Convention citoyenne sur les temps de l'enfant

Convention citoyenne
sur les temps de l'enfant

Présentation
Type Assemblée de citoyens
Corps Conseil économique, social et environnemental
Création
Fin
Lieu Paris, Drapeau de la France France
Structure
Membres 130
Élection
Système électoral Par tirage au sort

Palais d'Iéna

Description de cette image, également commentée ci-après
Photographie du lieu de réunion.

Divers
Site web https://conventioncitoyennetempsenfant.lecese.fr/

La Convention citoyenne sur les temps de l'enfant est une assemblée de citoyens française, constituée en par le Conseil économique, social et environnemental (CESE) sur demande du Premier ministre François Bayrou (gouvernement Bayrou). Elle se termine en .

Elle regroupe 130 citoyens tirés au sort parmi la population française, selon six critères : âge, sexe, catégorie socioprofessionnelle, typologie d’aire urbaine, niveau de diplôme et origine géographique[1].

Origine et contexte

Le président de la République française Emmanuel Macron a décidé le le lancement d'une nouvelle convention citoyenne sur « les temps de l'enfant », concernant notamment la durée des vacances, et les rythmes scolaires[2].

Déroulement

La convention est organisée par le CESE, et se déroule en sept sessions entre début juin et fin , composant une phase d'appropriation et d'auditions d'experts et d'élèves, une phase de délibération, et une phase finale d'harmonisation et de restitution des travaux de la convention[3]. Les citoyens ont également réalisé des ateliers de réflexion dans les territoires avec des enfants et des élus locaux, et ont également reçu les propositions d'un panel d'enfants et d'adolescents[4].

Initialement prévue à 140[1], la convention rassemble finalement 130 citoyens tirés au sort[5]. Ses conclusions sont présentées le [5],[6].

Résultats

La convention s'est accordée sur un rapport contenant 20 propositions, qui ont recueilli l'accord de plus des deux tiers de l'assemblée citoyenne. La majorité des propositions concerne l'organisation du temps passé à l'école[5], et contient des pistes de financement ainsi que les éventuelles réserves des citoyens tirés au sort[4].

Les 20 propositions adoptées sont les suivantes[4],[5]:

  1. mise en place obligatoire d'un temps d'accueil échelonné avant le début de la journée de cours pour tous les niveaux ;
  2. début des journées de classe à 9 heures à partir du collège ;
  3. enseignement des savoirs théoriques le matin, et de savoirs et travaux pratiques l'après-midi (centrés sur l'apprentissage par projet, la vie quotidienne, la cuisine, le bricolage, la gestion de budget, la citoyenneté) et fin des journées de classe à 15 heures 30 au collège et 16 heures 30 au lycée ; la période après la fin des cours est réservée à des activités extra-scolaires culturelles ou sportives ;
  4. réduction de la durée des heures de cours dans le secondaire (collège) de 55 à 45 minutes effectives ;
  5. adaptation des cours aux besoins spécifiques des élèves et renforcer la détection anticipée des troubles et handicaps de l'enfant, par l'implémentation de visites médicales obligatoires, l'augmentation du nombre de professionnels de santé à l'école, et la réduction du nombre d'élèves par classe ;
  6. allongement de la durée de la pause méridienne (repas de midi) à 1 heure 30, avec un temps de repas garanti à 30 ou 45 minutes minimum selon l'âge ;
  7. mise en place d'un temps de liberté garanti durant la pause méridienne, déclaré comme un accueil collectif de mineurs ;
  8. réalisation des devoirs à l'école, dans des espaces aménagés, plutôt qu'au domicile ;
  9. retour de la semaine de cinq jours de cours (du lundi au vendredi) dès l'école élémentaire ;
  10. mise en place obligatoire de séjours ou voyages scolaires, un par an d'une durée minimale d'un jour, pour chaque niveau à partir de l'école élémentaire ;
  11. réduction de trois à deux zones de vacances, pour respecter un rythme de sept semaines de cours suivies de deux semaines de vacances scolaires ;
  12. création d'un ministère de l'enfance ;
  13. création ou renforcement de projets éducatifs de territoire adaptés aux réalités locales ;
  14. mise en place d'un plan bâtimentaire de rénovation des établissements scolaires sur une durée de 20 à 30 ans, pour la création de campus en tant que lieux de vie polyvalents et intégrant des espaces verts pour accueillir confortablement les enfants pour l'apprentissage comme le repos ou le soin ;
  15. développement d'établissements scolaires ergonomiques et modulaires pour s'adapter à divers usages ;
  16. ouvertures des espaces et équipements des établissements scolaires au public (excepté les salles de classe) à travers des accords de mutualisation des locaux ;
  17. mise en place de plans de mobilité pour les jeunes afin de réduire le temps passé dans les transports scolaires à moins de 45 minutes par trajet entre domicile et établissement scolaire ;
  18. obligation d'une éducation aux usages du numérique à l'école ;
  19. renforcement de la législation sur le temps d'écran des jeunes, notamment via l'interdiction des réseaux sociaux aux enfants de moins de 15 ans avec vérification d'identité et l'interdiction de la publicité sur les écrans à destination des enfants ;
  20. création d'un droit de la parentalité pour reconnaître et protéger le rôle des parents, et renforcer le cadre légal des aides à la parentalité.

