Controverses liées à Nestlé

Les controverses liées à Nestlé touchent la multinationale suisse Nestlé possédant de nombreuses entreprises dans l'alimentaire. Elles concernent principalement des scandales sanitaires, environnementaux et politiques.

Avant 2000

Publicité du lait en poudre

Une étude menée par des chercheurs britanniques montre, au milieu des années 1970, la supériorité pour la croissance des nouveau-nés du lait maternel sur le lait en poudre[1], a fortiori dans les pays dépourvus d'eau potable en quantité suffisante. En 1979, 150 organisations internationales fondent l'IBFAN (en anglais : International baby food action network) ou Réseau international pour l’alimentation infantile[2] dont l'objectif est de lutter contre la stratégie de communication de l'industrie du lait en poudre qui s'appuie, en particulier dans les pays en développement, sur la prétendue supériorité de celui-ci sur le lait maternel. Aux États-Unis, l’International Nestlé boycott committee, constitué d'une trentaine d'ONG et d'églises lance en 1977 une campagne de boycott, principalement suivie en Amérique du Nord, en Grande-Bretagne, en Suède et en Allemagne[réf. nécessaire]. Une session extraordinaire de l'Organisation mondiale de la santé vote en 1981 un code international pour la commercialisation du lait en poudre[3]. Il interdit toute forme de publicité incitant à la substitution du lait en poudre au lait maternel. Ce code est signé en 1984 par Nestlé, qui a cependant été à plusieurs reprises accusée par des ONG ou des journalistes de violer ce code[4]. Par ces publicités Netslé serait responsable de plusieurs centaines de milliers de morts chaque année[5].

En 2010, un rapport de l’IBFAN dénonce les méthodes utilisées en Indonésie par les multinationales Nestlé, Danone et Friesland pour promouvoir le lait en poudre auprès du personnel hospitalier aux dépens de la santé des femmes et des nouveau-nés[Note 1]. La situation est également dénoncée par l'association Save the Children[6].

Années 2000 à 2010

Réétiquetage de boîtes de lait périmé

En , la police colombienne découvre que Nestlé procède au réétiquetage de 200 tonnes de lait périmé[7] ; en effet, à plusieurs reprises, Nestlé de Colombia SA a fait renouveler les emballages et les étiquettes de produits laitiers périmés importés de pays d'Amérique latine, mettant par la même occasion en danger la vie et la santé de la population colombienne. Avant et après la confiscation par l’État des produits périmés, le comportement de Nestlé envers les employés s’est caractérisé par des tentatives d’intimidation, pour éviter que des salariés ne dénoncent les pratiques illégales de celle-ci[8].

Dettes du gouvernement éthiopien

En , l'ONG Oxfam révèle que Nestlé réclame six millions de dollars à l'Éthiopie en compensation de la nationalisation de l'entreprise éthiopienne Elidco (Ethiopian Livestock Development) par le gouvernement de Mengistu en 1975[9]. Nestlé refuse dans un premier temps l'offre d'arrangement d'un million de dollars et demi proposée par le gouvernement éthiopien, car le gouvernement du pays a vendu en 1998 l’entreprise expropriée à un homme d’affaires local pour la somme de 8,7 millions de dollars[10]. Sous la pression de l'opinion publique, Nestlé signe un accord le pour la somme de 1,5 million de dollars et déclare vouloir consacrer cette somme à des projets de lutte contre la famine dans la région, en collaboration avec la Croix-Rouge internationale[Nestlé 1].

Espionnage de l'association ATTAC

L'entreprise Nestlé a mandaté la société de surveillance Securitas SA pour espionner, à partir de l'été 2003, la section vaudoise de Attac Suisse qui prépare le livre Attac contre l'empire Nestlé[11],[12]. Une employée de Securitas est infiltrée dans les réunions d'Attac et écrit une trentaine de rapports pour ses supérieurs en s'intéressant de très près au groupe de travail qui rédige le livre. Elle se charge même du chapitre sur « marché du café », et fait valider ses notes par les responsables de Nestlé[13]. Une deuxième taupe vient prendre le relais quand la première démissionne après 10 mois. L'affaire est révélée en 2008 par la Télévision suisse romande et Attac dépose une plainte pénale contre Nestlé et Securitas le . Les espionnes Shinta Juilland et Fanny Decreuze refusent de témoigner[14].

