Clocher à bulbe
Le clocher à bulbe également appelé oignon est un corps d'ouvrage d'art composé d'une toiture en forme de dôme galbé couronnant un clocher, en forme de bulbe d'oignon, caractéristique de l’architecture chrétienne baroque du XVIIe siècle et néo-baroque du XIXe siècle, avec notamment des bulbes colorés, argentés ou dorés des coupoles des églises orthodoxes d'Europe centrale et d'Europe orientale[1].
Description

Le clocher à bulbe est un toit en forme de bulbe d'oignon, de rave ou de poire, dont le plan est centré à versant continu ou à pans. Il est également galbé suivant une courbe alternativement concave ou convexe, les parties convexes formant des renflements surplombant les parties concaves.
Ce type de clocher est souvent couronné par une lanterne, un lanternon, une flèche, une girouette ou une croix[2].
Dans le Saint-Empire romain germanique, les clochers à bulbe baroques sont répandus, probablement inspirés de la toiture en tambour de la chapelle palatine du palais d'Aix-la-Chapelle (chapelle privée de l'empereur Charlemagne, fondateur de l'Empire carolingien au IXe siècle. Ils sont particulièrement répandus en Bavière, Forêt-Noire, Pays-Bas, Pologne, Autriche, Suisse, Italie, et pays slaves, ainsi qu'en France frontalière (Alsace, Lorraine, Savoie, Hainaut et Belgique[3],[4]).
Quelques églises à clocher à bulbe existent également ailleurs tels que ceux de la cathédrale Saint-Louis de Versailles, ou des cathédrale Saint-Nicolas de Nice, église Saint-Barthélémy de Caumont ou église Saint-Étienne du Mas-d'Azil dans le sud de la France.
Clocher à bulbe russe orthodoxe
Les clochers à bulbe sont particulièrement caractéristiques de l'architecture religieuse russe (et des style baroque ukrainien et église orthodoxe russe hors frontières). Ils sont inspirés des coupoles hémisphériques de l'architecture islamo-byzantine de l'Empire byzantin, des origines du christianisme orthodoxe. La neige trop lourde menaçant ce type de structure, ils rehaussent ces dômes en coupoles en forme de casque puis en formes de bulbe ou de poire évoquant la flamme d'un cierge[5] (ou d'un porte-cierges)[6] (liste des églises et des clochers orthodoxes les plus hauts).
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Cathédrale Sainte-Sophie de Kiev (XIe siècle). -
Cathédrale Sainte-Sophie de Novgorod (XIe siècle).
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Monastère Saint-Michel-au-Dôme-d'Or de Kiev (XIIe siècle). -

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Église du Prophète-Élie de Iaroslavl (XVIIe siècle). -
Église Saint-Jean-Baptiste de Iaroslavl (XVIIe siècle). -
Pogost de Kiji (XVIIIe siècle). -

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Église du Saint-Esprit de Talachkino (XXe siècle). -

Clocher à bulbe savoyard
En Savoie et ancien duché de Savoie, une grande densité de ces édifices d'art baroque savoyard se situe dans la vallée du Giffre, le Beaufortain, le Faucigny, le Chablais et le val d'Arly[3] (liste des églises de la Savoie). Cette architecture trouve son origine dans les migrations des populations locales vers le monde germanique[3],[4].
- En 1687, le plus ancien clocher à bulbe connu est celui qui fut réalisé sur un dessin de Jean Cavoret pour les besoins de la seconde Visitation d’Annecy, connue sous le nom d'église Saint-François d'Annecy (XVIIe siècle.
- Celui de l'église Saint-Jean-Baptiste de Megève, érigé vers 1758, est un des clochers à bulbe les plus récents.
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Clocher à bulbe moderne des Ménuires
Clocher à bulbe alsacien, lorrain, vosgien et franc-comtois

