Collégiale Notre-Dame d'Uzeste
| Collégiale Notre-Dame d'Uzeste | |
| Présentation | |
|---|---|
| Culte | Catholique romain |
| Dédicataire | Notre-Dame |
| Type | Collégiale |
| Rattachement | Diocèse de Bordeaux |
| Début de la construction | XIIe siècle |
| Fin des travaux | XVIe siècle |
| Protection | |
| Géographie | |
| Pays | |
| Région | Nouvelle-Aquitaine |
| Département | Gironde |
| Ville | Uzeste |
| Coordonnées | 44° 26′ 31″ nord, 0° 19′ 26″ ouest |
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La collégiale Notre-Dame d'Uzeste est lieu de culte catholique situé dans la commune d'Uzeste, dans le département français de la Gironde.
Faisant l'objet d'un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1840[1], elle a la particularité d'accueillir la sépulture du pape Clément V.
Présentation
Le monument se situe au centre de la commune d'Uzeste, dans la Haute Lande Girondine à l'ouest de Bazas[2].
Architecture
La collégiale Notre-Dame d'Uzeste est une église collégiale, de style gothique avec murs gouttereaux romans. La nef et le clocher datent du XVIe siècle.
Le tympan gothique qui surmonte le linteau roman conserve par exemple des traces d'une polychromie qui, à l'origine, illustrait le couronnement de la Vierge[2]. La dalle funéraire de Pierre Ier de Grailly[3] date du début du XIVe siècle.
L'édifice recèle deux crucifix en bois polychromes du XVe siècle[4] et du XVIIe siècle, ainsi qu'une Vierge à l'Enfant du XIVe siècle[5]. Les vitraux du XIXe siècle sont l'œuvre de Joseph Villiet[5].
Joseph Vuillet, maître verrier bordelais, réalise les vitraux de la collégiale dans un « style archéologique » très apprécié dans la seconde moitié du XIXe siècle[2].
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Voûtes. -
Colonnes.
Historique
A l'origine, bien avant la chrétienté, se trouvait une source[n 1], qui existe encore de nos jours et qui attirait à elle de jeunes mères et des nourrices croyant en son pouvoir de favoriser la lactation. Plus tard, ce pèlerinage païen devenu chrétien, est placé sous la protection de la Vierge Marie. Un premier sanctuaire de style roman, dont les fondations sont encore visibles, sort de terre au XIIe siècle[2]. Cet édifice de pierre monumental, nommé église de la Bienheureuse-Marie[5], présente des dimensions qui contrastent avec celles, plus modestes, du village d'Uzeste. Familles nobles et personnages célèbres font sa réputation, à grand recours de donations. Parmi les plus connus, la maison d'Albret, Jean de Grailly et surtout Bertrand de Got, archevêque de Bordeaux, intronisé pape sous le nom de Clément V en 1305. Le prélat est né près de Villandraut en duché d'Aquitaine et ancien évêque du diocèse de Comminges[5]. Si l'histoire retient son nom comme Premier pape français en Avignon et pour son rôle dans la dissolution de l'ordre du Temple, il est également un grand bâtisseur. C'est lui qui, après son élection papale, décide de transformer l'église Notre-Dame d'Uzeste en collégiale et lui annexe un collège de douze chanoines chargés de veiller à son entretien. A nouvelle fonction, nouvelle allure : l'édifice s'agrandit au début du XIVe siècle et s'embellit : nef, chevet puis clocher et flèche s'élèvent sur les bases du XIIe siècle, unissant styles gothique et roman en un édifice extraordinaire. Pour sceller dans l'éternité ce lien indéfectible entre la collégiale et son pape, Clément V choisit d'y abriter son dernier repos[2]. Il meurt en 1316, après neuf ans de pontificat. Il exprime le souhait d'être enterré dans la collégiale de sa Gascogne natale par un codicille rédigé neuf jours avant son décès[6]. Il est inhumé dans son tombeau[7] à Uzeste 45 ans après son décès, faisant d'Uzeste une des huit nécropoles papales de France[8]. Le socle est en marbre noir du Danemark, le gisant est en marbre blanc des Pyrénées. Il est profané et mutilé en 1577[2] lors des guerres de Religion, la face du gisant est martelée[5]. Clément V est représenté dans ses habits pontificaux, coiffé de la tiare. Les détails des broderies sont très finement exécutées, ses pieds reposent sur des griffons[6].
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Tombeau de Clément V.
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En 1338, par testament[9], Mathe d'Albret, qui meurt peu après, demande à être ensevelie dans la collégiale Notre-Dame d'Uzeste. Cette décision correspond à la fois à une dévotion particulière envers la Vierge Marie et au désir de reposer dans un lieu apaisé après une vie agitée. Ses dons envers cette église sont importants : elle y fonde une chapellenie dotée de cinquante livres de revenus, organise des versements réguliers de fonds et donne à son trésor des objets précieux. Depuis, sa tombe a disparu[10].
