Communauté de l'Agneau

Communauté de l'Agneau
Image illustrative de l’article Communauté de l'Agneau

Repères historiques
Fondation 1981
Fondateur(s) sœur Marie-Thierry Coqueray o.p.
Lieu de fondation Chartres (France)
Fiche d'identité
Église Catholique
Type Association publique de fidèles
Membres 170 sœurs et 40 frères (2025)
Site internet communautedelagneau.org
Bénédiction de la maison des sœurs de Vienne.

La communauté de l'Agneau est une association publique de fidèles en voie de devenir une congrégation, formée de laïcs consacrés, officiellement fondée en 1981 par la sœur dominicaine Marie-Thierry Coqueray dans le sillage du renouveau charismatique. Elle comprend depuis 1990 une branche masculine, les Petits frères de l'Agneau. La communauté fait l'objet de soupçons d'abus d'autorité.

Histoire

La communauté tire ses origines au début des années 1970 d'un foyer d'étudiantes du Quartier latin animé par des sœurs dominicaines, rue de Condé à Paris, en contact avec trois frères dominicains qui résident au centre Istina : Christoph Schönborn, Jean-Miguel Garrigues et Albert de Monléon[1],[2].

L'une d'elles, Marie-Thierry Coqueray, se rend avec huit autres sœurs[3] au rassemblement charismatique de Vézelay dans l'Yonne en 1974, où elle forme avec un frère franciscain, Jean-Claude Chupin[N 1], résidant sur place, le projet d'une communauté[5],[6],[1] selon un modèle de vie « mendiant et itinérant »[6]. Des sœurs du foyer parisien les rejoignent à Vézelay[2] où débute une vie communautaire en 1975-1976[3],[1].

Reconnaissance ecclésiale

La communauté est officiellement fondée à Chartres en 1981[7],[8]. En 1982, elle envisage de fusionner avec la communauté de la Croix Glorieuse, fondée également un an auparavant, mais le projet n'aboutit pas[9].

Les Petites sœurs de l'Agneau sont érigées le en « pieuse union » par Jean Chabbert évêque de Perpignan[6]. La même année, Vincent de Couesnongle, Maître de l'ordre des Prêcheurs, reconnaît la communauté « appartenant comme telle à la Famille de saint Dominique »[10],[6]. La branche masculine des « Petits frères de l'Agneau » est fondée en 1990[7],[11].

Bien que la communauté ait établi en 1994[11],[12] sa maison-mère à Plavilla (Aude) dans le diocèse de Carcassonne, elle ne dépend pas de ce diocèse[6]. Plavilla est proche du village de Fanjeaux considéré comme le berceau de l'ordre dominicain[3].

En 1996, la communauté est placée sous la responsabilité du cardinal Christoph Schönborn, archevêque de Vienne[6],[13],[8] et ami de longue date de la fondatrice[14]. Depuis sa retraite canonique en , il habite dans la maison des sœurs à Vienne[15],[16],[17] qui est depuis 1996 la maison-mère de la communauté, bien que Plavilla reste la maison principale où se trouvent les responsables et où sont accueillies les postulantes[14].

La communauté a également bénéficié du soutien du pape François[10],[18] qui l'a accueillie en 1994 dans l'archidiocèse de Buenos Aires, dont il était alors l'évêque auxiliaire[3],[19], puis a encouragé la construction d'un monastère dans cette ville en 2002[20]. Le , deux jours après son élection, le pape François a réuni, avec le cardinal Schönborn, les frères et les sœurs de l’Agneau présents à Rome[20].

Spiritualité

La communauté de l’Agneau s'inspire des ordres mendiants, sous le patronage de Dominique de Guzmán et d'autres saints comme François d'Assise, Catherine de Sienne, Claire d'Assise et Thérèse-Bénédicte de la Croix[21]. La vie des frères et sœurs est à la fois contemplative, centrée sur la liturgie et la méditation de l’Évangile[22], ainsi que missionnaire : par groupes de deux ou trois, ils frappent aux portes des maisons et mendient leur subsistance[10],[7]. Plusieurs de leurs fraternités sont situées dans des quartiers déshérités[10],[22],[23]. Leur devise est : « Blessé, je ne cesserai jamais d’aimer »[3].

Habit religieux

Les frères et les sœurs de la communauté de l'Agneau portent un habit de couleur bleu clair, composé d'une tunique et d'un scapulaire, un rosaire à la ceinture et un médaillon en bois représentant l'agneau pascal (ou une croix en bois, avant les vœux définitifs). Les sœurs portent un voile bleu noué derrière la tête, tandis que les frères portent un capuce[10],[24],[6].