Si Emmanuel Macron souhaite notamment réduire la durée des grandes vacances d'été, les citoyens de la convention ont jugé que ce n'était pas souhaitable et pas compatible avec la multiplication des vagues de chaleur en France et le réchauffement climatique[5].

Certaines propositions ayant trait à la vie parentale ont été omises du rapport final, car votées par moins des deux tiers requis. Elles évoquaient la création d'un service public de la parentalité, d'un crédit d'heures annuel fourni aux parents, ou de la mobilisation de seniors volontaires pour les enfants[5].

Accueil et postérité

Critiques sur l'organisation

Certains participants regrettent le calendrier de la convention, et ne pas avoir réussi à aller au « au fond » de tous les sujets évoqués tout en devant faire ça à la réalité financière de leurs propositions dans un contexte instable[7]. D'autres craignent que leurs propositions soient ignorées ou instrumentalisées[5].

Certains médias et représentants de parents d'élèves critiquent le budget de 4 millions d'euros alloué à la convention citoyenne[8],[9].

Accueil des résultats des travaux

Si les propositions reprennent des éléments déjà proposés par les chronobiologistes ou même par des commissions passées, la modification des rythmes scolaires est jugée difficile, non pas quant à leurs effets sur les enfants, mais car de telles modifications seraient contraires aux intérêts des parents d'élèves ou des professionnels du tourisme[10].

La proposition d'activités extra-scolaires, notamment gérées par des collectivités territoriales et des associations à la place des établissements scolaires, est critiquée par le syndicat national des enseignements de second degré (SNES) et le syndicat national unitaire des instituteurs, professeurs des écoles (SNUipp) qui le voient comme un vecteur d'inégalités sociales, toutes les collectivités n'ayant pas les mêmes moyens et ne donnant pas les mêmes priorités à tous[11]. Ils craignent également que l'étalement des cours sur cinq jours n'augmente la charge de travail des enseignants, travaillant déjà dans des conditions dégradées[11]. Le SNES approuve toutefois la modification du calendrier des vacances scolaires[9].

La fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE) critique les moyens à engager pour mettre en place ces propositions, et craint que le raccourcissement des heures de cours ne favorise les inégalités de genre en incombant plus de travail aux mères de famille[11]. Un représentant du syndicat national des lycées et collèges réfute lui que les élèves soient fatigués à cause de leurs journées de cours (préférant diminuer le temps d'écran des jeunes, ce que défend également la convention citoyenne) et critique des mesures « hors sol »[9].