L'instruction pénale se termine par un non-lieu prononcé en , le juge estimant que les faits sont prescrits, car il n'a pas pris en considération les activités de la deuxième taupe de 2005 à 2008 dont l'activité a été découverte après le dépôt de la plainte pénale[11]. Le tribunal civil de Lausanne, par contre, a condamné Nestlé et Securitas pour espionnage, les deux sociétés devant payer 3 000 francs par personne lésée aux plaignants, en plus des frais de justice et des dépens.

Polémique autour de la citation : « L'accès à l'eau ne fait pas partie des droits de l'homme. Il devrait être privatisé »

La citation « L'accès à l'eau ne fait pas partie des droits de l'homme. Il devrait être privatisé » est largement relayée sur Internet et souvent attribuée à Peter Brabeck-Letmathe, ancien PDG de Nestlé. Pourtant, il ne l’a jamais formulée ainsi. Il s’agit d’une interprétation de propos tenus en 2005 dans le documentaire We Feed the World.

Brabeck y opposait deux visions : celle des ONG, qu’il qualifiait d’« extrême », soutenant la nationalisation de l’accès à l’eau, et celle considérant l’eau comme une denrée alimentaire ayant une valeur marchande. Il déclarait :

« Il est préférable, selon moi, de donner une valeur à une denrée afin que nous soyons tous conscients qu’elle a un coût. »

Il précisait aussi qu’il fallait mettre en place « des mesures adaptées pour les franges de la population qui n’ont pas accès à cette eau ». Face aux critiques, Nestlé a plusieurs fois démenti l’interprétation de cette citation. En 2013, Brabeck déclarait dans une vidéo :

« Il existe apparemment quelques fausses interprétations concernant mes idées sur l'eau (…) j'ai toujours soutenu le droit humain à l'eau. »

En 2017, Nestlé a de nouveau affirmé que ses propos avaient été sortis de leur contexte, et sur son site, la société indique :

« Peter Brabeck-Letmathe croit fermement que l'eau est un droit humain. »

La citation, bien que fausse, continue à circuler sur les réseaux sociaux, avec des milliers de partages recensés par des outils d’analyse comme Crowdtangle[15].

Politique sociale

Un conflit oppose depuis 2007 Nestlé au syndicat indonésien affilié à l'UITA. Face à cela, le syndicat porte plainte auprès de l'OCDE pour violation de ses principes directeurs et la plainte est jugée recevable. En effet, dans son usine située dans le district de Panjang à Bandar Lampung en Indonésie, Nestlé refuse de dévoiler les salaires de ses employés afin de ne pas les intégrer dans la convention collective en cours d'élaboration[16].

Manœuvres sur le lait en Afrique

En 2007, trois familles camerounaises portent plainte contre Nestlé pour avoir provoqué la mort de leurs enfants avec des substituts végétaux vendus comme du lait infantile[17]. Cette affaire résonne avec le boycott de Nestlé dans les années 1970 à la suite de la parution du livre Le tueur de bébés.

Au Cameroun encore, Pius Bissek, PDG de Codilait, accuse Nestlé d'avoir importé du lait à base d’huile de palme et de coco, faisant ainsi couler la concurrence[18]. Il gagne son procès en , Nestlé étant condamné à lui verser un million d'euros de réparation[19]. Après différentes procédures lancées en appel pour obtenir un dédommagement plus important, Pius Bissek gagne son procès contre Nestlé en au terme de 17 ans de marathon judiciaire : Nestlé est condamné à lui verser 517 millions de FCFA de dommages et intérêts, soit 223 millions de FCFA de moins que lors du jugement de première instance de 2010[11],[20].

Au Sénégal, Amadou Moctar Sow, PDG de la SIPL (Société Industrielle de Produits Laitiers), parle d'une association entre la Société générale de banques au Sénégal (SGBS) et Nestlé pour faire tomber son entreprise de production laitière[21]. En , la chaîne France 5 diffuse le documentaire Un empire en Afrique qui revient sur les manœuvres de Nestlé pour conquérir les marchés africains à tout prix[22],[23].

