Coteaux-du-loir

Coteaux-du-loir
Type d'appellation(s) AOC / AOP
Reconnue depuis 1948
Pays Drapeau de la France France
Région parente vignoble de la vallée de la Loire
Sous-région(s) Haut-Maine et Perche vendômois
Localisation Sarthe et Indre-et-Loire
Climat océanique dégradé
Ensoleillement
(moyenne annuelle)
1 812 heures (à Blois - Le Breuil)
Sol sols argilo-siliceux, sur craie tuffeau
Superficie plantée 83 hectares (en 2023)[1]
Cépages dominants pineau d'Aunis N[note 1] et chenin B
Vins produits 47 % rouges, 40 % blancs et 13 % rosés
Production 3 553 hectolitres (en 2023)[1]
Pieds à l'hectare minimum de 5 000 ceps/ha[2]
Rendement moyen à l'hectare 48 hl/ha en rouge, 36 en blanc et 51 en rosé (en 2023)[1]

Un coteaux-du-loir[note 2] est un vin d'appellation d'origine contrôlée produit le long d'une partie de la vallée du Loir, dans la Sarthe et en Indre-et-Loire.

Il existe en vins rouges (48 % de la production en moyenne de 2022 à 2024), blancs (38 %) et rosés (14 %)[1]. Il est rattaché (par proximité) au vignoble de Touraine, dans la région viticole de la vallée de la Loire. La surface de vignes représente 75 hectares (moyenne 2022-2024)[1], avec comme cépages principaux le chenin (pour le vin blanc) et le pineau d'Aunis (vins rouge et rosé).

Histoire

La crise du phylloxéra touche durement le vignoble à la fin du XIXe siècle. Appellation d'origine contrôlée créée en 1948[3]. Apparition de l'enjambeur dans les années 1960-70 qui remplace le cheval. Les techniques en viticulture et œnologie ont bien évolué depuis ces années (vendange en vert, table de triage, cuve en inox, pressoir électrique puis pneumatique, etc.). Le dernier cahier des charges date du [2].

Vignoble

Aire d'appellation

Images externes
Carte des communes concernées
Cartes cadastrales de l'appellation
Orthophotos du parcellaire de l'AOC

Le vignoble s'étend sur :

Géologie et orographie

La zone géographique, située à la rencontre de la Touraine, du Maine et de l’Anjou, s’étend sur une trentaine de kilomètres autour de la vallée du Loir et de ses affluents, à environ 40 km au nord de Tours. Le Loir y entaille un plateau d’une centaine de mètres d’altitude, formant des vallées profondes de près de 50 m, bordées de falaises orientées majoritairement est–ouest. Ces parois abritent de nombreuses caves creusées dans le tuffeau, pouvant s’enfoncer jusqu’à 20 m et dépasser 150 m de longueur[2].

La vallée principale, large et ouverte, contraste avec les vallées secondaires, plus étroites et encaissées. Les parcelles viticoles, situées sur les coteaux et rebords de plateau, reposent sur des sols caillouteux et bien drainés issus du tuffeau turonien et des argiles à silex sénoniennes[note 3]. Certaines zones intègrent également des formations détritiques de l’Éocène ou des éléments de terrasses alluviales du Loir[2].

Climatologie

C'est un climat tempéré d'influence océanique dégradé, un peu plus frais que dans la vallée de la Loire. Pour l'ensoleillement, la station météorologique du Mans-Arnage indique une moyenne sur la période 1991-2020 à 1 808,6 heures par an[4]. Pour les températures et précipitations, celle de Montoire-sur-le-Loir fournit les moyennes suivantes :

Relevés à Montoire-sur-le-Loir de 1991 à 2020
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Températures (°C)
Maximale moyenne 7,9 9 13,4 15,9 20 23,8 26 26,3 22 16,7 11,1 7,8 16,6
Moyenne 5,1 5,3 8,4 10,5 14,4 17,8 19,5 20,1 16,3 12,1 7,8 5,2 11,9
Minimale moyenne 2,1 1,6 3,4 5,1 8,7 11,8 13,7 13,7 10,4 8,3 4,3 2,4 7,1
Nombre de jours avec gel 11 11,4 6,7 2,7 0,1 0 0 0 0 1,1 4,9 11,2 49,1
Précipitations
Hauteur (mm) 65,6 48,2 51,5 52 53,4 45,3 56,4 58,7 60,4 67,9 67,2 68,3 694,9
Source : Infoclimat[5].
7,9
2,1
65,6
20 mm
40 mm
60 mm
jan.
9
1,6
48,2
fév.
13,4
3,4
51,5
mars
15,9
5,1
52
avril
20
8,7
53,4
mai
23,8
11,8
45,3
juin
26
13,7
56,4
jui.
26,3
13,7
58,7
août
22
10,4
60,4
sep.
16,7
8,3
67,9
oct.
11,1
4,3
67,2
nov.
7,8
2,4
68,3
déc.
Moyennes : max min °C ■ Précipitations mm
Grappe de chenin B.

Encépagement

Les vins blancs sont issus uniquement du chenin B[note 1], appelé aussi pineau blanc de la Loire.

