Conquête almoravide d'al-Andalus
| Date |
1086–1115 (29 ans) |
|---|---|
| Lieu | Al-Andalus |
| Casus belli | Al Mutamid ibn Abbad de Séville appel à l'aide les Almoravides face aux menaces d'Alphonse VI de Castille. |
| Issue |
Victoire almoravide
|
| Changements territoriaux | Annexion des Taïfas d'al-Andalus par les Almoravides |
| Almoravides Taïfas d'al-Andalus (1086–1089) |
Taïfas d'al-Andalus (à partir de 1089) |
| Youssef Ibn Tachfin Ali ben Youssef Abdallah ben Bologhin de Grenade Tamim ben Bologhin de Malaga Yahya al-Qadir de Valence (1086–1089) |
Rodrigo Díaz de Vivar Abdallah ben Bologhin de Grenade Tamim ben Bologhin de Malaga Yahya al-Qadir de Valence (à partir de 1089) |
La conquête almoravide d’al-Andalus (1086–1115) désigne une invasion musulmane d'al-Andalus qui met fin à la première période des Taïfas et arrête provisoirement la Reconquista.
Ce sont les princes arabes d’Espagne, parmi lesquels Al Mutamid ibn Abbad de Séville, menacés par Alphonse VI de León qui a investi Tolède en 1085, qui font appel à l’almoravide Youssef ben Tachfine.
Contexte
Formation de l'empire almoravide au Maghreb
Les Almoravides émergent d'une coalition des Lemtouna, Guezoula et Massoufa, tribus berbères nomades vivant dans ce qui est aujourd'hui la Mauritanie et le Sahara occidental [1],[2], traversant le territoire entre les fleuves Drâa, Niger et Sénégal [3],[4]. Lors de leur expansion au Maghreb, ils fondent la ville de Marrakech comme capitale, vers 1070. Peu après, l'empire se divise en deux branches : une branche septentrionale centrée sur le Maghreb, dirigée par Youssef ben Tachfine et ses descendants, et une branche méridionale basée au Sahara, dirigée par Abou Bakr ben Omar et ses descendants [1].
L'Émirat Almoravide prend forme avec la nomination de Youssef ben Tachfine au titre d'Âmir al-Muslimîn (Prince des musulmans), avec l'approbation du pouvoir abbasside. Il mène des offensives contre les Zirides afin de s'assurer le contrôle, au début des années 1080, de Tanger et Ceuta. Pour les conquérir, les Almoravides font construire une flotte qui leur permet également d'ouvrir la voie de la Péninsule Ibérique [5].
Reconquête chrétienne et appel à l'aide des musulmans d'al-Andalus
Après l'effondrement du Califat de Cordoue au début du XIe siècle, al-Andalus se fragmente en petits royaumes appelés « taïfas ». Les souverains musulmans se livrent à des luttes intestines et dépendent des royaumes chrétiens du nord pour obtenir une aide militaire [6]. Ce soutien est assuré par le versement régulier de « parias » (tributs) aux rois chrétiens, mais ils constituent un fardeau financier qui épuise les trésors de ces souverains locaux. Face à la baisse des paiements de tribut, les royaumes chrétiens ont recours à des raids punitifs, puis à la conquête. Les rois des taïfas ne parviennent pas à s'unir pour contrer cette menace, et même le plus puissant d'entre eux, la taïfa de Séville, est incapable de résister à l'avancée chrétienne [7],[8].
En mai 1085, Alphonse VI de Castille s'empare de Tolède, auparavant l'une des cités-États les plus puissantes d'al-Andalus, et commence peu après le siège de Saragosse [9],[6]. Ces événements contraignent les rois des Taïfas à envisager une intervention extérieure des Almoravides [10],[11]. Selon la source arabe la plus détaillée, c'est Al Mutamid ibn Abbad, souverain de Séville, qui convoque une réunion avec ses voisins, al-Mutawwakil de Badajoz et Abdallah ben Bologhin de Grenade, au cours de laquelle ils conviennent d'envoyer une ambassade auprès de Youssef ben Tachfine pour solliciter son aide [10].
