Conférence de Londres (1920)
La conférence de Londres est une conférence internationale qui se tient du 12 février au 10 avril 1920 dans le contexte immédiat de l’après-Première Guerre mondiale[1],[2], réunit les principaux représentants gouvernementaux du Royaume-Uni, de la France et de l’Italie. Ces derniers procèdent à des délibérations relatives à la dislocation et à la répartition territoriale de l’Empire ottoman, tout en élaborant les stipulations destinées à constituer l’ossature du Traité de Sèvres. Sous l’égide respective de David Lloyd George, de Alexandre Millerand et de Francesco Saverio Nitti, les puissances alliées parviennent à une convergence de vues dont les dispositions servent ultérieurement de fondement argumentatif lors de la conférence de San Remo.
Administration militaire de Constantinople
À la suite de l’armistice de Moudros, une administration militaire alliée est instituée à Constantinople le 13 novembre 1918[3], sans que soit pour autant dissoute l’autorité gouvernementale ottomane ni déposée la souveraineté du sultan. La question de la mise sous tutelle de l’Empire ottoman constitue alors un enjeu nodal des délibérations internationales. Les pourparlers se concentrent principalement sur les modalités propres à circonscrire les prérogatives du souverain — notamment en sa qualité de calife — et à assurer son maintien dans la capitale impériale, tant pour des considérations d’ordre pratique que politique. Ces discussions englobent en particulier la détermination des effectifs militaires autorisés ainsi que la répartition du contrôle stratégique du détroit des Dardanelles.
Un dispositif d’équilibration institutionnelle est recherché afin d’assurer au sultan la maîtrise des fonctions sécuritaires du califat, tout en lui déniant toute faculté d’altération des stipulations issues des conventions de paix. Les membres de l’instance sont tenus dans une information continue relative aux agissements du Mouvement Califat, lequel s’emploie à en garantir la pérennité et l’intégrité.
L'assemblée législative ottomane, issue des consultations électorales postérieures à la cessation des hostilités, tient son assise inaugurale le 28 janvier 1920. Cette mandature entérine, le 12 février suivant, le Misak-ı Milli ou Serment national, manifeste proclamant l'intégrité territoriale et la souveraineté de l'État. Concomitamment, l'agitation khilafatiste s'emploie à infléchir la diplomatie du Cabinet britannique afin de garantir la pérennité de l'institution califale. Bien que d'essence confessionnelle, cette mobilisation s'agrège aux revendications émancipatrices du mouvement pour l'indépendance de l'Inde. Pour sa part, le Royaume-Uni conjecture le maintien du calife comme un expédient de contrôle sociopolitique propre à asseoir son hégémonie sur ses possessions d'obédience musulmane[4]. Face à l'irruption du nationalisme anatolien, les puissances réunies à la conférence de Londres actent une mutation du statut d'occupation de Constantinople, substituant à une présence effective un régime de coercition de droit.
Références
- ↑ Michael Graham Fry, Erik Goldstein et Richard Langhorne, Guide to International Relations and Diplomacy, A&C Black, , 198– (ISBN 978-1-62356-603-6, lire en ligne)
- ↑ « Papers Relating to the Foreign Relations of the United States, The Paris Peace Conference, 1919, Volume XIII », Office of the Historian (consulté le )
- ↑ Finkel, Caroline, Osman's Dream, (Basic Books, 2005), 57; "Istanbul was only adopted as the city's official name in 1930..".
- ↑ Evered, Emine Ö., and Kyle T. Evered. 2010. Decolonization through secularization: a geopolitical reframing of Turkey's 1924 abolition of the Caliphate. The Arab World Geographer: 13:1: 1-19.
Voir aussi
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