Combat d'Estivareilles

Combat d'Estivareilles

Informations générales
Date 21-22 août 1944
Lieu Estivareilles
Issue Victoire de la résistance
Belligérants
Drapeau de la France libre FFI Drapeau de l'Allemagne nazie Allemagne
Milice
Commandants
Commandant Marey Colonel Metger
Forces en présence
400 maximum incertains
Pertes
9 tués Tous les hommes et le matériel capturés

seconde guerre mondiale

Batailles

Coordonnées 45° 25′ 04″ nord, 4° 00′ 41″ est
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Combat d'Estivareilles
Géolocalisation sur la carte : Loire
(Voir situation sur carte : Loire)
Combat d'Estivareilles

Le combat d'Estivareilles est un affrontement disputé les 21 et 22 août 1944 entre la résistance française et un convoi de l'axe. Le 21 août 1944, une colonne allemande tentant de rejoindre Saint-Étienne est interceptée dans le Forez, à Estivareilles, par les maquisards locaux menés par le commandant Jean Marey. N'étant pas parvenue à forcer le passage et se croyant encerclés par des forces très nombreuses, les Allemand capitulent dans la nuit du 22.

Préludes

Un Tatar sous uniforme allemand

Le 18 août 1944, une colonne allemande commandée par le colonel Metger, composé en parti de Tatars de la légion d'Idel-Oural et de miliciens[1],[2],[3], sort du Puy-en-Velay et cherche à remonter vers le nord, en direction de Saint-Étienne. En chemin, la colonne doit s'ouvrir un chemin à coups de fusil à travers les embuscades tendues par la résistance. Le 18, dans le plus violent de ces combats préliminaires, un parti de FTP perd dix tués à Bellevue-la-Montagne[4]. Pour empêcher les Allemands d'atteindre Saint-Étienne, qui vient d'être évacué par sa garnison, les formations FFI de la Loire et Haute-Loire, sous la direction du commandant Marey, chef de l'AS de la Loire, se rassemblent pour leur interdire le passage.

La bataille

Le matin du 21, les FFI des GMO (Groupe Mobile d'Opérations) Bir-Hakeim et 18 juin se tiennent en embuscade sur la route d'Usson, prêts à accueillir l'ennemi et éclatés en nombreux groupes pour donner l'impression d'une troupe importante. Le combat se déclenche à 9h30 lorsque la section de Max Cintra ouvre le feu, mais les maquisards sont au départ bousculés et les Tatars de la colonne pénètre dans Estivareilles. Pour contenir l'adversaire, les Français tentent de contre-attaquer jusqu'à l'arrivée des renforts et parviennent à investir le cimetière d'Estivareilles, qu'ils conservent jusqu'à la fin des combats. Une action de flanquement par un groupe franc mené par Chabrolles et les hommes du capitaine André se montre également efficace pour entraver les capacités de manœuvre de l'ennemi.

Dans l'après-midi, les renforts, constitués du GMO Liberté, du groupement Strasbourg et de FTP ardéchois[2], affluent sur les lieus et rétablissent la situation. A la fin de la journée, on compte désormais quatre centaines de maquisards sur zone[2] qui acculent les Allemands et les appellent à la reddition par haut-parleur à l'aide d'une infirmière allemande capturée avec la garnison du Puy le 19[1],[2]. Dans la nuit, le colonel Metger se résout à entrer en rapport avec Marey pour négocier sa capitulation. Pendant que les pourparlers se tiennent, le GMO liberté entre dans Estivareille et cueille les Allemands et Tatars qui s'y trouvent sans coup de feu. A 0h30, Metger signe l'acte de reddition et à 6h, le reste de la colonne met bas les armes.

Bilan

En parallèle de cet évènement, quelques jours pus tôt, le 19 août, les Allemands qui étaient restés au Puy succombaient et se rendaient à la résistance. L'effectif réel de la colonne, du même coup le nombre de prisonniers, est sujet à caution. Les sources, essentiellement françaises, parlent tantôt de 831 ou 500 prisonniers[1],[3]. Le major Julius Schmähling, membre du convoi, affirme dans son témoignage qu'il n'y avait qu'une centaine de nationaux allemands dans la colonne Metger[5]. Quant à l'Idel Oural, dont le Puy ne comptait en tout pour tout que trois compagnies, n'était pas à effectif complet, ne serait-ce que parce que certains des Tatars étaient restés en garnison au Puy. Les opérations anti-maquis de juin et juillet lui avaient également causé des pertes. Une chose est certaine, cependant: l'ensemble de la colonne, personnel et matériel, tomba aux mais des FFI. L'armement capturé fut réparti entre les formations ayant pris part au combat. Du côté des vainqueurs, on déplorait neuf morts et plusieurs blessés[1]. Le lendemain, une prise d'arme fut exécutée pour célébrer le succès.

Bibliographie

  • Par ceux qui l'ont faite, la Résistance : des maquis de la Haute-Loire jusqu'au bord du Rhin : la singulière épopée du "Groupe Lafayette", 1988, Lucien Volle.
  • Hommes et combats dans la Loire (1939-1945), Albert Oriol-Maloire, 1993.
  • Estivareilles, 1944, Albert Oriol-Maloire, 1986.

Notes et références

  1. « Musée de la résistance en ligne », sur museedelaresistanceenligne.org (consulté le )
  2. Albert Oriol-Maloire, Hommes et combats dans la Loire (1939-1945),
  3. Lucien Volle, Par ceux qui l'ont faite, la Résistance : des maquis de la Haute-Loire jusqu'au bord du Rhin : la singulière épopée du "Groupe Lafayette", p. 215
  4. « Bellevue-La-Montagne (Haute-Loire), 18 août 1944 – Maitron » (consulté le )
  5. Volle, p. 229
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