Claudine à l'école
| Claudine à l’école | ||||||||
Édition princeps, Paris, Librairie Paul Ollendorff, 1900, couverture illustrée par Emilio della Sudda. | ||||||||
| Auteur | Colette | |||||||
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| Pays | ||||||||
| Genre | Roman | |||||||
| Éditeur | Paul Ollendorff | |||||||
| Lieu de parution | Paris | |||||||
| Date de parution | 1900 | |||||||
| Couverture | Emilio Della Sudda | |||||||
| Chronologie | ||||||||
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Claudine à l’école est un roman semi-autobiographique de Colette, paru en 1900 sous la signature de son mari Willy qui est alors célèbre et qui l’utilise comme prête-plume[1],[2]. Les ré-éditions seront sous les signatures de Willy et Colette, Willy et Colette Willy, Colette et Willy et enfin Colette.
Ce roman, au style naturel alors nouveau, suscita un scandale à sa parution avant de connaître le succès.
Genèse
L'idée du livre vient d'échanges entre Colette et son mari, Willy: il lui suggère un écrit autobiographique sur son enfance puis relit le manuscrit de Colette[3],[4], en lui conseillant notamment de ne pas éviter les "détails piquants"[5]. C'est à partir de 1921 que Colette signe ses ouvrages de son nom[6].
L’histoire
Claudine, 15 ans, vit à Montigny-en Fresnois avec son père, homme distrait, plus préoccupé par les limaces que par l’éducation de sa fille. Celle-ci fréquente la petite école du village, cadre principal des aventures décrites dans ce livre, présenté comme le journal intime de la jeune fille[1],[7]. Son quotidien est rythmé par les promenades avec sa sœur de première communion Claire, qui lui raconte sa vie amoureuse, les apparitions du docteur Dutertre, le médecin scolaire qui protège la directrice, Mlle Sergent, et qui lorgne d’un peu trop près les grandes, et les leçons de musique avec Antonin Rabastens qui lui fait un brin de cour.
Mais des événements non moins intéressants viennent l’agrémenter : voilà l’école tout en émoi en raison de l’arrivée de Mlle Aimée Lanthenay, nouvelle assistante de Mlle Sergent, et des deux instituteurs des garçons, MM. Duplessis et Rabastens. Alors que Claudine se lie d’amitié avec Mlle Lanthenay, Mlle Sergent fait comprendre à cette dernière qu’elle ne doit plus voir Claudine, tout en lui accordant de nombreuses faveurs.
Claudine, se sentant trahie, mène la vie dure aux deux femmes, dont elle trouve les manifestations d’affection ostentatoires, en compagnie de la grande Anaïs et de Marie Belhomme.
Arrive Luce, sœur d’Aimée, que Claudine commence par maltraiter avant de lui accorder son amitié. L’année s’écoule doucement, avec à l’horizon le brevet élémentaire, que les jeunes filles vont passer au chef-lieu, et surtout, la fête de fin d’année scolaire et le bal qui sera donné en l’honneur du ministre de l’agriculture Jean Dupuy, qui vient inaugurer la nouvelle école.
Le livre se termine par le déclenchement d'un scandale : alors qu'une soirée dansante se déroule dans la maison de Mlle Sergent, sa mère âgée est très en colère et jette une chaussure d’homme devant toutes les personnes présentes, disant qu'elle l'avait trouvée dans la chambre de sa fille, convaincu qu'il appartient à Dutertre. Mlle Sergent éclate en sanglots, à la grande satisfaction de Claudine.
Il est suivi du roman Claudine à Paris.
Analyse
Le personnage de Claudine présente certains points communs avec Colette (caractère ou encore lieu de vie)[1],[8]. Celle-ci s'inspire de son enfance dans l'Yonne, où sa ville de naissance, Saint-Sauveur-en-Puisaye, devient, dans le roman, Montigny-le-Fresnois[9]. D'autres personnages sont inspirés de personnes réelles: par exemple, le docteur Dutertre figure en réalité l'homme politique Pierre Merlou[10]. Si Claudine et Colette ont certains points communs, le personnage n'est pas pour autant copie de sa créatrice (par exemple, Claudine, contrairement à Colette, est une fille unique[11]).
Le livre permet à Colette une critique du système scolaire (par exemple, le docteur Dutertre se montre très proche voire indiscret quant aux élèves)[1]. L'époque du roman correspond à celle de la scolarisation progressive des filles en France et le personnage de Claudine, par son caractère espiègle et son intérêt pour la sexualité, tranche avec les attendus pour les écolières[12],[2].
L'écriture sous forme de journal intime permet l'expression du regard social que Claudine porte sur ses camarades de classe et leur milieu, par exemple avec le vœux de Claudine de quitter une école et un monde rural qu'elle juge médiocres[13].
