le canal de communication principal du club), les membres publient divers articles, comptes rendus et autres récits concernant l’alpinisme écrits majoritairement par des femmes[7].
Écriture dans Le Mouvement Féministe
Pour Waldvogel, une manière de s'engager a été d’écrire pour Le Mouvement Féministe, un journal mensuel fondé par Emilie Gourd en 1912. L’objectif du journal était de faire la diffusion d’informations pour le suffrage féminin en Suisse[8].
Ayant co-signé une lettre adressée au Conseil d’État avec Marthe Bréting, le nom de Clara Waldvogel apparaît une fois en dans Le Mouvement Féministe. Cette lettre, Waldvogel la signe en tant que présidente de l'Association cantonale neuchâteloise pour le Suffrage féminin. Elle revendique dans celle-ci une réflexion sérieuse de la part des conseillers d'État quant à la possibilité de nommer des femmes dans les Commissions cantonales, insistant sur le professionnalisme des femmes et des services qu’elles souhaiteraient rendre à leur patrie[2].
Le suffrage féminin à Neuchâtel
Dans les deux articles suivants, Waldvogel informe les lecteurs.ices du journal sur le progrès concernant le suffrage féminin au canton de Neuchâtel.
Waldvogel rapport les évènements concernant le au Grand Conseil. Quatre ans après le dernier rejet d’une motion pour le suffrage féminin, le Grand Conseil a abordé cette thématique encore une fois. Waldvogel présente les différents porte-paroles et leurs arguments[9]:
Les arguments en faveur
La plupart des conseillers se prononcent en faveur du suffrage féminin. Leurs principaux arguments résident dans le fait que les devoirs envers la patrie sont les mêmes pour les femmes que pour les hommes, que la démocratie ne devrait pas s'exercer si les femmes sont exclues de voter et que la plupart des femmes auraient un intérêt à s'impliquer politiquement[9].
Les arguments opposés
Cependant, certains porte-paroles s’opposent à l’idée d’un suffrage féminin, s’appuyant sur le postulat que la plupart des femmes ne veulent pas le droit de vote et que, ce faisant, elles ne devraient qu’inciter les hommes à voter. En plus, un conseiller partage son idée de féminité en disant : "[...] plus une femme est féminine, moins elle est féministe!"[9] Cela montre que dans les têtes des opposants, le suffrage féminin "déféminise" les femmes[9].
À la fin, le Grand Conseil vote avec une grande majorité pour la motion du suffrage féminin[9].
Droits politiques communales
Deux ans plus tard, en 1947, Waldvogel publie un autre article dans Le Mouvement Féministe concernant le suffrage féminin à Neuchâtel. Cette fois, une motion pour les droits politiques en matière communale est présentée au Conseil d’État. Similaire à la session précédente, des porte-paroles aux opinions opposées mettre de l’avant leurs arguments, pour que le Conseil vote finalement en faveur de la motion. Waldvogel dit vite ce que ce vote signifie pour les femmes neuchâteloises : elles sont les premières femmes suisses à être citoyennes sur le terrain communal. Après le rapport des évènements, Waldvogel se montre optimiste et reconnaissante pour le progrès. Au même moment, sur la même page, une annonce nous apprend qu’une motion similaire à Zurich a été rejetée. Cela montre que les différents cantons en Suisse avaient des positions différentes concernant le suffrage féminin ou les droits politiques des femmes[10].
Introduction du suffrage féminin
Cependant, un an plus tard, le suffrage féminin à Neuchâtel a à nouveau été rejeté. Mais, en 1959, Neuchâtel a été l’un des seuls cantons à accepter le suffrage féminin au niveau cantonal. En effet, l’acceptation du suffrage féminin à Neuchâtel était exceptionnelle, considérant que cette cause a été compliquée en Suisse par l'attitude politique généralement conservatrice à cause de l'essor économique et les carcans de genre qui attribuaient aux femmes des rôles de mères au foyer et qui s'opposent ainsi au suffrage féminin[11].
Notes et références
- « Clara Waldvogel, une vie consacrée au service du prochain », Feuille d'avis de Neuchâtel - L'Express, , p. 3 (lire en ligne, consulté le )
- Clara Waldvogel et Marthe Bréting, « Les femmes dans les Commissions », Le mouvement féministe, vol. 30, no 609, , p. 9 (DOI 10.5169/seals-264405, lire en ligne, consulté le )
- « Pierre Ceresole a lifetime serving Peace »
[PDF], (consulté le )
- ↑ « Avis mortuaire de Clara Waldvogel », Feuille d'avis de Neuchâtel, , p. 2 (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Agence télégraphique suisse, « Mort d'une ancienne militante socialiste » (brève), L'Impartial, , p. 7 (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Clara Waldvogel, « Correspondance : défense aérienne », Le mouvement féministe, vol. 25, no 493, , p. 12 (DOI 10.5169/seals-262582, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Sabrina Neyret, Le Club Suisse des Femmes Alpinistes (1918-1979) : Analyser la sociabilité des femmes dans un univers masculin et élitaire, Lausanne, (lire en ligne)
- ↑ « Mouvement féministe, Le (revue) », sur hls-dhs-dss.ch (consulté le )
- Clara Waldvogel, « Le vote des femmes devant le Parlement neuchâtelois », Le mouvement féministe, vol. 33, no 694, , p. 75 (DOI 10.5169/seals-265598, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Clara Waldvogel, « L'idée marche... au canton de Neuchâtel », Le mouvement féministe, vol. 35, no 742, , p. 81 (DOI 10.5169/seals-266360, lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Suffrage féminin », sur hls-dhs-dss.ch (consulté le )
Articles connexes
- Portail du canton de Neuchâtel
- Portail des femmes et du féminisme
- Portail de la paix