Malgré ces signes extérieurs, laissant à penser que les sœurs et les frères de l'Agneau sont des religieux, leur statut canonique est celui de laïcs consacrés[25].

Soupçons d'abus d'autorité

En , le magazine Golias fait état de « difficultés qui ont déjà fait réagir nombre de familles suite à l’entrée de l’un de leurs enfants dans cette communauté » et publie le témoignage d'un ancien frère[6].

En 2023, quatre anciens membres adressent à la Cellule de vigilance de la Conférence des évêques de France « un document soulignant la reprise des signaux d’alarme de tendances sectaires dans ce mouvement » et lancent un appel à témoignages relayé par l'Aide aux victimes des dérives de mouvements religieux en Europe et à leurs familles (AVREF)[26],[27].

Le , l'AVREF annonce qu'un procès pour « abus d'autorité » est instruit contre la fondatrice et ancienne modératrice par le Tribunal pénal canonique national[27]. Ce communiqué donne lieu à un droit de réponse de la communauté sur le site de l'AVREF et son propre site[28],[29].

Le , l'AVREF rapporte plusieurs déviances sur la base de témoignages recueillis par l'association dès 2009 : un discernement insuffisant dans l'accueil des vocations s'apparentant à un « enrôlement » ; l'autoritarisme de la fondatrice ; des lacunes dans la formation ; le manque de distinction entre for interne et externe ; des pressions exercées sur les membres exprimant des critiques, « jusqu’à la maltraitance avec dénigrements publics, envois en exil et expulsion dans le plus grand dénuement ou fuite dans le plus grand désarroi pour bon nombre ». Selon un recensement effectué en 2026, 89 membres ont quitté la communauté. Des signalements de la part de jeunes membres et de leur entourage familial ont été faits à des évêques français, mais la localisation à Vienne de la maison-mère ne leur permet pas d'intervenir[14]. La communauté de l'Agneau fait paraître un droit de réponse à l'article de l'AVREF sur son site[30].

Implantations

Chapelle du monastère « Lumière de l'Immaculée » à Lyon.

En 2025, la communauté de l'Agneau compte 170 sœurs[4] et 40 frères. Elle est présente dans 8 pays[7],[31].

Notes et références

Notes

  1. Né le , mort le à Plavilla, dans la maison principale de la communauté. Il est toujours resté franciscain, et n'a pris des fonctions dans la communauté de l'Agneau qu'en 1994[4].

