Computer Suite for Little Boy

Computer Suite for Little Boy
Musique Jean-Claude Risset
Effectif musique électronique
Durée approximative 13 minutes
Dates de composition 1968
Création 1968
Philadelphie

Computer Suite for Little Boy est une œuvre de musique électronique du compositeur français Jean-Claude Risset composée et créée en 1968. C'est l'une des premières œuvres musicale classiques entièrement synthétisées par ordinateur.

Genèse

Cette suite pour ordinateur fait partie du cycle Little Boy, une musique composée pour la pièce de théâtre Little Boy de Pierre Halet, sur le bombardement d'Hiroshima. Le premier volet de la suite représente le rêve fait par le pilote Claude Eatherly de son vol vers Hiroshima. Le deuxième volet représente la chute de la bombe Little Boy : dans la pièce, Claude Eatherly est selon Jean-Claude Risset hanté par les remords, et « sujet d’une régression infantile, il s’identifie à la bombe Little Boy et tombe avec elle – mais c’est une chute fictive, sans fond, que j’ai évoquée par des sons de synthèse qui paraissent descendre continûment et indéfiniment. […] Dans le cas de Little Boy, la chute correspond à un effondrement intérieur, un collapsus mental[1]. ». Le troisième volet montre la désintégration.

La musique est entièrement composée par Jean-Claude Risset sur ordinateur, aux laboratoires Bell, avec l'aide de Max Mathews[2]. L'œuvre est créée le à l'Arts Council de Philadelphie.

Structure

  1. _Vol et Compte à rebours
  2. _Chute
  3. Contre-Apothéose

Caractéristiques

« Risset réalise un glissando sans fin en dosant soigneusement l’enveloppe spectrale de sorte que les composantes centrales soient renforcées et que les composantes graves et aiguës soient introduites ou éliminées très progressivement. […] la chute est suggérée non seulement par un glissando sans fin qui descend lentement dans les graves (enchevêtrement de courbes hyperboliques dans la zone 0-1 000 Hz) mais aussi par une dizaine de glissandi rapides et isolés (lignes descendantes presque verticales). Dans la seconde partie, le glissando infini, qui est plus lent, est superposé à la gamme chromatique sans fin de Shepard dont les composantes spectrales se confondent avec les lignes du glissando dans le grave mais apparaissent clairement sous forme de points au-delà de 500 Hz. […] Dans « Contre-Apothéose », le troisième mouvement de sa Computer Suite for Little Boy (1968), le compositeur met en scène un glissando qui monte dans les aigus mais qui est finalement plus grave à la fin qu’au début[3] ».

L'œuvre « met en pratique une trouvaille de Jean-Claude Risset : la possibilité grâce à un travail sur la composition des sons de créer des hauteurs qui descendent ou montent à l’infini », elle est ainsi connue pour son effet d'illusion auditive : « Dans la Suite Little Boy, on imagine avec effroi la bombe atomique qui n’en finit pas de tomber sur Hiroshima[4] ».

Références

  1. Jean-Claude Risset, « Quelques points de vue sur l’invisible », Filigrane — Musique, esthétique, sciences, société,‎ (lire en ligne).
  2. « Computer Suite for Little Boy », sur Ressources IRCAM (consulté le ).
  3. François-Xavier Féron, « Propositions pour une typologie des phénomènes sonores insolites », Hybrid, no 2,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  4. Max Dozolme, « Les illusions auditives de Jean-Claude Risset à Hans Zimmer », sur France Musique, (consulté le ).

Lien externe

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