Claude Gouffier
Titres
–
(24 ans, 1 mois et 20 jours)
| Prédécesseur | Jacques Ricard de Genouillac |
|---|---|
| Successeur | Léonor Chabot |
–
(51 ans, 6 mois et 29 jours)
| Prédécesseur | Artus Gouffier |
|---|---|
| Successeur | Gilbert Gouffier |
Capitaine des Gentilshommes ordinaires de la Maison du Roi
–
| Prédécesseur | Louis de Clèves de Nevers |
|---|---|
| Successeur | Albert de Gondi |
–
(51 ans, 6 mois et 29 jours)
| Prédécesseur | Artus Gouffier |
|---|---|
| Successeur | Gilbert Gouffier |
–
(48 ans et 22 jours)
| Prédécesseur | Artus Gouffier |
|---|---|
| Successeur | Artus II Gouffier |
Capitaine du Château d'Amboise et de la ville d'Amboise
–
(51 ans, 1 mois et 11 jours)
| Prédécesseur | Artus Gouffier |
|---|---|
| Successeur | Gilbert Gouffier |
| Naissance | 1500 ou 1501 |
|---|---|
| Décès |
Villers-Cotterêts (France) |
| Sépulture | Collégiale Saint-Maurice d'Oiron |
| Père | Artus Gouffier |
| Mère | Hélène de Hangest |
| Enfants | 12 dont Gilbert Gouffier |
| Religion | Catholicisme |
Claude Gouffier[1], né en 1500 ou 1501 à Boisy (Pouilly-les-Nonains) et mort le à Villers-Cotterêts, est un diplomate, conseiller et courtisan français.
Il fut seigneur de Boisy, de St-Loup et d’Oiron, duc de Roannais, comte d'Étampes et de Caravas, grand écuyer de France du à sa mort, et capitaine de Chinon[2].
Il aurait très certainement inspiré à Charles Perrault, le personnage du Marquis de Carabas dans le Le Chat botté[3].
Biographie
Enfance
Claude Gouffier né en 1500 ou 150 est issu de la famille Gouffier, solidement installée à la cour au moins depuis Charles VII. C'est le fils aîné du mariage contracté le entre Artus Gouffier de Boisy (1474-1519), grand maitre de France et gouverneur du futur François Ier, et d'Hélène d'Hangest († 1537), issue de la noblesse picarde.

Les guerres d'Italie et ses suites
Bien que moins proche de François Ier comme l'était son père et l'est son oncle Guillaume Gouffier de Bonnivet, Claude succède à son père comme capitaine de Chinon et d'Amboise puis obtient, grâce au prestige de son oncle, une compagnie de 50 lances de l'ordonnance[4]. Il profite également du prestige de ces dernier pour accompagner le roi à la bataille de Pavie, cette bataille qui se déroule lors de la sixième guerre d'Italie oppose la France au Saint-Empire romain germanique, et son dirigeant Charles Quint.
Cette bataille tourne cependant vite à la catastrophe pour les français, largement battus, François Ier est fait prisonnier tout comme Claude, tandis que Guillaume Gouffier est tué.
Après sa libération, il est nommé capitaine des chevau-légers en 1528 en Italie, c'est à ce titre qu'il est à nouveau fait prisonnier au cours de la huitième guerre d'Italie près de Brignoles en 1536, quand Charles Quint envahit la Provence.
François Ier décide de donner 6 000 écus comme gage de participation à sa rançon, il est libéré en 1538.
Premier gentilhomme de la maison du roi et grand écuyer
Le décès de son oncle, l'empêche d'avoir cette proximité avec François Ier, néanmoins ce dernier le nomme à des fonctions très importantes. Il devient dès 1535 premier gentilhomme de France puis capitaine des cent gentilhomme de la maison du roi en 1545.
De plus, le il accède au titre le plus prestigieux de sa vie, grand écuyer de France, après le décès de Jacques Ricard de Genouillac. Il garde cette charge jusqu'à sa mort et de nombreuses références à cette dernière sont présentes au sein du château d'Oiron[5].
Il est nettement plus proche d'Henri II, dont il accueille par ailleurs en [6], avec notamment Catherine de Médicis, Diane de Poitiers († 1566) et Anne de Montmorency (1493-1567). Il accueille également une autre fois la cour, cette-fois Charles IX et Catherine de Médicis en , lors de leur grand tour de France pendant quatre jours[7].
Le château d'Oiron
Claude Gouffier hérite, à la mort de son père, de la seigneurie de Oiron où la famille possède un château qu'il va grandement modifier, transformant l'édifice d'un logis médiéval à un château Renaissance et en faire ainsi le fief de la famille.