Références

  1. Samuel Dolbeau, Construire et légitimer une modalité d’appartenance et de militance au sein de l’Église catholique : sociohistoire de l’institutionnalisation de la Communauté de l’Emmanuel en Europe francophone (1972-2022) (thèse), , 606 p. (présentation en ligne), p. 236, 249.
  2. Jean-Miguel Garrigues, Par des sentiers resserrés : itinéraire d'un religieux en des temps incertains, Paris, Presses de la Renaissance, , 372 p. (ISBN 978-2750903503), p. 207-208.
  3. Xavier Dufour, « “Blessé, je ne cesserai jamais d’aimer” : 50 ans de la Communauté de l’Agneau », Aleteia,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  4. (es) Almudena Martínez-Bordiú, « Fallece en Pascua el fraile Jean-Claude: fundó la Comunidad del Cordero y vivió entre los pobres » [« Frère Jean-Claude meurt à Pâques : il avait fondé la Communauté de l'Agneau et vivait parmi les pauvres »], ACI Prensa,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  5. (en) Tom Hoopes, « Priest who united Franciscans and Dominicans dies on Easter », Aleteia,‎ (lire en ligne).
  6. Christian Terras, « « Le Jour du Seigneur » de dimanche 21 février : la communauté de l’Agneau vaut-elle une messe télévisée ? », Golias Magazine,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  7. Xavier Dufour, « Les petites sœurs et petits frères de l’Agneau ou l’évangile de l’amitié », sur Aleteia, (consulté le ).
  8. « La Communauté de l'Agneau », sur Communauté de l'Agneau (version du sur Internet Archive).
  9. Olivier Landron, Les communautés nouvelles : nouveaux visages du catholicisme français, Éditions du Cerf, , 478 p. (ISBN 2-204-07305-9, BNF 39285745), p. 150.
  10. Jacques Berset, « Des petites sœurs mendient dans les rues de Buenos Aires », Cath.ch,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  11. Diocèse de Carcassonne, « Petits frères de l’Agneau » [archive du ] [PDF], sur aude.catholique.fr (consulté le ).
  12. Diocèse de Carcassonne, « Association publique de fidèles : Petites sœurs de l'Agneau » [PDF], sur aude.catholique.fr (consulté le ).
  13. (de) « Andacht in der guten Stube », Westfälische Nachrichten,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  14. « Communauté de l'Agneau : Quand des déviances s’installent dans une communauté… », sur AVREF, (consulté le ).
  15. « Schönborn-Alterssitz: Kloster der Kleinen Schwestern vom Lamm », sur katholisch.at, (consulté le ).
  16. Bernadette Bayrhammer, « Die neuen Mitbewohnerinnen des Kardinals », Die Presse,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  17. (de) Agathe Lauber-Gansterer, « Ruhestand: Kardinal Schönborns Zuhause », Der Sonntag (de),‎ (lire en ligne, consulté le ).
  18. Gudrun Sailer, « Le cardinal Christoph Schönborn fête ses 80 ans », Vatican News,‎ (lire en ligne).
  19. (es) Redacción, « Los Hermanitos del Cordero aterrizan en Zamora », sur zamora24horas, (consulté le ).
  20. Julieta Villar, « Une longue amitié et une étreinte inoubliable : Le jour où le pape François a oublié qu'il était pape », sur ACI Afrique, 30 avril, 2025 (consulté le ).
  21. (es) « Las "Hermanitas del Cordero": una comunidad fundada en Francia en 1983, ya difundida en 9 países », Gaudium Press,‎ (lire en ligne).
  22. Domitille Farret d'Astiès, « Sœur Judith et sœur Marie-Jeanne, en mission au pays des cow-boys », sur Aleteia, (consulté le ).
  23. Benjamin Coste, « Les Petites Sœurs de l’Agneau bâtissent un îlot fraternel dans les quartiers nord de Marseille », Famille chrétienne,‎ (lire en ligne).
  24. Éric Chopin, « Une communauté de l'Agneau en mission », Ouest-France,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  25. Gonzague de Pontac, « « Sœur » ou non ? La délicate question de la « zone grise » de la vie consacrée », La Croix,‎ (lire en ligne).
  26. « Communauté de l'Agneau », sur AVREF, (consulté le ).
  27. « Communauté de l'Agneau : si vous avez des questions », sur AVREF, (consulté le ).
  28. « Communauté de l'Agneau : Droit de réponse à l'AVREF », sur AVREF, (consulté le ).
  29. « Droit de réponse », sur Communauté de l'Agneau (consulté le ).
  30. « Droit de réponse à l’AVREF », sur Communauté de l'Agneau (consulté le ).
  31. « Toutes les fraternités », sur Communauté de l'Agneau (consulté le ).
  32. « Messe pour les 30 ans de présence des Petites Sœurs de l’Agneau à Toulouse », sur Radio Présence, .
  33. Anne-Sophie Hourdeaux, « Rencontrez les Petites sœurs de l'Agneau à Béthune ce week-end », Actu.fr,‎ (lire en ligne).
  34. Agnès Guillaume, « À la Croix-Rousse, un nouveau monastère en plein chantier », Lyon People,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  35. Bérengère Dommaigné, « Un petit monastère dans une grande ville », Aleteia,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  36. (es) María-Paz López, « Barcelona construirá un monasterio en Poblenou », La Vanguardia,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  37. (es) Javier Lozano / ReL, « Hermanitas del Cordero, monjas todoterreno: misioneras, mendicantes y vida monástica en plena ciudad », sur Religión en Libertad, (consulté le ).
  38. (es) Jacobo García, « 3.500 metros cuadrados en el corazón de Usera para siete monjas con vocación de orar y pedir », El País,‎ (lire en ligne)
  39. (es) Diego Casado, « La Iglesia renuncia a la parcela que Almeida le cedió gratis en Usera al no poder costear el monasterio allí previsto », ElDiario.es,‎ (lire en ligne)
  40. (es) « Las Hermanitas del Cordero construyen en Navalón su primer monasterio de España », Europa Press,‎ (lire en ligne).
  41. Xavier Sartre, « La solidarité des petites sœurs de l’Agneau à Valence », Vatican News,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  42. (de) Stefan Kronthaler, « Aufruf zur Mission », Der Sonntag,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  43. (es) « Este domingo se inaugura monasterio de las Hermanitas del Cordero », sur Caritas Chili, .
  44. (en-US) Moira Cullings, « Archbishop Emeritus Naumann moves into St. Joseph House », sur The Leaven Catholic Newspaper, (consulté le ).

Voir aussi

Bibliographie

Liens externes

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