Coteaux-de-l'aubance
| Coteaux-de-l'aubance | |
| Type d'appellation(s) | AOC / AOP |
|---|---|
| Reconnue depuis | 1950 |
| Pays | |
| Région parente | vignoble de la vallée de la Loire |
| Sous-région(s) | Anjou |
| Localisation | Maine-et-Loire |
| Climat | océanique dégradé |
| Ensoleillement (moyenne annuelle) |
1 845 heures (à Angers) |
| Sol | caillouteux et limono-sableux, sur fond schisteux et schisto-gréseux[1]. |
| Superficie plantée | 127 hectares (en 2024)[2] |
| Cépages dominants | chenin B[note 1] |
| Vins produits | blancs moelleux |
| Production | 3 550 hectolitres (en 2024)[2] |
| Pieds à l'hectare | minimum 4 000 ceps/ha[3] |
| Rendement moyen à l'hectare | 28 hl/ha (en 2024)[2] |
Un coteaux-de-l'aubance[note 2] est un vin blanc moelleux d'appellation d'origine contrôlée produit sur huit communes autour de Brissac, entre la Loire et le Layon. Cette appellation appartient au vignoble angevin, au sein du vignoble de la vallée de la Loire.
Le nom de l'appellation peut être complété sur l'étiquette et les déclarations par la mention « sélection de grains nobles » ; on peut aussi y rajouter le nom d'un lieu-dit cadastré.
Histoire
Les premières traces avérées de ce vignoble se trouvent à partir de 1515 au château de Brissac. D'autres domaines viticoles dépendant de la noblesse locale apparaissent à la fin du XVIe siècle. Ces vins, joints à ceux des bourgeois de la ville d'Angers, approvisionnent « les détaillants de boisson des communes environnantes, notamment les communes de Mûrs-Erigné et Saint-Melaine-sur-Aubance ». Ce commerce joue un rôle important dans le développement du vignoble[4].
Ce vin était de grande qualité puisque, jusqu'au XVIIe siècle, il attira le négoce hollandais qui acceptait de payer les fortes taxes de la douane d’Ingrandes-sur-Loire. Ce commerce cessa avec l'abolition des droits de péage à la Révolution[4]. Une première interruption de ce négoce date de 1672, à cause de la guerre de Hollande. Il reprit ponctuellement sous Louis XVI grâce à la canalisation du Layon. Celle-ci fut réalisée dès 1776 par la Compagnie des Mines de la Houille de Saint-Georges-Chatelaison. Ce qui mit fin au transport des vins par charrois jusqu’au port de Juigné-sur-Loire[4].
Le phylloxéra atteint les vignes d'Anjou : les premières taches apparaissent, en 1883, à Martigné-Briand. A. Bouchard conseille l'arrachage des vignes très atteintes, avec indemnisation, et le traitement au sulfate de carbone pour celles moins atteintes. Mais la véritable solution pour vaincre l'insecte fut appliquée, en 1889, grâce à des vignes greffées sur des variétés américaines (« champs d'essais » à Savennières en 1889, à Chacé en 1890, etc.)[4]. En 1922, le nom de « Coteaux de l'Aubance » est mentionné pour la première fois sur une déclaration de récolte. Trois années plus tard, en 1925, le « Syndicat des viticulteurs des Coteaux de l'Aubance » est fondé par les viticulteurs dans le but de « faire connaître par le monde entier les vins réputés de son terroir et cependant ignorés au loin »[4].
L’AOC « Coteaux de l'Aubance » est reconnue comme appellation d'origine contrôlée par le décret du , pour un vin blanc issu de raisins récoltés à surmaturité par tries successives[5]. Le cahier des charges de l'appellation a été modifié en [6] et en [3].
Vignoble
Aire d'appellation
| Images externes | |
| Carte des communes concernées | |
| Cartes cadastrales de l'appellation | |
| Orthophotos du parcellaire de l'AOC | |
La rivière l'Aubance est un petit affluent de la Loire, coulant vers le nord de sa source jusqu'à la commune de Brissac Loire Aubance, puis vers le nord-ouest jusqu'à sa confluence avec le Louet (un bras de la Loire) à Denée. L'aire d'appellation du vignoble est située sur les sept communes de Brissac Loire Aubance (pour le seul territoire de Brissac-Quincé, Saint-Saturnin-sur-Loire et Vauchrétien parmi ce regroupement de dix communes déléguées), Dénée, Les Garennes sur Loire (qui regroupe les anciennes communes de Juigné-sur-Loire et de Saint-Jean-des-Mauvrets), Mozé-sur-Louet, Mûrs-Erigné, Saint-Melaine-sur-Aubance, et Soulaines-sur-Aubance[3]. Son aire d'appellation comprend les mêmes communes que l'aire géographique de l'anjou brissac (qui est un vin rouge), mais avec une sélection parcellaire plus limitée.
Les noms des vins AOC coteaux-de-l'aubance peuvent également être suivi de l'indication géographique « Val de Loire ».
La surface déclarée en 2009 était de 179 hectares[7] ; environ 150 hectares ont été déclarés sous l'appellation coteaux-de-l'aubance en 2022-2024[2].