Le syndicat des enseignants-UNSA accueille plus positivement les constats et mesures de la convention citoyenne, mais souhaite que leur mise en place soit conjuguée à augmentation des investissements dans les établissements scolaires et des rémunérations du personnel enseignant, considérant que la plupart auront un impact majeur sur des enseignants déjà sous-payés, et que des efforts seront nécessaires pour obtenir leur adhésion[9],[12]. La psychologue de l’éducation et spécialiste des rythmes biologiques des enfants Claire Leconte abonde dans le sens des mesures proposées également[13].

Postérité

Début 2026, Emmanuel Macron se déclare favorable à une mesure en particulier proposée par la convention, le début des cours à 9 heures au lieu de 8 heures[14], une opinion partagée plus tard par une tribune co-signée par l'ancienne ministre et médecin Anne Genetet[15] puis par le ministre de l'Éducation nationale Édouard Geffray[16]. Toutefois, le président se déclare toujours favorable à une réduction du volume de vacances, notamment l'été, contrairement à ce que préconise la convention[14].

En mai 2026, le nouveau maire de Paris Emmanuel Grégoire lance une version locale de cette convention pour la ville de Paris[17].

Notes et références

  1. « Lancement du tirage au sort pour la Convention citoyenne sur les temps de l'enfant », sur lecese.fr, (consulté le )
  2. ↑ « Emmanuel Macron va lancer une convention citoyenne sur les temps de vacances et les horaires scolaires », sur lemonde.fr, (consulté le )
  3. ↑ CESE, « Calendrier des travaux de la Convention citoyenne sur les temps de l'enfant »
  4. CESE, « Les propositions de la Convention citoyenne sur les temps de l'enfant »,
  5. « La convention citoyenne sur les temps de l’enfant plaide pour une réforme d’ampleur des rythmes scolaires », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  6. ↑ Johan Bescond, « Rythmes de l’enfant : journées d’école, vacances, écrans… Les propositions de la convention citoyenne », sur Ouest-France,
  7. ↑ « A la convention citoyenne sur les temps de l’enfant, « on aura planté une graine, si elle pousse, tant mieux » », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  8. ↑ Caroline Beyer, « Rythmes scolaires : l’impossible équation des «temps de l’enfant» », sur Le Figaro, (consulté le )
  9. Emma Ferrand, Horia Mustafa Douine et Caroline Beyer, « «Il faut arrêter de dire que les journées des élèves sont épuisantes» : les enseignants mitigés après le rapport de la convention citoyenne », sur Le Figaro, (consulté le )
  10. ↑ Caroline Beyer, « Rythmes scolaires : qui croit vraiment à la convention citoyenne sur les « temps de l’enfant » ? », sur Le Figaro, (consulté le )
  11. Aurélie Lebelle, « Propositions de la Convention citoyenne : pourquoi la semaine de cinq jours à l’école fait polémique », sur leparisien.fr, (consulté le )
  12. ↑ Julie Campet, « Convention citoyenne sur les temps de l’enfant : le SE-Unsa salue les constats, alerte sur les incohérences », sur SE UNSA, (consulté le )
  13. ↑ Apolline Le Romanser, « Convention citoyenne sur les temps de l’enfant : «Finir l’école plus tôt serait une bonne chose pour tous les niveaux» », sur Libération (consulté le )
  14. « Rythmes scolaires : Emmanuel Macron pour des journées et des vacances plus courtes », sur www.banquedesterritoires.fr, (consulté le )
  15. ↑ « Éducation. Une ex-ministre et des scientifiques réclament que les cours ne commencent plus avant 9 heures », sur www.ledauphine.com, (consulté le )
  16. ↑ « Début des cours à 9 heures : la piste du ministre de l'Éducation, Édouard Geffray pour mieux respecter le sommeil des enfants et des ados », sur RTL.fr, (consulté le )
  17. ↑ « Emmanuel Grégoire favorable à la semaine de 4,5 jours en vigueur à Paris », sur 20 Minutes, (consulté le )

Voir aussi

Articles connexes

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