Droits d'utilisation de musique dans les publicités

Feeling Good est une reprise par le groupe Muse (album Origin of Symmetry) d'une chanson de Nina Simone. Nestlé a essayé de l'utiliser dans une de ses publicités pour le café en Angleterre. Nestlé a demandé une première fois s'il pouvait l'utiliser, mais le groupe musical a refusé de céder ses droits. Pourtant, Nestlé a continué de l'utiliser, ce qui a conduit Muse à intenter une action en justice contre cette marque. Nestlé a été reconnu coupable et a dû supprimer la chanson de sa publicité et payer au groupe 500 000 £ (soit 756 000 €) de dommages-intérêts[24] (que le groupe a donnés à l'association Oxfam[25]). Nestlé a alors remplacé la version de Muse par une imitation de la version de Nina Simone[réf. nécessaire].

Contamination bactérienne aux États-Unis

En , des produits de Nestlé, faits à partir de pâte à cookies, ont été rappelés aux États-Unis, les produits contenant la bactérie E. coli O157, habituellement associée à des contaminations fécales[26]. Soixante-neuf personnes ont été intoxiquées dans vingt-et-un États[27]. Nestlé refuse aux inspecteurs alimentaires l’accès à plusieurs documents[28]. Les inspecteurs de la Food and Drug Administration (FDA) n'expliquent pas comment cette bactérie a pu être présente dans des produits fabriqués à partir de pâte à cookies. Nestlé, qui détient 41 % du marché des pâtes à cookies, avertit qu'il ne faut pas manger cette préparation crue (au risque d'être éventuellement touché par la salmonelle, bactérie affectant les œufs crus). Nestlé a ultérieurement annoncé une reformulation de ses recettes impliquant le remplacement de la farine de blé crue par une farine thermisée[réf. nécessaire].

Années 2010 à 2020

Participation à la déforestation

En , Greenpeace lance une campagne contre Nestlé qui, selon l'association, contribue à la déforestation en Indonésie[29]. Un film fait notamment le buzz autour de la marque Kit Kat[30]. Cette campagne cherche à démontrer que l'utilisation de l'huile de palme dans des produits de Nestlé contribuerait à l'éradication de l'écosystème de plusieurs espèces animales dont les orangs-outans. En détournant l'un des produits phares du géant de l'agroalimentaire, Greenpeace permet notamment aux internautes d'employer un « avatar » détourné de la marque KitKat, transformé en Killer, pour relayer sur les différents médias sociaux, leur appel au boycott ou leurs critiques de la marque. La page Facebook de Nestlé fait notamment l'objet de plusieurs centaines de posts très virulents et la gestion de crise de Nestlé, sur ce sujet, défraie la chronique chez les experts du secteur[31],[32],[33],[34]. En effet, ceux-ci reprochent à Nestlé d'avoir dans un premier temps, d'une certaine manière, rompu le dialogue avec les internautes, et agité le chiffon rouge, en les menaçant, sur Facebook, de supprimer leurs posts si ceux-ci employaient des avatars détournant une marque de Nestlé. Les internautes se sont d'autant plus déchaînés. Dans un second temps, les détracteurs reprochent à Nestlé d'avoir répondu de manière trop institutionnelle (et non pas sur le ton sur lequel les internautes l'interpellaient) sur sa volonté de revoir l'usage, dans ses produits, de l'huile de palme, à l'horizon 2015 (soit cinq ans plus tard).

Quelques jours auparavant, le jour même du début de la campagne de Greenpeace, Nestlé avait pourtant déjà annoncé, pour couper court à la polémique — mais en vain — sa décision de ne plus s'approvisionner auprès de Smart, le premier producteur indonésien d'huile de palme, suivant les exemples de Kraft et Unilever[35].

