Claude Monet à Antibes (1888)

Contexte

Dans les années 1880, Claude Monet parcourt l'Europe en quête de nouveaux défis et d'inspirations, visitant les Pays-Bas, l'Italie, la Normandie, la Bretagne et, bien sûr, la Côte d'Azur. Chaque voyage lui permet d'explorer de nouveaux paysages et de découvrir des effets de lumière uniques[1].

En , Claude Monet quitte Paris pour le sud, et s'arrête brièvement dans plusieurs stations balnéaires de la côte méditerranéenne. Après avoir visité Cassis, il se rend au Cap d'Antibes, où il séjourne jusqu'au début du mois de mai. Sur les conseils de son ami Guy de Maupassant, il loue une chambre au Château de la Pinède, une résidence pour artistes[2].

Comme souvent, Monet ne se sent pas à l'aise en compagnie des autres pensionnaires et, en particulier, le groupe d'artistes qui gravite autour du peintre de Barbizon, Henri Harpignies, lui parait particulièrement agaçant. Il commence par explorer les environs d'Antibes, jusqu'à Agay et Trayas à l'ouest, puis se dirige vers Monaco à l'est, avant de finalement se concentrer sur cinq ou six motifs [1].

En choisissant de peindre le paysage méditerranéen, il suit la tradition de plusieurs artistes du XIXe siècle, notamment Cézanne, Renoir, Bazille et, plus particulièrement, Manet.

Comparées aux palettes de couleurs plus sombres et au caractère plus dramatique de ses toiles normandes, la lumière éclatante et les teintes intenses de la Riviera ont constitué une véritable révélation pour Monet, lui offrant une perspective totalement nouvelle sur l'un de ses motifs préférés[3]. Malgré les vents parfois violents de cette période, qui l'obligent souvent à fixer son chevalet au sol, il parvient à peindre trente-neuf tableaux en trois mois et demi[2].

Technique

Un ensemble de peintures est réalisées depuis la plage du Ponteil, d'où il regarde les monuments architecturaux de la vieille ville : le bastion Saint-André, le château Grimaldi et la cathédrale Notre-Dame-de-la-Platea. Le promontoire rocheux qui s'avance dans la mer, au premier plan à gauche, correspond à l'extrémité de la pointe d'Illette. La distance qui le sépare de son sujet lui permet de consacrer l'essentiel du premier plan à la surface de l'eau[4].

Dans une lettre à Auguste Rodin, en février, il compare l'acte de peindre à Antibes à un véritable défi physique : Ses sentiments se retrouvent également dans ses lettres à sa compagne, Alice Hoschedé, à qui il confie son émerveillement mêlé à une certaine fatigue. Le , il écrit : « Je suis fatigué, j'ai travaillé sans interruption toute la journée ; c'est certes magnifique ici, mais peindre est si difficile ! Je sais exactement ce que je veux faire, mais je n'y arrive pas encore. Les couleurs, roses et bleues, sont si pures et éclatantes que le moindre trait mal placé semble une tache de saleté. Quoi qu'il en soit, je travaille avec acharnement et, avec ce rythme, je suis sûr de réussir. J'ai quatorze toiles en cours, vous voyez donc à quel point je suis passionné » (in R. Kendall, éd., Monet by Himself, Londres, 1989, p. 126)[2].

Devenir des œuvres

Ces peintures étaient destinées à une importante exposition qui devait se tenir à la Galerie Georges Petit au cours de l'été 1889. Lorsqu'elle eut lieu, cette exposition fut de loin la plus grande de sa carrière. Le nombre considérable de tableaux qu'il a produit et les nombreux qu'il a perdu à cause des intempéries en raison de son attachement à la peinture en plein air, l'incitait à reporter sans cesse son retour à Giverny[5].

Reception critique

A son retour, Theo van Gogh, qui travaillait alors chez Boussod, Valadon et Cie, vint voir les tableaux et en acheta immédiatement dix confirmant ainsi les propos de son frère Vincent : « Vous verrez de magnifiques tableaux chez Claude Monet. Et vous trouverez que les miens sont bien inférieurs » (V. van Gogh, Lettres complètes, Londres, 1958, vol. II, n° 483, p. 561). Impressionné, Theo van Gogh organise une exposition de ces dix tableaux en juin et juillet. Cette exposition connut un grand succès. Wildenstein mentionne de nombreux visiteurs célèbres, dont Guy de Maupassant, le prince Eugène de Suède et Stéphane Mallarmé, qui aurait déclaré : « Ah oui, comme le disait le regretté Édouard, Monet est un génie » (Mallarmé, cité par Wildenstein, op. cit., vol. I, 1996, p. 243)[5].