Les vins rouges et rosés sont issus principalement du pineau d'Aunis N (65 % minimum), accessoirement du cabernet franc N, du côt N et du gamay N (vins rouges seulement) et grolleau N (vins rosés seulement) dans la limite de 30 % maximum[2].

Méthodes culturales

Travail manuel

Ce travail commence par la taille. Le tirage des sarments suit la taille. Les sarments sont enlevés et peuvent être brûlés ou mis au milieu du rang pour être broyés. On passe ensuite aux réparations. Éventuellement des plantations de greffes. L'ébourgeonnage peut débuter dès que la vigne a commencé à pousser. Cette méthode permet, en partie, de réguler les rendements[6]. Le relevage est pratiqué lorsque la vigne commence à avoir bien poussé. En général, deux à trois relevages sont pratiqués. Pour finir avec le travail manuel à la vigne se réalise l'étape importante des vendanges.

Travail mécanique

L'enjambeur est d'une aide précieuse. Les différents travaux se composent du broyage des sarments ; de trou fait à la tarière, là où les pieds de vignes sont manquants ; de labourage ou griffage, réalisé dans le but d'aérer les sols et de supprimer des mauvaises herbes[6]. De désherbage. De plusieurs traitements des vignes, réalisés dans le but de les protéger contre certaines maladies cryptogamiques (mildiou, oïdium, pourriture grise, etc.)[6]. De plusieurs rognages consistant à reciper ou couper les branches de vignes (rameaux) qui dépassent du système de palissage. Des vendanges mécaniques se réalisant avec une machine à vendanger ou une tête de récolte montée sur un enjambeur.

Rendements

Les rendements pour les vins sont de 55 hectolitres par hectare pour le rendement de base et 65 hectolitres par hectare pour le rendement butoir[2].

Vins

Les données de production des années récentes, telles que publiées par le service des Douanes, sont[1] :

Année coteaux-du-loir rouge coteaux-du-loir blanc coteaux-du-loir rosé
superficie (ha) production (hl) rendement (hl/ha) superficie (ha) production (hl) rendement (hl/ha) superficie (ha) production (hl) rendement (hl/ha)
2022 31 1 633 53 32 1 023 32 8,25 453 55
2023 35 1 674 48 39 1 421 36 9,01 458 51
2024 29 670 23 35 716 20 7,92 289 36

Titres alcoométriques volumiques minimal et maximal

Le titre alcoométrique volumique du vin blanc est de 10 % au minimum et de 12,5 % volume au maximum[2]. Le titre alcoométrique volumique des vins rouges et rosés est de 9,5 % au minimal et de 12,5 % volume au maximum[2].

Vinification et élevage

Voici les méthodes générales de vinification pour cette appellation. Il existe cependant des petites différences de méthode entre les différents viticulteurs, négociants et caves coopératives.

Vinification en blanc

Pressoir pneumatique servant au pressurage.

Comme pour le rouge, la récolte est manuelle ou mécanique et peut être triée. Les raisins sont ensuite transférés dans un pressoir pour le pressurage. Une fois le moût en cuve, le débourbage est pratiqué généralement après un enzymage. À ce stade, une stabulation préfermentaire à froid (environ 10 à 12 degrés pendant plusieurs jours) peut être recherchée pour favoriser l'extraction des arômes[6]. Mais le plus souvent, après 12 à 48 heures, le jus clair est soutiré et mis à fermenter[6]. La fermentation alcoolique se déroule avec un suivi tout particulier pour les températures qui doivent rester à peu près stables (18 à 24 degrés)[6]. La chaptalisation est aussi pratiquée pour augmenter le titre alcoométrique volumique si nécessaire. La fermentation malolactique puis l'élevage est réalisée en Fûts ou en cuves. À la fin, la filtration du vin est pratiquée pour rendre les vins plus limpides[6]. La mise en bouteille clôture l'opération.

Vinification en rouge

La récolte des raisins se fait à maturité et de façon manuelle ou mécanique. La vendange manuelle est parfois triée, soit à la vigne soit à la cave avec une table de tri, ce qui permet d'enlever les grappes pourries ou insuffisamment mûres[6]. La vendange manuelle est généralement éraflée puis mise en cuve. Une macération pré-fermentaire à froid est quelquefois pratiquée. La fermentation alcoolique peut démarrer, le plus souvent après un levurage. Commence alors le travail d'extraction des polyphénols (tanins, anthocyanes) et autres éléments du raisin[6]. L'extraction se faisait par pigeage, opération qui consiste à enfoncer le chapeau de marc dans le jus en fermentation. Plus couramment, l'extraction est conduite aussi par des remontages, opération qui consiste à pomper le jus depuis le bas de la cuve pour arroser le chapeau de marc et ainsi lessiver les composants qualitatifs du raisin. Les températures de fermentation alcoolique peuvent être plus ou moins élevées, avec une moyenne générale de 28 à 35 degrés au maximum de la fermentation[6]. La chaptalisation est réalisée si le degré naturel est insuffisant : cette pratique est réglementée[6]. À l'issue de la fermentation alcoolique suit l'opération de décuvage qui donne le vin de goutte et le vin de presse. La fermentation malolactique se déroule après mais est dépendante de la température. Le vin est soutiré et mis en fût ou cuve pour son élevage. L'élevage se poursuit pendant plusieurs mois (6 à 24 mois)[6] puis le vin est collé, filtré et mis en bouteilles.