Encouragé par ses conquêtes, Alphonse VI se lance dans une politique de pillage en engageant des mercenaires qui massacrent la population des environs de Séville. Se faisant appeler « roi des deux religions », Alphonse VI décide d'écrire une lettre d'un ton arrogant au roi de Séville, Mutamid, lui réclamant purement et simplement d'abandonner sa cité à l'instar du roi de Tolède :
« Mon attente ici (dans les environs de Séville) a déjà été trop longue, la chaleur et les mouches sont intolérables ; offrez-moi votre palais afin que je puisse me reposer à l'ombre de ses jardins et garder ces insectes loin de mon visage. »
La réponse de Mutamid est immédiate puisqu'il écrira au dos de la lettre envoyée par Alphonse VI son intention de faire appel aux Almoravides :
« Nous avons lu votre lettre et compris son contenu arrogant et méprisant. Nous avons bien l'intention de vous fournir rapidement un endroit ombragé, à l'ombre des hamd (nom donné aux boucliers des combattants almoravides) »
Les rois des Taïfas sont conscients des risques liés à une intervention almoravide, mais la considèrent comme le meilleur choix parmi leurs mauvaises options. Al Mutamid ibn Abbad aurait déclaré avec amertume : « Mieux vaut faire paître des chameaux que d'être porcher », sous-entendant qu'il veut mieux se soumettre à un autre souverain musulman que de devenir sujets d'un roi chrétien [10],[11].
Initialement, Youssef ben Tachfine ne semble guère manifester d'intérêt pour une intervention militaire en al-Andalus [12] mais, en échange de son aide, il exige la cession d'Algésiras (ville située sur la rive nord du détroit de Gibraltar) afin d'y établir une base pour ses troupes, ce que le roi Al Mutamid ibn Abbad accepte. L'émir almoravide envoi aussitôt une avant-garde de 500 hommes à travers le détroit pour prendre le contrôle d'Algésiras, en juillet 1086, sans rencontrer de résistance. Le reste de son armée, forte d'environ 12 000 hommes, suit peu après [10].
Invasion almoravide d'al-Andalus

Youssef ben Tachfine arrive à Séville avec son armée, où il se joint aux forces coalisées des rois musulmans Al Mutamid ibn Abbad, al-Mutawwakil et Abdallah ben Bologhin. Alphonse VI, informé de ces événements, lève le siège de Saragosse et marche vers le sud pour les affronter. Les deux camps se rencontrent au nord de Badajoz, à un endroit appelé Zallaqa dans les sources arabes et Sagrajas dans les sources chrétiennes. Lors de la bataille de Sagrajas, le 23 octobre 1086, Alphonse VI est sévèrement défait et contraint de battre en retraite vers le nord [13]. Al Mutamid ibn Abbad conseille aux musulmans de profiter de leur avantage, mais Youssef ben Tachfine ne poursuit pas l'armée chrétienne et retourne à Séville, puis en Afrique du Nord. Il est possible qu'il n'ait pas souhaité rester trop longtemps loin de chez lui ou que le décès de son fils aîné l'ait incité à rentrer [14],[15].
Après le départ d'Youssef ben Tachfine, Alphonse VI reprend rapidement la pression sur les rois des Taïfas et les contraint à nouveau à verser un tribut. Il s'empare de la forteresse d'Aledo, coupant ainsi l'est d'al-Andalus des autres royaumes musulmans. Pendant ce temps, Ibn Rashiq, souverain de Murcie, est engagé dans une rivalité avec Al Mutamid ibn Abbad de Séville. En conséquence, cette fois, ce sont les élites ou notables d'al-Andalus, et non plus les rois, qui sollicitent l'aide des Almoravides. En mai-juin 1088, Youssef ben Tachfine débarque à Algésiras avec une nouvelle armée, bientôt rejoint par Al Mutamid ibn Abbad de Séville, Abdallah ben Bologhin de Grenade, et d'autres troupes envoyées par Ibn Sumadih d'Almería et Ibn Rashiq de Murcie. Ils se mettent alors en route pour reprendre Aledo. Le siège est cependant compromis par les rivalités et les dissensions entre les rois des taïfas. La nouvelle parvient finalement aux musulmans qu'Alphonse VI amène une armée pour soutenir la garnison castillane. En novembre 1088, Youssef ben Tachfine lève le siège et retourne en Afrique du Nord, sans avoir rien accompli [16].