Claude décida de faire ériger, en hommage à son amour pour les arts de la Renaissance, une galerie peinte. C'est certainement à la suite de son emprisonnement en Italie après la bataille de Pavie en 1525 qu'il aurait vu dans une villa italienne une galerie ressemblante à celle-ci[8].
Érigée entre 1546 et 1549 et longue de plus de 55 mètres, la galerie débute par une cheminée qui est un hommage à François Ier, où l'on peut voir l'inscription marquée ci-dessous[9] :
« A François de Valois, roi des Français, prince très chrétien, très invincible et très puissant, doué de la plus haute et plus exceptionnelle prudence, vaillante, justice et autres qualités d'âme et de caractère que chacun peut admirer, eu égard à l'intégrité de sa parole et de sa conduite, à sa clémence envers les siens, à son gouvernement excellent et heureux en temps de paix comme en temps de guerre, après avoir célébré autant de triomphes qu'il a mis en déroute d'armée ennemies... »
Les peintures de la galerie, racontent la guerre de Troie, avec l'Iliade puis le début de l'Énéide, trois scènes ne racontent pas cette guerre, deux montrant les enfers et le chien Cerbère et le huitième des douze travaux d'Hercule où il doit ramener les juments de Diomède au roi d'Argos, Eurysthée. Ces peintures auraient été refaites après un incendie ayant gravement endommagé le château en 1627.
Claude acquit une importance notable à la cour notamment sous le règne d'Henri II et de ses successeurs, jouissant d'un certain prestige auprès de Catherine de Médicis.
Preuve de son importance, il accueille au moins deux fois la cour au château, la première celle d'Henri II en 1551, avec notamment Catherine de Médicis et Diane de Poitiers, puis une autre fois, Charles IX et Catherine de Médicis en , lors de leur Grand Tour de France[7].
Dernière années et mort
Les dernière années de la vie de Claude Gouffier sont compliquées, il est fait prisonnier pendant les guerres de religion et le château est pillé en et à nouveau en , par les Huguenots lors de la 3e guerre de Religion, avant la bataille de Moncontour.
Il meurt à Villers-Cotterêts, le , son gisant est aujourd'hui visible à la collégiale d'Oiron derrière celui de son père, Artus.
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Mariage et descendance
Claude Gouffier a eu cinq épouses, avec lesquelles il a dix enfants :
- mariage le à Saint-Denis avec Jacqueline de La Trémoille (1510-1544 ; fille de Louis Ier de La Trémoïlle), avec laquelle il aura une fille, Claude Gouffier (ca. 1526-1565), dame d'honneur de Catherine de Médicis, qui se mariera en 1549 avec Léonor Chabot-Charny, successeur de son père en tant que grand écuyer. Jacqueline tentera de l'empoisonner en 1535 et sera condamnée à la prison à vie[10] ;
- mariage le au château du Louvre avec Françoise de Brosse (1515-1558), fille de René de Brosse, comte de Penthièvre avec laquelle il aura 5 enfants : Henri (1547-1548), Artus (1550-1551)[11], Gilbert (1553-1582), Artus II (1555-?) et Claude Gouffier (1556-1618) ;
- mariage le à Blois avec Marie de Gaignon (1520-1565) (Musée Condé de Chantilly), dame d'honneur de Marie Stuart, avec laquelle il aura 6 enfants : François (1560-?), Louis (1561-?), Charles (1562-?), Hercules (1563-?)[11], Paul (1564-?) et Léon (1565-?) ;
- mariage le avec Claude de Beaune († 1568 ; petite-fille de Jacques), dame d'honneur de Catherine de Médicis : pour ce mariage, il se voit octroyer 30 000 livres par Charles IX ;
- mariage en 1569 avec Antoinette de Maillé de La Tour-Landry (1532-1585 ; Maison de Maillé de La Tour-Landry), dame d'honneur de Catherine de Médicis et d'Élisabeth d'Autriche.
Terres et titres
Par son père, il est seigneur d'Oiron, capitaine d'Amboise de Chinon et bailli de Vermandois en 1519 puis seigneur de Boisy en 1524 mais aussi comte de Maulévrier (érigé par François Ier en 1542).
Il hérite également la baronnie de Pouzaugues de sa sœur Hélène Gouffier, veuve de Louis de Vendôme-Chartres et Chabanais, morte sans descendance.
De son mariage en 1545 avec Françoise de Brosse, il obtient en dot en 1551, la baronnie de Palluau, qui entre dans la possession de la famille.
En Poitou, il achète pour 40 000 livres en 1541, la châtellenie de Merle-Fougereuse.
