Congrès des Républicains de 2025

Congrès des Républicains de 2025
Date et
Image illustrative de l’article Congrès des Républicains de 2025
Bruno Retailleau, élu président des Républicains à l'issue du congrès.

Président élu Bruno Retailleau
Élection du président Bruno Retailleau : 74,31 %
Laurent Wauquiez : 25,69 %
Site internet republicains.fr

Le congrès des Républicains de 2025 est une élection interne organisée les 17 et afin de désigner le président du parti politique français de droite Les Républicains (LR).

Il intervient après de mauvais résultats électoraux et une crise interne due à la décision d'Éric Ciotti, élu président du parti en 2022, de nouer une alliance avec le Rassemblement national aux élections législatives de 2024.

Le scrutin voit s'affronter deux candidats : Bruno Retailleau, ministre de l'Intérieur, et Laurent Wauquiez, ancien dirigeant du parti et président du groupe à l'Assemblée nationale. Bruno Retailleau l'emporte avec 74,3 % des suffrages exprimés.

Contexte et enjeux

Ce congrès intervient après plusieurs années de mauvais résultats électoraux pour LR, parti successeur de l'UMP. Élu face à Bruno Retailleau au second tour du congrès de 2022, Éric Ciotti provoque une grave crise interne en 2024 en annonçant une alliance avec le Rassemblement national (RN) en vue des élections législatives faisant suite à la dissolution décidée par le président de la République, Emmanuel Macron[1].

Alors que ces élections conduisent à une instabilité sans précédent sous la Cinquième République, Michel Barnier, issu des rangs LR, est nommé Premier ministre par le président Macron : il constitue un gouvernement avec les partisans de ce dernier alors que Les Républicains se refusaient jusqu'ici à rejoindre le « bloc central ». Trois mois plus tard, le gouvernement est renversé, une première depuis 1962. François Bayrou accède ensuite à Matignon, alors que la question du maintien de LR au gouvernement se pose[1].

Ce scrutin interne est perçu comme déterminant en vue des échéances électorales à venir dans un contexte de recomposition politique après deux quinquennats Macron et de poussée de l'extrême droite. Les analystes estiment qu'un résultat clair donnerait au nouveau président de LR un élan important pour incarner la droite à la prochaine élection présidentielle, tandis qu'une victoire plus serrée compliquerait les choses face à des candidats d'autres partis comme Édouard Philippe, ou des soutiens de Bruno Retailleau tels que David Lisnard ou Xavier Bertrand[1].

Modalités

Le scrutin, que le candidat Bruno Retailleau souhaitait se voir tenir en , est fixé par la direction de LR aux samedi (à partir 18 heures, heure en France métropolitaine) et dimanche (même heure)[2],[3]. Il se tient de façon électronique, à domicile voire sur place depuis un ordinateur dans un bureau de vote local, au moyen de deux identifiants et du numéro d'adhérent[4],[5].

Alors qu'il était menacé de disparition lors de la crise interne de 2024, le parti revendique une multiplication quasiment par trois de son nombre d'adhérents à jour de cotisation durant les deux premiers mois de la campagne du congrès : 43 859 au contre 121 617 retenus par la haute autorité du parti à la date du , jour limite pour adhérer afin de voter au congrès[1],[6].

Candidats

Nom, âge Fonctions et notes
Bruno Retailleau Bruno Retailleau
(64 ans)
Laurent Wauquiez Laurent Wauquiez
(50 ans)

Campagne

Élu en Vendée sous la bannière du MPF de Philippe de Villiers avant de présider le groupe Les Républicains au Sénat, Bruno Retailleau est le ministre LR le plus en vue au sein des gouvernements Barnier puis Bayrou, formés après les élections législatives anticipées de 2024. Il se fait ainsi connaître du grand public en tant que ministre de l'Intérieur en mettant en avant ses discours de fermeté sur l'immigration et l'insécurité, ce qui dérange parfois au sein de la coalition EPR. Il devient rapidement l'une des personnalités politiques préférées des Français et le favori du congrès pour remplacer Éric Ciotti[10].

