Collège des Irlandais (Paris)
Le Collège irlandais de Paris (irlandais : Coláiste na nGael, latin : Collegium Clericorum Hibernorum)[1] a été pendant trois siècles un établissement d'enseignement catholique majeur pour les étudiants irlandais. Fondé à la fin du XVIe siècle, il a été fermé par le gouvernement français au début du XXe siècle. De 1945 à 1997, le séminaire polonais de Paris a été hébergé dans le bâtiment et il accueille actuellement le Centre culturel irlandais.
Fondation
Les persécutions religieuses sous Élisabeth Ire et Jacques Ier ont conduit à la suppression des écoles monastiques en Irlande dans lesquelles le clergé recevait la plupart du temps son éducation. Il devint donc nécessaire de chercher à s'instruire à l'étranger, et de nombreux collèges pour la formation du clergé séculier irlandais furent fondés sur le continent, à Rome, en Espagne et au Portugal, en Belgique et en France.
Le fondateur du Collège irlandais de Paris fut John Lee, un prêtre irlandais qui vint à Paris, en 1578, avec six compagnons, et entra au collège de Montaigu. Après avoir terminé ses études, il s'attacha à l'église Saint-Séverin de Paris et fit la connaissance d'un noble français, Jean de l'Escalopier, président du Parlement de Paris, qui mit à la disposition des étudiants irlandais de Paris une maison dans la rue de Sèvres, qui leur servit de collège. Lee en devint le premier recteur vers 1605.
Dix-septième siècle
Lee a été suivi par Thomas Dease, qui en fut recteur jusqu'en 1621, date à laquelle il a été nommé évêque de Meath[2]. Par lettres patentes datées de 1623, Louis XIII a conféré aux prêtres et savants irlandais à Paris le droit de recevoir et de posséder des biens. C'est sous le mandat du successeur de Dease, Thomas Messingham, que le collège irlandais est reconnu comme séminaire par l'Université de Paris en 1624. Messingham a organisé le programme d'études en vue d'envoyer des missionnaires capables de travailler dans leur pays d'origine[3]. En 1677, par lettres patentes, le roi Louis XIV leur accorde leur première résidence permanente. Elle est située rue des Carmes, dans le collège des Lombards. Un conflit opposa les étudiants et les prêtres dû aux différences de revenus. En 1769, le préfet du collège, Laurence Kelly, acquiert un hôtel particulier et un terrain rue du Cheval-Vert. dont le bâtiment est rénové et agrandi par l’architecte François-Joseph Bélanger, en 1775. Le nouvel établissement accueille les étudiants, les prêtres restant au collège des Lombards. À la Révolution française, les locaux sont transformés en magasins. Sous la Restauration, le séminaire irlandais réintègre les lieux. Durant la guerre franco-prussienne de 1870, il est utilisé comme hôpital pour 300 soldats français. En 1945, il sert de refuge à l’armée américaine pour les personnes déplacées qui demandaient la nationalité américaine. Les bâtiments ont fait l’objet d’une restauration en 1989. Ils sont occupés, depuis 2002, par le Centre culturel irlandais de Paris[4],[5].
Notes et références
- ↑ Charles Jourdain : Histoire de l’Université de Paris au XVIIe et au XVIIIe siècle. Hachette, Paris 1862, Addendum: Piéces justifivatives, p. 109.
- ↑ Edward d'Alton, « Thomas Dease », in The Catholic Encyclopedia, vol. 4, Robert Appleton Company, 1908.
- ↑ William Grattan-Flood, « Thomas Messingham »,in The Catholic Encyclopedia, vol. 10 Robert Appleton Company, 1911.
- ↑ « Le bâtiment et son histoire », Centre culturel irlandais.
- ↑ Alexandre Gady, La Montagne Sainte-Geneviève et le Quartier Latin, Paris, Éditions Hoëbeke, Guide historique et architectural, , pages 247 et 250.
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Irish College in Paris » (voir la liste des auteurs).
Voir aussi
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