Distinction
Notes et références
Notes
- ↑ Baron jusqu'en mai 1564 puis marquis jusqu'en novembre 1566.
Références
- ↑ Toutes les informations proviennent de l'un des quatre titres cités en bibliographie, sauf exception précisée en notes
- ↑ Pierre Carouge, « Artus (1474-1519) et Guillaume (1482-1525) Gouffier à l’émergence de nouvelles modalités de gouvernement », dans Les conseillers de François Ier, Presses universitaires de Rennes, coll. « Histoire », , 229–253 p. (ISBN 978-2-7535-6794-8, lire en ligne)
- ↑ Châteaux, manoirs, logis : La Charente, éditions Patrimoines et Médias, 1993 (ISBN 2-910137-05-8).
- ↑ Pierre Carouge, L'amiral de Bonnivet et sa famille (v. 1450-v. 1525), Paris, (lire en ligne), p. 457-458.
- ↑ « La Renaissance d'un mécène », sur L'Express, (consulté le )
- ↑ « Les itinéraires de la cour de France », sur cour-de-france.fr (consulté le )
- Jean Bonfons recueilli par Abel Jouan, Recueil et discours du voyage du Roy Charles IX, Paris, , 78 p. (lire en ligne), p. 61
- ↑ CMN, « Histoire du château d'Oiron - CMN », sur www.chateau-oiron.fr (consulté le )
- ↑ CMN, « La galerie de peintures - CMN », sur www.chateau-oiron.fr (consulté le )
- ↑ Pierre Carouge, L'amiral de Bonnivet et sa famille (v. 1450-v. 1525), Paris, (lire en ligne), p. 249.
- H. et P. Beauchet-Filleau, Dictionnaire historique et généalogique des Familles du Poitou, tome quatrième, Poitiers, Société Française d'Imprimerie et de Librairie, (lire en ligne), p. 253.
- ↑ « Listes:Ordres_et_Societes_diverses:ordre_de_saint_michel », sur roglo.eu (consulté le )
Bibliographie
- Henri Beauchet-Filleau, Dictionnaire historique et généalogique des familles du Poitou, Tome quatrième, Gauvain-Herb (2e éd.), 1909, 800 p.
- Yves-Marie Bercé, « Artus Gouffier, grand maître de la Maison du Roi (vers 1472-1519) », Le Conseil du Roi de Louis XII à la Révolution, dir. Roland Mousnier, Paris, PUF, p. 207-230, 1970.
- Pierre Carouge, L'amiral de Bonnivet et sa famille (v. 1450-v. 1525), Thèse pour le diplôme d'archiviste paléographe, Paris, École nationale des chartes, 1999, 643 p, lire en ligne.
- Pierre Carouge, « Artus (1474-1519) et Guillaume (1482-1525) Gouffier à l’émergence de nouvelles modalités de gouvernement », Les conseillers de François Ier, dir. Cédric Michon, Rennes, Presses universitaires de Rennes, p. 229-253, 2011.
- Étienne Fournial, Monsieur de Boisy. Grand maître de France sous François Ier, Lyon, Presses universitaires de Lyon, 1996, 152 p.
- Jean Guillaume, et al, La galerie du grand écuyer : l’histoire de Troie au Château d’Oiron, Patrimoines & médias, 1996.
- Arlette Jouanna, Philippe Hamon, Dominique Biloghi, Guy Le Thiec, La France de la Renaissance. Histoire et dictionnaire, Paris, Robert Laffont, article « Gouffier, famille », p. 851-854, 2001.
- Alcius Ledieu, Fransart et ses seigneurs. Notice historique et archéologique, Paris, A. Picard et fils, 1895.
- Les trésors du Grand écuyer : Claude Gouffier, collectionneur et mécène à la Renaissance : [exposition], Château d’Ecouen, Musée national de la Renaissance, 16 novembre 1994 - 27 février 1995, Paris, Réunion des musées nationaux, 1994.
Voir aussi
Articles connexes
- Famille Gouffier
- Adrien Gouffier de Boisy (1479-1523), son oncle, cardinal, légat du Saint-Siège et Grand aumônier de France
- Guillaume Gouffier de Bonnivet (ca. 1481-1525), son oncle, amiral de France
- Aymar Gouffier de Boisy (1488-1528), son oncle, évêque
- Château d'Oiron
- Liste des seigneurs de Roannais
Liens externes
- Ressource relative aux beaux-arts :
- Notice dans un dictionnaire ou une encyclopédie généraliste :
- Bernard Gineste (éd.), «Artus Gouffier, comte d’Étampes: Charte en faveur des religieuses de Maubuisson ()», in Corpus Étampois, 2008 [avec des images de son sceau et de sa signature]
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