Image Titre Date Dimensions Lieu de Conservation Pays Référence
Le Fort d'Antibes (W 1158) 1888 65 × 81 cm Musée des beaux-arts de Boston Drapeau des États-Unis États-Unis Muséeconsulté le 22 septembre 2025
Catalogue raisonné
Le Fort d'Antibes (W 1159) 1888 60 × 81 cm Collection privée, vente 2014 Catalogue Sotheby'sconsulté le 22 septembre 2025
Catalogue raisonné
Antibes (W 1160) 1888 65 × 81 cm Collection privée, vente 1991 Catalogue Christie'sconsulté le 22 septembre 2025
Catalogue raisonné
La Baie d'Antibes (W 1161) 1888 65 × 81 cm Collection privée Catalogue raisonné
Antibes, le Fort (W 1161a) 1888 65 × 81 cm Musée Barberini, Potsdam Drapeau de l'Allemagne Allemagne Muséeconsulté le 22 septembre 2025
Catalogue raisonné
Antibes et les Alpes Maritimes (W 1162) 1888 60 × 73 cm Collection privée Catalogue raisonné
Le Château d'Antibes (W 1163) 1888 81 × 116 cm Collection privée Catalogue raisonné
Le Fort d'Antibes, esquisse (W 1163a) 1888 60 × 81 cm Collection privée Catalogue raisonné
Antibes, vue des jardins de la Salis (W 1164) 1888 73 × 92 cm Collection privée Catalogue raisonné
Maison du jardinier à Antibes (W 1165) 1888 66 × 93 cm Cleveland Museum of Art Drapeau des États-Unis États-Unis Muséeconsulté le 22 septembre 2025
Catalogue raisonné
Maison du jardinier (W 1166) 1888 65 × 92 cm Collection privée Catalogue raisonné
Antibes vue de la Salis (W 1167) 1888 65,5 × 91 cm Collection privée, vente 2024 Catalogue Sotheby'sconsulté le 22 septembre 2025
Catalogue raisonné
Antibes vue de la Salis (W 1168) 1888 73 × 92 cm Toledo Museum of Art Drapeau des États-Unis États-Unis Muséeconsulté le 22 septembre 2025
Catalogue raisonné
Antibes vue de la Salis (W 1169) 1888 65 × 92 cm Collection privée, vente 2021 Catalogue Sotheby'sconsulté le 22 septembre 2025
Catalogue raisonné
Matin à Antibes (W 1170) 1888 66 × 82 cm Philadelphia Museum of Art Drapeau des États-Unis États-Unis Muséeconsulté le 22 septembre 2025
Catalogue raisonné
Antibes le matin (W 1170a) 1888 ? Collection William Henry Crocker
brûlé en 1906 lors du tremblement de terre de San Francisco
Catalogue raisonné
Antibes, vue du plateau Notre-Dame (W 1171) 1888 65 × 92 cm Collection privée, vente 2014 Catalogue Sotheby'sconsulté le 22 septembre 2025
Catalogue raisonné
Antibes, vue du plateau Notre-Dame (W 1172) 1888 66 × 81 cm Musée des Beaux-Arts (Boston) Drapeau des États-Unis États-Unis Muséeconsulté le 22 septembre 2025
Catalogue raisonné
Golfe d'Antibes (W 1173) 1888 65 × 92 cm Collection privée, vente 2002 Catalogue Christie'sconsulté le 22 septembre 2025
Catalogue raisonné
Antibes, vue du cap, vent de mistral (W 1174) 1888 65 × 81 cm Collection privée Catalogue raisonné
Vue du cap d'Antibes (W 1175) 1888 63,5 × 78,7 cm Collection privée Catalogue raisonné
Au Cap d'Antibes, Mistral 1888 65 × 81 cm Musée des Beaux-Arts (Boston) Drapeau des États-Unis États-Unis Muséeconsulté le 22 septembre 2025
Catalogue raisonné
Les Alpes vues du cap d'Antibes (W 1177) 1888 65 × 81 cm Collection privée Catalogue raisonné
La Baie des Anges, vue du cap d'Antibes (W 1178) 1888 65 × 81 cm Collection privée Catalogue raisonné
Le Golfe Juan (W 1179) 1888 65 × 92 cm Collection privée Catalogue raisonné
Le Golfe Juan (W 1180) 1888 65 × 92 cm Collection privée, vente 2022 Catalogue Phillipsconsulté le 22 septembre 2025
Catalogue raisonné
La Méditerranée par vent de mistral (W 1181) 1888 65 × 92 cm Collection privée, vente 2018 Catalogue Sotheby'sconsulté le 22 septembre 2025
Catalogue raisonné
La « Grande Bleue » à Antibes (W 1182) 1888 60 × 73 cm Kunstmuseum (Bâle) dépôt Emile Dreyfus Foundation [réf. nécessaire] Drapeau de la Suisse Suisse Catalogue raisonné
Vue sur la mer(W 1183) 1888 65 × 81 cm Von der Heydt Museum, Wuppertal Drapeau de l'Allemagne Allemagne Muséeconsulté le 22 septembre 2025
Catalogue raisonné
La Méditerranée (W 1184) 1888 60 × 70 cm Collection privée, vente 2021 Catalogue Christie'sconsulté le 22 septembre 2025
Catalogue raisonné
Ma Méditerranée, Cap d'Antibes (W 1185) 1888 65 × 81 cm Columbus Museum of Art Drapeau des États-Unis États-Unis Muséeconsulté le 22 septembre 2025
Catalogue raisonné
Bords de la Méditerranée, temps gris (W 1186) 1888 73 × 92 cm Collection privée, vente 2008 Catalogue Sotheby'sconsulté le 22 septembre 2025
Catalogue raisonné
Plage de Juan-les-Pins (W 1187) 1888 73 × 92 cm Collection privée, vente 2004 Catalogue Christie'sconsulté le 22 septembre 2025
Catalogue raisonné
Arbres au bord de la mer, Antibes (W 1188) 1888 73 × 92 cm Collection privée Catalogue raisonné
Juan-les-Pins (W 1189) 1888 73 × 92 cm Collection privée Catalogue raisonné
Pins, cap d'Antibes (W 1190) 1888 73 × 92 cm Collection privée, vente 2007 Catalogue Christie'sconsulté le 22 septembre 2025
Catalogue raisonné
Sous les Pins, le soir (W 1191) 1888 73 × 92 cm Philadelphia Museum of Art Drapeau des États-Unis États-Unis Muséeconsulté le 22 septembre 2025
Catalogue raisonné
Antibes (W 1192) 1888 65 × 92 cm Institut Courtauld, Londres Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni Muséeconsulté le 22 septembre 2025
Catalogue raisonné
Au Cap d'Antibes (W 1193) 1888 65 × 92 cm Collection privée Catalogue raisonné

Notes

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