Conjecture de Hartmanis-Stearns
En informatique théorique et en mathématiques, la conjecture de Hartmanis-Stearns est un problème non résolu, nommé d'après Juris Hartmanis et Richard E. Stearns, qui l'ont formulé en 1965 dans un article intitulé « On the computational complexity of algorithms », article qui est à la base du domaine de la théorie de la complexité computationnelle[1], et qui leur a valu à ce titre le prix Turing en 1993.
Formulation
Un mot infini est dit calculable en temps réel s'il existe une machine de Turing à plusieurs bandes qui, fonctionnant sans entrée, écrit les lettres successives du mot sur sa bande de sortie, en un temps borné entre l'émission deux lettres successives. De manière équivalente, s'il existe une machine de Turing à plusieurs bandes qui, pour un entier naturel donné , écrit les lettres successives de ce mot en unaire sur sa bande de sortie, en temps [2],[3].
La conjecture de Hartmanis-Stearns stipule que si est un nombre réel dont le développement dans une certaine base (par exemple, le développement décimal de ) est calculable en temps réel, alors est rationnel ou transcendant[3],[4].
Conséquence
La conjecture a pour conséquence notable qu'il n'existe pas d'algorithme de multiplication d'entiers en temps linéaire, alors qu'on connaît un algorithme en [3].
Résultats partiels
Un résultat partiel a été démontré par Boris Adamczewski et Yann Bugeaud[5] (une autre démonstration antérieure, par John H. Loxton et Alfred van der Poorten[6], s'est avérée incomplète) : un nombre est rationnel ou transcendant si son développement dans une base donnée est une suite automatique. Ce résultat a ensuite été généralisé par Boris Adamczewski, Julien Cassaigne et Marion Le Gonidec[4] aux suites engendrées par des automates à pile déterministes.
Références
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Hartmanis–Stearns conjecture » (voir la liste des auteurs).
- ↑ Juris Hartmanis et Richard E. Stearns, « On the computational complexity of algorithms », Transactions of the American Mathematical Society, vol. 117, , p. 285–306 (DOI 10.2307/1994208, JSTOR 1994208, MR 0170805)
- ↑ Patrick C. Fischer, Albert R. Mayer et Arnold L. Rosenberg, « Time-restricted sequence generation », Journal of Computer and System Sciences, vol. 4, no 1, , p. 50–73 (DOI 10.1016/S0022-0000(70)80012-5)
- Richard Lipton, « Why The Hartmanis-Stearns Conjecture Is Still Open »
- Boris Adamczewski, Julien Cassaigne et Marion Le Gonidec, « On the computational complexity of algebraic numbers: the Hartmanis–Stearns problem revisited », Transactions of the American Mathematical Society, vol. 373, , p. 3085–3115 (arXiv 1601.02771)
- ↑ Boris Adamczewski et Yann Bugeaud, « On the complexity of algebraic numbers I. Expansions in integer bases », Annals of Mathematics, vol. 165, no 2, , p. 547–565 (DOI 10.4007/annals.2007.165.547, arXiv math/0511674)
- ↑ John H. Loxton et Alfred van der Poorten, « Arithmetic properties of automata: regular sequences », Journal für die reine und angewandte Mathematik, vol. 392, , p. 57–69 (lire en ligne)
Voir aussi
- Portail de l'informatique théorique
- Arithmétique et théorie des nombres