Alphonse VI envoie son commandant de confiance, Alvar Fañez, pour faire pression à nouveau sur les rois des Taïfas. Il parvient à contraindre Abdallah ben Bologhin à reprendre le paiement du tribut et commence à son tour à faire pression sur Al Mutamid ibn Abbad. En 1090, Youssef ben Tachfine retourne en al-Andalus, mais il semble désormais avoir renoncé à l'alliance avec les rois des taïfas et entend prendre le contrôle direct de la région [17],[18]. La cause almoravide bénéficie du soutien de l'école malikite (juristes islamiques) en al-Andalus, qui loue leur dévouement au jihad tout en critiquant les Taïfas. Les rois andalous sont considérés comme impies, hédonistes et donc illégitimes [17],[19].
En septembre 1090, Youssef ben Tachfine contraint Grenade à se rendre et exile Abdallah ben Bologhin à Aghmat. Il retourne ensuite en Afrique du Nord, mais cette fois-ci, il confie le commandement des forces almoravides en al-Andalus à son neveu, Sir ibn Abu Bakr. Al Mutamid ibn Abbad cherche à sauver son trône et a recours à une alliance avec Alphonse VI, ce qui sape davantage son propre soutien populaire [17]. Au début de 1091, les Almoravides prennent le contrôle de Cordoue et se tournent vers Séville, défaisant une force castillane dirigée par Alvar Fañez venue aider Al Mutamid ibn Abbad, à la bataille d'Almodóvar del Río. En septembre 1091, Al Mutamid ibn Abbad capitule à Séville face aux Almoravides et est exilé à Aghmat [17]. Fin 1091, les Almoravides s'emparent d'Almería [17]. Fin 1091 ou janvier 1092, Ibn Aisha, l'un des fils d'Youssef ben Tachfine, prend le contrôle de Murcie [20].
Offensives almoravides face à la Reconquista

La prise de Murcie rapproche les Almoravides de Valence, alors officiellement sous le contrôle de Yahya al-Qadir, ancien souverain de la taïfa de Tolède. Il y a été installé en 1086 par les Castillans après leur prise de Tolède [21]. Le règne impopulaire d'al-Qadir à Valence est soutenu par une garnison castillane commandée par Rodrigo Díaz de Vivar, noble et mercenaire castillan plus connu sous le nom d'El Cid. En octobre 1092, en l'absence d'El Cid, une insurrection et un coup d'État éclatent, menés par le cadi Abu Ahmad Ja'far Ibn Jahhaf. Ces derniers font appel aux Almoravides de Murcie, qui envoient un petit groupe de guerriers dans la ville. La garnison castillane est contrainte de se retirer et al-Qadir est capturé puis exécuté [22],[23].
Cependant, les Almoravides n'ont pas envoyé suffisamment de forces pour s'opposer au retour d'El Cid et Ibn Jahhaf a sapé son soutien populaire en s'installant lui-même comme souverain, agissant comme un autre roi « Taïfa » [23],[22]. El Cid commence un long siège de Valence (1092–1094), l'encerclant complètement, incendiant les villages voisins et confisquant les récoltes de la campagne environnante. Ibn Jahhaf accepte un temps de payer un tribut à El Cid pour mettre fin au siège, ce qui a pour conséquence l'évacuation des Almoravides [24]. Une armée de secours almoravide, menée par le neveu d'Youssef ben Tachfine, Abu Bakr ibn Ibrahim, approche Valence en septembre 1093, mais se retire sans affronter El Cid [23]. Ibn Jahhaf poursuit les pourparlers mais refuse finalement de payer le tribut d'El Cid qui l'assiège donc à nouveau [23]. En avril 1094, la ville affamée décide de se rendre et El Cid entre dans Valence le 15 juin 1094, après vingt mois de siège. Plutôt que de gouverner à nouveau par l'intermédiaire d'un pantin, il prend désormais directement le pouvoir en tant que roi [25].