Réception
Au moment de sa publication, le livre suscite un scandale, du fait de certains thèmes présents dans l’œuvre, notamment celui de la sexualité [14], et en particulier avec les sujets des relations entre femmes[15],[16].
Le livre rencontre le succès : l'autrice en fera le premier volume d'une série, Claudine[1].
Adaptations

- 1917 : Claudine à l'école, court-métrage (réalisateur anonyme) avec Maud Loty dans le rôle-titre. Il s'agit de la première adaptation cinématographique du roman de Colette.
- 1937 : Claudine à l'école, film de Serge de Poligny avec Blanchette Brunoy dans le rôle-titre
- 1978 : Claudine à l'école, téléfilm d'Édouard Molinaro avec Marie-Hélène Breillat dans le rôle-titre
- 2018 : Claudine à l'école, bande dessinée de Lucie Durbiano, Gallimard, collection Fétiche[11].
Notes et références
- « Claudine à l'école », sur BnF Essentiels (consulté le )
- Éliane Lecarme-Tabone, « D'une rencontre à l'autre : Colette et Simone de Beauvoir », Cahiers de L'Herne, no 96, , p. 177–185 (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Michel Mercier, « « L'affaire » Claudine, La naissance d'un écrivain fut la renaissance d'une femme », Cahiers de L'Herne, no 96, , p. 84–90 (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Paulette Collet, « Colette, ses apprentissages », University of Toronto Quarterly, vol. 49, no 4, , p. 442–443 (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « “Le Blé en herbe et autres écrits”, superbe monument biographique de Colette », sur www.telerama.fr, (consulté le )
- ↑ « Les mondes de Colette », sur BnF - Site institutionnel, (consulté le )
- ↑ Audrey Delecour-Hennart, « De Claudine à l’école à La Maison de Claudine: Aux origines de la vocation de Colette », Roman 20-50, vol. n° 61, no 1, , p. 87–100 (ISSN 0295-5024, DOI 10.3917/r2050.061.0087, lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Indiscrétions et commentaires sur les Claudine », Cahiers de L'Herne, no 96, , p. 91–97 (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Maurice Delcroix, « De la maison de Sido à La Maison de Claudine », Cahiers de L'Herne, no 96, , p. 13–18 (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Bruno Fuligni, L'Évêque Cauchon et autres noms ridicules de l'histoire, Les Arènes, 2017, p. 87-88.
- « La bédéthèque idéale #190 : “Claudine à l’école”, de Lucie Durbiano, d’après Colette », sur www.telerama.fr, (consulté le )
- ↑ Juliette M. Rogers, « Claudine's peers: social and historical expectations for Colette's first heroine », Symposium, vol. 50, , p. 224–237 (DOI 10.1080/00397709.1997.10113525, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Francine Dugast-Portes, « De Claudine à Gigi », dans Colette. Les pouvoirs de l'écriture, Presses universitaires de Rennes, , 218 p. (ISBN 978-2-86847-427-8, lire en ligne), p. 61-77
- ↑ « Redécouvrez l'œuvre de Colette, écrivaine intemporelle | RCF Vendée », sur www.rcf.fr (consulté le )
- ↑ Quentin Girard, « Les pages jeunes Une nouvelle visite de Claudine », sur Libération,
- ↑ « Colette : la redécouverte d’un monstre sacré », sur CNRS Le journal (consulté le )
Bibliographie
- Danielle Deltel, « Journal manqué, autobiographie masquée: Claudine à l’école de Colette », Revue des Sciences Humaines, 1983, no 4 (192), p. 47-71.
- Francine Dugast-Portes, « De Claudine à Gigi », Roman 20-50 : revue d’Étude du Roman du XXe siècle, , no 23, p. 117-34.
- Michèle Hecquet, « Claudine et le journal d’écolière », Roman 20-50, , no 23, p. 27-39.
- Michèle Hecquet, « Claudine à l’école et Gigi de Colette », Roman 20-50, , no 23.
- Francis Marcoin, « Claudine, pour et contre l’école », Roman 20-50, , no 23, p. 7-26.
- Christian Morzewski, « Gaminerie, grivoiserie et lyrisme dans Claudine à l’école », Roman 20-50, , no 23, p. 41-55.
- (en) Juliette M. Rogers, « Educating the Heroine: Turn-of-the-Century Feminism and French Women’s Education Novels », Women’s Studies, 1994, no 23 (4), p. 321-34.
- (en) Stephanie Schechner, « A Delicate Balance: Becoming a Woman and a Writer in Colette’s Claudine à l’école and La Maison de Claudine », Dalhousie French Studies, Summer 2004, no 67, p. 75-87.
- (en) Joan Hinde Stewart, « The School and the Home », Women’s Studies, 1981, no 8 (3), p. 259-272.
- Gabriella Tegyey, « Les Jeux de l'écriture et ses enjeux : Claudine à l'école et Gigi », Roman 20-50, , no 23, p. 95-116.
Articles connexes
Liens externes
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