À côté de la Savoie, deux autres régions françaises comptent un grand nombre de clochers à bulbe, à savoir l'Alsace et la Lorraine (la Franche-Comté voisine possédant une variante de clocher comtois en tambour (ou dômes « à l'impériale ») généralement couverts de tuile vernissée comtoise).
Les clochers à bulbe (ou à double bulbe) sont fréquents dans ces deux régions à partir du XVIIIe siècle, même si un certain nombre a disparu lors des deux guerres mondiales ou des reconstructions d'églises du XIXe siècle. À côté des clochers de type germanique, de forme plus arrondie, on rencontre dans les Vosges également des clochers à bulbe caractéristique, très trapus et composés de plusieurs arêtes.
En Alsace, les clochers sont en particulier de type germanique, couverts de tuile alsacienne, ardoise ou de cuivre vert-de-gris, tels que ceux des abbaye d'Ebersmunster, église Saint-Fridolin de Mulhouse, église Saint-Martin d'Ebersheim ou encore des bulbes vosgiens des église Sainte-Madeleine de Sainte-Marie-aux-Mines ou de Saint-Amarin.
En Lorraine, on mentionnera les clochers germaniques des églises de Saint-Quirin et abbatiale Saint-Nabor de Saint-Avold, des églises de Freyming-Merlebach, ainsi que les clochers vosgiens des églises de Bertrimoutier, Provenchères-sur-Fave, Remiremont, Diebling ou encore de la cathédrale Saint-Dié de Saint-Dié-des-Vosges.
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L'église Saint-Étienne de Boulay-Moselle
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Église de Domjevin
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Flèche à double bulbe de l'église Saint-François-de-Sales de Bozel, surmonté d'un globe, d'une croix et d'un coq
Clochers à bulbe hennuyers
On dénombre de nombreux clochers et beffrois à bulbe dans la région transfrontalière du Hainaut.

Du côté français, plusieurs clochers sont remarquables. Parmi ceux-ci, on peut citer les clochers à cinq bulbes des église Saint-Pierre-Saint-Paul de Solre-le-Château, et église Saint-Wasnon de Condé-sur-l'Escaut. On peut aussi admirer celui de l'église Saint-Pierre de Berlaimont, de l'église Saint-Michel de Valenciennes ou encore celui du beffroi d'Armentières ou de l'hôtel de ville de Comines.
Dans le Hainaut belge, la ville de Chimay compte deux clochers à bulbe. Celui de la collégiale Saints-Pierre-et-Paul et celui du château des princes de Chimay. On peut aussi citer le clocher de l'église Sainte-Rictrude à Bruyelle et le clocher du beffroi de Mons ainsi que ceux des beffroi de Namur et beffroi de Gembloux dans la province voisine de Namur.
Plusieurs beffrois avec clocher à bulbe sont inscrits aux monuments historiques et au patrimoine mondial de l'UNESCO parmi les beffrois de Belgique et de France.
Notes et références
- ↑ Étienne François et Thomas Serrier, Europa. Notre histoire, Paris, Les Arènes, , 1385 p. (ISBN 978-2-35204-603-5), p. 221.
- ↑ Les Monuments historiques de la France, La Caisse nationale des monuments historiques, , p. 22.
- Marie-Thérèse Hermann, Architecture et vie traditionnelle en Savoie, La Fontaine de Siloé, , 2e éd., 303 p. (ISBN 978-2-84206-212-5, lire en ligne), p. 199.
- Paul Guichonnet, Nouvelle encyclopédie de la Haute-Savoie : Hier et aujourd'hui, Montmélian, La Fontaine de Siloé, , 399 p. (ISBN 978-2-84206-374-0, lire en ligne), p. 354.
- ↑ « Églises Orthodoxes : des Bulbes et des Couleurs », sur www.culture-russe.com (consulté en )
- ↑ Dominique Raynaud, Architectures comparées. Essai sur la dynamique des formes, Éditions Parenthèses, 1998, p. 51.
Annexes
Articles connexes
- Clocher comtois
- Architecture baroque
- Art baroque savoyard
- Types architecturaux d'églises russes
- Liste des églises et des clochers orthodoxes les plus hauts
- Dômes d'Asie du Sud (en) et architecture islamique
- Glossaire de l'architecture
Liens externes
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