Vinification en rosé

La récolte est manuelle ou mécanique. Deux méthodes sont utilisées avec soit le pressurage (rosé de pressurage), soit une mise en cuve de la vendange pour un début de macération : c'est la saignée (rosé de saignée), effectuée avec le tirage du jus de la cuve[6]. La fermentation alcoolique se passe en cuve comme pour le blanc avec suivi de température, chaptalisation, etc. La fermentation malolactique suit généralement. L'élevage se passe en cuve, parfois en fût. Enfin, le vin est filtré et mis en bouteille.

Terroir et vins

Les sols argilo-siliceux, sur craie de tuffeau donnent :

des vins blancs avec une couleur cristalline jaune or et des arômes floraux et fruités[7] ; des vins rouge vif, avec des arômes épicés et une couleur rubis clair[8] ; des vins rosés légers, finement bouquetés et rafraîchissants[8].

Gastronomie

Les vins blancs accompagnent bien des poissons, des volailles, des fromages de chèvre... Leur durée de garde est inférieure à 20 ans et ils se servent entre 8 et 10 degrés[3].

Les vins rouges s'accordent bien avec de la charcuterie, des andouillettes, des rillettes, des volailles, des grillades... Leur durée de garde va de 2 à 6 ans et ils se servent entre 12 et 14 degrés[3]. Les vins rosés se gardent environ 2 ans et se servent entre 8 et 10 degrés[3].


Économie

Commercialisation

La commercialisation de cette appellation se fait par divers canaux de vente : dans les caveaux du viticulteur, dans les salons des vins (vignerons indépendants, etc.), dans les foires gastronomiques, par exportation, dans les cafés-hôtels-restaurants (C.H.R.), dans les grandes et moyennes surfaces (G.M.S.).

Structure des exploitations

Il existe des domaines de tailles différentes. Ces domaines mettent tout ou une partie de leurs propres vins en bouteilles et s'occupent aussi de le vendre. Les autres, ainsi que ceux qui ne vendent pas tous leurs vins en bouteilles, les vendent aux maisons de négoce

Les maisons de négoce achètent leurs vins, en général, en vin fait (vin fini) mais parfois en raisin ou en moût[9]. Elles achètent aux domaines et passent par un courtier en vin qui sert d'intermédiaire moyennant une commission de l'ordre de 2 % à la charge de l'acheteur.

Listes des producteurs

Cette AOC comprend 35 producteurs avec 31 viticulteurs dont 33 vinifient leurs vins[10]. Sur ces vinificateurs, il y a vingt-neuf domaines et trois maisons de négociants[10].

Notes et références

Notes

  1. Le code international d'écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rg = rouge, Rs = rose, G = gris. Cf. « 2de édition de la liste des descripteurs OIV – couleur de la baie » [PDF] (consulté le ), p. 41.
  2. Le nom d'un vin est un nom commun, donc ne prend pas une majuscule, cf. les références sur la façon d'orthographier les appellations d'origine.
  3. Le Sénonien englobant les étages du Crétacé supérieur Coniacien, Santonien, Campanien et Maastrichtien ≈ 90 à 66 Ma

Références

  1. « Open Data | Portail de la Direction Générale des Douanes et Droits Indirects », sur www.douane.gouv.fr (consulté le )
  2. INAO, « Cahier des charges modifié de l'AOP Coteaux du Loir homologué par l'arrêté du 22 mars 2022 publié au JORF du 29 mars 2022 », sur info.agriculture.gouv.fr (consulté le )
  3. Passion Vin, page sur Coteaux du loir, consulté le 14 mars 2011
  4. « Normales et records pour la période 1991-2020 à Le Mans-Arnage », sur infoclimat.fr (consulté le ).
  5. « Normales et records pour la période 1991-2020 à MF CSV Montoire », sur infoclimat.fr (consulté le ).
  6. Conduite et gestion de l'exploitation agricole, cours de viticulture du lycée viticole de Beaune (1999-2001). Baccalauréat professionnel option viticulture-œnologie.
  7. Site de Vins de Loire, page sur le Coteaux-du-loir, consulté le 14 mars 2011
  8. Site de Coteaux-du-loir, page d'accueil du Coteaux-du-loir, consulté le 14 mars 2011
  9. Le Figaro et La Revue du Vin de France (2008) : Vins de France et du monde, Bourgogne : Côte de Beaune, (Le négoce), p. 24.
  10. Site de l'INAO, fiche sur Coteaux-du-loir, consulté le 14 mars 2011

Voir aussi

Bibliographie

  • Vins et vignobles de France : Vins de Loire, 92 pages, Timée Éditions, Boulogne, 2008.
  • Michel Mastrojanni : Les Vins de France (guide vert solar). Éditions Solar, Paris 1992 - 1994 - 1998, (ISBN 2-263-02796-3)

Articles connexes

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