De son côté, ministre sous la présidence de Nicolas Sarkozy, Laurent Wauquiez a remporté le congrès LR de 2017 avant de quitter la présidence du parti après le mauvais résultat des élections européennes de 2019 et de revenir dans la vie politique nationale lors des élections législatives de 2024. Souvent présenté comme le candidat naturel des Républicains à l'Élysée depuis la défaite de François Fillon en 2017, il devient outsider après l'émergence inattendue de Bruno Retailleau. À deux mois du congrès de 2025, le président du groupe Droite républicaine annonce son souhait de se présenter à la prochaine élection présidentielle alors que Bruno Retailleau est pressenti pour être candidat[10],[11],[12],[13].

Bruno Retailleau et Laurent Wauquiez adoptent des tactiques de campagne différentes. Ce dernier effectue un « tour de France » afin de rencontrer les militants dans leurs fédérations, sur le modèle revendiqué de la campagne présidentielle de proximité conduite en 1995 par Jacques Chirac, longtemps donné battu. Pour sa part, Bruno Retailleau — qui a rallié sur sa candidature la plupart des élus LR dans ce qui est qualifié de « front anti-Wauquiez » — joue sur sa visibilité médiatique alors qu'il dispose de moins de temps pour se rendre sur le terrain du fait de ses fonctions ministérielles[10],[6],[12].

Alors que la droite craint une nouvelle « guerre des chefs » à l'instar de la campagne présidentielle de 1995 ou du congrès de l'UMP de 2012, Laurent Wauquiez attaque Bruno Retailleau sur son impuissance supposée au sein du gouvernement Bayrou, qu'il a refusé d'intégrer. Tantôt jugé modéré tantôt populiste face à un concurrent souvent classé plus à droite, il propose, en fin de campagne, d'envoyer dans un centre de rétention à Saint-Pierre-et-Miquelon des personnes sous obligation de quitter le territoire français et envisage une alliance avec l'élue d'extrême droite Sarah Knafo. Au niveau économique, il prône notamment la « sortie du RSA à vie » pour ceux « aptes au travail »[10],[14],[13].

Résultats

Au niveau national

Une heure après la clôture du scrutin, Annie Genevard proclame les résultats suivants[15] :

Candidats Voix %
Bruno Retailleau 72 629 74,31
Laurent Wauquiez 25 107 25,69
Votes valides 97 736 99,62
Votes blancs 374 0,38
Total 98 110 100,00
Abstention 23 507 19,33
Inscrits / participation 121 617 80,67

Par département

Public Sénat indique les résultats suivants par départements [16]:

