Cornelius Rost

Cornelius Rost
Biographie
Naissance
Décès
(à 64 ans)
Munich
Nationalité
Domicile
Activités
Militaire, commandant
Autres informations
Arme
Grade militaire
Conflit
signature de Cornelius Rost
Signature.

Cornelius Rost (, Kufstein, Autriche - , Munich, Allemagne) [1],[2],[3] est un soldat allemand de la Seconde Guerre mondiale qui a prétendu avoir été fait prisonnier par l'Armée rouge et s'être échappé d'un camp du Goulag dans la péninsule Tchouktche, en Sibérie. Les expériences qu'il décrit ont fait l'objet d'un livre (So weit die Füße tragen, en français Aussi loin que mes pas me portent), d'une série télévisée et d'un film. Des recherches ultérieures ont montré que le récit de son évasion était purement fictif.

Biographie

Cornelius Rost est né le à Kufstein, au Tyrol autrichien. Devenu allemand à la suite de l'Anschluss, il habitait Munich lorsque la Seconde Guerre mondiale éclata. Mobilisé, il fut fait prisonnier par l'Armée rouge. Selon sa propre déclaration de 1942, il était simple soldat, bien que Clemens Forell, son pseudonyme dans le livre, soit présenté comme officier de la Wehrmacht. D'après l'état civil de Munich, Rost rentra de captivité le .

En 1953, il commença à travailler à l'imprimerie interne de la maison d'édition Franz Ehrenwirth à Munich. Après avoir abîmé de nombreuses couvertures de livres, il prétendit être devenu daltonien à la suite de son emprisonnement dans les mines de plomb soviétiques. Intrigué, Ehrenwirth découvrit le passé de prisonnier de guerre de Rost. Flairant le filon, il demanda à son employé de consigner ses souvenirs par écrit. Le résultat étant de très mauvaise qualité, Ehrenwirth engagea l'écrivain professionnel Josef Martin Bauer pour mettre en forme la matière fournie par son employé[4].

So weit die Füße tragen fut un succès de librairie, traduit en plusieurs langues. Une série télévisée produite en 1959 en Allemagne connut également un grand succès. En 2001, l'histoire de « Clemens Forell » fut le sujet d’un film, réalisé par Hardy Martins, dans lequel fut rajouté un duel entre Forell et un officier soviétique lancé à sa poursuite. Le film se termine par un spectaculaire affrontement sur un pont, à la frontière iranienne.

Des recherches étendues, condensées en 2010 par le journaliste Arthur Dittlmann dans une émission de trois heures pour la radio bavaroise[5], ont jeté de sérieux doutes sur l'authenticité des évènements rapportés par Rost. Ainsi, contrairement à ce que prétend le livre, il n'y a jamais eu de camp de prisonniers de guerre au cap Dejnev, le point le plus oriental de la Sibérie et Rost était simple soldat et non pas officier de la Wehrmacht. De même, la Croix-Rouge allemande à Munich n'a jamais reçu de demande sur sa localisation, ce qui est anormal pour une détention de dix ans. Rost a été libéré d'un camp russe de prisonniers de guerre le , soit environ deux ans avant sa prétendue évasion de 1949-1952. Entre autres erreurs, la rue principale de Moscou empruntée par Rost et ses compagnons au début du livre est appelée par lui perspective Nevski alors que la rue de ce nom est l'artère principale de Saint-Pétersbourg[6].

Notes et références

  1. Die Odyssee des Clemens F. (de) Kölnische Rundschau, published: 27 January 2009, consulté le 21 décembre 2011
  2. Falsche Nachkriegserinnerungen – Der Schnee von gestern (de) Süddeutsche Zeitung, published: 23 mars 2010, consulté le
  3. a short biography with a small image of his gravestone. Consulté le 23 décembre 2011.
  4. [1]
  5. Arthur Dittlmann, « Falsche Nachkriegserinnerungen (Faux souvenirs d'après-guerre) », Süddeutsche Zeitung, (consulté le )
  6. « So weit die Füße tragen Ein Welterfolg - Dichtung und Wahrheit (Aussi loin que mes pas me portent Un succès mondial - Fiction et vérité) », Bayerischer Rundfunk (Bavarian Broadcasting Company), (consulté le ).

Liens externes

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