Fraude à la viande de cheval de 2013

Nestlé n'est pas épargné par le scandale de la fraude à la viande de cheval de 2013. Le , la branche portugaise du groupe annonce par un communiqué que des tests ont mis en évidence des traces d'ADN de cheval dans un plat de lasagnes congelées transformées à base de bœuf, en France et destinées aux industries de la restauration en France et au Portugal (lasagnes à la bolognaise gourmandes).

Nestlé retire également en Italie des raviolis et des tortellinis vendus sous la marque commerciale Buitoni Beef Ravioli et Beef Tortellini en raison d'un mauvais étiquetage. Mais aucune trace de viande de cheval n'y a été trouvée[36].

Conséquence de cette crise, la chute de ventes de plats préparés a conduit Nestlé à cesser la production de lasagnes et hachis parmentier surgelés dans son usine de Beauvais (Oise) en France, supprimant au passage 120 postes de travail[37].

Opposition aux avertissements sanitaires

Avertissement sanitaire chilien sur un produit riche en sucre, sel, graisses saturées et calories.

Notamment entre 2013 et 2019, Nestlé demande au Secrétariat d'État à l'économie (Suisse) de s'opposer à des politiques de santé publique au Mexique, en Équateur, au Chili et au Pérou – en particulier des avertissements sur des aliments obésogènes[38],[39],[40]. Nestlé s'est opposé au Nutri-score jusqu'en 2019 ; il l'a ensuite promu pour éviter un étiquetage plus strict comme au Mexique[41].

Affaire Maggi

En 2015, des tests en Inde ont trouvé des teneurs en plomb jugés non conformes dans certains lots de nouilles Maggi ; l’autorité sanitaire a ordonné le retrait et la destruction de millions de paquets, provoquant une interdiction temporaire et une bataille juridique. Nestlé a contesté certains résultats, mais l’affaire a eu un coût commercial et réputationnel important en Inde[2].

Travail forcé et travail des enfants

En , Amnesty International publie un rapport dénonçant le travail des enfants et l'esclavage dans les plantations indonésiennes de palmiers à huile fournissant des entreprises comme Nestlé, Unilever, Kellogg's, Colgate-Palmolive et Procter & Gamble[42],[43]. Aux États-Unis, il y a eu un procès concernant l'implication de Nestlé dans l'esclavage des enfants en Afrique[44],[45]. En 2019, Nestlé annonce qu'il ne peut pas garantir que ses produits chocolatés sont exempts de travail d'enfants esclaves, car la traçabilité n'est assurée que sur 49 % de ses achats. Le Washington Post souligne que l'engagement de mettre fin sous quatre ans à l'esclavage des enfants dans la filière du chocolat, pris en 2001 sous la pression du Congrès des États-Unis, n'a pas été tenu en 2005 ni lors des échéances successives de 2008 et 2010, et qu'il ne le sera pas non plus en 2020[46].

Écoblanchiment de sa marque Vittel

En , Nestlé Deutschland s'est vu remettre par l'association Deutsche Umwelthilfe le Vautour d'or (Goldener Geier), récompensant l'écoblanchiment de l'entreprise, pour la pollution qu'elle a engendrée tout en s'offrant une image écoresponsable[47], en particulier pour la bouteille en plastique à usage unique créée par sa marque Vittel pour l'eau minérale importée en Allemagne[48].

Après 2020

Invasion de l'Ukraine par la Russie

Pour Nestlé, la Russie représente un marché d'expansion. Le géant de l'alimentaire y génère un revenu annuel de 1,65 milliard d'euros soit environ 2 % de son revenu global, et y emploie 7 000 personnes[49],[Nestlé 2].

Le , à la suite de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, le premier ministre ukrainien, Denys Shmyhal a exhorté Mark Schneider, directeur de Nestlé, à suspendre ses activités en Russie[50]. Le , le président ukrainien Volodymyr Zelensky a renouvelé cette demande, soulignant que les impôts payés par Nestlé en Russie soutiennent l'économie russe et aident à financer l'invasion de l'Ukraine[51],[52]. Face à ces mises en cause, Nestlé a publié un communiqué et réplique qu'ils se doivent de protéger leurs salariés[Nestlé 3].