N° Départements Bruno Retailleau Laurent Wauquiez
Voix % Voix %
01 Ain 350 41,5 494 58,5
02 Aisne 407 85 72 15
03 Allier 227 28,8 562 71,2
04 Alpes-de-Haute-Provences 107 67,3 52 32,7
05 Hautes-Alpes 83 44,1 105 55,9
06 Alpes-Maritimes 2 972 69,5 1 302 30,5
07 Ardèches 209 29,7 495 70,3
08 Ardennes 132 68 62 32
09 Ariège 52 82,5 11 17,5
10 Aube 232 73,4 84 26,6
11 Aude 185 73,1 68 26,9
12 Aveyron 126 70 54 30
13 Bouches-du-Rhône 2 233 85,8 369 14,2
14 Calvados 646 84,9 115 15,1
15 Cantal 65 10,1 581 89,9
16 Charente 242 81,8 54 18,2
17 Charente-Maritime 756 82 166 18
18 Cher 284 84,3 53 15,7
19 Corrèze 414 76,2 129 23,8
21 Côte-D'Or 541 77,1 161 22,9
22 Côte-D'Armor 363 80 91 20
23 Creuse 55 59,1 38 40,9
24 Dordogne 311 71,5 124 28,5
25 Doubs 471 73,5 170 26,5
26 Drôme 364 27,5 959 72,5
27 Eure 410 84,2 77 15,8
28 Eure-et-Loir 503 85,8 83 14,2
29 Finistère 709 80,9 167 19,1
2A Corse-du-Sud 172 83,9 33 16,1
2B Haute-Corse 292 88,8 37 11,2
30 Gard 734 74,3 254 25,7
31 Haute-Garonne 1 085 68,8 491 31,2
32 Gers 128 87,1 19 12,9
33 Gironde 1 855 84,2 349 15,8
34 Hérault 1 038 79,8 262 20,2
35 Ille-et-Vilaine 775 87,9 107 12,1
36 Indre 164 82,8 34 17,2
37 Indre-et-Loire 693 78,7 188 21,3
38 Isère 912 46,2 1 064 53,8
39 Jura 295 65,4 156 34,6
40 Landes 333 70 143 30
41 Loir-et-Cher 232 83,8 45 16,2
42 Loire 381 32,1 806 67,9
43 Haute-Loire 70 3,8 1 786 96,2
44 Loire-Atlantique 2 211 93,2 161 6,8
45 Loiret 568 82,3 122 17,7
46 Lot 125 59,5 85 40,5
47 Lot-et-Garonne 196 67,8 93 32,2
48 Lozère 54 34 105 66
49 Maine-et-Loire 888 88,8 112 11,2
50 Manche 403 87,8 56 12,2
51 Marne 452 82,3 97 17,7
52 Haute-Marne 108 58,1 78 41,9
53 Mayenne 217 90 24 10
54 Meurthe-et-Moselle 517 76,8 156 23,2
55 Meuse 101 79,5 26 20,5
56 Morbihan 912 92,6 73 7,4
57 Moselle 594 75,1 197 24,9
58 Nièvre 133 82,1 29 17,9
59 Nord 1 390 82,4 296 17,6
60 Oise 671 79,2 176 20,8
61 Orne 328 67,1 161 32,9
62 Pas-de-Calais 783 79 208 21
63 Puy-de-Dôme 324 30,3 745 69,7
64 Pyrénées-Altantiques 996 81 234 19
65 Hautes-Pyrénées 177 71,7 70 28,3
66 Pyrénées-Orientales 569 78,1 160 21,9
67 Bas-Rhin 651 78,7 176 21,3
68 Haut-Rhin 439 73,3 160 26,7
69 Rhône 2 298 56 1 802 44
70 Haute-Saône 171 76 54 24
71 Saône-et-Loire 503 74,2 175 25,8
72 Sarthe 462 89,4 55 10,6
73 Savoie 513 53,1 453 46,9
74 Haute-Savoie 684 62,6 409 37,4
75 Paris 7 454 87,5 1 067 12,5
76 Seine-Maritime 698 78,1 196 21,9
77 Seine-et-Marne 1 379 78,8 372 21,2
78 Yvelines 4 742 90,2 516 9,8
79 Deux-Sèvres 387 90,4 41 9,6
80 Somme 319 73,7 114 26,3
81 Tarn 248 75,8 79 24,2
82 Tarn-et-Garonne 193 77,5 56 22,5
83 Var 1 808 79,3 472 20,7
84 Vaucluse 529 74,4 182 25,6
85 Vendée 1 774 97,4 47 2,6
86 Vienne 230 79,3 60 20,7
87 Haute-Vienne 311 74 109 26
88 Vosges 214 78,1 60 21,9
89 Yonne 296 77,9 84 22,1
90 Territoire-de-Belfort 601 72,6 227 27,4
91 Essone 970 81,6 219 18,4
92 Hauts-de-Seine 4 908 85,4 836 14,6
93 Seine-Saint-Denis 513 81 120 19
94 Val-de-Marne 1 498 82,3 323 17,7
95 Val-d'Oise 912 78,7 247 21,3
Français de l'étranger 848 87,5 121 12,5
OM1 : Guadeloupe (971), Martinique (972), Guyane (973), Saint-Barthélemy (977), Saint-Martin (978), Saint-Pierreet-Miquelon (975) 91 72,8 34 27,2
OM2 : La Réunion (974) 338 83,5 67 16,5
OM3 : Mayotte (976) 123 83,1 25 16,9
OM4 : Nouvelle-Calédonie (988), Polynésie française (987), Wallis-et-Futuna (986) 199 48,3 213 51,7
Total 72 629 74,31 25 107 25,69

Analyse et suites

Bien qu'attendue, la victoire de Bruno Retailleau est plus importante que prévu. Après son élection, il reste ministre de l'Intérieur, comme annoncé durant la campagne[1].