Parallèlement, toujours en 1094, les Almoravides s'emparent de l'ensemble de la Taïfa de Badajoz, suite à l'alliance du roi al-Mutawwakil avec la Castille [17]. L'expédition almoravide est menée par Sir ibn Abu Bakr, nommé gouverneur de Séville. Les Almoravides reportent ensuite leur attention sur Valence, où un autre neveu d'Ibn Tashfin, Muhammad ibn Ibrahim, reçoit l'ordre de prendre la ville [23],[25]. Il arrive aux portes de la cité en octobre 1094 et lance des attaques contre elle. Le siège prend fin lorsqu'El Cid inflige aux Almoravides leur première défaite majeure, dans la Péninsule Ibérique, à la bataille de Quart [26]. Après sa victoire, El Cid fait exécuter Ibn Jahhaf en le brûlant vif en public, peut-être en représailles à sa trahison [23].

Fin 1096, Ibn Aisha mène une armée de 30 000 hommes pour assiéger la plus puissante des forteresses chrétiennes, Peña Cadiella (au sud de Xativa) [26]. El Cid résiste mais appel à l'aide le royaume d'Aragon. À l'approche des renforts chrétiens, les Almoravides lèvent le siège, mais tendent un piège aux troupes du Cidsur le chemin du retour vers Valence. Surpris dans un étroit passage entre les montagnes et la mer, les troupes chrétiennes sont ralliées par El Cid et parviennent à repousser une nouvelle fois les Almoravides [27]. En 1097, le gouverneur almoravide de Xativa, Ali ibn al-Hajj [23], mène une nouvelle incursion en territoire valencien, mais est rapidement vaincu et poursuivi jusqu'à Almenara, ville que Le Cid prend après un siège de trois mois [27].
En 1097, Youssef ben Tachfine mène lui-même une nouvelle armée en al-Andalus. Partant de Cordoue avec Muhammad ibn al-Hajj comme commandant en chef, il marche contre Alphonse VI, alors à Tolède. Les Castillans sont mis en déroute à la bataille de Consuegra. Le Cid n'y participe pas, mais son fils, Diego, y trouve la mort [28]. Peu après, Alvar Fañez est également vaincu près de Cuenca, lors d'une autre bataille contre les Almoravides, commandés par Ibn Aisha. Suite à cette victoire, les Almoravides ravagent les terres environnant Valence et vainquent une autre armée envoyée par El Cid [28]. Malgré ces victoires sur le champ de bataille, ils ne parviennent à conquérir aucune nouvelle ville ou forteresse importante [29].
El Cid tente de christianiser Valence, transformant sa principale mosquée en église et établissant un évêché, mais ne réussit finalement pas à attirer de nouveaux colons chrétiens [28]. Il meurt le 10 juillet 1099, laissant son épouse, Chimène, à la tête du royaume. Elle ne peut résister aux pressions almoravides, qui culminent dans un siège de la ville par le commandant Mazdali, au début du printemps 1102. En avril-mai, Chimène et les chrétiens qui souhaitent quitter la ville sont évacués avec l'aide d'Alphonse VI. Les Almoravides occupent la ville après eux [28],[29].
La même année, la prise de Valence étant considérée comme un nouveau triomphe, Youssef ben Tachfine célèbre l'événement et fait reconnaître publiquement son fils, Ali ben Youssef, comme son héritier [29]. Le roi de la Taïfa de Saragosse, seul autre pouvoir musulman subsistant dans la Péninsule Ibérique, envoie un ambassadeur à cette occasion et signe un traité avec les Almoravides. À la mort de Youssef ben Tachfine en 1106, les Almoravides contrôlent ainsi toute la région d'al-Andalus, à l'exception de Saragosse. En général, ils n'ont reconquis aucun des territoires perdus face aux royaumes chrétiens au siècle précédent [30].