Contamination par Escherichia coli en 2022

En , un rappel de produit est effectué sur toute la gamme de pizzas surgelées Fraîch’Up de la marque Buitoni de Nestlé après l'apparition de cas d'infection liés à l'ingestion de la bactérie Escherichia coli[53]. L'hygiène de l'usine Nestlé France de Caudry (Nord) est remise en cause[54]. Cette contamination provoque le décès de deux enfants en France[55].

À la suite de deux inspections d'hygiène approfondies menées les 22 et par des agents de la direction départementale de la protection des populations (DDPP) du Nord et de la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), un arrêté préfectoral pris le décide de l'arrêt de l'activité industrielle de production alimentaire des deux lignes de production de pizzas de l'usine SPAC-Nestlé de Caudry. Des photos publiées dans les médias montrent une usine sujette à de gros problèmes d'hygiène et de maintenance (nourriture et déchets non alimentaires laissés au sol, champignons au mur, déchets alimentaires coincés dans les machines durant plusieurs jours, vers de farine sur la chaîne de production, installations vétustes situées trop près de la nourriture, présence de rongeurs dans les locaux) ainsi que de graves négligences humaines (non-respect du lavage des mains, cycles de congélation et décongélation, etc.)[54],[56].

En , une seconde plainte est déposée contre Buitoni et Nestlé, propriétaire de la marque, à la suite d'une allégation d'intoxication avec la gamme de pizzas « Bella Napoli »[57].

En , des lots interdits étaient encore commercialisés dans deux magasins Franprix à Paris[58].

Le , Nestlé a annoncé la fermeture définitive de l'usine de Buitoni, située à Caudry. Cette décision fait suite au scandale sanitaire issu de cette usine de production et ayant potentiellement causé plusieurs intoxications mortelles[59],[60]. À la suite de cette décision, le groupe Neslé s'est engagé à fournir aux 140 salariés de l’usine de Buitoni « une opportunité de reclassement interne »[61].

Le , un accord « d'indemnisation amiable » a été signé entre Nestlé et les dizaines de victimes du scandale pizzas Buitoni contaminés par la bactérie E. coli. Le montant de cet accord d'indemnisation n'a pas été dévoilé. Il a pour effet de clore le volet civil de l'affaire et n'a aucune incidence sur son volet pénal (dans la mesure où l'action pénale n'est pas éteinte)[62],[63].

Forages illégaux et traitements interdits des eaux minérales

Le , le tribunal d'Épinal en France a validé la procédure entre le parquet et Nestlé dans l'affaire des forages illégaux et des traitements interdits des eaux minérales. Alors que les délits sont estimés à 3 milliards d'euros, la société reçoit une amende de 2 millions d'euros, ce qui « déclenche la colère des ONG ». Les faits auraient duré plus de 15 ans, la convention de justice permet ainsi à Nestlé d'échapper à un procès[64].

Affaire des eaux Nestlé

En , Nestlé reconnaît avoir eu recours à des traitements interdits pour faire face à des problèmes de contaminations notamment bactériologiques de ses eaux en bouteille (Perrier, Vittel, Hépar, Contrex…), et accepte de payer une amende de 2 millions d'euros pour éviter une potentielle condamnation pénale[65].

Début , le journal Le Monde et la cellule investigation de Radio France révèlent que l'Élysée et Matignon ont autorisé la commercialisation par Nestlé d'eaux non conformes à la réglementation sanitaire, malgré des recommandations d'interdiction émises dès par la direction générale de la Santé. Des documents internes témoignent par ailleurs de nombreux échanges entre Nestlé et divers conseillers et directeurs de cabinets de responsables politiques[66],[67]. En , le Sénat ouvre une commission d'enquête sur l'industrie de l'eau en bouteille, et notamment sur ses liens avec le pouvoir[68]. Après le refus du secrétaire général de l'Élysée Alexis Kohler de répondre à une convocation, le contenu des échanges entre l'Élysée et Nestlé sont rendus publics, et des poursuites judiciaires sont annoncées[69]. La commission d'enquête sénatoriale présente ses résultats le . En particulier, elle montre que Nestlé a obtenu le soutien du gouvernement pour obtenir que l’agence régionale de santé (ARS) supprime des éléments de son rapport indiquant que les sources de Perrier sont contaminées par des pesticides et des bactéries[70].