Orographie
Le vignoble de l'Aubance est implanté sur un terroir viticole longeant la vallée de la Loire. Il est aussi traversé par la rivière l'Aubance et par un bras important de la Loire nommé le Louet. La topographie se compose essentiellement de coteaux.

Géologie
La zone d'appellation des coteaux-de-l'aubance est située sur les roches cristallines et/ou métamorphiques communes à l'aire d'appellation anjou brissac, la différence venant de l'encépagement : chenin exclusif (et donc vin blanc) pour les coteaux-de-l'aubance.
Le vignoble repose d'une manière générale sur le plateau schisteux du Massif armoricain, incliné vers la Loire, au sud-ouest d’Angers, à une altitude de 50 à 90 mètres. Il est limité à l'ouest par la confluence Aubance-Loire, à l'est par le plateau crétacé (Bassin parisien), au nord par la Loire et au sud par les forêts de Brissac et Beaulieu. L’Aubance, affluent de la Loire, traverse l'aire d'appellation.
En ce qui concerne la pédologie et la géologie, on distingue quatre zones[3] :
- au centre, le socle schisteux (du Précambrien), sur la partie centrale et dominante du plateau armoricain. Ce sont des coteaux variés entre Brissac-Quincé et Mûrs-Erigné. Les sols sont peu profonds et ont une bonne inertie thermique ;
- à l'ouest, les affleurements de rhyolites et spilites (du Paléozoïque), situées sur la frange occidentale de l’aire, vers la confluence Aubance-Loire. Ce sont des zones ponctuelles très caillouteuses, qui donnent des micro-terroirs chauds, apportant de la minéralité ;
- au nord, les schistes ardoisiers (du Paléozoïque), situés sur les communes proches de la Loire (Mûrs-Erigné, Juigné-sur-Loire), où l'ardoise est exploitée historiquement. Cela donne des sols sombres à forte capacité thermique ;
- à l'est, le plateau crétacé (du Crétacé supérieur), situé sur la partie orientale de l’aire, qui forme la limite avec le Bassin parisien. Ce sont des formations calcaires Cénomaniennes, produisant des sols filtrants, apportant de la finesse et de la fraîcheur.
Climat
Pour la station météorologique d'Angers-Beaucouzé (à 50 mètres d'altitude : 47° 28′ 44″ N, 0° 36′ 51″ O)[8], les relevés climatiques moyens sont :
| Mois | jan. | fév. | mars | avril | mai | juin | jui. | août | sep. | oct. | nov. | déc. | année | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Températures (°C) | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Maximale moyenne | 8,8 | 9,9 | 13,3 | 16,4 | 19,9 | 23,5 | 25,8 | 25,9 | 22,4 | 17,4 | 12,3 | 9,2 | 17,1 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Moyenne | 6 | 6,4 | 9 | 11,3 | 14,7 | 18,1 | 20 | 20,1 | 16,9 | 13,4 | 9,1 | 6,3 | 12,6 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Minimale moyenne | 3,3 | 2,9 | 4,6 | 6,3 | 9,6 | 12,6 | 14,3 | 14,3 | 11,4 | 9,3 | 5,9 | 3,5 | 8,2 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Nombre de jours avec gel | 7,9 | 7,9 | 3,7 | 0,8 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0,4 | 2,9 | 8 | 31,6 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Précipitations | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Hauteur (mm) | 69,9 | 54,4 | 52,8 | 54,7 | 59,4 | 48,7 | 45 | 48,2 | 56,5 | 71,9 | 72,9 | 74,9 | 709,3 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Ensoleillement | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Heures | 68,4 | 97,7 | 142,3 | 179,6 | 205 | 224,2 | 235,3 | 225,3 | 191,7 | 120,9 | 84,1 | 70,8 | 1 845,1 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Encépagement

Les coteaux-de-l'aubance sont vinifiés exclusivement à partir du chenin B[note 1] (aussi appelé « pineau de Loire » localement).
Méthodes culturales
La taille de la vigne se fait selon la méthode « en Guyot » ou « en gobelet ».[réf. nécessaire]
Les vins proviennent de raisins récoltés à surmaturité (concentration naturelle sur pied avec présence ou non de pourriture noble), et les sont récoltés manuellement par vendanges successives[10].
Rendements
Le rendement est fixé à 35 hectolitres à l'hectare et le rendement butoir à 40 hl/ha[3].
Vins
La production déclarée en 2009 a été de 5 010 hectolitres[7]. Les données de production des années récentes, telles que publiées par le service des Douanes[2], sont :
| Année | coteaux-de-l'aubance | ||
|---|---|---|---|
| superficie (ha) | production (hl) | rendement (hl/ha) | |
| 2022 | 176 | 5 005 | 28 |
| 2023 | 115 | 3 132 | 27 |
| 2024 | 127 | 3 550 | 28 |
Titres alcoométriques volumiques
Les vins doivent présenter un titre alcoométrique volumique (TAV) naturel minimum de 14 % vol, c'est-à-dire un degré d'alcool potentiel (sans enrichissement), pour avoir droit à l'appellation coteaux-de-laubance. Ceux bénéficiant de la mention « sélection de grains nobles » doivent avoir un TAV naturel minimum de 19 % vol. Les vins dont le TAV naturel est inférieur à 18 % vol doivent présenter, après fermentation, un TAV acquis (total, après enrichissement) minimum de 11 % vol[3].