Durant les siècles qui suivent, la collégiale se dégrade sous les effets des guerres de Religion puis la Révolution française ou encore de la foudre. Elle est sauvé de la ruine grâce à Prosper Mérimée, inspecteur des Monuments historiques qui dès 1840, la classe et la met sur la liste des 934 édifices à sauver. Les secours n'arrivent pas avant 1897, en la personne de Lucien Magne, architecte spécialisé dans les bâtisses religieuses qui entame une première campagne de restauration. De cette époque, datent ainsi des vitraux du maître verrier Joseph Villiet, qui représentent des scènes de la vie de la Vierge. Ensuite, le temps paraît se figer. Au fil des années, l'eau s'infiltre, le vent érode et le règne animal prend possession des lieux. Enfin, en 2005, une nouvelle phase de travaux commence : chevet, vitraux et façades, objets de soin pendant dix ans, reviennent à eux peu à peu. De manière assez paradoxale, ces restaurations mettent en lumière l'état critique de la majestueuse flèche de l'édifice[2].
Le chantier semble aussi compliqué que long à mener. Rassemblées autour du projet, l'Association des amis de la collégiale, fondée en 1981, et la commune d'Uzeste mettent tout en œuvre pour trouver des fonds. Leurs efforts finissent par porter leurs fruits : la collégiale fait partie des douze sites de la Nouvelle-Aquitaine retenus en 2020 pour bénéficier de l'aide du Loto du patrimoine[5]. Le projet de restauration, soutenu par la Fondation du patrimoine, est doté à ce titre de 176 000 euros pour commencer les travaux. La première tranche, qui débute en 2022, lève le voile sur l'un des secrets de l'édifice : il est construit en grès, à la différence de l'immense majorité des autres édifices du mêmes genre en Gironde. Une particularité qui ne semble pas avoir été prise en compte par Lucien Magne, lequel a utilisé une pierre calcaire blanche pour sa restauration de 1897. Un peu plus d'un siècle plus tard, les responsables de la restauration importent un grès d'Espagne pour rendre à la collégiale son unité et originalité. De nos jours, la flèche a retrouvé son intégrité[2].
Galerie
Notes et références
Notes
- ↑ Voir les fontaines des Landes, dans le département limitrophe.
Références
- « Collégiale Notre-Dame », notice no PA00083855, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture, consultée le .
- Collégiale Notre-Dame d'Uzeste, article exposé dans la collégiale d'Uzeste, consulté sur site le 28 avril 2026.
- ↑ « dalle funéraire (gisant) d'un chevalier de la famille de Grailly », notice no PM33000921, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Palissy, ministère français de la Culture, consultée le .
- ↑ « statue : Christ en croix », notice no PM33001547, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Palissy, ministère français de la Culture, consultée le .
- Jacky Sanudo, « La flèche du pape Clément », Le Mag no 433, supplément à Sud Ouest, , p. 20-21.
- Pourquoi le pape Clément V est-il enterré dans la collégiale ?, panneau de présentation de la collégiale d'Uzeste, consulté sur site le 28 avril 2026.
- ↑ « tombeau du pape Clément V », notice no PM33000920, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Palissy, ministère français de la Culture, consultée le .
- ↑ « statue : Christ en croix », notice no PM33002281, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Palissy, ministère français de la Culture, consultée le .
- ↑ J. Dubois, « Inventaire des titres de la Maison d'Albret », Recueil des travaux de la société d'agriculture, sciences et arts d'Agen, 2e série, vol. 16, , p. 5-213 (lire en ligne).
- ↑ Jean Bernard Marquette, Les Albret. L'ascension d'un lignage gascon (XIe siècle - 1360), Pessac, Ausonius, coll. « Scripta Mediaevalia » (no 18), , 702 p. (ISBN 9782356130389, présentation en ligne), p. 110, 117.
Voir aussi
Bibliographie
- Marie-Madeleine Gauthier, « Uzeste, l'église Notre-Dame, ancienne collégiale, et le tombeau de Bertrand de Got, pape sous le nom de Clément V (1305-1314) », dans Congrès archéologique de France. 145e session. Bordelais et Bazadais. 1987, Paris, Société française d'archéologie, (lire en ligne), p. 271-324
- Jacques Gardelles, « Uzeste. Église collégiale Notre-Dame », dans Aquitaine gothique, Paris, Picard, coll. « Les Monuments de la France gothique », (ISBN 2-7084-0421-0), p. 110-116
Articles connexes
- Liste de collégiales de France
- Liste des monuments historiques de la Gironde
- Liste des monuments historiques protégés en 1840
- Liste des sites retenus pour le loto du patrimoine en 2020
Liens externes
- Ressources relatives à la religion :
- Ressources relatives à l'architecture :
- Site des Amis de la Collégiale d'Uzeste
- Collégiale Notre-Dame d'Uzeste - Messe.info
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