Contamination de laits infantiles à la toxine céréulide (2025-2026)

En , Nestlé lance un rappel de laits en poudre pour bébés des marques Guigoz et Nidal suite à la détection dans une de ses usines aux Pays-Bas sur un lot de poudre de lait, de la présence de toxine céréulide, une toxine émétique (causant des vomissements) produite par la bactérie Bacillus cereus et susceptible de provoquer des troubles digestifs graves chez le nourrisson[71]. Nestlé est accusé d’avoir identifié la présence de la toxine dix jours avant d’effectuer ses premiers rappels de produits, courant décembre[72]. Le , Nestlé organise cette fois un vaste rappel en France de lots de laits infantiles en poudre. Le , pour des raisons similaires, la firme Lactalis procède à un rappel de lots de lait infantile de la marque Picot, commercialisés en France en pharmacie et en grande distribution et la procédure est appliquée à des lots exportés dans 18 pays[71].

Dans le cas des laits infantiles contaminés Nestlé et Lactalis, les analyses ont relié la présence de cette toxine à l’incorporation d’acide arachidonique, un acide gras poly-insaturé de la famille des oméga-6, utilisé comme complément alimentaire dans les préparations pour nourrissons. Les investigations ont permis d’identifier l'origine de l'ingrédient, une huile riche en acide arachidonique, produite par un fournisseur en Chine[71].

Selon l’ONG Foodwatch, 10 usines Nestlé sont concernées par les contaminations. Le , des rappels massifs sont effectués sur plus de 800 marques commercialisées par Nestlé[71].

Notes et références

Notes

  1. ↑ « Companies are also aggressively seducing health workers because they know that doctors and nurses influence mothers’ choices. Presents such as ice boxes, televisions and emergency lights have been donated to healthcare facilities while companies are also reported to give cash or ‘cheap’ and low-cost supplies of breastmilk substitutes to hospitals. (…) Products such as SGM 1 and Vitalac 1 (Sari Husada), Lactogen 1 (Nestlé), Bebelac 1 (Nutricia) and Frisian Flag 1 (Friesland) are regularly distributed, in violation of the Code and to the detriment of mother and infant health. » - « A survey of the state of the International Code of Marketing of Breastmilk Substitutes and subsequent WHA Resolutions »[lire en ligne]. Voir également BFAN-ICDC report on baby food marketing practices : Danone/Sari Husada[lire en ligne]

Sources primaires

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Références

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  63. ↑ Source AFP, « Scandale des pizzas Buitoni : accord d’indemnisation entre des familles et Nestlé », sur Le Point, (consulté le )
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  66. ↑ Marie Dupin, « Scandale des eaux en bouteille : de l'Élysée à Matignon, révélations sur le lobbying de Nestlé au sommet de l'Etat », sur France Info, (consulté le ).
  67. ↑ Stéphane Mandard, « Fraude aux eaux minérales : comment l'Elysée et Matignon ont cédé au lobbying de Nestlé malgré les alertes des autorités de santé », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  68. ↑ « Eaux en bouteille : le Sénat va auditionner "l'ensemble des professionnels de ce secteur" », sur Radio France, (consulté le ).
  69. ↑ Marie Dupin, « Scandale des eaux en bouteille : "L'Élysée savait, au moins depuis 2022, que Nestlé trichait depuis des années", assure le rapporteur de la commission d’enquête sénatoriale », sur France Info, (consulté le ).
  70. ↑ « Fraude aux eaux minérales : le rapport qui détaille comment l’Etat et Nestlé ont voulu masquer le scandale Perrier », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  71. « Le secteur des laits infantiles dans la tourmente après les rappels massifs de produits Lactalis et Nestlé, contaminés par une même toxine », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  72. ↑ « Précaution Lait infantile : Nestlé France rappelle un nouveau lot, de la marque Guigoz », Libération,‎ (lire en ligne)


Voir aussi

Articles connexes

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