Le nouvel émir almoravide, Ali ben Youssef, visite al-Andalus pour la première fois de son règne en 1107 [31] et sa première offensive majeure y a lieu durant l'été 1108. Tamim, assisté de troupes venues de Murcie et de Cordoue, assiège et s'empare de la petite ville fortifiée d'Uclés, à l'est de Tolède. Alphonse VI envoie une armée de secours, commandée par le vétéran Alvar Fañez, qui est défaite le 29 mai lors de la bataille d'Uclés (1108) [32]. Le résultat est d'autant plus désastreux pour Alphonse VI que son fils et héritier, Sancho Alfónsez, périt au combat [33]. Suite à cette défaite, les Castillans abandonnent Cuenca et Huete, ouvrant ainsi la voie à une invasion almoravide de Tolède [34]. Talavera de la Reina est prise le 14 août 1109 mais Tolède résiste sous le commandement d'Alvar Fañez, ce qui contraint Ali ben Youssef à se retirer sans la conquérir [34].
Pendant ce temps, le roi de la taïfa de Saragosse, al-Musta'in II, lance une expédition contre le Royaume d'Aragon, mais celle-ci échoue [34]. Il meurt au combat en janvier 1110 à la bataille de Valtierra. Son fils et successeur, Imad al-Dawla Abdelmalik, ne parvient pas à asseoir son autorité et, face à la menace de révolte, s'enfuit de la ville. Ali ben Youssef saisit l'occasion et confie à Muhammad ibn al-Hajj la mission de conquérir Saragosse [35]. Le 30 mai, Ibn al-Hajj entre dans la ville sans grande résistance, mettant ainsi fin au dernier royaume Taïfa indépendant [36].
En 1111, Sir ibn Abu Bakr (gouverneur de Séville) mène campagne à l'ouest, occupant Lisbonne puis Santarém et sécurisant la frontière le long du Tage [36]. En 1112, l'expédition de Muhammad ibn al-Hajj à Huesca est la dernière incursion des forces musulmanes près des Pyrénées [36]. En 1114, il mène campagne en Catalogne, avec l'aide d'Ibn Aisha de Valence, mais les Almoravides sont défait lors de la bataille de Martorell où leurs deux commandants sont tués [36]. En 1115, Mazdali, périt également au combat alors qu'il est gouverneur de Cordoue et mène campagne au nord de la ville [33],[37].
En 1115, le nouveau gouverneur de Saragosse, Abou Bakr ibn Ibrahim ibn Tifilwit, assiège Barcelone pendant 27 jours, alors que le comte Raimond-Bérenger III se trouve à Majorque. Le siège est levé au retour du comte, mais la même année, les Almoravides s'emparent des îles Baléares, temporairement occupées par les Catalans et les Pisans [36]. Après la mort du dernier souverain musulman local, Moubashir al-Dawla, les Almoravides occupent Majorque sans combattre [36].
Conséquences

La société andalouse coopère largement avec les Almoravides, partant du principe qu'ils peuvent contenir la Reconquista des royaumes chrétiens du nord de l'Espagne [38],[39]. Cependant, le sort des Almoravides commence à tourner après 1117 du fait que leurs forces deviennent trop dispersées sur de vastes territoires [40],[33]. Signe de l'affaiblissement almoravide, l'émir Ali ben Youssef mène sans succès le siège de Coimbra [41] et son armée effectue des raids sur le chemin du retour vers Séville afin de récupérer un butin [36],[33]. Lorsque le gouverneur de Saragosse, Abd Allah ibn Mazdali, meurt en 1118, aucun remplaçant n'est désigné et la garnison almoravide restée dans la ville semble être très réduite [40].
Alors que le Léon et la Castille sont en plein désarroi après la mort du roi Alphonse VI, d'autres royaumes chrétiens profitent de l'occasion pour étendre leurs territoires aux dépens des Almoravides [42]. La prise de Saragosse par Alphonse Ier en 1118, ainsi que l'union de son royaume avec les comtés catalans en 1137, transforme l'Aragon en une importante puissance chrétienne de la région. À l'ouest, Alphonse Ier de Portugal affirme son autorité et crée de facto un royaume indépendant en 1139. La puissance croissante de ces royaumes chrétiens accentue les difficultés politiques auxquelles les musulmans sont désormais confrontés dans la Péninsule Ibérique [43].