Par ailleurs, l’enrichissement par sucrage à sec (par rajout de sucre de betterave) ou par concentration partielle des moûts (ce qui donne du « moût concentré rectifié », un sirop de sucres de raisin obtenu par déshydratation) ne peut porter le TAV total au-delà de 15 %. L'enrichissement par concentration partielle des moûts est autorisé dans la limite d’une concentration de 10 % des volumes ainsi enrichis : il peut porter le TAV total à un niveau de 18 %[3].
Le TAV total doit être mentionné sur l'étiquette[11], en unité ou demi-unité, avec une tolérance de 0,8 % vol de plus ou de moins par rapport aux mesures[12], le tout devant respecter des règles de lisibilité[13].
Vinification et élevage
Le coteaux-de-l'aubance est un vin moelleux, c'est-à-dire selon la réglementation européenne un vin dont la teneur en sucre résiduels après fermentation est comprise entre 10 et 45 grammes par litre. Ces vins blancs sont élaborés à partir de cépages blancs qui possèdent, à la vendange, une très riche concentration en sucres[14].
Le cahier des charges précise que, pour le coteaux-de-l'aubance, le moût doit avoir une concentration de sucre de 238 grammes par litre au minimum (323 grammes par litre de moût pour ceux bénéficiant de la mention sélection de grains nobles), tandis que le vin doit présenter, après fermentation, une teneur en sucres fermentescibles (glucose + fructose) supérieure ou égale à 34 grammes par litre et[3].
La vinification est réalisée en cuves inox thermorégulées puis suivie d'élevage court en barriques. Avant l'embouteillage ces vins bénéficient d'une stabilisation tartrique par le froid[15]
Vin et gastronomie
Ces vins se gardent très bien en bouteille, jusqu'à 10 ans voire plus selon le millésime. Il s'accorde parfaitement avec les viandes blanches tel que l'agneau ou le poulet, ainsi qu'avec les desserts et pâtisseries. En saison, ce vin peut être servi avec des fruits comme les fraises, les pêches ou le melon. Il accompagne aussi le foie gras[16].
Notes et références
Notes
- Le code international d'écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rg = rouge, Rs = rose, G = gris. Cf. « 2de édition de la liste des descripteurs OIV – couleur de la baie » [PDF] (consulté le ), p. 41.
- ↑ Le nom d'un vin est un nom commun, donc ne prend pas une majuscule, cf. les références sur la façon d'orthographier les appellations d'origine.
Références
- ↑ Guide Vert Solar : Vins de France. (Page n°79 sur Coteaux de l'aubance)
- « Open Data | Portail de la Direction Générale des Douanes et Droits Indirects », sur www.douane.gouv.fr (consulté le )
- « Cahier des charges de l'appellation d’origine contrôlée « COTEAUX DE L'AUBANCE » » [PDF], homologué par l'arrêté du publié au JORF du .
- Fiche technique Coteaux-de-l'aubance
- ↑ « Décret du 18 février 1950 portant délimitation de l'aire de production des vins d'appellation « Coteaux de l'Aubance » », publié au JORF du .
- ↑ « Cahier des charges de l'appellation d'origine contrôlée « COTEAUX DE L'AUBANCE » » [PDF], homologué par l'arrêté du publié au JORF du .
- Le Guide Hachette des vins 2011, éditions Hachette, 2010. (ISBN 978-2-01-237681-6)
- ↑ « 49020001 – BEAUCOUZE – MN » [PDF], sur donneespubliques.meteofrance.fr.
- ↑ « Fiche 49020001 » [PDF], sur donneespubliques.meteofrance.fr
- ↑ Vins de Loire - coteaux-de-l'aubance, sur www.vinsdeloire.fr, consulté le 12 novembre 2009.
- ↑ « Article 119 du règlement (UE) n°1308/2013 du Parlement européen et du Conseil du 17 décembre 2013 portant organisation commune des marchés » [PDF].
- ↑ « Article 44 du règlement délégué (UE) 2019/33 de la Commission du 17 octobre 2018 complétant le règlement (UE) n° 1308/2013 du Parlement européen et du Conseil en ce qui concerne les demandes de protection des appellations d’origine, des indications géographiques et des mentions traditionnelles dans le secteur vitivinicole, la procédure d’opposition, les restrictions d’utilisation, les modifications du cahier des charges, l’annulation de la protection, l’étiquetage et la présentation » [PDF].
- ↑ « Article 13 du règlement 1169/2011 du Parlement européen et du Conseil du 25 octobre 2011 concernant l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires ».
- ↑ Le vin moelleux
- ↑ Vinification et élevage
- ↑ Accord mets/vin
Voir aussi
Articles connexes
- Portail de la vigne et du vin
- Portail de l’Anjou et de Maine-et-Loire