Collège Saint-Augustin de Bitche
| Type | Lycée |
|---|
| Ville | Bitche |
|---|---|
| Pays | France |
| Coordonnées | 49° 02′ 46″ nord, 7° 25′ 35″ est |
|---|---|
Le collège Saint-Augustin est un ancien établissement d'enseignement secondaire catholique privé sous contrat situé à Bitche dans le département de la Moselle. Créé au XVIIIe siècle, le collège s'installe dans de nouveaux bâtiments en 1930. Après avoir connu un grand développement, l'établissement est fermé en 2012 et ses locaux revendus à des investisseurs.
En 2025, plusieurs témoignages font part de violences sexuelles entre la fin des années 1960 et le début des années 1990.
Historique
En 1727, des pères augustins s'installent dans le couvent des Capucins de Bitche[1]. Une école monacale voit le jour en 1731[2]. Elle est fermée en 1790 au moment de la Révolution française puis rouvre en 1803 à la demande de Napoléon Bonaparte[1].
En 1825 le maire de Bitche confie le collège à l'évêque de Metz. La première rentrée a lieu en . Le collège compte une soixantaine d'élèves[2]. Pendant la guerre de 1870, il est transformé en hôpital militaire[1].
Construction extra-muros
Le délabrement du collège requiert la construction d'un nouveau bâtiment. Un terrain de 14 hectares à l'extérieur de la ville est acquis en 1903. La Première Guerre mondiale met fin au projet qui ne sera relancé qu'en 1925 sous l'impulsion de Jean-Baptiste Pelt, évêque de Metz[3]. La première pierre est posée au printemps 1926 en présence de Giovanni Battista Montini, futur pape Paul VI[1],[3]. Après plusieurs années de travaux, le nouveau collège est inauguré le [2].
Les bombardements de la Seconde Guerre mondiale nécessitent de nouveaux travaux de reconstruction qui dureront plusieurs années. Une réhabilitation partielle permet cependant sa réouverture en 1946. Le collège se développe et ouvre un internat. Ses effectifs augmentent jusqu'à atteindre un millier d'élèves de la sixième à la Terminale. L'ouverture du lycée public Teyssier en 1992 entraîne cependant une chute des effectifs[2]. Face à des coûts de fonctionnement importants en raison de la très grande surface des bâtiments, malgré 1,3 million d'euros d'investissements du diocèse, le collège, qui ne compte plus que 241 élèves en 2011, est contraint de fermer ses portes en [4],[2].
Vente du collège
L'évêché revend en les locaux de 30 000 m2 pour 1,1 million d'euros à la société Tethys fondée par des investisseurs chinois. La création d'un lycée international et d'un établissement supérieur privé est envisagée. Des travaux de réfection débutent en selon un budget estimé à 10 millions d'euros. Faute de financement, le projet est arrêté. La société Thetys fait faillite en 2019[5]. Les locaux sont à nouveau mis en vente[3]. L'Établissement public foncier du Grand Est se porte acquéreur en 2024[6].
Accusations de violences sexuelles
Le , une enquête d'Ici Lorraine révèle qu'un prêtre enseignant décédé en 2021 aurait agressé sexuellement plusieurs collégiens, de la fin des années 1960 jusqu'au début des années 1990, selon le témoignage d'une dizaine de victimes supposées[7]. Trois d'entre elles ont été indemnisées par l'Instance nationale indépendante de reconnaissance et réparation. Compte-tenu du décès du prêtre, des poursuites ne peuvent pas être engagées[8].
Un deuxième volet de l'enquête, publié le , rapporte que depuis la médiatisation de l'affaire, 23 personnes supplémentaires ont saisi l'Inirr. Certaines accusent le prêtre de viols[9]. D'anciens élèves affirment avoir été aussi agressés sexuellement par d'autres adultes travaillant dans l'établissement. L'enquête révèle également qu'alertée par des élèves depuis 1979, la direction aurait imposé le silence aux victimes puis fait déplacer les encadrants quand les plaintes se sont accumulées[9]. Le diocèse de Metz a appelé les victimes à se faire connaître et leur nombre pourrait être revu à la hausse[10].
Les directeurs du collège
- Chanoine Beauvert, jusqu'en 1954.
- Abbé Paul-Joseph Schmitt, de 1954 à 1958[1].
- Chanoine Paul Minni, à partir de 1958.
- Abbé Raymond Poirson avant 1983.
- Abbé Gilbert Sprunck de 1983 à 1988.
- Abbé Aloyse Schaff, de 1989 à 2001[1].
- Chantal Augait, de 2001 à 2006.
- Philippe Bomo, de 2007 à 2010.
- Fabrice Stengel, de 2010 à 2012[4].
Références
- « Bitche : pourquoi l'histoire du collège Saint-Augustin est si particulière ? », Le Républicain lorrain, (lire en ligne)
- Florian Chambon, « Le collège Saint-Augustin à Bitche (1/2) : un monument tombé en ruine », Le Républicain lorrain, (lire en ligne)
- « L'impressionnante histoire du collège Saint-Augustin à Bitche », Le Républicain lorrain, (lire en ligne)
- Philippe Creux, « Bitche : Saint-Augustin vit ses derniers mois », Le Républicain lorrain, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Jonathan Breuer, « Collège Saint-Augustin : comment le projet des Chinois a capoté à Bitche », Le Républicain lorrain, (lire en ligne)
- ↑ Florian Chambon, « Le lycée Saint-Augustin (temporairement) racheté », Le Républicain lorrain, (lire en ligne)
- ↑ Julie Seniura, « Un prêtre a agressé sexuellement des collégiens du Saint-Augustin à Bitche durant un quart de siècle », Ici Lorraine, (consulté le ).
- ↑ F. C., « Pendant 25 ans, un prêtre a agressé sexuellement des élèves de l’établissement catholique Saint-Augustin à Bitche », sur Le Républicain lorrain, (consulté le ).
- Julie Seniura, « Nouvelles révélations sur des agressions sexuelles au collège Saint-Augustin de Bitche », sur Ici Lorraine, (consulté le ).
- ↑ Aurélie Sarrot, « Moselle : au moins 26 personnes accusent un abbé d'agressions sexuelles dans un collège catholique », sur TF1, (consulté le ).
Annexes
Bibliographie
- Georges Boulangé, « - Inventaire fait au couvent des Augustins de Bitche », L'Austrasie, vol. 3, , p. 535-538 (lire en ligne)
- Marie-France Jacops, Jacques Guillaume et Didier Hemmert, Le Pays de Bitche (Moselle), Metz, Éditions Serpenoise, (ISBN 978-2-9501474-9-3), p. 27-38
- Gaston Antoni, Le Collège Saint Augustin de Bitche 1727 à 1997, Scheuer, , 257 p.
Liens externes
- « L'école des Augustins », sur Bitscherland (consulté le )
- « Le collège Saint-Augustin », sur Bitscherland (consulté le )
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