Notes et références
- Kate Fleet, Gudrun Krämer, Denis Matringe, John Nawas et Everett Rowson, Encyclopaedia of Islam, Three, Brill, (ISBN 978-9004181304, ISSN 1873-9830, lire en ligne), « Almoravids »
- ↑ Peter Sluglett et Andrew Currie, Atlas of Islamic History, Routledge, (ISBN 978-1-138-82128-6), p. 31
- ↑ Gilbert Meynier, L'Algérie, coeur du Maghreb classique: de l'ouverture islamo-arabe au repli (698–1518), La Découverte, (ISBN 978-2-7071-5231-2, lire en ligne)
- ↑ Extrait de Encyclopedia Universalis on Almoravids.
- ↑ Pascal Buresi et Mehdi Ghouirgate, « Chapitre 2. Les Almoravides », Cursus, , p. 29–41 (DOI 10.3917/arco.bures.2021.01.0029, lire en ligne, consulté le )
- El Fasi 1990, p. 380.
- ↑ Kennedy 1996, p. 145–153, 166–170.
- ↑ Bennison 2016, p. 41.
- ↑ Kennedy 1996, p. 161.
- Kennedy 1996, p. 162.
- Bennison 2016, p. 43.
- ↑ Bennison 2016, p. 40, 42.
- ↑ Rivet 2012, p. 112.
- ↑ Kennedy 1996, p. 162–163.
- ↑ Bennison 2016, p. 43–44.
- ↑ Kennedy 1996, p. 163–164.
- Kennedy 1996, p. 164.
- ↑ Bennison 2016, p. 45.
- ↑ Bennison 2016, p. 45, 47.
- ↑ Messier 2010, p. 112.
- ↑ Kennedy 1996, p. 153, 165.
- Bennison 2016, p. 46.
- Kennedy 1996, p. 165.
- ↑ Messier 2010, p. 114–115.
- Messier 2010, p. 115.
- Messier 2010, p. 116.
- Messier 2010, p. 116–117.
- Messier 2010, p. 117–118.
- Kennedy 1996, p. 166.
- ↑ Kennedy 1996, p. 171–172.
- ↑ Kennedy 1996, p. 172.
- ↑ Kennedy 1996, p. 172–173.
- Bennison 2016, p. 56.
- Kennedy 1996, p. 173.
- ↑ Messier 2010, p. 135.
- Kennedy 1996, p. 174.
- ↑ Messier 2010, p. 135–136.
- ↑ Bennison 2016, p. 57.
- ↑ Kennedy 1996, p. 182.
- Kennedy 1996, p. 181.
- ↑ Kennedy 1996, p. 172, 174.
- ↑ Kennedy 1996, p. 179–180.
- ↑ Kennedy 1996, p. 180.
Bibliographie
- Mohammed El Fasi, « L'Afrique du VIIe au XIe siècle », dans Histoire générale de l'Afrique, vol. III, Jeune Afrique, (ISBN 978-92-3-201709-3).

- Daniel Rivet, Histoire du Maroc, Fayard, (ISBN 978-2-213-67465-0, lire en ligne).

- (en) Amira K. Bennison, The Almoravid and Almohad Empires, Edinburgh University Press, (ISBN 978-0748646821, lire en ligne).

- (en) Hugh Kennedy, Muslim Spain and Portugal: A Political History of al-Andalus, Routledge, (ISBN 978-1317870418).

- (en) Ronald A. Messier, The Almoravids and the Meanings of Jihad, Praeger/ABC-CLIO, (ISBN 978-0-313-38590-2, lire en ligne), p. 118.

Voir aussi
Articles connexes
- Portail du monde arabo-musulman
- Portail de la Reconquista
- Portail d’al-Andalus
- Portail du Maghreb