La défaite de Laurent Wauquiez est attribuée à de multiples facteurs : longue absence médiatique après sa démission de la présidence de LR en 2019 ; refus d'organiser le congrès dès 2024 (alors que Bruno Retailleau n'envisageait alors pas d'être candidat) après avoir renoncé à participer à la primaire de 2021 et au congrès du parti de 2022 ainsi qu'à intégrer les gouvernements Barnier et Bayrou ; ligne idéologique fluctuante et sans marqueurs forts dans le débat politique ; fortes inimitiés dans le parti[13].

Notes et références

Notes

Références

  1. AFP, « Les Républicains élisent leur nouveau président avec l'Élysée en ligne de mire », sur lemonde.fr, Le Monde, (consulté le ).
  2. ↑ « Congrès des Républicains : la droite se cherche un leader entre Wauquiez et Retailleau », sur rcf.fr (consulté le )
  3. ↑ « La droite française en quête d’un chef pour revenir au pouvoir », sur Le Soir, (consulté le ).
  4. ↑ Rédaction, « Le vote par Internet, une fausse bonne idée ? », sur challenges.fr, Challenges, (consulté le ).
  5. ↑ « Présidence LR : comment va se dérouler le scrutin pour départager Retailleau et Wauquiez ? », sur tf1info.fr, TF1, (consulté le ).
  6. AFP, « Présidence de LR : le match Wauquiez-Retailleau a presque fait tripler le nombre d'adhérents au parti », sur sudouest.fr, Sud Ouest, (consulté le ).
  7. François Vignal, « Présidence des LR : qui sont les soutiens de Bruno Retailleau et de Laurent Wauquiez ? », sur publicsenat.fr, Public Sénat, (consulté le ).
  8. ↑ Pomme Labrousse, « Présidence chez LR : Qui sont les cinq membres fondateurs du comité de soutien à Bruno Retailleau en Corrèze ? », La Montagne,‎ (lire en ligne Accès payant)
  9. ↑ Antton Rouget, Ellen Salvi, « Les 50 000 euros de dette de François Fillon et l’intervention magique de Bruno Retailleau », sur Mediapart, (consulté le ).
  10. Jacques Paugam, « Présidence de LR : la campagne acharnée de Laurent Wauquiez », sur lesechos.fr, Les Échos, (consulté le ).
  11. ↑ AFP, « Laurent Wauquiez annonce son souhait d’être candidat à la présidentielle », sur lemonde.fr, Le Monde, (consulté le ).
  12. Laure Cometti, « "Il a 2027 en ligne de mire" : pourquoi Bruno Retailleau a décidé de se lancer dans la bataille pour la présidence des Républicains », sur franceinfo.fr, France Info, (consulté le ).
  13. Victor Boiteau, « Présidence de LR : les raisons de l’échec de Laurent Wauquiez », sur liberation.fr, Libération, (consulté le ).
  14. ↑ Nathalie Schuck et Charles Sapin, « Wauquiez, Knafo et le risotto : LR et le fantôme de la « droite hors les murs » », sur lepoint.fr, Le Point, (consulté le ).
  15. ↑ « Élection du président des Républicains : résultats du vote », sur republicains.fr, Les Républicains, (consulté le ).
  16. ↑ « RÉSULTATS DE L’ÉLECTION DU PRÉSIDENT DES RÉPUBLICAINS PAR FÉDÉRATION » (consulté le )
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